#Rugby – Nationale / Y.Garcon (Chambéry) : «Il faudra ferrailler tous les dimanches pour être à la hauteur des ambitions!»

A moins de 2 semaines de la reprise du championnat, nous sommes allés voir du côté de la Savoie, avec le président du SOC Rugby, Yves Garçon, où en étaient les éléphants chambérien de leur préparation estivale. Après une première saison dans l’antichambre de la Pro D2, marqué par le sceau du Covid-19 qui a vu les savoyards enchaîner les reports de matchs et les péréquations : le SOC Rugby compte ardemment s’ancrer dans cette division Nationale. Alors qu’une page se tourne avec le départ d’Anthoine Nicoud et le comeback de Cyril Vilain, les chambériens arbore l’ambition d’accrocher la qualification en playoffs à l’issu de la phase régulière. Mais Yves Garçon, en bon timonier de son club nous a aussi fait un tour d’horizon des divers sujets qui incombent à un président, dont les finances et l’avancée du projet de nouveau stade. Entretien avec un dirigeant, qui fort d’une gestion de «bon père de famille » durant la crise sanitaire, espère se projeter vers de nouvelles ambitions dans ce redoutable championnat.

 

Yves Garcon Président SO Chambéry / Crédit photo SOC Rugby

 

Après une première saison en Nationale qui n’a pas été simple avec beaucoup de matchs reportés pour cause de Covid et un championnat qui a été métamorphosé, le SOC Rugby repart à l’assaut de cette compétition semi-professionnelle, antichambre de la Pro D2 avec, j’imagine, de grosses ambitions ? 

 

Déjà, avec beaucoup d’espoir qu’il y ait une saison complète et pleine, que l’on puisse jouer tous les matchs. Après, effectivement, comme tous les clubs de la Nationale, nous avons tous des ambitions mais la première des ambitions est que l’on puisse faire tous les matchs. Le premier espoir, c’est celui-ci et que tout se passe pour le mieux parce qu’on ne veut pas et on ne souhaite pas rejouer comme l’année dernière devant personne. 

 

Un bilan de cette première saison en Nationale ? On ne va sûrement pas retenir le classement mais plutôt l’expérience acquise ? 

 

Nous étions dans les objectifs que nous nous étions fixés en début de saison à savoir le maintien après une saison très compliquée pour nous avec beaucoup de blessures, dont deux joueurs majeurs qui étaient des recrues phares l’année dernière, qui ont été blessés et qui sont perdus pour le rugby donc, ça a été un peu plus compliqué. C’est vrai aussi que ça a été une saison difficile aussi bien au niveau des résultats que du reste. Ça a été une saison compliquée, on ne pouvait pas jouer, beaucoup de blessés donc, je ne dis pas que c’est une saison qui s’est passée dans la douceur. Mais l’essentiel était là, sportivement, on voulait être sauvé, on l’a été mais, seulement à la dernière journée il est vrai. 

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On va aussi parler de la fin de cycle qu’il y a eu avec un changement de staff et des joueurs cadres qui s’en vont. C’est vraiment un nouveau Chambéry que l’on va voir cette saison ? 

 

Quand on en vient au changement du staff, la première chose que l’on doit se dire, c’est que quand Antoine Nicoud nous a sollicités, il avait une proposition d’un club de Top 14, en l’occurrence Pau. Quand vous êtes président de club, il est difficile de gérer l’ambition d’un coach donc, on l’a évidemment laissé partir mais ça a effectivement chamboulé beaucoup de choses. Après, nous avons notre capitaine qui s’est arrêté pour ne pas faire la saison de trop et puis, physiquement, c’était un peu plus compliqué pour lui. Donc, en effet, il y a un gros, gros changement aussi bien au niveau du staff qu’au niveau capitanat et à celui de joueurs cadres qui sont partis. 

 

A Chambéry, on a quand même fait du nouveau avec un peu d’ancien avec le retour à la maison de Cyril Villain ? 

 

Quand on a su qu’il ne pouvait pas continuer à Grenoble, nous avons bien évidemment été très intéressés pour qu’il vienne chez nous car nous avions eu des expériences qui avaient été très positives avec Cyril et nous lui avons donc fait une proposition. Il en avait d’autres que la nôtre mais je pense que notre projet sportif en concomitance avec notre stade l’a quand même bien intéressé. 

