#Rugby – Fed2 / Pierrick Belleteste (Nantes) : «C’est un devoir d’essayer de faire remonter le club avec les copains!»

Au Stade Nantais, Pierrick Belleteste se sent comme dans une grande famille, où malgré une relégation de Fédérale 1 à fédérale 3 au printemps dernier, l’ouvreur des éléphants s’épanouit professionnellement et personnellement. Souvent contacté par d’autres écuries de fédérale 1 ou de Nationale, le joueur formé en région parisienne (Racing 92 / Stade Français), a toujours gardé une fidélité sans faille aux club de la Loire Atlantique. Ayant connu l’effondrement de Saint Nazaire avant son arrivée chez les nantais, Pierrick Belleteste, à l’instar d’une partie de ses coéquipiers, a su garder la hauteur nécessaire quand les stadistes ont été la proie à des turbulences. Remonté avec ses coéquipiers en Fédérale 2 a l’aube de l’été, cet ouvreur polyvalent compte bien, pas à pas, participer à la concrétisation du projet des ligériens. Focus sur un joueur qui prend le contrepied d’un rugby moderne souvent versatile, et qui trace invariablement son sillon avec les éléphants nantais.

 

Pierrick Belleteste ouvreur Stade Nantais (Fédérale 2) / Crédit photo : Le #MagSport – Studios H2G

 

Pierrick, on peut dire que tu fais maintenant partie des meubles au Stade Nantais avec une 5e saison chez les éléphants. Tu as un peu tout connu avec ce club : le haut de Fédérale 1, une relégation, un peu de Fédérale 3 l’année dernière et maintenant, tu vas connaître la Fédérale 2 ?

 

Oui, un peu de tout comme tu dis. Il y a eu la première année en Fédérale 1, il y a maintenant 4 ou 5 ans, où ça a forcément été un peu compliqué avec un nouveau niveau et un nouveau groupe très jeune. Après, 2 / 3 grosses saisons où on commence à jouer le haut du tableau, les play-offs, un quart de finale de championnat et puis, malheureusement, la Fédérale 3 où il a fallu s’adapter, se mettre au niveau, passer à autre chose et s’y mettre. C’était un championnat très différent de ce qu’on avait pu connaître mais maintenant, nous avons la chance d’être en Fédérale 2 l’an prochain donc, c’est cool. 

 

On imagine allégrement que, lorsque Nantes est descendu, ton téléphone a dû sonner de toute part. Pas mal d’agents et de clubs ont dû s’intéresser à toi en sachant que tu avais largement le niveau Fédérale 1 voire même au-dessus. Qu’est-ce qui t’a amené à rester en terre nantaise ? 

 

Ça a été un choix très rapide pour moi. Comme tu l’as dit, oui, j’ai eu quelques appels mais j’ai pris ma décision très vite, on en a discuté avec ma compagne mais je me sentais super bien dans la ville, même si j’étais forcément un peu triste des événements qui se sont passés. J’avais vraiment envie de rester intégré au club, de participer à un projet de remontée et de vraiment m’imprégner du club jusqu’au bout. C’était important pour moi de participer à ça, ma compagne comme sa famille sont d’ici et je n’avais pas forcément envie de bouger de Nantes ni de la région. C’était déjà la 2e fois que ça m’arrivait mais j’étais beaucoup plus jeune la première fois donc, ça m’a permis de bouger et de migrer mais là, je n’avais vraiment pas envie de quitter la région. Ce n’est pas que je me sentais obligé de rester mais je voyais comme un devoir de participer à cette remontée ou en tous cas d’essayer de faire remonter le club avec les copains. Ça a donc été très rapide comme décision.

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Comment a fait le compétiteur que tu es pour re-basculer ? En quelques mois, alors qu’on vous faisait miroiter d’aller en Pro D2, vous arrivez en Fédérale 3 avec comme objectif de remonter en Fédérale 1 ce qui doit quand même être compliqué psychologiquement ? 

