#Rugby – Nationale / S.Hartmann (Dijon) : «La fusée de Bourillot.»

En amont de ce match entre Dijon et Tarbes pour le compte de la 23e journée de Nationale, on a la chance d’avoir l’une des jeunes pousses du Stade Dijonnais, Simon Hartmann. Cet ailier 100% bourguignon élevé au biberon stadistes depuis son plus jeune âge, grappille du temps de jeu cette saison et commence à laisser éclater son talent aux yeux de tous. Entretien portrait avec la relève de Bourillot.

Dijon Vs Tarbes 23 eme journée de nationale, une rencontre à suivre en direct Web TV sur la page you tube du stade Dijonnais en cliquant sur le lien ci dessus

 

 

Un peu à l’instar de Kevin Amiot ou de Julien Beaufils, tu es un pur produit de la formation dijonnaise. Entre le Stade Dijonnais et Simon Hartmann, c’est une histoire d’amour qui dure ? 

 

C’est vrai que l’on peut le qualifier d’histoire d’amour qui dure parce-que j’ai commencé le rugby au Stade Dijonnais en 2007, j’étais tout jeune, j’avais 6 ans et depuis ce jour, je n’ai jamais quitté ce club qui me tient vraiment à cœur. Je suis natif de Chenôve, juste à côté de Dijon et jusqu’à maintenant, la relation entre le Stade Dijonnais et moi a toujours très bien fonctionné, c’est en effet une affaire qui dure. 

 

Tu es tombé dans la marmite du rugby quand tu étais tout petit. Si j’ai de bons échos, ton papa était rugbyman, tu as un frère qui porte aussi les couleurs du Stade Dijonnais, c’est une réelle histoire de famille ? 

 

Mon père a aussi joué pour la sélection de Bourgogne fut un temps et mon petit frère fait aussi du rugby au Stade Dijonnais depuis pas mal d’années. C’est vrai que c’est une affaire de famille. 

 

Un peu comme les Spanghero, une petite dynastie dijonnaise ? 

 

Je n’irai pas jusque-là (rires). 

 

On va également parler de ta formation : tu es passé par ABCDXV, ce qui est quand même un gage de qualité. C’est l’excellence de la formation bourguignonne ? 

 

C’est vrai que de très bons produits sont sortis de cette formation d’ABCDXV. Ça a vraiment été un honneur de défendre les couleurs bordeaux de la sélection, on a été champions de France à 7 avec cette équipe, il y a eu une grosse génération. J’étais avec Edgard Retière, Paul Mallez, Auguste Cadot, de très bons joueurs, ce sont vraiment de supers souvenirs. Même si je défendais toujours les couleurs du Stade Dijonnais, ma présence en sélection m’a permis de prendre de la maturité et d’acquérir mon niveau rugbystique. C’est aussi un petit peu grâce à ça que je suis aujourd’hui en équipe première au Stade Dijonnais. 

 

Tu tutoyais cette équipe première depuis quelques temps mais maintenant, tu commences vraiment à faire des feuilles et à avoir des titularisations. J’imagine que la première fois que tu as enfilé le maillot des seniors de l’équipe fanion, c’était un rêve de gosse qui se réalisait ? 

 

Oui, vraiment. J’ai commencé en Octobre 2019, j’avais tout juste 18 ans et c’était sur le stade Bourillot quand on pouvait encore accueillir du public, quel souvenir ! Un stade Bourillot plein, une réelle ambiance et fouler la pelouse avec le maillot de l’équipe première, c’était vraiment un rêve qui se réalisait, comme tu l’as dit. 

 

Avec le cœur qui devait battre la chamade ? 

 

Totalement, c’était quelque chose de fou, des souvenirs à jamais gravés. Je ne remercierai jamais assez le club de m’offrir tout ce que j’ai aujourd’hui, je suis vraiment reconnaissant. Si on m’avait dit un jour du haut de mes six ans  » tu joueras sur le stade avec les grands « , je ne sais pas si j’y aurai cru. 

 

Tu as connu la Fédérale 1 et aujourd’hui, tu connais la Nationale avec un essai face à Albi la semaine dernière et avant de revenir sur le championnat, on va revenir sur cet essai. Pour avoir commenté le match, je pense que dans le stade et dans les tribunes, le seul qui a cru que le ballon n’allait pas en ballon mort, c’est toi ! 

 

Oui, c’est vrai (rires). Je vois bien l’action, on était sur une plutôt bonne avancée et j’appelais le ballon depuis à peu près deux temps de jeu, je voyais l’espace devant moi. Il y a eu un bel effort des avants, la balle arrive vite sur la ligne des 3/4 et là, on a un deux contre un à jouer avec Enzo, je vois l’espace qu’il y a dans l’en-but et je lui dis de poursuivre au pied. Il faut avouer que la passe est un peu longue mais le rebond est favorable et je ne sais pas si tu me croiras mais, au moment où Enzo tape, j’étais sûr que j’allais marquer, je le sentais. Quand j’ai vu la balle en l’air, je n’avais plus qu’à aplatir. 

