#Rugby – Fed1 / B.Sevestre (Niort / Rumilly) : «Je me laisse encore deux ans pour rebondir et essayer de jouer en Pro D2!»

Lors de notre rubrique » le petit journal de la Fédérale 1 « , nous avons donné la parole à un ancien joueur du Sporting Club Albigeois qui est pour l’instant au Niort Rugby Club, Benoît Sevestre. Ce pilier gauche formé à l’école bigourdane au Stado TPR, ne va pas tarder à s’installer à l’autre bout de la France, au pied des alpes à Rumilly. Entretien avec un joueur ayant comme objectif de jouer en Pro D2 à moyen terme, et qui va relever dorénavant l’ambitieux projet haut savoyard.

 

Benoît Sevestre pilier Niort RC / Crédit photo Le #MagSport / Studios H2G

 

On peut presque dire que tu fais des cycles de 2 saison. Après deux saisons au Sporting Club Albigeois, deux saisons à Niort même si incomplètes car elles ont été marquées par le sceau du Covid, tu vas voguer vers d’autres cieux puisqu’on a appris que tu avais signé en Haute-Savoie, à Rumilly, le club de Frédéric Moine. Qu’est-ce qui t’as amené à prendre cette décision et à donner un nouveau cap à ta carrière ? 

 

Oui, ce sont des caps de deux ans : deux ans à Tarbes, deux ans à Albi puis deux ans à Niort où ça s’est très bien passé, comme on en avait parlé lorsque tu m’avais interviewé avant que je n’arrive là-bas. J’étais vraiment bien avec le manager et le président, une très, très bonne ambiance, un bon groupe mais là, j’ai plutôt fait un choix rugbystiquement personnel. J’ai maintenant 25 ans, je me laisse encore deux ans pour rebondir et essayer de jouer en Pro D2 et je cherchais un club où j’allais avoir un maximum de temps de jeu et Rumilly me l’a plus ou moins promis. Ils m’ont présenté leur projet, qui est un peu identique à celui de Niort puisqu’ils veulent monter en Nationale, et c’est vrai qu’ils m’ont promis d’avoir une place dans cet effectif et c’est ça qui m’a séduit. J’ai vraiment réfléchi au projet personnel rugbystiquement et ce qui m’a conquis, c’est qu’il y avait aussi un très bon projet rugbystique de club. Les hommes qui sont là-bas ont aussi fait une grande part du boulot, j’ai directement été contacté par Sébastien Decarre via Linkedin d’abord puis qui m’a appelé et il y a vraiment eu un bon contact. J’ai eu du mal à partir de Niort car je m’entendais vraiment très bien avec les mecs qui étaient là-bas ainsi qu’avec le manager et le président mais franchement, ce qui m’a fait prendre une décision, c’est vraiment le projet personnel sportif. 

 

On peut un peu assimiler le projet de Rumilly à celui de Niort il y a un an en arrière. Le RCSR est en train de se professionnaliser, ils avaient quelques contrats pros et ils vont en avoir de plus en plus. C’est un peu comme Niort lorsque tu y es arrivé, un club qui est en train de se structurer, avec beaucoup d’ambitions et qui a les dents longues ? 

 

C’est exactement ça. J’étais le week-end dernier à Rumilly pour rencontrer le président et Sébastien, le manager, on a un peu parlé de mon parcours à Niort, du travail que Laurent Dossat et Gilbert Nasarre autour de mecs que Lolo a fait venir il y a deux ans. Ils veulent structurer autour de bons mecs, c’est que Lolo a fait et c’est comme ça que Niort arrive à être en haut de tableau de Fédérale 1 et c’était un peu le même projet pour Rumilly. Ils sont aussi en train de se structurer autour de bons mecs qu’ils ont recruté il y a deux ans, justement par le biais de Sébastien, et ils veulent une équipe très compétitive mais comme partout, ce qui fait la différence, c’est que les mecs s’entendent bien et vivent bien ensemble. 

 

Ce club de Rumilly a un passé illustre, ils ont été en Top 16 mais ont un peu raté le carrefour du professionnalisme à la fin des années 90 pour un peu rentrer dans le rang mais ils ont gardé quelque chose de cette aventure. Le public des Grangettes est connu, j’espère que tu pourras en profiter quand le Covid sera derrière nous, et il paraît que ça vaut son pesant de cacahuètes de voir un match dans ce stade ? 

