#Rugby – Nationale / C.Trussardi (Albi) : «Ici je retrouve de vrais fans, une vraie histoire derrière et un vrai cœur au rugby!»

Arrivé au cœur de l’été, lors de la première vague de recrue de Matthieu Bonello, le néo demi-de-mêlée du Sporting Club Albigeois, Charly Trussardi, s’acclimate à merveille à son nouveau cadre de vie ainsi qu’ l’horizon sportif qui s’offre à lui. Découvrant la Nationale pour la première fois de sa carrière, ce Franco-Italien formé à l’honorable et réputée école clermontoise, compte bien croquer à pleine dent dans cette 3eme division quasi-professionnelle. Ascendance aidant, quand après avoir fait ses premiers pas en Pro à Clermont et Béziers, il fallut se résoudre à quitter le cocon auvergnat : Charly Trussardi opta pour sa patrie rugbystique. De Rovigo à Trévise, ce demi de mêlée hyperactif a goûté à l’élite du rugby transalpin, tout en voyant son aventure ce percuté avec le Covid-19. Au cœur de l’hiver 2020, l’enfant de Clermont à vécu loin de ses proches, la sidération et le confinement d’une l’Italie précurseur européen d’une pandémie qui, allait englober le monde sous une chape sanitaire. Revenu en France pour regoûter au rugby qui l’a bercé dans les travées du Stade Michelin, Charly Trussardi semble avoir trouvé en Albi : un club, un projet autour de Mathieu Bonello et une ville qui lui sied à merveille. Rencontre avec un néo jaune et noir, qui a l’image de ses coéquipiers, veut écrire une nouvelle page de la longue histoire du SCA.

 

Charly Trussardi, demi de mêlée SC Albi (Nationale) / Crédit photo: Pierre Bras

 

On va commencer par la genèse de ta carrière de rugbyman. Tu es sorti d’une grande école, une école mythique, celle de Clermont et qui a dû être marquante dans la construction du rugbyman que tu es ? 

 

C’est ça puisque j’ai directement connu le rugby là-bas. J’ai commencé le rugby là-bas vers 9 / 10 ans et j’y ai tout fait jusqu’à passer professionnel. 

 

Souvent, quand on parle de l’école clermontoise, on dit que c’est une formation bien à part. Est-ce que tu as ressenti ce côté vraiment spécifique à un club et à un ADN ? 

 

Pour moi, ce n’est pas à part puisque je n’ai vraiment connu que ça donc, on va dire que c’est ma base du rugby. Mais c’est vrai que, maintenant que j’ai pu bouger un petit peu, je vois que ça a quand même ses particularités et que Clermont est vraiment à part, ce n’est pas mal comme tu l’as dit.

Après avoir fait tes premiers pas en Top 14 et en Coupe d’Europe avec Clermont, tu t’es exporté en Italie. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce choix ? 

 

Pas directement puisqu’après avoir fait mes premiers pas en Top 14, j’ai fait une année de prêt à Béziers en Pro D2. 

 

Que retiens-tu de cette aventure biterroise, dans un club qui est chaud bouillant ? 

 

Un club avec une très belle histoire du rugby. C’était sympa, une belle expérience pour moi, je n’y ai fait qu’un an car j’étais encore quand même à Clermont. C’étaient mes premiers pas en professionnel, j’ai profité. 

 

Et du coup, qu’est-ce qui t’a amené à t’exporter en Italie, un choix que tout le monde ne fait pas ? 

 

On va dire que j’ai des facilités et que j’ai pu faire ce choix-là parce-que je suis à moitié italien. J’ai la nationalité italienne et depuis mes 18 ans, j’ai fait les sélections jeunes Italie donc, tout ce qui est – de 18 et – de 20. J’ai fait deux 6 Nations et 2 Coupes du Monde avec l’Italie – de 20, j’ai aussi pu toucher un peu à l’Italie A. Donc, je faisais déjà partie de ce système italien et j’avais ces opportunités en Italie qui s’offraient à moi depuis que j’avais commencé à faire des sélections. J’ai senti que c’était le bon moment, que c’était une bonne opportunité pour moi de repartir sur un très haut-niveau après Béziers, soit le Pro 14. Je m’en sentais assez près donc j’ai tenté cette expérience. 

Malheureusement, le destin est venu percuter ta carrière en Italie via le Covid 19 car tu n’as pas eu beaucoup le temps de faire des saisons entières ? 

 

Exactement, on va dire que c’est très, très mal tombé pour moi. Ce sont les hasards du sort, ce n’est pas quelque chose que l’on peut gérer et pour moi, c’est très mal tombé. J’ai eu un peu de temps de jeu la première année et la seconde, le Covid tombe, toutes les cartes sont redistribuées et ça s’est un peu plus mal passé pour moi. 

 

Ça a aussi été une expérience un peu particulière pour toi car le Covid a commencé à rentrer en Europe par l’Italie qui a été le premier pays à être un peu  » sidéré  » par ce phénomène que personne n’avait vu venir. Comment as-tu vécu ces moments ? 

