#SportStory – Rugby / C.Lacombe (UCS): «Si nous ne nous étions pas mariés, il n’y aurait aucun des deux clubs en Nationale!»

Christophe Lacombe, le co-président de l’UCS, entre deux matchs à domicile (la défaite encourageante face à Albi 34-30 et la victoire de haute lutte contre Dax) nous a livré un entretien bilan, où il détaille le chemin parcouru, les perspectives et une analyse de cette première saison dans l’antichambre de Pro D2. Entretien avec l’un des deux hommes forts de l’Union Cognac Saint d’Angely, qui se réjouit quatre ans après le mariage entre les clubs , de l’évolution de l’UCS et des conséquences que cela a engendré.

 

Christophe Lacombe Co Pdt Union Cognac Saint Jean d’Angely (UCS) / Crédit photo : Le #MagSport – Studios H2G.

 

Vous n’avez pas pu être au stade dimanche, j’imagine que vous avez regardé le match via les réseaux sociaux mais quelle partie ! Pour ceux qui l’ont vu, ils en ont eu pour leur argent, des essais en veux-tu en voilà et surtout ce dernier qui a été magnifique. Un essai à montrer dans toutes les écoles de rugby ? 

 

C’est vrai que nous sommes assez contents de la prestation que nous avons faite contre une grosse équipe d’Albi. C’était pour nous un gros challenge à tenir et d’ailleurs, on l’a vu sur les 20 premières minutes où nous étions un petit peu fébriles et timorés, on a un peu regardé cette belle équipe d’Albi jouer. C’est dommage parce qu’effectivement, derrière, on était capable de faire du beau jeu et de marquer de beaux essais. Comme l’a dit Arnaud Méla, c’était un match qui sentait bon les phases finales et qui a peut-être préparé Albi aux échéances futures qui arrivent. Mais c’était vraiment agréable et, malgré la défaite, nous avons eu beaucoup de félicitations de nos supporters et partenaires qui ont suivi le match via les réseaux sur la qualité de jeu que nous avons produite. 

 

Comme je le disais après le match avec Fabrice Landreau, ton manager, il y a peut-être une pointe de regret et sur ce match et sur la saison sur la régularité. Si Cognac avait été bien plus régulier, il y avait autre chose à envisager que ce classement ? 

 

Je dirais que nous avons les qualités et les inconvénients de notre équipe, c’est à dire que nous avons une équipe essentiellement composée de jeunes joueurs talentueux qui sont capables, quand ils mettent tous les ingrédients en face, de faire de très belles choses. Mais effectivement, nous avons de temps en temps des insuffisances notables et ce qu’on peut retenir de cette année, c’est qu’on a su scorer et marquer des essais, puisque nous sommes assez prolifiques en attaque, mais nous avons souvent eu des entames de matchs difficiles. On s’est rendu compte lors de nos défaites à la maison contre Nice, Narbonne et Tarbes que nos entames de matchs étaient compliquées, on l’a d’ailleurs aussi vu à Bourg où nous avions 20 points dans la musette au bout de 20 minutes de jeu. Donc, on a effectivement souvent couru après le score cette saison et je pense que, si nous avions été un peu plus efficaces tout de suite sur le début de match, on aurait pu avoir quelques victoires supplémentaires qui nous auraient mis dans le groupe de tête pour aller chercher cette 4e place. Donc, nous avons à la fois des satisfactions sur ce que nous avons produit mais aussi quelques regrets sur notre position qui, je le pense sincèrement, sans critiquer d’autres équipes ou sans s’enflammer, aurait pu nous permettre d’être un petit peu mieux classés dans ce championnat que nous ne le sommes aujourd’hui. 

 

L’un des derniers objectifs de cette saison est sûrement le dernier match à la piaule face à Dax, sous les caméras de France 3 Aquitaine. Tout le cérémonial autour est déjà présent pour que ce soit une grande fête, il ne manque plus que la victoire des gars pour que la boucle soit bouclée ? 

