#Rugby – Nationale / T.Dufau (Dijon) : «Nous nous sommes fixés comme objectif d’être maintenus sportivement!»

L’un des vice-capitaines du Stade Dijonnais, Thibault Dufau, est revenu lors de l’émission « Le #MagSport by H2G », sur sa vive émotion à l’annonce du décès de son ex coéquipiers de Provence Rugby, Thomas Lacelle. Le demi de mêlée de Bourillot, nous a aussi donné le cap collectif fixé par le groupe et s’est projeté sur le double déplacement en Ardèche (Aubenas) et dans le Tarn (Albi). Les Dijonnais se présenteront avec une ambition : gratter des points partout ils le pourront, pour se maintenir sur le pré.

 

 

On va commencer par le moment qui nous fend le cœur à tous, qu’on soit Albigeois, Aixois, de Saint-Junien, de Vannes, de Brive ou même de Dijon comme toi, la triste disparition de ton ancien coéquipier à Provence, Thomas Lacelle au détour d’une route. Toi qui étais très proche de Thomas, qui a passé avec lui de francs moments avec lui, ça a dû être un coup de poignard dans le cœur quand tu as appris la nouvelle samedi ? 

 

Je l’ai appris un peu comme tout le monde, de par des bruits qui couraient mais aussi à Dijon, par des amis qui étaient copains avec lui de Brive. C’est le genre de nouvelle difficile à croire au début, on ne réalise pas ce qu’il se passe ni si c’est vrai tellement ça paraît impossible. Mais au fur et à mesure que l’on commence à en parler ajouté à l’hommage au Stade de France le soir, lorsque l’équipe de France a joué et dans les heures qui suivent, ça devient de plus en plus réel. Quand on en prend vraiment conscience, c’est plus que terrible. 

 

On connaît le caractère de Toto, c’était un bon vivant, un homme qui aimait la déconne et la bringue. Tu as un souvenir de lui à nous raconter, un souvenir qui nous donnera le sourire comme celui qu’il avait vissé aux lèvres ? 

 

Je ne l’ai pas connu longtemps, seulement un an quand nous étions ensemble à Aix l’an dernier, mais je crois que je ne l’ai jamais vu avec autre chose que le sourire aux lèvres, c’est incroyable. Un souvenir qui m’a marqué, mais qui parlera à tout le monde car il a été assez relayé, c’est que c’est le seul mec que je connaisse qui, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, qu’il fasse beau, qu’il fasse -10 ou 30 degrés dehors, lorsqu’il a mis ses crampons prend un ballon, va sur le terrain et tape la plus grosse ogive possible. C’est quelque chose qu’il faisait souvent, tout le temps même, et tout le monde se demandait comment il faisait pour ne jamais s’être claqué parce-que ce n’était pas possible. Ce ne sont que des choses comme ça, c’était un mec qui rigolait et déconnait tout le temps, qui ne se prenait pas au sérieux, qui jouait au rugby parce-que c’était vraiment sa passion, avant tout pour jouer avec les copains et prendre du plaisir. Il n’y avait jamais de prise de tête, c’était un mec exceptionnel qu’on voudrait tous avoir dans une équipe. Si tu arrives le matin, tu n’as pas trop le moral pour X ou Y raison et que tu vois la tête de Thom toujours en train de déconner avec le sourire, ce n’est pas possible de rester de mauvaise humeur. J’ai bien sûr une grosse pensée pour sa famille, que je ne connais pas, mais aussi pour tous les copains qui sont à Aix-en-Provence parce qu’à aucun moment je n’aurai voulu être à leur place lorsqu’ils ont repris l’entraînement dimanche dernier. Ça a dû être quelque chose de terrible, également pour l’équipe d’Aix qui subit une grosse perte, c’était quelqu’un de très important au sein du groupe, rugbystiquement bien sûr de par ses qualités mais humainement, il faisait rayonner une équipe entière et il donnait le sourire à tout le monde. C’était le premier pour déconner, le premier que l’on cherchait quand on voulait faire une connerie ou quand on voulait passer un moment à rigoler. C’est quelqu’un qui va beaucoup manquer au monde du rugby. 

 

Quelqu’un qui sortait totalement du cadre dans ce rugby professionnel un peu normalisé et stéréotypé ? 