 

Tout à fait, on le vivait peut-être un peu plus intensément. En fait, on a sûrement vécu la même chose que la France avec 10 jours d’avance, on était les premiers à prendre tout sur la tête donc, les premiers en Europe à tout voir venir et à tout expérimenter. Il y avait un peu de peur, moi, j’ai vécu ça loin de ma famille, je n’ai pas pu rentrer en France parce-que ça nous est tombé dessus un peu par surprise. Tout ce qui était confinement et interdiction de vols est allé assez vite donc, je n’ai pas pu rentrer en France pour faire le confinement chez moi. J’ai vécu le Covid tout seul dans un autre pays. 

 

Le fait que cet épisode italien ait été un peu terni par le Covid a participé à ton choix de revenir en France pour vraiment tourner la page de ce virus ? 

 

Inconsciemment, c’est possible mais je dirai quand même que ce qui m’a poussé, ce sont des raisons rugbystiques et professionnelles. Je n’ai pas eu de mal avec la vie en Italie, était à moitié italien, je parle couramment la langue, j’étais à l’aise et je connaissais déjà des gens. Je n’ai pas vraiment eu de mal à m’acclimater là-bas donc je pense que ce sont plus des choix de rugby qui m’ont fait rentrer. 

On sait que tu étais en contact avec plusieurs clubs cet été, dont Blagnac entre autres. Qu’est-ce qui t’as fait opter pour le Sporting Club Albigeois ? Le discours de Mathieu Bonello, j’imagine ? 

 

Oui, vraiment, en grande partie. Le projet du club et le club en lui-même sont, j’avoue, très attirants ainsi que le nouvel entraîneur, le nouveau projet, la voix de Mathieu. Ça m’attirait et tout ça a compté, c’est un peu un tout. 

 

Vu de l’extérieur, avant que tu ne rejoignes le club, que t’inspirais Albi ? 

 

Albi, c’est un peu ce qui me manquait en Italie et ce qu’on peut retrouver en France. Ce sont de très grosses histoires de rugby, une vraie ville et puis, par rapport à la région, un pays de rugby, une région où on retrouve de vrais supporters, de vrais fans, une vraie histoire derrière et un vrai cœur au rugby. C’est ce qui peut manquer en Italie car le rugby est quand même assez récent là-bas et Albi inspire vraiment ça. Moi, ça m’inspirait vraiment, ça me rappelait beaucoup ce que j’avais pu vivre à Béziers donc une ville qui soutient le rugby, qui le suit et qui le connaît. C’est beaucoup plus intéressant à ce niveau-là et ça, ça m’a attiré.

Tu es arrivé dans un groupe qui, malgré 14 autres recrues comme toi et peut-être bientôt une 15e, avait un noyau dur. Bien que ce groupe soit formé, ton intégration s’est bien faite ? 

 

Oui, très facilement et je pense que c’est l’une des très grosses qualités de Mathieu, celle d’instaurer l’effet groupe, la formation d’une équipe unie. Du coup, ça s’est très bien fait, très rapidement et je crois que l’on est en train de créer quelque chose. Ce n’est pas fini, je pense que ça viendra avec les matchs pour l’intégration totale mais ça commence bien. 

 

Il y a eu une grosse préparation physique où vous avez sué à grosses gouttes. Pour toi qui as un membre de ta famille dans la prépa physique, ça n’a pas du trop te choquer ? 

 

Je ne vais pas dire que c’est partout pareil mais lors de la présaison, on en chie, c’est comme ça (rires). On aime ça, c’est bien. 

 

On va revenir sur les matchs de présaison face à Blagnac et à Pamiers, tes premiers pas en jaune et noir. A froid, comment est-ce que tu les analyserais ?

 

C’est bien, le fait que l’on est justement pu créer un groupe nous a énormément apporté. On a gagné nos deux matchs de présaison ce qui est top pour la confiance. 

Surtout face à une équipe de Blagnac qui, on l’a vu, sera loin d’être un faire-valoir de la Nationale ? 

 

Très, très loin d’être ridicule, très bonne équipe de Blagnac. On les a rencontrés en début de saison et je pense que ce que l’on avait de plus, ce que l’on a réussi à créer de plus que les autres, c’est un cœur, une équipe. Maintenant, ils se sont peut-être rattrapés sur ce niveau-là, Blagnac est une très bonne équipe comme on l’a vu mais, en tous cas, on a réussi à construire ça avant eux, plus fort qu’eux et je pense que c’était tout le principe de la présaison que l’on a bien réussi. Gagner deux matchs difficiles en présaison nous a forgé un bon caractère pour ces premiers matchs que l’on a eus. 

 

On a l’impression que l’un des moments fondateurs de cette présaison est le stage de Saint-Lary où c’est vraiment là que le cœur et l’état d’esprit se sont faits. Entre vous, enfermés dans les montagnes, vous avez vraiment créé cet état d’esprit, ce collectif ?

 

Oui, c’est à ça que servent les stages de début d’année. Ce sont vraiment des stages de cohésion plus que d’intégration et c’est aussi comme ça que moi je l’ai vécu, ça a vraiment été un tournant de la présaison. 

