#Rugby – Fed1 / O.Regnier (Graulhet) : «Ce n’est pas avec deux victoires que l’on va s’enflammer!»

Le capitaine du SC Graulhet, Olivier Regnier, nous a accordé une interview pour debriefer le début de saison des Tarnais en fédérale1, à quelques heures du déplacement à Castelsarrasin. Rencontre avec un joueur 100% Graulhetois qui vit l’embellie du SCG avec joie et humilité.

Crédit photo Arnaud Bertrand – SCG Officiel

J’imagine que pour toi cette victoire à Pélissou, il y a deux semaines, toi qui es le capitaine et un peu l’un des étendards de ce Sporting Club Graulhétois, ça revêt une importance capitale ?

Oui ça fait du bien au moral et ça fait du bien à tout le monde : aux dirigeants, aux joueurs, et à tout notre entourage. Ça faisait un petit moment qu’on l’attendait. On a un nouveau Graulhet cette saison avec pas mal de changements dans le staff, de nouveaux joueurs, un nouveau cycle. C’est le départ de quelque chose qu’on a lancé à Valence d’Agen et qu’on a voulu confirmer à la maison. Ça fait du bien.

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On a l’impression que ça fait deux étés que le Sporting Club Graulhétois s’arme en faisant des mercatos, en attirant des joueurs qui ont évolué à la strate au-dessus. C’est un nouveau virage pour ce club ?


Oui. On s’aperçoit qu’en Fédérale 1, tous les clubs s’arment de plus en plus. Si tu veux rivaliser un minimum, il faut essayer de battre dans la même cour. L’apport de quelques joueurs d’expérience qui ont connu le haut niveau, ça apporte à tout le groupe. Cette année, quelques anciens sont arrivés avec pas mal d’expérience. C’est un gros point positif pour le club. Il faut relancer la machine. Il faut passer par là pour après améliorer la formation et repartir sur un truc nouveau.


Des nouveaux, mais des tauliers comme toi qui sont là pour garder cet ADN Graulhétois…


Oui, bon même si maintenant je fais un peu parti des rescapés. Il n’y a plus grand monde. Mais oui bien sûr il y a encore quelques jeunes de Graulhet. On est toujours un petit noyau qui est là et qui restera pour garder cet ADN et l’image de Graulhet.


Et aussi pour se souvenir des périodes de vaches maigres comme disait Jean-Christophe Bacca. Il ne faut pas oublier d’où vous venez, ce que vous avez traversé, pour avoir être encore plus forts maintenant que vous avez peut-être de nouvelles perspectives …


Bien sûr c’est pour ça. On sait d’où l’on vient. On sait par où nous sommes passés. Il y a eu des moments très compliqués. Mais bon nous avons toujours été présents même dans les moments les plus difficiles. Ce n’est pas avec deux victoires que l’on va s’enflammer. On a les pieds sur Terre. On sait ce qu’il nous reste à faire : continuer à travailler comme ça et voilà.


Surtout qu’en pré-saison et lors du premier match à Pélissou, vous avez vu deux belles équipes, deux équipes qui sûrement dans leurs groupes respectifs, une dans votre poule, l’autre dans la poule 4, vont jouer le haut niveau, c’est-à-dire Fleurance et Nîmes. Ça vous a montré tout le chemin qu’il y avait à faire pour tendre vers le très haut niveau de cette Fédérale 1 ?


Après, on savait qu’en ayant Fleurance en match de préparation et Issoire aussi qui était quand même une équipe bien taillée pour la Fédérale 1, on savait que c’était un peu du haut de tableau. On savait à quoi s’attendre. Il fallait se préparer. On a fait une belle intersaison, on a bien bossé. Mais vu qu’il y a eu pas mal de nouveaux et de changements, il faut quand même un petit temps d’adaptation pour que tout ça prenne. Ça nous a permis de bien voire où nous en étions, de bosser ce qu’il fallait bosser. Là ça commence à payer maintenant. On voit que la défense est en place. Il suffit d’avoir quelques ballons de plus et je pense qu’on pourra s’exprimer autrement.


Qu’est-ce qu’il a manqué contre Nîmes pour enclencher une première victoire à Pélissou dès la première journée ?


Le plus gros défaut contre Nîmes, c’est la discipline. On sort avec quatre cartons. On passe un moment à 13 et quasiment une mi-temps à 14 ! Face à des équipes comme ça, c’est propre, c’est en place et ça passait des points. La discipline nous a fait un gros défaut. Ça a été corrigé à Valence d’Agen où on ne prend pas un carton. On fait moins de fautes et après on arrive à gagner le match. Le week-end dernier aussi, on prend encore un carton, on se fait souvent pénaliser, mais on sauve quand même la baraque. Contre Nîmes le plus gros point noir : on va dire la touche et la discipline.

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Souvent la discipline, ça va de pair avec l’exigence. Nouveau cycle, nouvelles ambitions, et peut-être aussi un curseur d’exigence qui est un peu plus haut cette année ?


