#Foot – R1 / S.Pahu (Tarbes) « Il va falloir avoir des certitudes et des garanties pour la saison prochaine. »

C’est en plein doute que le coach Bigourdan s’apprête à préparer la prochaine saison après l’officialisation d’une année blanche la semaine dernière. Stéphane Pahu espère avoir rapidement de la visibilité sur le prochain acte pour jouer une saison que l’on espère quasi-normale.

Ça y est c’est acté la saison blanche est déclarée. De votre côté, même si le début de saison a été court vous commenciez plutôt bien. Est-ce que vous n’avez pas quelques regrets de ne pas avoir pu tester sur le long terme ce renouveau Tarbais ?

On a des regrets car nous aurions aimé faire une saison pleine et entière en jouant dans des conditions normales. Nous avions une équipe qui pouvait jouer le haut de tableau et la montée. Mais c’est le lot de nombreuses équipes, il faut le prendre comme ça. Ça fait partie de la vie.

Cet épisode compliqué, comment vous le vivez en tant que coach ? Est-ce que vous planchez déjà sur la prochaine saison, ou au contraire vous faite une coupure totale ?

Nous ne sommes pas en coupure totale comme nous faisons deux entraînements par semaine : le jeudi après-midi et le samedi matin. C’est dur de trouver des motivations pour les joueurs car il n’y a pas d’objectifs. D’autant que pour les seniors, ce n’est pas comme les jeunes. Les entraînements sans contact, c’est un peu difficile. Nous attendions que la saison blanche soit décrétée pour nous mettre au travail pour la prochaine saison avec le même objectif que cette année : essayer de jouer le haut de tableau et voir ce que nous pouvons faire. En n’ayant joué que cinq matchs, c’est un peu comme s’il n’y avait pas eu de saison…

Une saison si courte va-t-elle signifier pour vous une stabilité totale avec aucun recrutement ?

Des mouvements, il y en aura dans tous les clubs. Il y a toujours des joueurs qui ont besoin de changer d’air et sûrement d’autres clubs qui voudront en profiter pour affirmer un peu plus leurs ambitions. De notre côté nous aimerions voir pour tester notre effectif sur une saison pleine. Si la saison prochaine redémarre car on ne sait pas encore où l’on va avec tout ça ! Nous n’avons aucune garantie. Ça va faire deux saisons qu’on ne fait rien. Il va falloir avoir des certitudes et des garanties pour la saison prochaine.

Ne craignez-vous pas que si la situation venez à perdurer, cela mettrait votre club à mal ?

J’ai un peu peur que ça mette à mal le sport amateur en général. Des joueurs vont peut-être se dessoufler et avoir un autre mode de vie. Ne plus avoir entraînement les soirs et des week-ends libres, ça instaurera un nouveau mode de vie. Il faut que notre Fédé soit au soutien des clubs sinon certains risquent de ne pas repartir. Nous, on repartira et nous allons essayer de construire une équipe correcte pour notre projets et nos ambitions. Nous allons voir ça début avril.

Par rapport à de nouveaux modes de vie et la difficulté de motiver les joueurs pour les entraînement, comment vous les sentez actuellement. Est-ce qu’ils ont l’air d’avoir un peu perdu le goût du football ?

Au niveau de Tarbes, 80% des joueurs sont motivés pour repartir et faire une nouvelle saison. Le sport reste un vecteur de lien social donc on a besoin de faire du foot, du hand ou du rugby et d’avoir une activité. Au niveau du groupe, j’ai de bonnes sensations et de bons retours. Après, au sortir d’une telle coupure, je ne sais pas comment nous allons retrouver nos gars en juillet-août. C’est toujours pareil, on ne sait pas quand la compétition va reprendre, et surtout dans quelles conditions.

Pour vous justement, homme de terrain, en prévoyant la saison prochaine, ne faudrait-il pas anticiper de nouveaux risques de coupures et programmer des championnats plus allégés ?

Mon regret c’est d’avoir fait des poules de 14 au sortir de la première saison arrêtée en sachant que l’épidémie risquait de nous pénaliser. Je n’aurais pas composé des poules aussi grosses. De 22 journées, vous passez à 26 cette année ça fait quatre dates de plus. Le championnat est plus long et plus dur. Quoi qu’il arrive, il faut que la FFF nous donne des dates et de la visibilité pour pouvoir préparer la prochaine saison dans de bonnes conditions.

Et alléger le championnat avec par exemple six poules de sept pour ensuite s’inspirer du rugby avec des play-offs, est-ce que ça ne pourrait pas être une solution ?

Je ne sais pas. Des petites poules, ça peut être compliqué quand même. Le championnat sera à 14, on ne pourra pas faire descendre et monter. Des poules de 12, c’était bien. Le championnat était assez long pour permettre à une équipe qui se loupe sur deux ou trois matchs de se rattraper. Sur des saisons avec peu d’équipes dans la poule, tu n’as pas le droit à l’erreur. Le championnat c’est plutôt sur la durée. Après, si l’année prochaine, il n’y a pas la Coupe Occitanie, on aura encore des week-end libres en espérant que l’épidémie va diminuer avec le vaccin. Je veux bien qu’on ne revienne pas à la vie normale, mais il va falloir quand même un revenir un petit peu et apprendre à vivre avec le virus et ses conséquences. Quand on est touché par ça avec un décès dans la famille, on ne le voit pas pareil. Je le sais, ça peut m’arriver à moi…

Au regard de la situation des clubs de N2 qui sont toujours à l’arrêt malgré le protocole sanitaire qu’ils suivaient d’eux-même au début de saison. Est-ce un protocole que vous pensez pouvoir suivre l’année prochaine à Tarbes ?

Quand on voit le protocole mis en place pour la Coupe de France, c’est quand même un protocole très lourd. Je ne sais pas si nous sommes en capacité et si nous avons les moyens de faire ça toutes les semaines et puis faut voir le coût que ça aurait pour le club et l’Etat ! Pour la Coupe de France, nous avons été obligés de trouver un créneau le jeudi entre midi et deux pour que les gars viennent se faire tester. Après, si on ne peut pas tester les joueurs ils ne jouent pas le week-end. Ça rajoute une contrainte de plus sur les compositions d’équipe. Pour nous, je pense que si quelqu’un est positif il ne joue pas et puis voilà. Il y a peut-être des gens qui ont joué en étant positifs, on ne le sait pas. Tester toutes les semaines, nous n’y arriveront pas. Les gars devront trouver un créneau chaque semaine, ce n’est plus du football à un moment donné.

Et si des tests express étaient mis en place avant les matchs ?

Oui mais qui va les contrôler ? S’ils nous mettent de telles contraintes ça sera très contraignant et ça va dissuader des joueurs, des dirigeants et des entraîneurs. Au moins de janvier, j’ai eu l’impression de gérer plus le côté sanitaire que le côté sportif pour la Coupe de France.

Une reprise non savourée du coup…

Non pas du tout. Honnêtement, entre le couvre-feu et les conditions sanitaires, c’était plus une galère qu’autre chose alors que nous avions la chance de jouer à domicile et d’aller au septième tour. La semaine, nous n’avons pas pu nous entraîner. Avec des gars qui partaient au boulot à 7h30 pour 8h, ils ne pouvaient pas ne pas repasser chez eux pour se doucher. Nous n’avons même pas pu mettre ça en place le matin.

Propos recueillis par N.Portillo

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s