 

On voit que vous avez un peu grandi ensemble avec Enzo Mazzorca. Il y a une belle connexion entre vous deux ? 

 

Effectivement, on a le même âge et les mêmes centres d’intérêt même si nous sommes assez différents donc plutôt complémentaires. C’est quelqu’un d’assez calme et posé tandis que moi, je suis l’inverse, impulsif et assez hyperactif. Je trouve qu’on se complète bien, notre duo marche bien, on se parle beaucoup, beaucoup de communication, nous sommes de vrais amis dans la vie et après, sur le terrain, ça fait de belles choses. 

 

On va maintenant revenir sur ce championnat de Nationale que tu as découvert, c’est un nouveau palier que tu as passé. Quel est ton point de vue sur la Nationale ? Ça a été un peu compliqué au début pour le Stade Dijonnais mais petit à petit, Dijon revient du diable vauvert. J’imagine que ce championnat est un régal pour toi ? 

 

On a vu dès les premières journées que c’est un championnat qui est très relevé et finalement, assez homogène avec des rencontres de haut niveau tous les week-ends. La rencontre que l’on a faite contre Albi était plutôt un test pour moi, et pour l’équipe aussi, c’était un réel test pour moi pour évaluer mon niveau de rugby. Au final, n’ayant joué que peu de fois dans cette Nationale, je ne sais pas comment la qualifier mais je trouve que c’est réellement du beau rugby et on s’y plaît. Je n’y ai joué que deux matchs mais on s’y plaît vraiment. 

 

On sait que le Stade Dijonnais a une ambition et un objectif, à moyen terme et non à court terme, d’accéder à la Pro D2. Je suppose que ce serait un rêve pour toi que d’amener ces couleurs côtes d’oriennes jusqu’à la Pro D2 et pour toi, de passer ce cap avec ton club formateur ? 

 

C’est vrai que ce serait incroyable. On n’y est pas de suite, on a forcément ça dans un coin de la tête puisqu’après la Nationale, il y a la Pro D2 donc forcément, on y pense. On n’y pense pas tout de suite car il faut rester réaliste, il y a de très bonnes écuries dans cette poule. Bien sûr que pour moi, si je suis un jour en Pro D2 avec le Stade Dijonnais, je demande où est-ce qu’on signe ! 

 

Ce serait le Graal ? 

 

Oui, exactement. 

 

On va aussi parler de ton double projet car tu fais partie de cette nouvelle génération qui essaie d’allier rugby mais également carrière professionnelle hors rugby. Est-ce que tu fais des études ou est-ce que tu travailles à côté ? Est-ce que le fait de ne pas te focaliser que sur le rugby et d’avoir un jour une bouée de secours au cas où, un jour, il y ait un malheur ou que tu ne sois plus en connexion avec le rugby, te tient à cœur pour pouvoir rebondir et ne pas te retrouver dans une impasse une fois ta carrière finie ? 

 

C’est vraiment quelque chose qui est très, très important pour moi. J’en ai parlé avec mes parents, j’ai toujours été beaucoup intéressé par cet aspect scolaire de la vie et le fait de pouvoir allier rugby et scolaire, c’est quelque chose de très intéressant pour moi. En plus de l’aspect carrière après rugby, c’est très formateur, ça permet d’obtenir de la rigueur et du sérieux dans son travail, ce qui se reflétera après sur le terrain. Depuis toujours, j’essaye de penser 100% rugby mais aussi 100% cours puisqu’on sait aujourd’hui que les carrières se font et se défont, on en a encore l’exemple avec Gabriel Lacroix qui a malheureusement dû mettre un terme à sa carrière. Pour moi, il est très important d’avoir une bouée de sauvetage comme tu le dis et j’ai choisi de faire une formation dans l’immobilier en alternance et je m’y plais. 

 

Le milieu de l’immobilier est un milieu de négoce. Ça doit parfois t’aider pour négocier avec les arbitres ? 

 

Si on voit cet aspect de négociation, c’est vrai que ça peut servir. Aujourd’hui, dans un rugby qui va vite, les arbitres peuvent rater des choses, ce qui est assez frustrant pour nous sur le terrain donc, pourquoi pas négocier ? 

 

Tu nous parlais de Gabriel Lacroix qui, comme toi, jouait ailier. Était-ce l’un des joueurs qui t’a mis des étoiles dans les yeux quand tu étais minot, une de tes idoles d’enfance ou d’adolescence ? 

 

Non, pas vraiment. C’était forcément quelqu’un que j’admirais de par son rugby, il apportait quelque chose de nouveau puisqu’il a un petit peu le même gabarit que moi. Il est longiligne, pas très musclé et il passe par des trous de souris donc, j’ai un petit peu pris son exemple pendant mon adolescence mais je ne dirai pas que c’était une idole, je n’irai pas jusque-là. Sa carrière est remarquable, ce qu’il a fait a marqué le rugby pour de longues années et on retiendra son nom. 