 

Si vous l’aviez croisé dans la rue, vous n’auriez jamais dit  » ce mec est joueur de rugby professionnel « , absolument jamais. Mais ça n’enlève rien au fait que, quand il jouait pour une équipe, il avait la niaque, toujours l’envie de gagner, il se serait dépassé et il aurait tout donné pour ses coéquipiers. C’était quelqu’un qui ne calculait pas, qui, une fois qu’il s’était engagé dans quelque chose, donnait absolument tout. Encore une fois, je n’ai pas la prétention de le connaître, je le connais bien moins que certaines personnes qui ont grandi avec ou qui ont joué de nombreuses années avec mais c’est quelqu’un qui m’aura marqué lors de cette année passée avec lui, qui aura marqué absolument tout le monde. Je suis sûr que personne ne me contredira quand je dis que c’est quelqu’un qui aura marqué absolument tous les clubs dans lesquels il est passé. Personne ne l’oubliera et on fera tout pour honorer sa mémoire du mieux possible. 

 

On va maintenant repasser sur le registre sportif, même si ce n’est pas simple dans des moments comme ça. Tu as vécu à Dijon une saison avec des hauts et des bas, à l’image du Stade Dijonnais. Mais, depuis quelques semaines, vous mangez un peu le pain blanc après avoir mangé votre pain noir ? 

 

Il est certain que ça change, des après-matchs endiablés dans les vestiaires, comme tu as pu connaître il y a 15 jours, des rigolades avec les copains, des retours en bus un peu plus joviaux. Même si nous n’avons pas gagné à Narbonne, nous avons quand même sorti un match correct et cohérent dans le contenu. Nous avons connu un début d’année très difficile, on ne s’en cache pas, les résultats embêtent tout le monde mais nous, les joueurs, sommes les premiers concernés et même si c’est notre métier, ça n’enlève pas que les défaites sont toujours dures à encaisser. On est récompensé des efforts que l’on fournit, nous ne sommes sûrement pas la meilleure équipe de Nationale et on a beaucoup d’efforts à faire de partout mais nous sommes une équipe travailleuse, qui ne lâche rien, qui se bat les uns pour les autres et qui donne le maximum. Ça a été difficile en début d’année parce-que nous n’avons pas été récompensés, notamment parce qu’il y a eu pas mal de matchs où nous n’étions tout simplement pas encore au niveau mais maintenant, nous avons commencé à nous roder. Sur le contenu, on sort des matchs qui sont vraiment cohérents même si le résultat n’est pas tout le temps là et puis, on a recommencé à gagner chez nous, c’est quelque chose qui fait plaisir. Maintenant, reste à aller essayer de concrétiser à l’extérieur. 

 

Maintenant que vous jouez libérés et que vous voyez qu’il y a quand même du potentiel dans cette équipe de Dijon, ce que tout le monde disait en voyant les noms, est-ce que vous avez des regrets sur le début de saison car y avait peut-être autre chose à faire ? Je ne parle pas d’aller dans les 4 premiers mais entre la 5e et la 7e place, il y avait la place pour y être ? 

 

Je ne sais pas, c’est difficile de dire ça après coup. Au-delà des résultats que l’on a eus récemment, on a toujours eu des regrets sur le match de Bourgoin, où on prend le bonus défensif en perdant de trois points alors qu’on avait fait une bonne partie, on s’en est mordu les doigts pendant un moment. Lors du match suivant, on a réussi à accrocher Bourg-en-Bresse à la maison pendant 60, 70 minutes. On savait les lacunes que l’on avait et que l’on a encore, même si on essaye de les travailler. Donc, des regrets, oui et j’espère que cette période un peu difficile nous aura permis de grandir et qu’on ne refera pas certaines erreurs que l’on faisait en début de saison, notamment sur la discipline, sur la capacité à tenir 80 minutes et pas 40, 50 ou 60. Ce sont des points que l’on essaie d’améliorer et qui nous feront gagner des matchs, ceux sur lesquels on était ric-rac en début d’année. Au final, il n’y a pas plus de regrets que ça car ça fait partie du sport et il n’y aura pas de regret si ça nous permet de grandir et d’apprendre des erreurs que l’on a pu commettre. 

 

Selon toi qui a connu la Pro D2, alors que l’on arrive dans la dernière ligne droite de cette première saison de Nationale, une division qui a été créée pour préparer les clubs à la Pro D2 et tendre vers cette dernière, est-ce que la Nationale est un bon laboratoire de la Pro D2 ? 