 

Oui, c’était assez compliqué, surtout parce qu’on faisait partie des potentielles équipes de Nationale. Nous étions dans les 14 et, sur les 3 dernières années, on proposait quand même un rugby de  » haut-niveau  » de Fédérale 1. On avait beaucoup d’exigences entre nous et au niveau des dirigeants et des entraîneurs donc c’est vrai qu’il a été un peu difficile de se remettre dans l’esprit compétitif. Moi, personnellement, j’ai toujours été un gros compétiteur que ce soit au rugby ou en-dehors, j’adore ce côté défi  » il faut gagner à tout prix « , parfois malheureusement un peu trop aux entraînements (rires). C’était difficile mais on s’est tout simplement causé entre joueurs pour se dire que soit on faisait une saison un peu en demi-teinte en Fédérale 3 parce qu’on faisait la gueule ou autres soit on s’envoyait vraiment tous à 200% tout en respectant l’adversaire et ça allait le faire. On s’était fixé des objectifs hauts : on voulait remonter, aller chercher le titre de Fédérale 3. C’était important pour nous de garder ça et tout le monde a pu voir les résultats post-confinement. On a gardé l’esprit de compétition au sein du groupe et c’était une chose importante à faire. 

 

Tu nous disais que, s’il n’y avait pas eu ce petit pépin financier, Nantes était dans les clous pour la Nationale et je suppose donc que tu as eu un regard acéré sur ce championnat de Nationale. Ça doit te faire envie quand tu vois les joutes serrées de cette compétition ? 

 

Dès que je pouvais, je regardais les matchs et, comme on ne jouait pas, j’avais forcément un peu plus de temps. J’ai des copains qui jouent à Chambéry donc je regardais toujours leurs matchs et dès qu’il y avait une retransmission Facebook, ce que j’ai trouvé vachement cool vu que ce n’était pas diffusé à la télé, j’ai pu regarder la plupart des matchs. Il y avait forcément des matchs qui m’intéressaient plus, ceux où il y avait des copains, mais oui, je trouve que c’était vraiment une bonne idée de créer cette Nationale. Ça fait un peu la transition Fédérale 1 / Pro D2 et je trouve vraiment intéressant qu’il y ait quelque chose au milieu avec les meilleures équipes de Fédérale 1 pour préparer. Je regardais forcément d’un coin de l’œil parce qu’en soi, on devait y être. C’est comme ça mais c’était une bonne saison de Nationale. 

 

J’imagine donc que tu vois d’un bon œil la création de la Nationale 2 car ça va vraiment faire deux niveaux intermédiaires semi-pros. Par contre, ça fait encore un échelon de plus à gravir pour le Stade Nantais pour remonter là où vous deviez normalement être ? 

 

Il est sûr qu’on  » perd une année  » sur notre plan de remontée Fédérale 1 / Nationale mais, si c’est pour le bien des clubs et le bien de la division, il n’y a aucun problème, je suis pour à 200%. On va voir comment ça se passe, les clubs qui y seront et ceux qui n’y seront pas même si je sais déjà plus ou moins quels clubs y seront l’an prochain, Rennes, Niort, Hyères qui ont déjà des équipes  » pros  » ou semi-pros et qui sont déjà bien armées. On va voir qui y sera et qui sera invité, je ne sais pas mais j’espère qu’il y aura des surprises. 

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On va parler de votre futur championnat de Fédérale 2 puisque vous avez été récemment repêchés par la Fédé. Quel va être l’objectif du Stade Nantais ? Essayer d’accrocher la montée immédiate en Fédérale 1 ? 

 

Les ambitions sont à la hauteur de celles du président et du club. On ne veut pas perdre de temps dans le sens où rester une année de plus en Fédérale 2 n’est pas du tout l’objectif. Donc, le plan est de se qualifier et de pouvoir déjà remonter en Fédérale 1 pour ensuite envisager la suite logique si tout se passe bien. Il est sûr que l’objectif N°1 est la remontée, on ne parle à aucun moment donné de titre mais simplement de remontée et la suite ne sera que du bonus. C’est vraiment l’objectif prioritaire. 

 

Toi qui es maintenant un  » Nantais d’adoption « , tu peux nous parler de ce club, de son ADN et de ses valeurs ? 