 

Sur cette fin de saison, qui était un peu faite au niveau du classement même si on peut changer de 2 ou 3 places, nous étions dans une motivation de dire  » on joue encore 2 gros sur cette fin de saison que sont Albi et Dax, il faut qu’on en coche au moins un des deux « . On voulait le faire contre Albi, même si on n’a pas réussi et qu’on en a été très proches, donc nous allons repartir avec la même motivation contre Dax pour mettre à notre palmarès encore une belle équipe et un gros club sur une victoire à domicile. 

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C’est en plus la fin d’un cycle. Fabrice Landreau est arrivé cette année avec un groupe qu’il n’avait encore pas trop fait à sa sauce, il a hérité d’un groupe qui était déjà bien formé avec son entraîneur adjoint. L’année prochaine, Titi Cabannes s’en va vers d’autres cieux et il va y avoir un nouvel adjoint aux côtés de Fabrice Landreau, c’est vraiment une phase 2 du projet UCS qui va se mettre en branle ? 

 

Oui, nous sommes sur une phase 2. Dimanche, comme à chaque dernier match à domicile, il y a des joueurs qui ne seront plus là l’année prochaine qui vont faire leur dernier match à la maison ainsi que Titi Cabannes, à qui je rends hommage, qui est un super entraîneur et qui a quand même passé 6 ans chez nous, 3 ans à Cognac et 3 ans à l’UCS. Il y aura des hommages à rendre donc, effectivement, on aimerait bien que la copie soit belle pour leur rendre hommage sur le travail qu’ils ont fourni et les efforts qu’ils ont faits sur le club. On arrive sur la phase 2 du projet, il y a l’équipe première qui est la vitrine du club mais il y a aussi tout ce que nous sommes en train de mettre en place derrière au niveau de la formation comme la création du centre de formation. Cette année, nous avons créé une classe sport / études en lycée, nous sommes en train de beaucoup structurer le club sur la formation, nous allons aussi faire des formations BPJEPS et autres directement au club ce qui va nous permettre d’aller chercher de jeunes joueurs qui ont envie d’un double projet et d’un double cursus. Nous sommes donc en train de structurer le club de façon intéressante et nécessaire, c’est à dire par la base et l’arrivée de Fabrice nous aide bien évidemment à structurer l’ensemble du club. Cette année, l’équipe sera en effet un peu plus celle qu’il désire puisqu’il est arrivé très tardivement la saison dernière, au mois de Juin, alors que la majorité des recrutements étaient faits et étaient bons. On a vu que nous avions recruté de bons jeunes qui n’étaient pas là l’année dernière et qui ont fait une très belle saison donc le recrutement avait été judicieux mais là, oui, Fabrice met un petit peu plus sa patte. 

 

Qui accompagnera Fabrice Landreau ? On a vu que vous aviez pisté Gérald Merceron qui a décliné l’offre. Vous avez avancé sur ce dossier ? 

 

Fabrice étant charentais pure souche, il voulait un binôme charentais donc nous avions un peu discuté avec Gérald pour qui il était difficile de se libérer, pour des raisons professionnelles, Aujourd’hui, nous avons plusieurs pistes autres que nous sommes en train d’explorer mais il n’y a pas d’accord ni de décision prises quant à l’adjoint de Fabrice Landreau. 

 

Des pistes charentaises ou au-delà de la Charente ? 

 

Charentaises et au-delà. 

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Concernant le recrutement, nous venons au #MagSport de faire un point sur tous les mouvements de transferts des clubs de Nationale. On a vu que, pour l’instant, la balance à Cognac n’était pas équilibrée avec beaucoup de départs, entre 12 et 15, et peu d’annonces d’arrivées. J’imagine que ça ne va pas rester en état et que Cognac va passer à l’offensive d’ici peu ? 

 

On essaye déjà de travailler sur les gens qui sont là et de valider un maximum de joueurs que l’on veut garder. Derrière, bien évidemment, on va faire le nécessaire quant aux remplacements de ceux qui s’en vont pour essayer d’être encore plus compétitifs la saison prochaine. 

 

On sait qu’à Cognac, vous avez entre 15 et 20 contrats pros. Est-ce que vous allez un peu monter ce quota pour répondre aux exigences sportives de la Nationale ? 

