#Rugby – Nationale / C.Andreu (Aubenas) : «C’est une région où les gens aiment les personnes qui mouillent le maillot ! »

Découvrez notre seconde interview d’avant match sur RC Aubenas-Vals, qui va défier le Sportif Club Albigeois ce dimanche, à 15h au Stadium. Pour cette rencontre à huis clos qui verra le retour de la division nationale, et les supporters le visionner en direct sur les réseaux sociaux du SCA et en collaboration avec Le #MagSport / Studio H2G, l’arrière Ardéchois retrouvera la préfecture tarnaise avec un brin de nostalgie. Évoluant depuis 9 saisons maintenant en Ardèche , et faisant les beaux jours d’Aubenas, Cyrille Andreu, a goûté il y a une décennie à la Pro D2 sous la tunique jaune et noire du « Sporting ». Totalement ancré dans sa terre d’adoption ardéchoise, cet arrière pluri actif qui pense déjà sa reconversion, n’en garde pas moins de joli reste sur le pré. Mieux classé que les Albigeois (Aubenas 8eme / Albi 11eme), Cyrille Andreu et le RCAV abordent cette reprise des compétitions , sans pression, avec impatience d’en découdre et un appétit certain. Focus sur un des enfants adoptifs de Dugradus, et dont les valeurs séculaires de solidarité et de combat albenassiennes lui sied à merveille, mais qui n’oublie pas ses années tarnaises au sein de la grande famille du SCA.

Une rencontre à suivre en direct vidéo streaming sur les réseaux sociaux du SCA , en cliquant ci dessous :

 https://youtu.be/ySp86Tg210A

Crédit photo Christophe Mouton

 

Cyrille, pour toi, c’est un come-back au Stadium. Tu l’avais déjà fait en Fédérale 1 Elite mais j’imagine que chaque fois qu’il y a des Albi / Aubenas, ça doit avoir pour toi une part assez émotionnelle ? 

 

Oui, ça a une saveur assez particulière parce-que c’est un endroit où j’ai passé 5 ans et dont je n’ai que des bons souvenirs. Maintenant, il n’y a ni rancœur ni esprit de revanche mais ça me fait plaisir de revenir à Albi, dans un super stade même si aujourd’hui, on ne boxe peut-être pas dans la même catégorie parce qu’Albi a des objectifs élevés dans cette poule. Mais oui, il faut avouer que chaque fois qu’il y a le calendrier, j’aime bien voir un peu les confrontations qui s’annoncent et quand j’ai vu Albi cette année, il est clair que j’étais impatient de revenir au Stadium. 

 

Tu dis qu’Albi et Aubenas ne boxent pas dans la même catégorie mais on a vu que la Nationale réserve son lot de surprises. Vous-mêmes en avez fait une grosse en allant gagner à Narbonne ? 

 

Cette poule Nationale est très relevée, ce sont de gros défis tous les week-ends. Quand je parle de ne pas boxer dans la même catégorie, pour moi, je pense qu’Albi est un club qui n’a rien à faire dans la Nationale. Pour moi, sa place est plus haut et j’ai connu Albi au plus haut-niveau, quand ils évoluaient en Top 14, j’allais au stade quand j’étais encore jeune. J’ai connu Albi en Pro D2 où j’ai eu la chance de faire quelques apparitions même si ce n’est pas énorme. Et pour moi, ce club n’a rien à faire en Nationale et il a tout pour être au plus haut-niveau, avec un public énorme et une ville qui est rugby. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je dis qu’on ne boxe pas dans la même catégorie. C’est clair qu’un match de rugby reste un match de rugby et comme on l’a vu à Narbonne, on est parfois capable de faire de bonnes choses dans la saison. 

 

J’imagine que Mariano Taverna a dû vous mettre en alerte sur certaines failles du colosse aux pieds d’argile Albigeois ? 

 

Pour être très franc, on s’est un peu concentré sur nous-mêmes parce-que c’est une période un peu particulière entre les trêves du Covid et la trêve de Noël ce qui fait que, pour bosser, ce ne sont peut-être pas les conditions optimales. On s’est un peu entretenu chacun de notre côté car, quand nous avons été arrêtés, nous étions au chômage partiel. Nous avons repris fin Novembre / début Décembre jusqu’au 23, date à laquelle nous avons coupé pour les fêtes. Donc, nous avons repris samedi dernier, le 2 Janvier, et nous ne nous sommes vraiment concentrés que sur nous et sur notre jeu car cela faisait un moment que nous n’avions pas touché le ballon. Jusqu’à l’heure d’aujourd’hui, nous n’avons pas trop regardé Albi et on s’est concentré sur notre jeu mais je pense qu’on y passera un petit peu de temps avant la rencontre. 

