#Foot – CdF / P.Vié (Canet) « La fierté de jouer contre de tels joueurs »

Après un parcours épique en Coupe de France et une élimination aux forceps par Montpellier, pensionnaire de Ligue 1, le Canet RFC a su se faire connaître durant cette compétition. Des matchs héroïques contre des gros de Ligue 1, un quart de final historique, des buts sensationnels, les souvenirs resteront longtemps gravés dans la mémoire du défenseur Pascal Vié.

Cela fait trois jours que vous avez été éliminés par Montpellier après un parcours qui restera dans les annales. A chaud, qu’est-ce que vous retenez de ce parcours ?

On retient le beau parcours qu’on a fait. Faire un quart de finale de Coupe de France, c’est fantastique. Il n’y a pas de déception dans cette élimination. On peut en avoir quand on perd, mais ce qu’on a fait c’est historique et c’est fabuleux. Contre Poitiers en 32èmes de finales, nous passons aux tirs aux buts, mais il faut toujours des moments où on en passe par là en Coupe de France. A partir de là, Marseille c’est un match accompli du début à la fin. La victoire est amplement méritée, tout comme contre Boulogne. Même s’ils ont poussé en deuxième mi-temps, nous avons bien su faire bloc équipe pour faire face et garder le 1-0. Contre Montpellier, on fait une bonne première mi-temps, on marque sur un penalty où ils sont réduits à 10. C’est surtout la deuxième mi-temps qui a été compliquée. Ils ont poussé pendant que nous reculions et les individualités qu’ils ont offensivement leur ont permis de faire la différence.

En tant que footballeur semi-pro, qu’est-ce que ça vous fait d’avoir pu vous frotter à des joueurs comme Dimitri Payet qui a joué une finale d’Euro ou encore Vitorino Hilton, une légende de la Ligue 1 ?

C’est de la fierté de jouer contre des joueurs de tel niveau. Après nous n’avons même pas fait allusion au fait que Dimitri Payet a joué la finale de l’Euro. Après il y a trois ans, nous avions rencontré Caen qui était en Ligue 1. C’est bien de rencontrer régulièrement des joueurs de L1 pour mesurer l’écart entre eux et nous et ça reste des bons souvenirs.

Le fait d’avoir réussi à ne pas être surclasser par de telles formations voir même avoir réussi à être au-dessus tactiquement comme contre Marseille. Est-ce que ça ne donne pas envie de jouer au-dessus de la N2 ?

Après il faut faire très attention. La Coupe de France, c’est un moment, un match. On arrive à réduire au maximum l’écart avec les équipes au-dessus. Mais de là à dire « on a fait un quart de finale, l’année prochaine on va monter. » Là non. Nous n’en sommes pas là. Nous sommes encore un promu. Je ne pense pas que le championnat reprenne. Nous serions donc maintenus, c’était l’objectif du club. La deuxième année de N2, nous n’allons pas vouloir jouer de suite la montée et les premiers rôles. Ça se fait petit à petit. Il faut se stabiliser à ce niveau, et que notre réserve monte en R1. Elle est en R2 donc nous avons trois divisions d’écart. D’abord il faut stabiliser le club. Jouer une montée d’accord, mais d’ici deux ou trois ans pas de suite. Si l’année prochaine, nous sommes premiers, nous n’allons pas la refuser évidemment, mais après il faut être terre à terre. Une Coupe de France, ce n’est pas un championnat. C’est un match au couteau et nous avons pris ça avec plus d’attention du fait de l’arrêt de notre championnat. Il faut rester les pieds sur Terre.

Vous avez donc la possibilité de comparer ce parcours avec l’affrontement contre Caen et les épopées du passé. Par le passé vous êtes retournés au pain quotidien du championnat. C’est souvent compliqué pour les joueurs amateurs après une telle épopée. Ici, ce pain quotidien est out. Est-ce que vous vous rendez compte de ce manque aujourd’hui ?

Depuis trois jours, nous ne nous entraînons pas. Le coach nous a un peu mis au repos. On ne connaît pas la suite sachant que le championnat n’est pas encore officiellement arrêté. On pense que ça ne reprendra pas même si on a toujours ce petit espoir en finissant les matchs allers. Ça fait quatre ans qu’on fait des parcours et nous avons toujours su revenir à notre vie quotidienne : le championnat, le travail, les entraînements. Ça se fait toujours naturellement. Il n’y a pas ce manque. Je pense que ça n’y sera pas non plus cette année. D’autant que nous n’avons pas eu l’engouement du public par rapport aux années précédentes comme nous l’avons eu contre Monaco ou Caen. Là oui on le sentait, jouer dans un stade plein avec 20 000 personnes, ça manque toujours. Là le stade était vide, ça faisait comme si on jouait en championnat ou un match amical. Du coup, je ne pense pas qu’il y aura ce manque.

Avoir partagé différemment cette épopée avec les supporters avec surtout un partage via les réseaux sociaux, comment vous l’avez vécu ?

C’est le regret de ce parcours : ne pas avoir le public et l’engouement. Nous avons fait autrement. Heureusement qu’il y avait Facebook, Instagram… Evidemment, c’est un partage différent. Nous avons retrouvé beaucoup de soutien et particulièrement après la victoire contre Marseille. J’ai en mémoire un nombre de followers sur Instagram qui a doublé…

Comme ont dit la France du foot a su placer Canet sur la carte…

Voilà, avoir gagné Marseille, on sait que c’est populaire en France et nous avons pu le mesurer en les gagnant. Tout le monde a voulu nous suivre, même au JT de 13h, ils ont parlé de nous. C’est différent et on l’a vu avec Montpellier. On fait le quart deux tours après contre eux, il n’y avait pas le même engouement car c’était Montpellier. Même en Italie, un journaliste a évoqué la victoire contre l’OM.

Personnellement maintenant que cette épopée s’arrête, quel souvenir garderait vous en tête absolument ?

Je vais dire naturellement le but de Jeremy Pissarro contre l’OM. Si je dois retenir un moment c’est ce coup-franc fantastique. Rien que d’en parler j’ai des frissons. C’était le jour de son anniversaire. En plus c’est mon meilleur ami, nous avons vécu plein de choses ensemble : de Martigues à Marignane, nous avons même été colocataires. Ce but fantastique ? Il le mérite et ça nous propulse à l’exploit après.

Propos recueillis par N.Portillo

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