 

On va basculer sur le match face à Tarbes. On sait que le maintien est acquis administrativement pour Dijon mais ce n’est pas encore le cas sportivement et si vous vous voulez aller le chercher à l’orgueil, ça passe par une victoire à Bourillot contre Tarbes. En plus, ça permettrait d’aider à un autre objectif, celui de garder Bourillot invaincu jusqu’à la fin de la saison ? 

 

Nous sommes en effet maintenus administrativement et c’est une chance aujourd’hui mais notre objectif est vraiment d’être maintenu sportivement. Comme tu l’as dit ça passer par une victoire à la maison contre Tarbes, une équipe rude à jouer et qui propose du beau rugby, qui a de très bonnes individualités, on l’a bien vu à la vidéo, il faudra se méfier de certains joueurs. Il va falloir sortir les armes, prouver que nous sommes une bonne équipe de Nationale et qu’on veut ce qu’on prétend donc, on verra tout à l’heure. 

 

Albi et Tarbes sont des équipes qui jouaient en Pro D2 il n’y a pas très longtemps. Ça doit faire un peu bizarre d’être face à ces équipes et de ferrailler avec elles alors que tu pouvais les voir à la télé sur Canal + il y a quelques années ?

 

Je n’avais pas encore 18 ans quand Albi était venu en quart de finale de Fédérale 1 en 2019 et quand j’ai eu la chance de jouer au Stadium, je peux te dire que ça a fait bizarre. Je me dis qu’on grandit vite et que, finalement, la porte n’est pas loin. 

 

Et ce fameux tunnel du Stadium ? Tous les gens qui l’ont emprunté disent que quelque chose en transpire, qu’est-ce que tu en as pensé ? 

 

J’ai eu des frissons du 1er mètre jusqu’au bout du tunnel, c’était incroyable. Je ne savais même pas qu’il y avait un tunnel et je me demandais pourquoi on ne sortait pas par la porte qu’on avait empruntée pour l’échauffement. Je vois le groupe qui avance, on était tous un par un dans un tunnel assez exigu où la chaleur se ressent, le bruit des crampons, les cris des joueurs dans le vestiaire. Là, pour le coup, si je devais classer mes souvenirs de rugby dans un cahier, celui-là serait dans le Top 3. 

 

Tu connais maintenant ce tunnel qui est éclairé mais à l’époque, celle que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il n’y avait pas la lumière et il s’y est parfois passé des choses hors du commun. Aujourd’hui, c’est un peu plus  » coca light « 

 

Ah oui (rires) ? Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans le temps mais c’est vrai que là, c’était quand même quelque chose, même si tu dis que c’est un tunnel plus  » coca light « . 

 

Tu as une vingtaine d’années, l’âge de tous les possibles et de tous les rêves. De quoi rêve Simon Hartmann dans le futur, d’ici 4 à 5 ans ? 

 

C’est vrai que j’ai 20 ans cette semaine et depuis qu’il a six ans, Simon Hartmann rêve de jouer au plus haut niveau possible. Avec l’âge, j’ai réussi à comprendre qu’il y avait le meilleur niveau et le meilleur niveau qu’il était possible d’atteindre. Aujourd’hui, je rêve de jouer au plus haut niveau qu’il m’est possible de jouer, je vois que j’arrive à accrocher quelques feuilles en Nationale et à essayer de montrer de belles choses donc, dans 4 ou 5 ans, j’espère forcément que je serai à un meilleur niveau. Je me focalise d’abord sur mes années ici et sur le club du Stade Dijonnais qui me tient vraiment à cœur et dans 4 / 5 ans, j’espère me voir en Pro D2 avec le Stade Dijonnais. 

 

Tu es un pur produit du rugby bourguignon. Que peux-tu nous dire de ses valeurs, de son ADN et de ce qu’il représente ? 

 

Depuis toujours, on a été qualifié comme une équipe outsider puisqu’il est vrai que, dans notre région, le rugby n’est pas qualifié comme le rugby d’Occitanie. Mais nos valeurs sont basées sur cet aspect de camaraderie et de franche convivialité qui fait que nous sommes des équipes qui sont rugueuses et qui ont beaucoup d’envie, parfois trop. Si je devais te donner les valeurs du rugby bourguignon, ce serait humilité, partage et sacrifice, trois mots qui reflèteraient bien notre état d’esprit. 

 

Ce sont de belles valeurs qui, je trouve, représentent bien le rugby bourguignon qui tient quand même une belle place en Fédérale 1, en Nationale et en Pro D2 avec Nevers. Ce n’est certe pas l’Occitanie mais c’est quand même une place forte du rugby français

 

C’est vrai

 

On te remercie et on te souhaite le meilleur en espérant que tu nous remettras des étoiles dans les yeux comme tu l’as fait au Stadium Municipal

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/gSCJ75N8IW8

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