#Rugby – Nationale / A.Alibert (Albi) : «Cette première, elle restera gravée à jamais dans ma mémoire!»

Alexandre Alibert a connu ses derniers mois une bascule dans sa carrière, en changeant de statut dans la maison jaune et noire. Fils de Patrick Alibert ancien capitaine du club de la cité épiscopale, cette jeune pousse formée au grain du SCA, a décroché son premier contrat professionnel au cœur de l’été avec l’arrivée de Mathieu Bonello. Courtisé par le Graulhet de Jean Christophe Bacca ou encore les Espoirs de Narbonne, « Alib » comme le surnomment ses anciens coéquipiers des catégories jeunes, a naturellement fait le choix de la continuité et de l’affect en poursuivant avec son club de toujours. Rencontre avec un enfant du Stadium qui après être rentré sous les vivas du Stade Mazicou face à Massy vient d’étrenner sa première titularisation avec « les grands » ce week-end à Nice.

Alexandre Alibert 3eme ligne SC Albi (Nationale) / Crédit photo : Pierre Bras

Avec la généalogie que tu as, tu ne pouvais jouer autre part qu’au SC Albigeois ?


Oui exactement, on essaye de passer dans les pas du papa en jouant à Albi.


Des fois ce n’est pas un peu lourd à porter le fait d’être le fils d’un ancien illustre capitaine du SCA ?


Non lourd je ne dirais pas ça. Je dirais juste que c’était un ancien rugby et que maintenant c’est à moi de montrer la nouvelle génération et de montrer ce que je peux faire.

Une de tes grandes fiertés cet été. Ton premier contrat professionnel avec ton club de toujours le SCA. Tu étais à deux doigts de t’engager avec Graulhet. Quand Mathieu Bonello t’a retenu par la manche comme on dit dans le jargon. Quel a été ton sentiment ? De la fierté j’imagine ?

Oui une très grande fierté. Surpris dans un premier temps puis très content de rester dans mon club de cœur. Ça s’est bien fait avec JC Bacca qui l’a vite compris. Il m’a dit « écoute Alex, si ce n’est pas cette année avec moi, ça sera peut-être d’ici deux ans, cinq ans mais le plus tard possible » et il me le souhaite.

C’était un véritable carrefour de ta carrière cet été 2021 pour toi. Des propositions des espoirs de Narbonne, des propositions de Graulhet. Albi qui te propose ton premier contrat pro. C’était vraiment la croisée des chemins comme on dit.

Oui c’était la croisée des chemins. C’était aussi à moi de voir ce que je voulais faire. Soit je voulais entrer dans la vie active, soit je faisais du rugby mon vrai métier. J’en ai discuté avec mon père, avec ma mère, les principaux intéressés. J’ai décidé de poursuivre l’aventure en Jaune et Noir parce que je suis jeune. On ne sait pas de quoi demain est fait. Du coup je voulais tenter pas ma dernière chance, mais j’avais envie de tenter ma chance et de voir avec Mathieu ce que ça pouvait donner.

Souvent quand on croise des jeunes qui sont dans la formation du rugby professionnel. On a l’impression que ce contrat pro, c’est quelque chose qui les obnubile. Avec toi, on a l’impression que ce soit du rugby plus réactif à Graulhet ou à Albi, tant que tu fais du rugby, tu es heureux.

Ah oui moi c’est ma marque de fabrique c’est faire du rugby. C’est te lever le matin, être avec les copains, m’entraîner, le week-end, aller faire les matchs à droite, à gauche. C’est vraiment ça. Là où je me retrouve dans le rugby, c’est vraiment ça. C’est les copains. Ce n’est pas comme le foot ou autre. Là le rugby, ce sont vraiment les valeurs, ce sport où moi si tu es payé 600 ou 6000 euros, pour moi ce n’est pas l’argent qui m’intéresse. Ce sont d’abord les valeurs qu’il attribue ce sport.

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C’est un peu un héritage que tu as de ton père, lui qui a connu le rugby plus réactif à plein fer ?

Oui exactement. Il a connu les anciens rugbys avec Gaillac, avec Carmaux, avec Castres. Oui c’est un peu de lui que je tiens tout ça.

On va parler un peu de ton profil. Tu es un troisième ligne. Tu peux nous en parler parce que des profils de troisième ligne, il y en a quasiment plus que les doigts de la main ?

Troisième ligne centre de préférence. Je peux dépanner seconde ligne. Je suis plutôt plaqueur moi.

On va aussi parler de ton passage par les espoirs. C’est en plus d’une école de rugby, une école de formation et de la vie où tu t’es fait de nombreux copains. L’année dernière, tu étais capitaine de cette équipe espoir. J’imagine que tu dois quand même toujours jeter un regard le dimanche sur les résultats comme dimanche la défaite de tes anciens coéquipiers à Provence ?

Ben oui. Moi le premier, après le match avec les grands, je suis allé directement demander le résultat des espoirs. En quelque sorte, on n’oublie pas d’où l’on vient. Je serais aussi amené à jouer avec eux cette saison.