 

Parlons de ce stade : où en est-on car on sait que c’est quelque chose de fondateur et de crucial pour le SOC Rugby ? 

 

Aujourd’hui, aux dernières informations, et je dis bien ça au conditionnel, le stade serait livré fin 2022, lors du dernier trimestre avec un point d’interrogation s’il n’y pas de problème d’approvisionnement des matières premières qui, malheureusement, font un peu défaut actuellement. Mais, pour le moment, ce serait fin du trimestre 2022 même si moi, je reste un peu plus prudent en parlant du premier trimestre 2023. Voilà ce que l’on sait à l’instant où on parle. 

 

On peut allégrement s’imaginer que les ambitions du SOC Rugby vont monter en puissance petit à petit en même temps que le stade se construit ? 

 

C’est bien sûr ce qu’on espère. De toute façon, le stade sera un réel vecteur aussi bien de communication que d’entraînement que de sportif et puis, un vrai outil de travail. Donc, ce sera plus facile d’avoir des ambitions quand tu as un très, très bon outil de travail. 

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Parlons aussi un peu du recrutement qui a eu lieu cet été. Ce n’est peut-être pas le recrutement le plus clinquant, à l’image de Nice qui recrute à tour de bras, mais c’est quand même un recrutement qui a de la gueule ? 

 

Pour le recrutement, je laisse ça au sportif c’est à dire que ce sont eux qui choisissent en fonction de certains critères. C’est notre staff qui gère ça avec Michel Ringeval, Johan Colliat et notre vice-président avec toute leur expertise. Effectivement, on n’a pas le recrutement de Nice ni celui de certains clubs mais je pense que nous avons fait un recrutement qui paraît satisfaisant, sur le papier en tous cas, et on y croit beaucoup. 

 

Quand tu vois des adversaires et des pensionnaires de Nationale s’armer à tour de bras, qu’est-ce que cela t’inspire ? 

 

Ça m’inspire deux choses. La première, c’est que des clubs comme Nice ont une chance extraordinaire, celle d’avoir des sponsors pratiquement tout acquis, ce qui n’est pas notre cas. Après, je ne pense pas qu’il y ait que l’argent qui fasse une équipe, une équipe se construit avec un collectif, avec une ambiance et tout le reste. S’ils réussissent, tant mieux pour eux et j’espère qu’ils pourront réussir, j’ai été un petit peu déçu pour eux l’année dernière, je pense qu’ils avaient les moyens de monter vu la saison qu’ils avaient faite mais les matchs de qualification et les matchs de phases finales sont forcément différents. Et puis, quand je vois que tous les clubs se renforcent, je me dis que le niveau du championnat de Nationale sera très élevé cette année, encore plus élevé que l’année dernière. Il n’y aura pas de match facile et il faudra ferrailler tous les dimanches pour être à la hauteur des ambitions.

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On va aussi évoquer un sujet qui concerne grandement le président que tu es : les finances. On sait que tu avais un peu anticipé une saison Covid en faisant quelques  » bas de laine  » mais, est-ce que le SOC Rugby va un peu augmenter sa voilure financière pour cette nouvelle saison en Nationale ? 

 

Oui, effectivement, le SOC Rugby a un peu augmenté sa voilure financière car nous avons fait une gestion de bon père de famille l’année dernière. Tu te rends compte qu’avec le budget que nous avions l’année dernière, on a eu les moyens de se maintenir mais, si tu veux exister et avoir plus d’ambitions, il était évident qu’il a fallu mettre un peu plus de moyens. Les moyens ont été aussi bien au niveau du staff que des joueurs car nous avons renouvelé notre staff et nous avons pris des joueurs donc, nous avons un peu plus de moyens, effectivement. Mais c’est vrai aussi que l’argent reste le nerf de la guerre et nous sommes ambitieux mais cela sera plus facile avec le stade, quand il y aura un bel outil. Ce sera entre autres plus facile pour les partenaires d’avoir de la visibilité. 

 

A la louche, où se situe ce budget ? 

 

Cette année, nous serons aux environs de 2M7. 

 

Quels sont l’objectif et la feuille de route que tu as fixés à tes hommes et surtout à ton staff ? De prendre un bon départ pour ne pas vivre une saison comme l’année dernière avec une course contre la montre ? 