 

Pas forcément. Nous allons effectivement remplacer les contrats pros que nous avions déjà par d’autres contrats pros mais, comme je vous le disais tout à l’heure, nous allons surtout aller chercher le double cursus avec la formation puisque nous allons pouvoir aller chercher de jeunes joueurs en dispensant une formation interne au club. Cela va permettre à ces jeunes joueurs de faire les deux à savoir de pouvoir suivre une formation tout en s’entraînant avec les pros.

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Est-ce que cette division Nationale vous a vraiment permis de grandir plus vite à l’UCS ? C’était l’une de vos volontés d’intégrer ce championnat pour grandir plus vite, acquérir de l’expérience sportive et même administrative

 

De toute façon, à partir du moment où nous avons accepté de participer à cette Nationale, on savait le travail que ça allait demander. En Fédérale 1, nous avions un peu plus de temps car nous y  » roucoulions  » un peu, on travaillait quand même mais nous étions moins pressés dans le temps. On ne va pas revenir sur la Fédérale 1 mais on savait que ça nous laissait du temps et que, lors des trois saisons que nous avons faites en Fédérale 1, nous étions quand même sportivement dans le haut de tableau et dans les qualifiés et donc, nous avions plus de temps. On sait maintenant que cette Nationale est une très belle division et une très bonne idée de la Fédération car on se régale quand même tous les dimanches et on voit que les niveaux ne sont pas si éloignés les uns des autres. On l’a vu dimanche dernier mais également par les résultats cette saison que n’importe qui pouvait battre n’importe qui puisque, quand nous avons été gagner à Albi, c’était quand même une grosse surprise pour le monde du rugby donc, tout était possible. Je sais que la seconde année sera plus compliquée que la première puisque cette division s’est quand même un petit peu créé dans la vitesse et la rapidité en deux mois. Donc, les clubs qui avaient les joueurs pour aborder tranquillement la Fédérale 1 la saison d’après ont dû recruter en dernière minute pour se renforcer un peu. Je pense que les clubs ont été un peu pris par le temps la saison dernière et que tous vont quand même s’armer cette année parce qu’il y a quand même des clubs avec de beaux moyens et des passés glorieux qui ont connu une saison délicate et je ne pense pas qu’ils acceptent de faire une seconde saison comme ça. A mon avis, tout le monde va essayer de se renforcer, intelligemment par rapport aux événements que l’on subit, mais vont essayer de se renforcer tout de même et je pense que le niveau de la Nationale va encore s’élever la saison prochaine. Donc, il va falloir être rapide pour vite se mettre en phase et en ligne, déjà des obligations de la Fédération Française de Rugby par rapport au centre de formation à labelliser, et en plus par rapport à la structure générale du club c’est à dire les joueurs, tout ce qui est encadrement, logistique, administratif, commercial. Ça nous a mis un gros coup de boost et nous sommes contents, on travaille beaucoup sur cette structuration du club et nous sommes quand même contents avec mon co-président  » merde, c’est bien parce qu’on avance vite et que là, nous sommes quand même en phase d’un vrai club professionnel  » avec toute la rigueur et la structuration qu’il faut y mettre donc, c’est très intéressant. 

 

Il y a deux sujets d’actualité, le premier vient d’en bas, de la Fédérale 1. On a vu Niort, Périgueux, un peu Limoges demander la création d’une Nationale 2 ou un élargissement de la Nationale actuelle. J’imagine que cette seconde proposition ne doit pas être quelque chose qui t’enchante mais que penses-tu de la création d’une Nationale 2 ? 