 

C’est un club avec beaucoup de valeurs, beaucoup de camaraderie et beaucoup de respect. J’entends parfois vachement de choses difficiles sur le Stade Nantais pour X raisons avec les problèmes qu’il y a pu y avoir mais au-delà de ça, on est une belle bande de copains. Il y a des dirigeants et des bénévoles au top, tout le monde bosse main dans la main et c’est un peu ce qui fait la force du club c’est à dire qu’on ne se lâche pas. On a toujours cet esprit de solidarité entre nous, des cadets à l’équipe première en passant par le bureau administratif et les bénévoles qui font un gros boulot. C’est un club famille avec beaucoup de valeurs, une grosse école de rugby avec des formateurs au top et puis, la région est belle, il y a tout pour venir jouer à Nantes. Forcément, il y a eu quelques problèmes mais qui n’en n’a pas ? C’est comme ça mais en tous cas, je veux dire que c’est un beau club où je me sens super bien et c’est aussi pour ça que j’ai choisi de rester, parce-que je m’y plais. S’il n’y avait pas eu toutes ces valeurs, il est sûr que je serai parti mais à mon sens, c’est un beau club. 

 

Et puis, Nantes est quand même une ville très, très sportive. Il y a largement la place pour y avoir aussi un beau club de rugby ? 

 

Comme tu le dis, avec le foot, le hand, le basket, il y a beaucoup de sports à Nantes. Le rugby n’est pas encore en haut de l’affiche dans cette ville mais avec la Coupe du Monde 2023 qui arrive et les ambitions du club, on fait tout pour le développer. Je pense qu’il y a largement la place pour un club de très haut-niveau ou de haut-niveau à Nantes, l’avenir nous le dira. 

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Même si tu es actuellement une effigie du Stade Nantais, tu as eu une vie avant avec un parcours en région parisienne puis ensuite à Saint-Nazaire. Tu peux nous en parler un peu ? 

 

J’ai été formé à Meaux, en Seine-et-Marne où je suis resté jusqu’à mes années cadet. En cadet 2e année, je suis parti au Racing Métro car Alain Gazon, une des figures de la formation francilienne, est venu me chercher. Ça a été une très bonne année en cadet avec, à la fin, une sélection en France U18 et après, j’ai migré sur le Stade Français, un choix sportif personnel, et je suis resté 5 ans là-bas. 

 

Tu as quand même dû te faire brancher un petit peu ? 

 

Bien sûr mais ça fait partie du truc, c’était un choix personnel et ça s’est fait comme ça. Au Stade Français, ça a été des années classiques Crabos / Reichel / Espoirs mais je n’ai pas eu la chance de décrocher mieux et je me suis alors tout simplement dirigé vers la Fédérale 1. Je ne regrette rien, ces années parisiennes étaient top. 

 

Il y a eu un club entre tes années parisiennes et Nantes qui est Saint-Nazaire. Tu y as connu un bis repetita de ce qui s’est passé à Nantes avec deux belles saisons mais une troisième où vous n’avez jamais pu aller au bout ? 

 

Non, nous n’avons malheureusement pas pu aller au bout avec, encore une fois, des problèmes financiers. Je devais avoir 22 ans quand je suis arrivé à Saint-Nazaire et je découvrais ce monde de la Fédérale que je ne connaissais pas du tout vu que je n’avais toujours joué qu’en espoirs et en région parisienne. Le cadre de vie était cool avec la mer, la plage et le soleil, c’était le top. Sur le plan sportif, ce n’est pas que c’était compliqué mais disons que je me souviens que, la première année, nous étions imprenables à domicile sauf qu’on n’y arrivait pas du tout à l’extérieur et nous n’avons pas eu la chance de nous qualifier. Le club a eu beaucoup d’ambitions avec la poule Élite mais ça ne s’est pas fait, on a joué quelques belles équipes mais il me semble que nous n’avons fait que 5 matchs, ça a été malheureusement très rapide. Mais je ne retiens que des bons moments, en tous cas sur les deux premières années avec vraiment des rencontres formidables avec des mecs en or et ça, je ne l’oublierai pas. J’ai toujours quelques contacts avec eux vu que ce n’est pas très loin et franchement, ça a été une très bonne expérience pour mes deux premières années en Fédérale 1 et en plus, j’ai pas mal joué. C’est un super club qui bosse encore très dur pour pouvoir revenir au premier plan, ou essayer d’y revenir. C’est pareil, il y a une belle formation et je pense qu’il faut compter sur eux. 

