#Rugby – Fed1 / C.Schneider (Lannemezan) : «Pas de révolution sur le Plateau!»

Sur le plateau de Lannemezan, les ferventes foules qui accompagnent les aventure du CAL au Stade Sarrat, ont repris leurs sarabandes rouges et blanches agrémentées de chants et des vivas. Après deux saisons, hachées, entrecoupées et annihilées par la crise sanitaire, l’ovalie a repris ses droits aux pieds des Pyrénées. Avec 2 nouveaux co-Présidents , 12 arrivants dans l’effectif de l’équipe première et une nouvelle compétition en perspective (La Nationale 2), ce bastion des Hautes Pyrénées aurait pu basculer dans la révolution et les grands chamboulements. Mais à l’image de Christophe Schneider, un des deux néo co-Présidents du Cercle Amical Lannemezanais, ex joueur puis manager du club, la continuité du travail effectuée par ses prédécesseurs et Amis (Jean Philipe Dastugue et Bernard Duclos), est un sérieux gage de réussite de son mandat. Entretien avec celui qui dorénavant guide les destinées avec Lionel Begué de Lannemezan, un passionné qui souhaite capitaliser sur les valeurs séculaires qui ont façonné le CAL, pour continuer a écrire la légende «des gars du plateau.» .

Crédit photo : Cercle Amical Lannemezanais Officiel

Après un mandat opéré par le duo Jean Philippe Dastugue – Bernard Duclos, tu as pris le relais de tes amis. Comment s’est faite cette genèse de voir Christophe Schneider le manager devenir le président du CAL ?


Déjà je suis co-président avec un ami qui était trésorier au club qui s’appelle Lionel Bégué. Comment on s’est retrouvé à la tête du club ? Par le plus grand des hasards. Aujourd’hui Jean-Philippe Dastugue et Bernard Duclos ont eu beaucoup de mal à trouver des gens qui voulaient prendre la succession du club. Au niveau de la mairie, il a été vu beaucoup de monde pour reprendre le club, mais ça ne s’est jamais fait. De fil en aiguille, nous avons perdu beaucoup de temps. Nous sommes arrivés fin avril. Il a commencé à y avoir pas mal de joueurs qui ont comme on dit quitté le navire. A juste titre ou pas, mais ils se sont un peu affolés. Nous en voyant ça, on s’est posé autour d’une table avec les anciens présidents et nous sommes partis sur un coup de tête en se disant qu’on ne pouvait pas laisser le club de Lannemezan et ce qu’on avait fait comme ça. On est donc partis présidents et nous voilà à la tête du Cercle Amical Lannemezannais.


Pour parler de ton cas personnel, tu as dû te gratter un peu la tête et te poser cinq minutes avant d’assumer et de prendre une charge aussi lourde et importante ?

Oui se creuser la tête oui. Déjà sportivement, ça faisait six ans. C’était beaucoup de remise en question. Quand tu es entraîneur ou manager, il faut aussi trouver les nouveaux discours et les nouvelles façons de jouer pour un peu renouveler par rapport aux joueurs. On en avait un peu marre surtout par rapport au recrutement. Après oui, on s’est gratté la tête mais pas longtemps non plus. C’est quand même notre club et quelque chose que l’on voulait faire perdurer. C’était sain financièrement et on voulait laisser le club en Fédérale 1. On y est. On va essayer de bosser et de faire de notre mieux pour ne pas mettre le club en péril. On ne prend pas de risque financier en faisant venir des joueurs de l’extérieur à trop haut niveau. On essaie de bosser le mieux possible pour pérenniser le club.

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Regardons vite fait dans le rétro, qu’est-ce qu’on gardera du mandat Dastugue-Duclos, une image forte ?


Beaucoup de choses : la montée en Fédérale 1, le titre de la Nationale B, les derbys contre Tarbes avec deux belles victoires à Lannemezan avec 4500 personnes au Stade et puis les derbys avec Bagnères, que l’on va retrouver cette année et avec qui ça se passe bien, le monde au stade et puis ces moments de convivialité que l’on a connu avec les supporters, avec les dirigeants. Sincèrement, ça a été six ans sans accrocs, même si au départ lorsque l’on reprend le club, il y avait un gros trou financier où ça n’a pas été facile. Sincèrement beaucoup de bons souvenirs.


Quelle va être maintenant la patte Schneider-Bégué ?


