#Rugby – Fed1 / P.Padroni (Bagnères) : «Il y a un virage du semi-professionnalisme, un virage qui est indispensable!»

Le président du mythique Stade Bagnérais a l’orée d’une nouvelle saison en Fédérale 1, nous a accordé une interview de rentrée. Patrice Padroni, nous a donc éclairé sur les ambitions de son club, l’évolution de la sociologie du rugby, le tournant du semi-professionnalisme, la création de la Nationale 2, mais aussi l’impact financier du Covid 19 ou encore sa joie de revoir le public réinvestir le stade Cazenave.

 

On va espérer que cette année, on reparte pour de bon pour une vraie saison en Fédérale 1 ? 

 

C’est tout ce que l’on souhaite ! Retrouver le chemin des terrains, retrouver les supporters, retrouver les clubs avoisinants pour faire de jolis derbys et redonner un peu de bonheur à tout le monde. 

 

Paradoxalement, et on l’espère, ce sera certainement la première saison post-covid en intégralité, on va se souhaiter du bien mais c’est surtout la dernière saison de la Fédérale 1 telle qu’elle est. Il y a une réforme, la création de la Nationale 2 avec des équipes qui pourront monter en Nationale et d’autres qui intégreront la Nationale 2. Que pense-t-on de cette réforme au Stade Bagnérais ? 

 

Ce qu’on en pense, c’est que cela fait 2 / 3 ans que la Fédérale 1 éclate un peu, les différences de budgets sont énormes. Donc nous, nous sommes pour ces changements et pour cette évolution car, de toute façon, il fallait faire quelque chose. C’est fait, nous allons nous essayer de participer à ce championnat de Fédérale 1 et d’essayer d’accrocher l’une des 8 premières places pour se donner les moyens d’espérer autre chose. 

On sait que dans le rugby moderne, il y a eu un grand virage à la fin des années 90, celui du professionnalisme. Là, on a l’impression qu’il y a un virage du semi-professionnalisme à ne pas louper ? 

 

Oui, il y a un virage du semi-professionnalisme, un virage qui était indispensable. C’est ce que je viens de dire, pour moi, c’est vraiment la Fédérale 1 dite la Fédérale au demeurant amateur mais qui ne l’est plus. C’est du semi-professionnalisme pour certains clubs et tant mieux pour ces derniers s’ils peuvent jouer entre eux et si des clubs comme le nôtre et comme beaucoup de la poule 4 peuvent prétendre à cette Nationale 2.

 

Parlons un peu de cette poule 4, une poule pyrénéo-basquo-landaise. C’est une poule farcie de derbys mais où ça va ferrailler sec ? 

 

D’abord, c’est une poule très intéressante pour un président et un trésorier dans un premier temps (rires). C’est aussi une poule très, très homogène, un ou deux clubs se détachent qui se sont certainement donné les moyens de postuler à la Nationale 2 mais le terrain rendra son verdict. 

 

Où en est-on du côté sportif à Bagnères ? Est-ce qu’il y a eu un gros mercato ou a-t-on plutôt travaillé sur la formation ? Est-ce que l’encadrement restera le même ? 

 

Un gros mercato, non, on ne peut pas se le permettre (rires). Comme je le disais tout à l’heure, nous voulons essayer de postuler pour les 8 premières places donc, nous avons un peu renforcer notre 5 de devant et pour le reste, on fait confiance à notre formation. 

Concernant les finances du club, ce qui est l’une des grandes parties d’un président, où en est-on après deux saisons avec très, très peu de rugby et très, très peu de recettes ? 

 

Nos finances n’étaient pas excellentes depuis 4 ou 5 ans mais on a commencé à remonter la pente depuis 3 / 4 ans. On peut dire qu’actuellement, on vit bien, les finances sont redevenues sereines grâce au travail des prédécesseurs, Christian Abeilhé, Roland Bertranne, Daniel Carrère et de toute une équipe au Stade Bagnérais et à la mairie de Bagnères. 

 

En parlant de Roland Bertranne, l’une des anciennes légendes du Stade Bagnérais, ils sont toujours au soutien dans le ruck ? 

 

Ils sont toujours au soutien, ils sont toujours présents. On organise le 12 Septembre à Bagnères les 40 ans de la finale de 81 et tous ces joueurs, toutes ces légendes bagnéraises, seront présents pour donner le coup d’envoi d’une journée que l’on espère festive et conviviale. 

 

On sait que Bagnères, c’est aussi une adhésion populaire, le poumon de la vallée, un véritable vecteur de lien social. Où en est-on avec les supporters, il n’y a pas eu de déperdition avec ces deux ans de disette de rugby ? 

 

Comme tous les clubs, on a eu très peur. Les gens s’étaient habitués à voir autre chose mais dès le match amical contre Castanet, on a vu que la ferveur populaire et les attentes étaient toujours là, d’ailleurs, les gens de Castanet en ont été très étonnés. Au travers des cartes d’abonnements qui se vendent, on est très content de ce début de saison. 

Au niveau de la formation bagnéraise, cela va toujours être l’un des marqueurs forts du club ? 

 

Nous sommes obligés de nous appuyer sur la formation bagnéraise. On a essayé de se renforcer devant mais derrière, c’est à 90% des jeunes de Bagnère et on veut continuer dans cette formation. On veut que ces jeunes puissent franchir un palier à travers le Stade Bagnérais, Théo Vidal, qui joue à Albi, en est l’une des preuves. Geoffrey Cros, qui joue maintenant à Bègles-Bordeaux porte haut le drapeau de Bagnères et on peut continuer à former ces jeunes pour qu’ils puissent alimenter les clubs plus haut. 

 

Pour le Stade Bagnérais, et même pour toute la vallée de Bagnères, une des premières bonnes choses est de voir le rugby reprendre. Mais il y en a aussi une seconde qui vous inquiétait beaucoup l’année dernière à savoir toute l’économie du tourisme qu’il y a autour de la montagne. Là-aussi, on va souhaiter que tout ce tourisme puisse reprendre plein fer ? 

 

Bien sûr ! Cet été, on a vu énormément de monde au mois d’Août, que les restaurateurs, les cafetiers, les hôtels étaient très contents. Pour nous, il est très important que tout ce tissu économique puisse vivre et survivre à cette crise. On essaye de faire de notre mieux avec eux pour les aider et pour que tout redevienne, comme avant, je n’en sais rien, mais que tout le monde puisse profiter de notre Bigorre. 

Quels vont être les mots d’ordre de cette saison de la renaissance du rugby amateur et semi-pro ? 

 

En trois mots, convivialité, espoir de qualification et surtout plaisir. 

 

On va rajouter aussi de beaux derbys face à Lannemezan ? 

 

Ce sont toujours de beaux derbys face à Lannemezan. Lannemezan et Bagnères sont deux clubs qui se ressemblent énormément et où l’entente est parfaite, je leur souhaite à eux aussi une très bonne saison. Ils sauront nous attendre sur le Plateau et on saura les recevoir à Bagnères mais toujours dans un esprit de convivialité et de camaraderie. 

 

Merci Patrice et on souhaite une très, très belle saison au Stade Bagnérais 

 

Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

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