 

Oui, on m’en a beaucoup parlé. Il y a de belles infrastructures aux Grangettes et j’ai d’ailleurs été surpris car c’est vraiment beau. Ils sont avancés au niveau des infrastructures, ils ont beaucoup de projets et de rénovations qui sont annoncés. A Albi, Tarbes et Niort, il y avait la petite piste d’athlé autour mais là, c’est vraiment un stade à l’anglaise, un peu comme à Bourgoin, où les supporters sont vraiment très près et je n’ai jamais connu ça donc, on verra ce que ça donne et j’espère qu’il y aura du public lorsqu’on pourra reprendre. Mais oui, ça risque d’être pas mal et sympathique. 

 

Toi qui étais un peu orphelin de tes montagnes bigourdanes, tu vas en trouver des encore plus hautes dans les Alpes de Haute-Savoie ? 

 

C’est ça (rires). Je vais retrouver des montagnes et des lacs splendides, pour la pêche, ce n’est pas mal. 

 

Cet esprit de rugby montagnard est quelque chose qui te va bien, un rugby de labeur, un rugby un peu de forçat ? 

 

Tout à fait et c’est ce qui me plaît, un rugby où ça pique un peu, rude, où la mêlée est très importante. Là-bas, c’est très rude, ça tape fort et c’est aussi ce qui m’a plus sur le projet de Sébastien et du président. 

 

Tu n’as pas eu la chance de beaucoup tester ce poste mais à Niort, en début de saison, tu t’étais un peu reconverti en pilier droit. Tu vas à Rumilly pour être pilier gauche, pilier droit ou les deux ? 

 

Pilier gauche. 

 

Tu reviens à tes premières amours ? 

 

Toujours (rires). Pilier droit, c’est un métier, c’est dur, ça n’est vraiment pas facile. Avec Laurent Dossat, on s’était lancé un challenge pour que je joue à droite cette année, il avait besoin de moi à droite et il me l’avait proposé. Je l’ai accepté car j’avais envie moi de me lancer un défi à titre personnel mais aussi de lui rendre service. On n’a pas eu le temps d’aboutir à ce poste car il y a eu une saison tronquée avec seulement six matchs donc, nous n’avons vraiment pas pu travailler ensemble à ce poste-là. Là, je vais retrouver mon poste à gauche, celui auquel j’ai toujours joué et où je suis plus serein car, comme je te le disais, à droite, c’est vraiment un métier et c’est très dur. 

 

Ce poste de pilier droit est très technique ? 

 

C’est très technique et on a deux épaules dans la mêlée donc il faut être très costaud. 

 

On va regarder dans le rétro tes deux saisons à Niort, tu en retireras certainement beaucoup de positif et une belle aventure humaine. Tu aurais pu aller plus loin car on sait que Niort avait l’ambition de monter cette année et vous aviez l’effectif pour ? 

 

Tu l’as bien résumé, ce fut une très belle aventure humaine. Comme je te l’ai toujours dit, les joueurs sont de supers mecs, j’avais un noyau d’amis, 5 ou 6 mecs étaient plus que des coéquipiers mais vraiment des amis.  Je m’entendais vraiment très, très bien avec le manager général Laurent Dossat, ça passait vraiment bien et même sur les retours, c’est quelqu’un d’hyper accessible, on pouvait lui parler de tout, il était vraiment à l’écoute. Le président aussi est très proche de ses joueurs, toujours aux petits soins, dès qu’on avait un souci, il était toujours là. 

 

Un vrai papa ? 

 

Un vrai papa, il voulait vraiment nous aider. C’est vraiment une très bonne équipe avec de très bons mecs et, quand je leur ai annoncé que je partais, ils étaient tous un peu tristes et ça m’a touché. J’étais content parce-que je me dis que je me donne deux ans pour réussir mon challenge et rebondir au niveau au-dessus et j’étais un peu mélancolique. Mais je reverrais ces mecs car ce sont des amis. 

 

Le rugby est une grande famille, on se retrouve toujours un jour ou l’autre ? 

 

Tout à fait, on se retrouve toujours un jour ou l’autre. 

 

Tu nous disais que vous aviez l’ambition de monter en Nationale avec Niort et l’année prochaine, Rumilly, le club où tu signes, a aussi cette ambition. Actuellement, il y a deux clubs que tu connais bien qui jouent en Nationale, le Stado Tarbes Pyrénées Rugby et le Sporting Club Albigeois. Est-ce que tu peux nous donner une analyse et la vision que tu as sur le parcours de ces deux clubs ? 