 

Crédit photo Christophe Mouton

On se doute bien que vous n’allez pas venir la fleur au fusil, c’est pas l’état d’esprit ardéchois. Quand on connaît ce rugby ardéchois, empli de solidarité, de valeurs et de combat, c’est un rugby qui est maintenant le tien car cela fait 9 ans que tu es dans ce club. Tu peux nous décrire le RCAV, son ADN et son identité ? 

 

C’est un club où je me retrouve totalement. C’est une région où les gens aiment les personnes qui  » mouillent le maillot « , ce sont des gens très simples qui ont beaucoup de valeurs et qui sont très fiers de leur région. Sur ça, les Ardéchois aiment vraiment quand les gens s’y filent sur le terrain et chaque week-end, on se doit de faire ça quand on porte ce maillot. Je pense que, chaque fois qu’on met ce maillot, il faut se donner à 100%, encore plus quand tu es dans un club comme Aubenas. Ici, c’est une région où il n’y a peut-être pas énormément de choses à faire mais où le rugby a une place forte et il y a des gens de toute l’Ardèche qui viennent voir les matchs donc, c’est important de tout donner chaque week-end. Après, on se déplace chez l’un des plus gros de la poule aujourd’hui, sans pression, ce que je veux dire, c’est qu’on vient à Albi sans pression, pour faire un bon match de rugby. On a de la chance de pouvoir faire ça en ce moment, il y a beaucoup d’activités qui sont arrêtées comme les restaurateurs. Il y a beaucoup de personnes qui aimeraient pouvoir travailler, aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir faire notre passion et en vivre dès ce week-end donc, on se doit de venir pour faire un match de rugby et pour, je pense, prendre du plaisir avant tout. 

 

Tu nous parlais de toute l’Ardèche qui soutient le RCAV. Un des crève-cœurs que tu dois avoir, c’est que le lien avec le public soit un peu rompu et que ce bouillant public de Dugradus ne puisse pas venir vous soutenir ? 

 

Oui, je pense que c’est un préjudice pour tous les clubs mais encore plus pour nous. La petite cuvette de Dugradus, le  » petit volcan  » comme on l’appelle ici, c’est quelque chose et quelque chose qui donne un peu de baume au cœur. C’est vrai que, de ne pas les avoir au stade, ça nous pénalise un peu. Je prends souvent l’exemple des clubs de foot, des clubs comme Lorient ne sont peut-être pas pénalisés par le huis-clos mais l’OM ou Saint-Etienne sont des clubs qui sont plus pénalisés quand ils jouent à domicile. 

 

Et puis parfois, à 16-16 à la 79e minute, quand il y a un public qui pousse comme ça, ça permet de soulever des montagnes et d’aller franchir la ligne ? 

 

Il faut être franc : ça fait soulever des montagnes, ça fait franchir la ligne, ça fait aussi parfois varier les arbitres. Il faut dire la vérité, c’est un tout et même, je trouve que jouer dans un stade plein est toujours plus agréable que devant un stade vide. Même aujourd’hui, de jouer au Stadium dans un stade vide, c’est triste quand tu vois comment le stade a eu été et comme il peut parfois l’être quand il y a de bonnes affiches. Ça ne fait jamais plaisir de jouer devant un stade vide. Maintenant, on a quand même la chance de pouvoir faire notre passion et de rejouer, c’est déjà bien, on ne va pas se plaindre non plus. 

 

On se rappelle aussi que la dernière confrontation Albi / Aubenas et Aubenas / Albi était en Fédérale 1 Elite. Il y avait eu un peu un imbroglio sur une histoire juridique et réglementaire. Est-ce qu’on en reparle un peu ? Cela fait quand même partie du folklore du rugby fédéral ? 

 

Moi, je l’avais vécu, c’était quelque chose d’incroyable parce-que je crois que, pour être totalement franc, Albi avait mérité sa victoire sur le terrain. Il n’y avait pas eu photo ce jour-là à Dugradus, je m’en rappelle. Et pour une histoire un peu étrange, il me semble que c’était Calas qui n’était pas sorti le temps d’un carton, on avait rejoué ce match. Ce match, je m’en rappellerai toute ma vie car c’était une période où ça n’allait pas tellement, il y avait un petit peu de problèmes au club avec les entraîneurs. 

 

Il avait même été rejoué après que le match retour ait eu lieu au Stadium

 

C’est ça. Il avait été rejoué et c’était un 1er Avril, on avait pris une des plus grosses roustes qu’on a pris à Dugradus depuis 9 ans que je suis ici. Ce qui avait été marqué après n’avait pas été tendre, du genre  » est-ce un poisson d’Avril ? « . Pour nous, c’est plutôt un mauvais souvenir d’avoir refait ce match. 

 

Et puis, l’imbroglio qu’il y avait eu lors du premier match avait un peu fait les choux gras et était resté dans les annales de cette saison en Fédérale 1 Elite. Cela faisait partie des  » cocasseries  » ? 