 

Concernant l’idée de l’élargissement de la Nationale, je pense que l’idée qui avait été soumise de faire deux poules de Nationale est ridicule car pour moi, un bon championnat, et un vrai championnat, c’est quand toutes les équipes se sont rencontrées, même si le Covid nous a effectivement empêché de le faire cette année. Mais dans la structuration d’une division, faire deux poules veut dire que le 4e qualifié d’une poule ne pourra pas jouer le 6e de l’autre alors qu’il sera peut-être moins fort. Donc, c’est une difficulté et si on veut une vraie réalité du niveau de cette division, il faut que ce soit une poule unique et que toutes les équipes se rencontrent, ça, c’est la première chose. Pour la deuxième, le fait de faire une Nationale 2, c’est vrai que l’on a sorti les 14 meilleurs clubs de Fédérale 1 pour les mettre sportivement en Nationale et d’autres, sur la saison dernière, n’étaient pas sportivement en phase de prétendre à la Nationale mais sont quand même sur une structure professionnelle. Un club comme Niort, que je connais bien, est quand même un club hyper structuré et pourrait, de par ses structures, être en Nationale. Et c’est vrai que, comme on n’a pas pris tous ces clubs-là, l’écart qu’il y avait dans la Fédérale 1, une division intéressante mais hétéroclite avec des clubs complètement amateurs qui s’entraînent deux fois par semaine et des clubs qui sont professionnels ou semi-professionnels, pourquoi pas créer cette Nationale 2 ? Après, on crée une division de plus donc, qu’est-ce que ça veut dire ? Que la Fédérale 1 devient la Fédérale 3 d’avant ou la 2 ? Que va devenir la Fédérale 3 ? Des clubs d’honneur ou de séries d’avant puisqu’à un moment donné, si on fait Nationale 2, Nationale 3, pourquoi pas Nationale 4 puis Fédérale 1 ? Ce sont quand même des divisions qui prennent part. Je n’ai pas trop d’idées là-dessus, je me mets à la place des clubs qui sont juste entre les deux en Fédérale 1, qui ne sont pas semi-professionnels mais pas complètement amateurs, que vont-ils se dire ? Ils vont dire  » qu’est-ce qu’il se passe, on n’a plus d’affiche « . Autant cette Nationale était pour moi nécessaire par rapport à la préparation des clubs pour la Pro D2 avec tout le cahier des charges qui va être mis en charge pour cette Nationale, autant pour la Nationale 2, je comprendre que des clubs puissent vouloir être reconnus un petit peu plus professionnels que d’autres mais qu’est-ce qu’il faut dire, qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est difficile de se positionner et, à un moment, il faut quand même garder les divisions claires et lisibles pour tout le monde. Que va être une Nationale 2 par rapport à une Fédérale 1 ? Autant on va pouvoir vendre la Nationale au niveau marketing, télévision et audiences, autant ça va être difficile de situer une Nationale 2 par rapport à une Fédérale 1. 

 

Dans un autre registre, une autre réforme est en train de voir le jour, celle des espoirs. Il y a une volonté de peut-être fusionner l’Élite Accession Reichel et le championnat national espoirs. Bonne ou mauvaise idée ? 

 

Bonne idée sur le long ou moyen terme, peut-être mauvaise idée sur l’immédiat. Comme je te le disais tout à l’heure, tous nos clubs se structurent pour la Nationale, nous les premiers, c’est à dire que se structurer, c’est aussi aller chercher de jeunes espoirs de qualité à travers la formation pour avoir un beau championnat espoirs. Si on faisait ça dès la 2e saison, je pense que ça serait un peu tôt et qu’il y aurait des différences de niveaux abyssales entre certaines équipes et d’autres et je ne pense pas que ça rendrait service aux espoirs sur un court terme. Par contre, sur un long terme, il faut bien évidemment donner le temps aux clubs de se structurer et d’assurer leur formation pour avoir des espoirs qui puissent effectivement jouer au meilleur niveau puisque, de toute façon, plus les espoirs joueront à un meilleur niveau, plus ce sera une filière pour l’équipe pro mais peut-être qu’il faut prendre son temps pour faire ça. Pour moi, je trouve que ce serait un peu prématuré de le faire aujourd’hui. 

Autre question portant plutôt sur la sociologie du club, cela fait bientôt 4 ans que vous êtes unionistes, pacsés, mariés entre Saint-Jean d’Angély et Cognac. Quel bilan peut-on en tirer et quelle est l’image forte de ce mariage qui fait maintenant sens ? 