Oui bien sûr. Après, pour être bon sur un terrain, il faut être discipliné, ne pas faire de faute et c’est comme ça dans la vie de tous les jours. Il faut être clean pour pouvoir arriver à quelque chose.

Tout d’abord vous êtes allé vous chercher votre première victoire de la saison à l’extérieur, à l’Avenir Valencien. Dans des terres hostiles comme on dit. Comment avez-vous construit cette première victoire de la saison ?


On voulait se rattraper de la défaite de Nîmes à la maison. Et puis, nous sommes une équipe qui ne lâchera pas un match. On a l’intention de s’imposer partout, d’aller chercher les points partout, de gagner partout. Valence d’Agen n’était pas au mieux non plus. Il fallait faire un coup là-bas. Si on était bien dès l’entame, si on s’accrochait et si on restait au score, il y avait un coup à faire. Défensivement, on était propres. On a mis les points quand il fallait et ça a payé à la fin.


Face à Marmande, là c’était une très grosse écurie de la poule qui arrivait à Pélissou, comme Nîmes, qu’est-ce qui vous a permis cette fois-ci d’aller chercher cette victoire devant votre public pour vraiment lancer votre saison ?


Marmande, c’était très costaud devant. On s’attendait à un gros combat sur la mêlée fermée et sur tout ce qui est ballon porté. On a vu que c’était du lourd. Je pense que c’est l’un des plus gros packs de la poule. On savait qu’il fallait faire l’effort devant. Je pense qu’on a fait le boulot, même si ça a été très dur, puis on n’a rien lâché. Même si Marmande tenait le match et a fait le match parfait à l’extérieur avec le jeu au pied, ils ont un dix buteur qui n’est pas mal. Nous n’avons rien lâché jusqu’à la fin. Nous avions souvent été dans cette position d’autres saisons et le match a souvent basculé en notre défaveur. Là cette année, c’est passé pour nous. On n’a rien lâché et c’est ce qui a fait avec la force du groupe, le caractère.

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Et puis le petit supplément. Tu nous disais qu’à Marmande, ils avaient un petit dix buteur qui n’était pas trop mal. Vous maintenant à Graulhet aussi vous en avez un qui n’est pas trop mal !


Oui on a un petit jeune qui est arrivé d’Albi cette année et qui est intéressant. Kévin fait du bien à tout le monde. Il faut du bien au groupe. Déjà, il apporte sa bonne humeur, son expérience et son talent. Là, ça fait deux matchs, qu’il nous amène vers la victoire clairement. C’est un atout positif pour le groupe.


Qu’est-ce que ça t’a fait de pouvoir renouer avec la victoire à Pélissou pour pouvoir communier avec ce peuple Rouge et Noir. Pour toi l’enfant du pays, ça devait être une vive satisfaction ?


On sait que le public Graulhétois est un public connaisseur. On entend souvent les critiques dès qu’on perd un peu à la maison. Là, ils attendaient vraiment de voir ce nouveau Graulhet. Après la victoire à l’extérieur, ils attendaient vraiment une confirmation de notre part. Là de gagner, en plus à Graulhet, ça me rappelle des émotions qui remontent quelques années en arrière. Ça fait du bien. Il n’y a que ce sport-là pour nous faire vivre des émotions comme ça. Voir le public heureux, les dirigeants avec la larme à l’œil à la fin du match, ça fait chaud au cœur.


Tu nous parlais d’un petit jeune arrivé d’Albi, Kévin Boulogne, du haut de ses 35 ans. Mais pour toi aussi l’horloge tourne Olivier. Tu estimes avoir combien d’années de rugby devant toi encore ?


Ça je ne sais pas. Je ne me pose pas trop de questions. Je me dis que tant que physiquement ça tient la route, ça va. Là je fais saison après saison. Mais ça tape de plus en plus fort. Il faut être de plus en plus prêt physiquement. Mais bon, il y a toujours la passion et ça passe avant tout. Comme je te disais, quand tu sors d’une victoire à l’extérieur et qu’après tu gagnes à la maison. Ce sont des émotions qu’il n’y a que ce sport-là qui peut te faire vivre ces émotions. Je ne suis pas près d’arrêter encore.

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On connait ta passion pour le SCG. Le jour où tu arrêteras sur le terrain, on risque de te voir que ce soit à l’école de rugby, en équipe première, en junior, en cadet. Quelque part au bord des terrains avec le blason du Sporting Club Graulhétois …


Oui je ne serais toujours pas loin du club. J’ai vraiment du mal à le quitter. Je pense que j’y suis toujours. Je suis d’ici, je suis en permanence dans cette ville. Je travaille sur le terrain donc j’ai du mal à quitter le stade. Quoi qu’il arrive, je serais toujours là.


Pour finir, on va finir avec une boutade. Guy Laporte nous a dit qu’il avait reçu un texto d’un de ses amis qui disait qu’à Graulhet, ils ont pris goût au sucre. C’est ça ?


Oui (rires). Goût au sucre. C’est sûr que quand on prend goût à ça, on a du mal à le quitter. C’est sûr qu’on aime les bonnes choses.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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