De l’extérieur, entre le moment où vous êtes partis et celui où vous êtes revenus, on a vu qu’il n’y avait plus le même état d’esprit. On a eu l’impression qu’à partir de ce moment-là, vous faisiez vraiment groupe ? 

 

Oui et je dirai que de l’intérieur aussi. 

 

On va maintenant parler des deux premiers matchs. Un déplacement quand même périlleux à Dijon, Dijon qui a battu Soyaux à Soyaux et qui a une belle équipe qui envoie beaucoup de jeu derrière. Tu es rentré dans les 35 dernières minutes, quelle est l’analyse que tu portes sur ce match où vous avez un peu de suite marqué votre auditoire ? 

 

Carrément, une victoire à l’extérieur, surtout au début, il n’y a pas mieux pour commencer. Ça a engrangé pas mal de confiance, surtout en début d’année, on en aura bien sûr besoin toute l’année mais en début d’année, ça fait du bien. Je dirai qu’on gagne vraiment grâce au groupe, pour l’instant en tous cas. Je pense qu’on n’a pas encore montré notre rugby, qu’on ne le connaît pas encore bien et qu’on n’a pas encore dévoilé toutes nos capacités mais en tous cas, niveau groupe, on montre que l’on est un bon groupe. On gagne, on peut surprendre et on a cette envie de gagner et je pense que, pour l’instant, c’est ce qui nous porte. 

 

Comme on le disait à Mathieu Bonello après le match à Dijon, on a eu l’impression que ce sont les équipes qui ont fait des choses simples qui ont gagné lors de la 1ère journée ? 

 

Je ne sais pas si c’est le rugby qui paye pour l’instant mais je pense que c’est vraiment l’état d’esprit, jusqu’à ce que le rugby soit bien structuré et que tout le monde puisse jouer ou ait comme projet de jouer. Pour l’instant, c’est plus l’état d’esprit qui prime et c’est ce qu’on a. 

Il y a ensuite eu le match face à Massy et la première rencontre avec le public albigeois et quelle ferveur ! 

 

Oh oui ! Je pense qu’on l’attendait beaucoup, qu’on a eu beaucoup de pression ou, en tous cas, qu’on a ressenti de la pression car le match était différent qu’à Dijon. Mais c’était de la bonne pression, celle qui nous fait vibrer, celle pour laquelle on joue et celle que l’on aime, ainsi que le public aussi. 

 

Dès que vous avez fait le premier tour de terrain pour vous échauffer, vous étiez déjà dans le bain quand vous avez vu les ovations qui vous attendaient ? 

 

Oui, on a vu. Ça a manqué à énormément de personnes, j’ai pu connaître ça un petit peu en Italie mais beaucoup d’entre nous n’avaient pas vu le public depuis très longtemps. Je sais qu’Albi en a eu pour les phases finales l’année dernière mais très peu et ça fait du bien, on adore ça. 

 

Après le match, Mathieu Bonello a dit  » on n’a pas été bon du tout mais on a gagné  » ce qui veut dire qu’à l’état d’esprit, à la solidarité et au courage, vous êtes allés vous chercher cette victoire. C’est quand même un bon signe quand on bafouille son rugby mais qu’au bout du bout, on arrive à gagner ? 

 

Cette victoire-là est super. Il vaut mieux prendre une claque avec une victoire qu’une claque avec une défaite donc, c’est bien. Ça nous remet au travail mais on a quand même gagné donc, c’est parfait. 

Ça remet les points sur les i et les barres sur les t avant d’aller à Nice qui est l’un des cadors de la Nationale ? 

 

Pour l’instant, on verra. C’est aussi ce que je pense mais l’année commence et, pour le moment, on ne connaît pas, le championnat a l’air très surprenant par rapport aux victoires / défaites. Qui sera le cador de la Nationale cette année ? Je pense que c’est très dur à dire pour l’instant. Nice a un peu de difficultés en ce début d’année ce qui ne veut rien dire pour la fin de la saison mais évidemment qu’avec les recrues qu’ils ont faites, ça va être une grosse équipe et il va falloir qu’on taffe pendant qu’on se sent bien. 

 

Pour toi, cette équipe de Nice a loupé son départ mais, à un moment donné, elle va automatiquement raccrocher le wagon car elle a quand même un effectif qui est très, très riche ? 

 

Franchement oui, c’est ce que je pense. Ils ont quand même de très bons joueurs, ils vont se réveiller, les départs ne sont pas toujours faciles et ils n’ont pas réussi le leur mais ils vont revenir. 

Quels sont tes objectifs personnels avec le Sporting Club Albigeois ? 

 

Créer un groupe, me sentir bien dans ce dernier. Je n’ai pas d’objectif clair et précis mais, pour l’instant, je me sens bien, je vais vivre cette expérience à fond et m’amuser avec Albi. 

 

On te souhaite de croquer dans le match face au Stade Niçois, de faire une belle perf et de t’éclater sous les couleurs jaune et noir

 

C’est gentil, je l’espère aussi.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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