 

La première chose évidente est que, si nous ne nous étions pas mariés, il n’y aurait aucun des deux clubs en Nationale car aucun des clubs n’aurait pu l’assumer. Je pense qu’à l’époque, on le faisait non pas par philosophie mais par contrainte de la formation que je dirais réglementaire puisqu’il fallait avoir ses équipes cadets et juniors seul. On était à un bon niveau mais on faisait ça avec un bassin de population qui était réduit puisque Saint-Jean d’Angély, c’est 7 500 habitants et 28 000 pour Cognac donc, c’est compliqué et puis, nous étions sur le même secteur. Au niveau de la formation, quand je vois que l’on crée une classe sport / études, que nous allons avoir un centre de formation labellisé, qu’on a déjà un centre de formation labellisé, que l’on a investi dans un outil de travail pour que ces gamins puissent y arriver, on est en train de créer un double projet pour les gamins qui commencera de 18 ans jusqu’à 22 ans, je pense que c’est une réussite. Aujourd’hui, malgré ce que l’on peut dire, malgré ce qu’on pense, la formation n’est pas un état d’esprit, ce n’est pas une envie comme ça, c’est un vrai travail et c’est un vrai financement. La formation coûte cher dans un club et je pense qu’à un moment donné, si on veut faire de la formation de qualité, il faut vraiment mettre les moyens financiers en face pour l’obtenir. Avant l’Union, dans les structures financières des deux clubs, il aurait été très compliqué de pouvoir le faire donc aujourd’hui, l’Union est une offre attractive de la vitrine, on l’est car nous sommes dans une division Nationale qui va être de plus en plus couverte médiatiquement. Et puis derrière, avoir les moyens de faire une belle et bonne formation donc, pour moi, c’est une réussite totale. Il faut juste que les gens imaginent dans l’attrait que l’on a pour son club que, dans certains secteurs, les clubs ne peuvent plus être des clubs de villes mais des clubs de secteurs, de territoires. Il faut juste changer ça et effectivement, avec Cognac qui a plus de 100 ans d’existence et idem pour Saint-Jean d’Angély, pour nous gamins, jouer contre Cognac était un derby. Il faut juste changer ces mentalités mais je pense que, si on s’ouvre un peu l’esprit en disant  » aujourd’hui, dans le territoire tel qu’est le nôtre, on ne peut plus avoir d’équipes de villes mais de territoires « , c’est tout bénef pour tout le monde. En plus, on est quand même dans une société aujourd’hui où on mutualise les régions, les départements, les communes et à un moment donné, il faut quand même se dire que nous sommes dans une société qui va vers la mutualisation et nous, dans le rugby, on resterait les derniers défenseurs du royaume en disant  » non, non, nous, on reste chez nous et vous chez vous et puis, on verra au mieux « . Bien sûr, ça se fait à plus petit niveau et tant mieux parce qu’il faut toujours ces clubs de clochers car c’est ce qui fait vivre le rugby et ce qui est l’essence du rugby. Mais, quand on a un projet ambitieux en disant  » nous, on veut faire un petit peu plus que le rugby de clocher en assurant de la formation « , il faut se dire qu’il vaut mieux être forts à deux que faible seul.

 

Je savais que les terres du mutualisme étaient à Niort, dans les Deux-Sèvres, mais je vois que vous en avez un peu pris de la graine à Cognac. Toujours dans le même registre, est-ce que l’exemple de VRDR en Pro D2 est inspirant pour Cognac ? 

 

Bien sûr puisque c’est un peu la même chose. Je ne sais pas exactement comment eux ont structuré leur union mais nous, ce qui est sûr, c’est que nous avons gardé les identités de chaque club qui ont formé cette union, à savoir que les écoles de rugby appartiennent toujours aux deux clubs et les gamins vont dans l’Union à partir de 14 ans. Après, on a bien vu que chez eux aussi, ça n’avait pas été si simple au départ, il y a eu beaucoup de détracteurs et d’empêcheurs de tourner en rond et je pense qu’aujourd’hui, s’il n’y avait pas eu les huis-clos, avec les résultats qu’ils ont faits cette année, les gens iraient tous voir un beau match de rugby. 

 

Dans ces unions, et on le voit avec VRDR, le plus dur n’a pas été de fusionner les hommes mais plutôt les symboles comme le stade ou la couleur du maillot. Ce sont surtout sur ces sujets-là que les gens s’agrippent plutôt que sur l’idée de l’union en elle-même ? 