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Tu as donné quelques astuces, quelques tuyaux à ton successeur en tant que capitaine Valentin Raphaël ?

Je n’ai pas eu l’occasion de le voir encore à Valou. Je sais que c’est un très bon garçon, il est toujours là pour aider. Je pense que c’est une bonne chose. Ça valide un peu son début d’année avec la une. Il faut qu’il y ait des nouveaux garçons qui arrivent et qui prennent la place des anciens. Je suis très content que ça soit Valentin. Il est toujours à l’écoute. Je préfère que ce soit lui qu’un autre.

Durant ton parcours à l’école de rugby et à l’association SCA. Il y a dû avoir des éducateurs qui t’ont marqué. C’est lequel qui t’a le plus marqué ?

Je dirais Jean-Michel Monfray. Il n’y est plus. Quand il m’entraînait, je jouais avec son fils quand on était petits. Je l’ai eu 6-7 ans. Il lui manquait une case un peu (rires) . Non sérieusement , c’est lui qui nous a parlé des toutes premières valeurs du rugby. C’est pour ça que ça ne s’oublie pas.

Les valeurs à l’ancienne avec un peu de gastouffe et de grêle…

C’est exactement ça.

On va parler d’une personne importante, même de plusieurs personnes, que ça soit en équipe première ou chez les espoirs, qui s’occupent un peu de l’administratif ou de l’intendance. Chez les espoirs c’est Michel Zanconato. Chez les pros c’est Alain Bataille et son compère Maurice Resseguier. Ce sont des gens qui sont très importants pour vous les joueurs. Ce sont quasiment des grands-pères ou des seconds pères ?

Ah oui. C’est clairement ça. Ce sont les mecs qui travaillent dans l’ombre. C’est des mecs qui arrivent au stade alors que toi tu n’es même pas réveillé. Ils repartent alors que toi tu es parti depuis quelques heures. Ce sont des mecs qui ne font pas beaucoup de bruit et qui valent beaucoup d’or.


Maintenant on va parler de ces premiers pas en équipe première. Déjà quelles ont été les émotions qui t’ont assaillies quand tu as revêtu le maillot des grands de l’équipe première quasiment deux décennies après ton père ?

C’est toujours quelque chose. Ça fait quelque chose. Tu te dis que ça faisait quatre ans que je voyais le maillot des espoirs. J’en avais un peu marre. Le maillot de la première dans les mains, tu l’enfiles et tu te dis que t’as le maillot sur le dos et maintenant tu dois faire le meilleur match possible pour que le public soit content de toi et de l’équipe.

Par contre pour ta première titularisation, ça n’a pas coïncidé avec une victoire mais avec une défaite au Stade Niçois. Tu peux nous analyser cette défaite ? Qu’est-ce qu’il a manqué au Sporting pour revenir de la Côte d’Azur avec plus de points dans l’escarcelle ?

Ce qui est dommage c’est qu’en première mi-temps, on est face au vent. On a une bonne défense, on ne prend pas trop de points. A la mi-temps, on s’en sort à 9-7. Après, seconde mi-temps, on prend le deuxième essai à la 42è et celui-là nous fait mal. Du coup on s’est un peu affolé. On s’est un peu emmêlé les pinceaux et le résultat fait qu’on perd à Nice. On va avoir quelques jours d’off. La coupure va nous faire du bien. Lundi on va repartir travailler pour ensuite être présents au Stadium pour le premier match à la maison contre Cognac.


Et ça te fait un nouvel objectif : une nouvelle titularisation avec cette fois, la gagne au bout.

Oui si il faut.

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On va parler aussi du match face à Massy. Tu fais une entrée devant un public surchauffé de Mazicou qui n’avait pas vu le Sporting Club Albigeois depuis quasiment un an. Tu es entré sous les ovations du public. Ça restera quand même un moment très à part dans ta carrière cette première rentrée sur un terrain Albigeois ?


Oui c’était la première à Albi bon pas sur le Stadium. Ça, ça sera la première à Albi. Mais bon il me tarde quand même de faire ma première au Stadium. On ne met pas la charrue avant les bœufs. On continue de travailler. Ça fait une très bonne expérience. Pour moi, jeune joueur qui n’ai jamais joué devant un public aussi nombreux. C’est une première, elle restera gravée à jamais dans ma mémoire. En espérant que la deuxième sera au Stadium.


Dernière question, toi qui as grandi à la mamelle Jaune et Noire, pour toi le SCA, ça représente quoi. En quelques mots, comment tu pourrais résumer ton attachement au Sporting ?


Moi en quelques mots, c’est mon enfance. Quand j’ai fait mes premiers pas, j’étais au Stadium en train de voir mon père jouer. Ça me rappelle les mercredis après-midi, tu rejoins vite les copains. Tu fais l’entraînement, le goûter. Pour moi le rugby ça a vraiment été une famille et important pour moi. Grâce au rugby, je suis ce que je suis devenu maintenant. Je ne remercierais jamais assez le rugby pour ce qu’il m’a fait devenir.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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