La patte Schneider-Bégué, comme je l’ai dit, ça va être simple. Faire de notre mieux. On va essayer, et on a essayé de faire un groupe compétitif au niveau du recrutement. Déjà sportivement, on aimerait être dans les 6. Après garder la continuité de Jean-Philippe (Dastugue) et de Bernard (Duclos) au niveau des bénévoles et des supporters, amener le plus de convivialité possible. Après contenter nos partenaires. Nous avons essayé de faire un gros lobbying sur les réseaux sociaux. On essaye de mettre en place des choses pour que nos partenaires soient encore plus vus, qu’ils soient près de nous et que l’on soit près d’eux, qu’il y ait un gros échange entre tout le monde. Rien d’exceptionnel, mais on va essayer de rester dans la continuité de ce qui était fait.


Pas de révolution sur le Plateau.


Pas de révolution sur le Plateau.

Tu nous parles d’être dans les 6. Ça veut dire que tu souhaites monter en National 2. Qu’est-ce que tu en as pensé de cette réforme du rugby fédéral qui a été l’un des premiers gros dossiers quand tu es arrivé à la tête du CAL avec ton compère Lionel Bégué ?


Dans un premier temps, nous avons été très réticents. Aujourd’hui, pour un club comme nous, c’est compliqué de se projeter sur la Nationale 2. Tout simplement parce que nous avons pleins d’interrogations financières. On a aujourd’hui 550 000 euros de budget. On vit des derbys, de supporters au Stade. Je ne vois pas encore aujourd’hui l’intérêt, si ce n’est sportif et compétitif, de poules Nationales l’année prochaine, de partir à 60 avec les espoirs sur Marcq-en-Baroeul, sur La Seyne ou ailleurs qui sont loin de nos bases. Comment ça peut être bénéfique pour des clubs comme nous ? Alors peut-être que pour des clubs comme Mâcon ou Vienne qui veulent monter très rapidement, oui ça peut être un tremplin pour les préparer à la Nationale, voire plus. Mais sincèrement pour nous, on se pose beaucoup de questions. Alors nous sommes des compétiteurs. Oui sportivement on veut y aller, mais après on va se gratter la tête sur tout l’aspect financier.

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Il y a eu aussi une première intersaison pour toi en tant que président avec neuf départs et douze arrivées. Jusqu’à présent, tu allais taper à la porte du président pour avoir une enveloppe financière. Maintenant tu es de l’autre côté de la barrière. Comment ça s’est passé cette histoire ?

Oui maintenant c’est moi qui ne suis pas facile. Comment ça s’est passé ? Nous avions une masse salariale l’année dernière qui était une enveloppe que les présidents m’avaient donnée avec le staff pour pouvoir recruter. Nous avons essayé de faire pareil. Aujourd’hui, nous avons baissé notre budget par rapport à l’an passé de 30-40 000 euros. Nous avons adapté la masse salariale par rapport à ça. Nous avons essayé de nous débrouiller pour essayer d’avoir un groupe compétitif sans dépenser un centime de plus que ce que l’on s’était donné. On a réussi. On est contents. Maintenant bien sûr si nous avions mis un peu plus, nous aurions pu avoir une équipe un peu plus compétitive. Sincèrement, je suis content du recrutement. Je pense que nous avons une bonne équipe pour, malgré la poule très difficile que nous avons, arriver à nos objectifs.

Cette poule 4, c’est l’une des poules les relevées avec celle du Sud-Est de la France ?

Oui elle est très relevée. Je pense que c’est l’une des plus relevées avec celle du Sud-Est de la France. Relevée mais excitante quand même. Ce sont de grosses affiches. Ce sont des clubs que l’on connait, des clubs aguerris en Fédérale 1. Par rapport à ces objectifs de Nationale 2, tout le monde s’est bien renforcé. On voit dès le début du championnat qu’il y a énormément de surprise. On voit quelques clubs peuvent se détacher comme St Jean de Luz, Fleurance, voir Auch. Oui ça va être compliqué mais c’est celui qui gardera le plus de fraîcheur, le plus de plaisir et qui pourra garder son groupe le plus compétitif longtemps qui sortira je pense son épingle du jeu. Nous sommes à trois matchs, rien n’est fait. Je pense qu’il va y avoir des surprises, rien n’est fait. Ça va être un championnat très intéressant.