 

Evidemment, c’est tout ce qu’il y a autour. Nous, nous partageons les matchs entre Saint-Jean d’Angély et Cognac, on sait qu’on ne le fera plus dans deux ans car il y a la construction d’un grand stade sur Cognac et on sait que les matchs des pros se feront sur Cognac. C’est vrai que ça pose des problèmes au niveau des villes parce qu’elles perdent l’attractivité des matchs le dimanche, après, on peut trouver des solutions annexes mais c’est vrai que la difficulté est là. Moi, j’ai pris le club de Saint-Jean d’Angély quand nous étions en Honneur, puisqu’il y a 23 ans que je suis président, j’ai connu le stade avec 12 spectateurs et quand nous avons fusionné, et Saint-Jean et Cognac étaient qualifiés en Fédérale 1, on avait beaucoup de gens qui venaient s’approprier le club et que nous ne connaissions que depuis que nous étions en Fédérale 1. Donc à un moment, ces gens-là qui n’étaient pas forcément  » racinés  » au club venaient voir du spectacle le dimanche. Effectivement, c’était à Saint-Jean d’Angély, effectivement, c’était un club seul en Fédérale 1 mais aujourd’hui, ils peuvent faire 20 km pour aller voir un beau match qui sera encore d’un niveau supérieur pour voir du rugby. On a un club leader qui est à l’affiche en ce moment dans les Charentes qui est La Rochelle et qui est en finale de Coupe d’Europe et je vois bien qu’aujourd’hui, quand on veut voir un beau match de rugby, on prend sa voiture de Saint-Jean d’Angély, on fait 70 km, on va voir un match de rugby et on revient. Donc, à un moment donné, il faut sortir de tout ça et se dire  » qu’est-ce qu’on veut ? On veut que le club ait un beau projet, qu’il soit représentatif de la société actuelle avec la formation, avec le savoir-être que doit avoir un club et qui, en plus, va donner des spectacles le dimanche « . S’il faut faire 25 km pour aider à ça et pour le voir, je pense qu’il faut oublier les certitudes et les querelles du passé pour se tourner vers l’avenir. 

 

Quel est l’objectif sportif pour l’Union Cognac-Saint Jean d’Angély la saison prochaine en Nationale et, bien sûr, à moyen terme ? 

 

A moyen terme, très clairement, nous avons un projet sur 3 ans qui est de continuer à structurer le club au niveau de la formation pour pouvoir devenir un club très efficient au niveau de la formation. Le deuxième point est bien sûr de rester en Nationale, de consolider notre budget pour pouvoir devenir une place forte du rugby de la Nationale d’ici trois ans. Voilà l’objectif sur les 3 ans et bien évidemment, pour pourquoi pas après ça, au-delà de devenir une place forte du rugby national, de jouer les phases finales en fin de saison et si les planètes s’alignent, de pouvoir éventuellement goûter à la Pro D2 dans un délai un petit peu plus long. 

 

Il y a du pain sur la planche mais d’avoir des perspectives et des ambitions font le sel d’un président et on voit qu’à Cognac, vous êtes plein d’idées et de projets. Et on espère que dans 4 / 5 ans, on pourra vous voir gambader en Pro D2

 

Merci beaucoup et nous allons essayer de travailler de façon intelligente, sans brûler les étapes, et on ne les brûlera pas. Vous savez, c’est très long de faire un Cognac donc, nous avons cette philosophie de la patience en disant  » oui, oui, on veut y aller  » mais pour faire un bon Cognac, il y a des années nécessaires de vieillissement et pour le club, ce sera la même chose. Mais nous mettons tout en œuvre pour devenir, dans un premier temps, une place forte de la Nationale. 

 

On avous fait confiance pour affiner et amener à maturité ce  » Cognac rugbystique « 

 

Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/aYE7Rn4v1u8
https://youtu.be/aYE7Rn4v1u8

Retrouvez en replay l’émission WebTV « Le #MagSport by Studios H2G», du 7 mai 2021.

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