 

Je suis beaucoup Albi parce-que c’est mon dernier club et que j’ai encore des copains là-bas. Ils ont eu un début d’année compliqué mais pour moi, ils restent les favoris. J’ai été surpris par Nice, une très bonne équipe à laquelle je ne m’attendais pas mais pour moi, cette année, je vois Albi monter avec Nice parce qu’Albi va revenir dans la course finale. La différence d’Albi par rapport à Nice, c’est qu’ils ont un banc énorme, 30 voire même 40 mecs de haut-niveau et, quand il y aura de grandes échéances, c’est là qu’Albi pourra, sur ce que je connais et ce que j’ai déjà vu, faire la différence, à mon avis. A Tarbes, j’ai toujours mes copains là-bas mais pour moi, ils n’ont pas l’effectif pour monter en Pro D2, ils ont 20 bons joueurs mais ils n’ont pas le même effectif qu’Albi ou les autres cadres du championnat. 

 

Tarbes, une équipe qui va recevoir Albi dans trois semaines à Trélut. J’imagine que tu seras derrière ton écran pour suivre ce match surtout que, si nous avons de bons échos, ce sera même derrière les écrans de télé puisque France 3 ou l’Équipe devraient faire le déplacement

 

Bien sûr que je vais le regarder ! Par contre, du coup, je ne pourrai pas te donner de préférence (rires). 

 

Tu auras le cœur partagé entre les Bigourdans et les Tarnais ? 

 

Tout à fait

 

Il y avait à Albi un joueur que tu avais côtoyé, un de tes potes, Thomas Lacelle. Il nous a quittés bien trop tôt au détour d’une route et j’imagine qu’avec tout ce que vous aviez vécu ensemble, entre autres la non-montée en Pro D2 mais surtout toute l’aventure humaine car Thomas respirait la joie de vivre, la nouvelle a dû te fendre le cœur ? 

 

C’est dur et difficile car Thomas était un mec qui s’entendait bien avec tout le monde. C’était un très, très bon mec, il donnait de l’affection à tout le monde, tu ne pouvais pas t’embrouiller avec lui, c’était impossible. Il arrivait à rendre beaucoup moins grave tout ce qui l’était, pour lui, il fallait profiter de chaque moment et être joyeux. C’était vraiment un très bon mec et je ne garderai que de bons souvenirs avec lui. 

 

On va terminer par tes objectifs personnels avec Rumilly car on a compris que l’objectif collectif était d’aller tâter de la Nationale et peut-être de croiser Tarbes ou le Sporting au détour, même si on espère que tu ne croiseras pas le SCA car ça voudra dire qu’ils ne sont pas en Pro D2. Pour toi, l’objectif est d’aller grappiller du temps et de passer un cap ? Tu as 25 ans et c’est d’habitude l’âge où on commence à être à pleine maturité à ton poste ? 

 

Tu as annoncé la chose, c’est de passer un cap. Ça n’est vraiment pas simple de le faire donc, dans un premier temps, je veux vraiment bien m’intégrer dans ce club de Rumilly, où je ne connais personne à part Norman Marcotte, un droitier avec qui j’ai été formé à Mont-de-Marsan. Ce n’est pas simple de s’intégrer dans un groupe donc, c’est le premier objectif pour ensuite m’épanouir rugbystiquement et pouvoir donner tout ce que j’ai sur le terrain de manière à pouvoir passer un cap avec l’équipe pour essayer de monter en Nationale mais aussi un cap individuel pour essayer, moi, de rebondir derrière. 

 

On sait que, quand tu es arrivé à Albi, un certain Henry Broncan avait susurré ton nom à l’oreille d’Arnaud Méla. Est-ce que le sorcier gersois, notre maître Yoda du rugby, a encore susurré ton nom à l’oreille de Frédéric Moine à Rumilly ? 

 

Non, pas du tout (rires). Par contre, j’ai toujours énormément de contacts avec lui-même si on s’appelle un peu moins. Je lui ai annoncé la nouvelle au téléphone et il était très content pour moi, il m’a dit qu’il y avait un gros potentiel dans cette équipe et que lui-aussi y croyait. Avec Rumilly, ça s’est fait naturellement, directement et lui était tout simplement très content pour moi. 

 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Le replay de l’émission web tv « Le #MagSport by H2G » du 9 avril 2021.

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