Une des grandes joies que ce soit pour toi ou l’ensemble des dirigeants et des joueurs, c’est le retour du bouillant public de Sarrat ?


Ben oui. C’est ce qu’on disait au premier match contre Fleurance. Même lors des matchs amicaux. Contre le FCTT nous avions fait une présentation des joueurs. Ça commençait à répondre présent. Que ça soit sur les deux premiers matchs de championnat chez nous, ou même à Oloron, les supporters suivent. Nous avions un car de supporters et plein de voitures à Oloron. Contre Lombez, le stade était plein, et Fleurance pareil. Ça fait plaisir d’entendre l’équipe une remonter d’en bas de l’échauffement de les voir passer sur la cendrée avec tout le monde qui crie et pendant le match aussi. Oui ça fait énormément plaisir, ça fait du bien.

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On va revenir sur le début de saison. Tout d’abord sur les matchs avec deux défaites : une à domicile face à Fleurance, une en terre Oloronaise. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il s’est passé que déjà on est arrivé sur le premier match de championnat avec beaucoup de pression comme un premier match de championnat à la maison. On jouait contre une équipe de Fleurance qui je pense jouera les hauts du tableau cette année. Je pense que nous avions beaucoup de joueurs nouveaux sur la feuille de match. Je pense aussi que certains n’avaient pas pris l’ampleur de ce qu’était Lannemezan à la maison. Il y avait beaucoup de stress. Nous sommes un peu passés à côté du match. Nous avons été pris physiquement par cette équipe de Fleurance. On peut gagner à la fin, donc on n’était pas très très loin. Après Oloron ça a été des concours de circonstance. On mène 8-0, on a un essai valable refusé on peut passer à 15-0. Ce n’est plus le même match. Après nous sommes tombés dans un petit rythme ce qui fait qu’on perd 14-11. Très déçu de ce match-là. Après nous avions demandé aux garçons de réagir, de faire une grosse prestation, lors du troisième match contre Lombez-Samatan. Peu importe le résultat. Ce qu’on voulait, c’était gagner. Je pense qu’ils ont répondu présent. Le public était derrière eux. On gagne avec le bonus offensif. Ça met un peu de baume au cœur. Ça nous lance la saison, on va pouvoir travailler plus sereinement. Les garçons et le staff ont compris qu’on avait les capacités et qu’il y avait moyen de faire de belles choses. Maintenant, il n’y a rien qui est arrivé, il faut se remettre en question, garder beaucoup d’humilité et surtout beaucoup de travail.

On va dire que contre Lombez, vous avez retrouvé les valeurs séculaires du plateau ?

Oui on a retrouvé les valeurs. On a retrouvé des gens combatifs, des gens qui voulaient jouer au rugby, un bon pack, une grosse défense et un gros état d’esprit. Des gens qui sont sortis du vestiaire les yeux vides, blancs et qui sur le terrain ont joué les uns pour les autres et surtout pour le public.

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Quel va être l’objectif de ce deuxième bloc de Fédérale 1 ?


L’objectif pour le deuxième bloc c’est un très gros bloc. Nous avons deux déplacements à Mauléon et à St Jean de Luz et ensuite, on reçoit Anglet et Auch. Nous aujourd’hui, nous allons jouer pour gagner tous les matchs. Mais le plus importants c’est au moins d’avoir sur le deuxième bloc les deux victoires à la maison. C’est impératif surtout qu’on aura une grosse journée contre Auch comme vous pouvez vous en douter. Ça va être un gros derby. Oui c’est deux victoires à la maison et on se déplacera à Mauléon et St Jean pour voir ce qu’on fait.


On va dire que Lannemezan va passer au révélateur Basque…

Exactement au révélateur Basque, c’est le cas de le dire.


Dernière question un brin décalée. J’imagine que ce week-end après la première victoire à Sarrat, il y a dû avoir une grosse troisième mi-temps à Lannemezan, comme vous les aimez, un peu épaisse.

Oui c’était une très belle soirée. Une très belle journée mais une très belle soirée. Un peu dure donc lundi ça piquait. Mais oui il y a eu une grosse soirée avec beaucoup de chants. Les familles se sont retrouvées avec les joueurs. Ça aussi ça faisait très longtemps. Les supporters sont restés très longtemps au Stade. C’était bien pour le trésorier, c’était pour tout le monde et pour le moral. Ça fait du bien.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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