 

C’est clair. Après, nous, les joueurs, on n’y était franchement pour rien, je crois que c’était surtout une histoire de dirigeants qui avaient porté réclamation, à juste titre ou à tort, je ne sais pas et ça ne me regarde pas. Mais du coup, cette année-là, on avait joué trois fois Albi et on avait perdu trois fois (rires). 

 

Toi, en tant que néo-ardéchois et ex-albigeois, tu avais un peu  » le cul entre deux chaises  » ? 

 

Non, franchement. Quand je suis parti d’Albi, j’étais contrat espoir à l’époque, j’avais fait 4 matchs en Pro D2, j’arrivais en fin de contrat et je n’avais pas été conservé. Et puis, j’ai trouvé Aubenas qui m’a accueilli, j’y ai passé de très bonnes années et je terminerai ma carrière ici. J’ai de très bons souvenirs à Albi, j’en garderai de très bons en Ardèche aussi et je n’ai aucune rancœur. Au contraire, c’est un plaisir à chaque fois de revenir à Albi, de revoir certains anciens joueurs même s’il en reste très peu. La dernière fois, lors du match amical, j’ai vu Kevin Boulogne et ça fait longtemps que je ne l’avais pas vu, ce sont des joueurs que ça fait plaisir de revoir. 

 

Vincent Calas aussi ? 

 

Vincent Calas, Kevin Boulogne, Bastien Dedieu avec qui j’ai aussi joué en espoirs, Matthieu André. 

 

La vieille garde

 

Voilà (rires). En 9 ans, le turn-over a quand même été important et il ne reste plus énormément de joueurs que j’ai pu côtoyer à Albi. 

 

On peut dire que tu es véritablement et définitivement un Ardéchois. Et si on a la bonne info, tu es même en train de faire une reconversion dans une entreprise qui tourne autour du club ? 

 

Pas autour du club mais je fais une reconversion. J’ai encore deux ans de contrat, cette année et une année supplémentaire, et j’arrive à un âge, 31 ans, où il faut aborder un sujet qui fâche qui est la reconversion. Je me suis un petit peu lancé dans l’immobilier et je suis rentré au sein d’un groupe, IAD, en tant qu’auto-entrepreneur. J’essaie de faire les deux activités ensemble même si mon activité première aujourd’hui est le rugby parce-que je suis en contrat avec le club. Mais oui, j’essaie d’anticiper la reconversion, il faut y penser un peu parce-que je ne suis plus tout jeune, même si on ne voudrait faire que ça. 

 

Tu fais un peu comme Clément Meynadier, lui aussi un ancien Albigeois. Même s’il est dans un registre professionnel, il tend vers la pluriactivité et il pense déjà à la reconversion ? 

 

Je suis Clément de loin et j’ai vu qu’il faisait ça. Il a toujours été très fort dans le scolaire, il est allé à l’école des Mines et il a vraiment réussi. Il mène deux projets de front et chapeau à lui parce-que moi, ça ne fait pas longtemps que j’ai attaqué, depuis cet été, et ce n’est pas tous les jours facile de faire les deux activités. Mais bon, si je le fais aujourd’hui et que je fais des sacrifices, c’est pour mon bien et pour la suite et pour anticiper un petit peu cet après-carrière, c’est important. 

 

Gurvan Pécheux nous disait que la notion principale pour ce match était tout d’abord de prendre du plaisir et de savourer la chance d’être sur le terrain. Tu corrobores et tu es totalement d’accord avec ton coéquipier ? 

 

Oui, franchement, je pense qu’il a tout résumé. Aujourd’hui, c’est une chance d’être sur le terrain, on ne vient pas à Albi en tant que proie expéditive mais pour prendre du plaisir. On sait les difficultés que l’on rencontrera et ce qui nous attend mais ça reste un match de rugby et sortir de là en prenant du plaisir et en ayant tout donné, ce sera déjà, je pense une réussite pour nous. 

 

On te remercie et on te dit à dimanche pour ce come-back au Stadium Municipal d’Albi pour une belle joute entre les deux équipes

 

J’ai vu des photos et des vidéos, vous avez déblayé la neige ? Parce-que nous, on ne fait pas de ski. 

 

C’est l’hospitalité tarnaise, on s’est mis en mode Ardèche en essayant d’imiter l’hiver ardéchois avec un brin de neige comme vous aimez. Pas trop mais un petit brin au bord de la talanquère

 

Ça va alors, on prendra les après-ski pour la réception

 

Normalement, la neige ne devrait pas retomber donc, logiquement, le terrain sera assez propre et praticable

 

Parfait alors, à dimanche

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Une rencontre à suivre en direct vidéo streaming sur les réseaux sociaux du SCA , en cliquant ci dessous :

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