 

Déjà, de prendre le meilleur départ possible, il faut aussi être un petit peu chanceux et ne pas avoir trop de blessés. Comme beaucoup de clubs, on espère approcher les phases qualificatives, on sait que ça sera extrêmement compliqué mais on ne peut pas démarrer une saison sans ambition. 

 

Quand Cyril Villain est revenu, il avait trouvé la recette avec Michel Ringeval pour accrocher des finales de Fédérale 1 Elite sans avoir le plus gros budget. C’est une des ambitions que tu lui as fixées en lui disant  » tu nous refais la recette en allant nous faire une épopée  » ? 

 

Je ne pense pas qu’on ait donné ce type d’ambition, on a simplement dit  » aujourd’hui, ce serait bien qu’on joue une place qualificative « . Quant à parler de réussite quand on a failli monter deux fois de suite, la réussite passe par beaucoup de choses, quand on fait un feed-back, je crois qu’on se qualifie contre Auch à la 92e minute (rires). Il faut aussi avoir un petit peu de chance, le ballon étant ovale et puis, quand tu es dans une dynamique qui est positive, les choses sont un peu plus faciles. Mais, c’est pareil, si tu démarres la saison dans la difficulté, ça reste difficile ensuite car, psychologiquement, il faut arriver à remettre le train sur les rails. Nous sommes confiants, sans être trop idéalistes, nous sommes confiants. 

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On va parler aussi du contexte avec le Covid et le pass sanitaire. Est-ce que tu penses que ça peut être un frein pour voir l’ensemble de la communauté SOC Rugby revenir au stade ? 

 

Moi, je pense que ce sera malgré tout un frein. Concernant le pass sanitaire, on suit les éléments et les directives qui ont été mis en place par la Fédé mais je suis plus inquiet pour les personnes qui, aujourd’hui, n’ont pas forcément envie d’avoir un pass sanitaire et notamment un petit peu les anciens car le rugby reste malgré tout un sport où il y a beaucoup plus d’anciens que de jeunes, à l’instar de ce qui se passe chez nous. Donc, je ne suis pas convaincu que certains viendront au stade compte-tenu de ce contexte un petit peu sanitaire. C’est une interrogation donc, il faut qu’on laisse passer les premiers matchs pour se rendre compte si les suppositions ou les inquiétudes sont réelles ou ne le sont pas. 

 

Tu seras un président heureux à la fin de la saison à quelle place ? 

 

Ça, c’est une excellente question (rires). Disons à l’une des places qualificatives en y croyant mais comme tout le monde.  L’autre jour, je lisais l’interview du président de Suresnes qui disait qu’il voulait être dans les places qualificatives, nous, les présidents de la Nationale, sommes tous dans cette stratégie-là. On va essayer d’y être et essayer de se donner les moyens pour y être. C’est vrai que nous avons une équipe qui est quand même jeune, très jeune quand on regarde les recrues. On a joué contre Romans qui a un super 3/4 centre mais qui a 37 ans. Sera t’il en capacité de jouer toute la saison ? Ce n’est pas gagné. Nous, nous sommes plutôt dans les jeunes et on va essayer de faire comme à l’époque avec Antoine Nicoud, de mettre de la vitesse et de la technique. Il manquera peut-être les  » papys  » dans les moments difficiles, comme quand on avait Matadigo ou d’autres, des gens qui pouvaient mettre un petit peu de sérénité quand c’était un petit peu chaud. 

 

On va finir par une question bonus et décalée. Pour que la saison en Nationale soit parfaite à Chambéry, il ne manque qu’une chose : que Rumilly monte et comme cela, vous aurez un vrai derby des deux Savoie ? 

 

Moi, ce côté-là ne me choque absolument pas ! Je sais que Rumilly est en train de monter une équipe qui prend tournure, on les joue le 21 en amical. Et puis, je pense que pour les clubs de rugby, la Nationale est un plus car c’est un niveau qui n’est plus très, très loin de la Pro D2 et bien au-dessus de la Fédérale 1, tous les dimanches, on voit des matchs de très grande qualité. Le vœu pour moi serait que l’on trouve des solutions pour récupérer quelques droits TV, ça, ça ne serait pas mal car je trouve que le niveau des matchs et notamment celui des phases finales était quand même correct et j’aimerai bien que la Fédé trouve des moyens pour que l’on puisse être télévisé. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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