 

Je pense que oui. A mon avis, il y a encore une très grosse marche entre la Nationale et la Pro D2 car, même si c’est un championnat qui est aussi long, qui est physique, la Pro D2 est quand même un ton au-dessus. Encore une fois, je n’ai pas non plus la prétention d’avoir beaucoup joué et je la connais moins bien que certains autres mais il y a encore des différences. Par contre, je trouve que c’est bien parce-que c’est une poule qui est vraiment, vraiment homogène, et on le voit tous les week-ends au niveau du classement. Toutes les équipes sont capables d’aller gagner chez toutes les autres, hormis peut-être Nice et Bourg-en-Bresse qui sont vraiment sur une autre dynamique, il n’y a pas vraiment de gros favoris. Le reste de la poule est vraiment assez équilibrée, on l’a vu encore il y a 15 jours avec Aubenas qui est allé gagner à Bourgoin, c’est un résultat qui est vraiment incroyable même pour eux. Donc, je pense que c’est un bon début même si la marche est encore haute, ça permet aussi à la Fédérale 1 en-dessous, qui jouait contre de grosses écuries professionnelles et qui avait du mal, de jouer contre des équipes du même niveau qu’eux. Pour les grosses équipes qui avaient tendance à survoler leurs poules lorsque c’était la Fédérale 1 normale, ce n’était pas forcément formateur pour eux que ce soit trop facile non plus. Là, le fait que toutes les équipes rencontrent de grosses équipes tous les week-ends, c’est vraiment formateur pour la Pro D2 qui est aussi un championnat homogène, très dense et très long comme l’est la Nationale. 

 

Tu nous parlais d’Aubenas qui a fait  » le coup  » de la 20e journée en allant gagner à Rajon. Ça tombe bien car le prochain adversaire d’Aubenas, c’est Dijon qui se déplace à Dugradus. J’imagine que vous avez dû préparer ce match en bouffant de la vidéo de cette belle victoire d’Aubenas à Bourgoin ? 

 

Nous n’avons repris qu’en début de semaine puisque nous avons eu une semaine de vacances la semaine dernière. Nous avons en effet commencé par la vidéo donc nous avons pu voir les premières images d’Aubenas. On se déplace à l’extérieur donc on sait que ce n’est pas facile mais en plus de ça, on va chez une équipe qui a tendance à être très performante à domicile et qui va être en confiance puisqu’elle a été gagner chez un gros du championnat avant la pause. C’est un beau challenge qui va nous attendre ce dimanche, il va falloir que l’on soit prêt, on surfe aussi sur une bonne dynamique donc, il faut que l’on s’appuie dessus et surtout que l’on garde les images positives que l’on a pu voir contre Suresnes, contre Blagnac mais aussi contre Narbonne, même si on n’a pas gagné. Et encore une fois, que l’on continue à travailler sur les défauts que l’on a depuis le début de saison notamment notre discipline, notre capacité à tenir dans le temps et à être bon dans la durée. Ça rejoint ce que je disais tout à l’heure, c’est un match qui, à mon avis, va être relativement serré, qui se jouera sans doute à peu de choses et qui va sûrement se dessiner sur la fin du match. Donc, à nous d’essayer d’être constants, disciplinés et bien inspirés offensivement et défensivement pour gagner à Aubenas. 

 

Une chance pour vous, c’est qu’il n’y aura pas de public. Au moins, tu n’auras pas d’acouphène pendant deux jours après le match car normalement, quand il y a du public à Dugradus, les joueurs adverses avec les oreilles qui sifflent un peu

 

Oui, c’est la réputation qu’ils ont. Moi, je n’y ai jamais joué mais certains mecs dont ça a été le cas, comme Hugo Alarcon, nous ont raconté comment ça se passait. A mon avis, ils s’y sont maintenant habitués donc ça sera moins handicapant pour eux qu’en début de saison. Comme depuis le début de l’année, il est sûr que les équipes qui s’y déplacent sont moins pénalisées et handicapées par l’atmosphère ambiante, le public autour qui peut, de temps en temps, être un frein pour les équipes qui se déplacent et un moteur pour les équipes à domicile qui s’appuient dessus. Tant mieux pour nous, ça penchera en notre faveur pour ce week-end mais je ne suis pas sûr que ça suffise pour déstabiliser une équipe comme Aubenas. C’est déjà un bon point mais il est sûr que ça ne suffira pas. 

 

Le paradoxe dans votre calendrier, c’est que vous enchaînez deux déplacements et le suivant sera à Albi. Albi, un club que vous connaissez bien puisqu’il y avait eu un quart de finale homérique qui fait maintenant partie du panthéon de l’histoire du Stade Dijonnais car il ne s’était pas joué à grand-chose. Tu étais sur le terrain et pendant longtemps, au Stadium Municipal, vous aviez pensé faire chuter le Sporting Club Albigeois, il avait manqué 10 / 15 minutes au Stade Dijonnais pour aller décrocher une demi-finale historique. J’imagine que pour toi, qui faisais partie de cette bande avec Jules Soulan et compagnie, ça va te rappeler de bons souvenirs et que tu auras à coeur de prendre ta revanche ? 

