#Football – Edito / La girouette du gouvernement s’assoit sur l’équité

Hier pour le plus grand désarroi de nombreux footeux, le gouvernement sonnait le glas des espoirs de reprise des championnats de National 2 et et D2 féminine. Une décision qui vient raviver la frustration de nombreux joueurs qui étaient pourtant prêts pour leur retour sur les prés verts.

C’était un des projets phares de la Fédération Française de Football depuis le début de l’année civile. L’instance de foot s’est appuyée sur les très bons résultats sanitaires et organisationnels de la Coupe de France depuis sa propre reprise pour défendre bec et ongle le retour des championnats de National 2 et D2 féminine. C’était avec plaisir que nous vous annoncions la réussite de ce projet avec la reprise mi-mars du championnat du N2 et mi-avril pour les féminines. Hier douche froide avec un revirement du gouvernement qui peut nous laisser quelques peu perplexes. Certes les chiffres du coronavirus ne sont pas les meilleurs que l’on ai eu depuis un an. Variants qui s’étendent, nouveaux confinements les week-end, de nombreuses personnes en réanimation, on a clairement connu mieux. Pourtant, malgré quelques retours d’austérités sanitaires, les membres du gouvernements ont laissé entendre qu’un retour à une situation bien plus sereine était espérée pour la mi-avril. Tiens bizarrement ça coïncide avec les dates de reprises qui étaient évoquées pour le championnat féminin… De quoi s’arracher les cheveux. Nombreux spécialistes déclarent de plus en plus qu’il faudra apprendre à vivre avec le virus, c’est bien ce qu’essaye de faire le monde du sport. On dit bien essayer vu que l’on met des bâtons dans les roues de sa reprise. Se déroulent sans le moindre refus des compétitions sportives prestigieuses et de premier plan : VI Nations, Ligue des Champions, Master 100 de Miami… compétitions de premiers plans mais surtout aux bakchiches financiers importants. On ne compte pas en centaines ou en milliers mais bien en millions d’euros les sommes brassées par lesdites compétitions. C’est bien loin des sommes moins rondelettes que viendraient rapporter les championnats bannis de N2 et D2F s’ils venaient à reprendre… un grain de poussière même.

L’essence même du sport se meurt…

Mais voilà, sur le plan sportif, ces compétitions auraient tout les droits de reprendre au même titre que leurs aînés qui n’ont jamais arrêtés (Ligue 1, L2, N1…). La FFF avait d’ailleurs mit en avant le côté semi-pro, pour ne pas dire trois-quart-pro de ces championnats lors de sa requête de reprise. Finalement la girouette et son courroux en aura décidé autrement in extremis. On va donc mettre sur le banc nombre de joueurs et joueuses sous contrats sevrés de ballons depuis de mois qui voient leur horizon professionnel dans le ballon rond s’assombrir mois après mois. Didier Santini, le coach de Béziers l’expliquait « une carrière dans le football c’est très court, six-sept ans maximum »… lorsque l’on sait que depuis presqu’un an centaines de ces footballeurs mangent leur pain noir (et même rassis depuis), ça fait relativiser. Combien parmi eux de futurs cracks du football français ne verront jamais le jour faute de match et d’entraînements dignes de ce nom ? Car n’en déplaisent en grandes têtes pensantes comme l’illustre Pascal Praud, les idoles du foot français n’ont pas connus que les centres de formations dans leur parcours vers le monde professionnel (voir vidéo ici). L’attaquant Lensois, Florian Sotoca, encore pensionnaire de N2, et formé avant cela au FU Narbonne il y a seulement quatre ans en est un très bel exemple.

Des clubs irréprochables

Ce qui est d’autant plus frustrants pour bon nombre de ces clubs mis au placard c’est le mépris du sérieux auquel ils s’attèlent depuis la reprise des entraînements cet été. Que ça soit à Colomiers, à Béziers ou partout en France, nombreux clubs de N2 et D2F étaient des plus méticuleux avant de laisser entrer leurs ouailles sur le terrain d’entraînement ou de match : prise de température, gestes barrières constants, tests PCR très fréquents. Bref, un fonctionnement digne des clubs de Ligue 1. Patrice Maurel et ses troupes auraient peut-être dû s’offrir des vacances à Ibiza cet été ou pour Noël afin d’afficher le même sérieux que certains professionnels au comportement pas si irréprochables pour être à leur tour mieux considérés par les instances gouvernementales…

Nicolas Portillo

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