 

Avec ton expérience rugbystique et l’évolution du rugby moderne, tu dois quand même avoir un regard très critique, voire limite être paranoïaque, quand tu vois un club qui, d’un coup, commence à vite, vite grossir. Quand ça va parfois un peu trop vite, tu dois te dire  » aïe, attention qu’ils ne finissent pas comme Saint-Nazaire et qu’ils aient des pépins « . Est-ce que tu as une fibre exacerbée sur cet aspect-là ? 

 

Honnêtement, pas du tout. Je ne juge pas les autres clubs sans connaître donc je suis content s’il y a un gros club qui émerge ou qui a de belles ambitions, tant mieux pour eux. J’espère que ça marchera pour eux et en fait, je ne souhaite à personne ce que nous avons vécu, aussi bien à Nantes qu’à Saint-Nazaire où c’étaient quand même des moments difficiles, notamment à Saint-Nazaire où il y a eu une période où nous n’étions plus payés. Ça, je ne le souhaite à personne, ce n’est pas quelque chose que je peux souhaiter et, au contraire, je ne leur souhaite que du bien. Si ça marche, tant mieux et si ça ne marche pas, c’est qu’ils n’auront pas fait les choses  » step by step « . Je pense qu’il faut prendre son temps là-dessus et ne pas y aller trop vite, il faut surtout respecter les divisions et les équipes que l’on va jouer, ne pas se voir arriver trop tôt. Mais, comme je te l’ai dit, je ne le souhaite vraiment à personne. 

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On va aussi passer un petit message à des personnes qui sont essentielles dans le rugby : les supporters. Pour vous, le confinement a été très dur mais je pense que ça l’a tout autant été pour les supporters. Tu as peut-être un rendez-vous à leur donner pour le mois de Septembre ? 

 

Je leur donne surtout rendez-vous pour les premiers matchs et pour les matchs amicaux que l’on va peut-être avoir au mois d’Août, s’il y en a à la maison. On a tellement hâte de les revoir car, sans eux, il n’y a pas de spectacle et pour moi, jouer devant personne, ça n’est pas possible. On l’a bien vu sur les matchs de haut-niveau où sans public et sans âme dans le stade, c’est moche donc, hâte de les revoir. On en croise parfois dans la ville, ils nous demandent  » alors, alors, alors ? Ça en est où ? On a hâte de vous revoir « . Nous avons pas mal de partenaires qui sont restaurateurs et depuis que ça a réouvert, on essaye de manger un maximum chez eux avec les copains. Ce sont de bons moments à partager avec eux et puis, comme je te l’ai dit, on a déjà hâte nous de rejouer mais surtout de les revoir dans le stade et autour d’une bonne bière à la fin. 

 

On va finir avec la question décalée. Sylvain Bouillon alias  » La Bouille « , un ancien joueur du Stade Nantais qui est du côté de Mauléon, nous a mis en contact. Tu as une petite anecdote à nous raconter sur lui et ses années nantaises ? 

 

Il y en a plein sur ses années nantaises mais celle que je garderai, et il le sait, c’est son petit tatouage qu’il a fait Magaluf. On est parti en vacances là-bas, enfin on va dire en voyage d’intégration, et notre groupe d’association s’appellant  » Les Trompettes « , il nous a fait une belle trompette sur son magnifique corps. 

 

En espérant qu’il l’arborera avec Mauléon les soirs de victoire ! 

 

C’est ce que je lui souhaite. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/riMzC81LoiY

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Retrouvez le replay de l’émission web tv : Le #MagSport – Studios H2G du 22 juin 2021

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