 

Oui mais les saisons se suivent. C’était il y a déjà deux ans et les équipes ont beaucoup changé, il y a pas mal de mecs chez nous qui ne faisaient pas partie de l’aventure. Je ne connais pas tout l’effectif d’Albi mais, à mon avis, ça doit un peu être la même chose donc c’est peut-être un peu éloigné pour parler de revanche. On va à Aubenas qui sera une équipe difficile à manoeuvrer et ensuite, on va chez une grosse écurie, de un du rugby français de par l’histoire du club et de deux, de cette Nationale. On a tous pu le voir sur les vidéos, ça fait partie des équipes qui sont bien rodées, offensivement dangereuses et défensivement en place, qui ont du gabarit, un bon buteur, qui sont armées pour essayer de se qualifier pour monter en Pro D2. Donc, encore un beau challenge pour nous, ça ne sera pas facile mais en tous cas, on fera le maximum pour essayer de faire un résultat là-bas. 

 

Au-dessus de cet Albi / Dijon, il y aura un ange qui survolera ce match, Thomas Lacelle. Lors du dernier match contre Dijon, il avait marqué trois essais dont un à la fin qui avait fait un peu se déhancher la défense dijonnaise. Il y aura une grande cérémonie d’hommage en avant-match et ce sera aussi la rencontre où tout le monde du rugby pourra rendre à Thomas Lacelle l’hommage qu’il mérite ? 

 

Oui même si je pense qu’il n’y a pas besoin de ça pour que les mecs qui l’ont connu pensent à lui et lui rendent hommage. Mais il le mérite, il mériterait même beaucoup plus que ça, il mériterait d’être parmi nous, d’encourager ses copains qui sont à Albi et d’encourager les mecs qu’il connaît à Dijon. C’est quelque chose qui ne devrait jamais arriver, quelque chose d’incroyable et d’impensable. Mais je suis sûr que de là où il est, il aura à cœur de supporter ses amis et, à mon avis, avec un petit penchant pour Albi mais on ne lui en tiendra pas rigueur. 

 

On va terminer sur le dernier match de ce bloc pour Dijon, la réception du Tarbes Pyrénées Rugby, là aussi un club mythique. L’objectif pour Dijon sera d’essayer de faire la passe de trois à Bourillot et de le garder invaincu après deux victoires contre Suresnes et Blagnac. Pour ce match contre Tarbes, vous serez attendus par vos supporters qui auront à cœur que vous gardiez la piaule inviolée ? 

 

Quand on a su qu’il n’y aurait pas de descente cette année, le staff, le président ainsi qu’entre-nous, nous nous sommes fixés comme objectif de ne pas finir dans les deux derniers et d’être maintenus sportivement pour, quelque part, se donner bonne conscience et savoir que, si jamais il y avait eu ces descentes, on n’en aurait pas fait partie. On sait que ça passera forcément par des victoires à domicile, d’assurer nos matchs à la maison et d’aller chercher un maximum de points à l’extérieur. En espérant que l’on arrive à garder la dynamique que l’on a à Aubenas et à Albi, au moins sur le contenu pour ensuite retrouver Bourillot plein de confiance et essayer de gagner contre Tarbes. Ce serait vraiment une bonne chose pour nous puisqu’après, on sait que l’on finit la saison à Nice. Ce n’est pas un calendrier hyper facile mais encore une fois, tant mieux. J’espère que l’an prochain, cette histoire de Covid sera derrière nous, le championnat de Nationale existera encore et il y aura des descentes et des montées donc, il faut que l’on arrive à se préparer au maximum et que cette fin de saison nous serve pour acquérir de l’expérience en tant qu’équipe et en tant que joueurs ainsi que de la confiance pour recommencer à zéro l’an prochain et faire une meilleure saison que l’on a pu faire cette année, notamment sur le départ. 

 

On va finir par une question décalée. On dit souvent que, quand quelqu’un devient capitaine, c’est qu’il est devenu un taulier et un ancien du vestiaire. En récupérant le capitanat, tu as pris un coup de bambou, tu n’es plus le fringant demi-de-mêlée mais tu fais partie des vieux ? 

 

Pas encore, il y en a un paquet avant moi (rires). Il y a pas mal de mecs dans cette équipe qui peuvent être et qui sont capitaines. On a tourné à beaucoup, plus un paquet d’autres qui sont là depuis un moment, qui sont maintenant expérimentés et qui peuvent prétendre au capitanat. C’est juste un titre qui est donné par l’arbitre mais ce n’est pas quelque chose qui est convoité par aucun d’entre nous. Ça ne change rien, peu importe qui est capitaine le week-end, on fait tous des efforts les uns pour les autres et ça n’a pas d’incidence. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/0kU2gPyFzRA

Retrouvez l’émission « Le #MagSport by H2G » du 23 mars 2021.

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