#Rugby – Nationale / E.Escribano (Blagnac) : «On va enfin pouvoir rejouer!»

En amont de ce match amical entre Blagnac et Albi, entre les Caouecs et les Abeilles jaunes et noires , nous sommes allés faire un tour dans la Haute-Garonne avec Eric Escribano, le coach adjoint de Christophe Deylaud. Pour ce retour sur le pré, lors du match amical de ce jeudi 17 décembre 2020, le technicien haut-garonnais souhaite avant tout faire une large revue d’effectif et faire toucher du doigt à la jeunesse Blagnacaise , l’exigence des joutes de Nationale. Un rencontre à suivre sur les réseaux sociaux des 2 clubs sur les liens suivants :

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J’imagine qu’à quelques heures de refouler la pelouse, tu dois être impatient, un peu comme un gosse avant une veille de réveillon ? Ce n’est pas toi qui vas la retrouver directement mais plutôt tes joueurs par contre, comme pour tous les passionnés, ces joutes devaient manquer ? 
Oui, ça nous manquait. Je crois que nous avons repris un mois, avec encore des protocoles compliqués mais on va enfin retrouver le terrain, des arbitres et le banc adverse. C’est ça qui remet un peu de piment et de plaisir parce-que s’entraîner sans jouer, c’est affreux. 
Nous avons déjà interviewé quelques joueurs du Sporting Club Albigeois et un mot commun revenait à chaque fois : la notion de plaisir avant celle de compétition. Car, il ne faut pas l’oublier, ce sport est aussi un plaisir même si c’est un boulot pour beaucoup d’entre eux ? 
Oui, c’est surtout du plaisir. Je crois qu’en plus, ces premiers matchs vont nous donner cette envie, ces choses que l’on a tous commencées à l’école de rugby, y compris la passion pour ce sport. On va enfin pouvoir rejouer car moi, j’étais inquiet de ne plus pouvoir jouer à ce sport et, à un moment donné, beaucoup de joueurs allaient abandonner parce-que, quand on s’habitue à un certain train-train, on n’a plus envie d’aller batailler sur un terrain de rugby. 

Pendant ce gros mois de coupure, avant que les clubs de Nationale n’aient le droit de refouler les pelouses d’entraînement, comment avez-vous réussi à mettre sous cloche et sous pression ces joueurs qui étaient presque livrés à eux-mêmes ? 
Pierre Verdenal, notre préparation physique, avait donné un programme à chaque joueur avec quatre séances de physique par semaine. Il est sûr qu’il est compliqué pour certains d’aller faire du fractionné sur de la pierre quand on ne peut sortir que sur 1 km mais, par exemple, les joueurs pros sont venus faire de la musculation. On a trouvé des créneaux pour eux, car ils ne sont pas tous professionnels, mais ça a permis de maintenir leurs formes. On va dire que nous avons retrouvé des joueurs à point sur le physique mais ce qui manque le plus, ce sont les chocs. On l’a vu sur les premiers entraînements où les premières blessures sont venues mais c’était logique. 
On imagine aussi qu’une lueur d’espoir est apparue quand la Fédé a annoncé la nouvelle mouture de la Nationale pour essayer de retomber sur ses pattes et de reprendre ce championnat. Pour les joueurs, ça a dû être un véritable soulagement ? 
Oui, ça a été une lueur d’espoir de reprendre ce championnat. Une formule a été choisie, on l’accepte tous, il fallait bien en trouver une. C’est génial de se retrouver, on ne se rencontrera pas tous en aller / retour mais il fallait trouver une solution pour reprendre et surtout, que l’on ait deux équipes qui montent en Pro D2 l’année prochaine. 

Le premier match en compétition est le 9 Janvier pour Blagnac avec la réception de Massy. On rentre de suite dans le vif du sujet car Massy est mal classé tandis que Blagnac se bat pour l’instant pour sortir de la zone rouge et aller un peu plus haut dans le classement. Le fait d’avoir choisi Albi comme adversaire en amical était pour avoir un bon  » étalon  » ? 
Albi, ce sont déjà des amis donc, nous nous sommes tournés vers eux les premiers rapidement. De plus, ils étaient les plus près et on se méfiait aussi du confinement d’où notre volonté de rester dans notre proche département. De plus, Albi est quand même l’ogre de la poule, je crois qu’ils ont deux matchs de retard et c’est ce qui les met en difficulté et ils n’ont reçu qu’une fois. Pour moi, ils font partie des prétendants pour la montée en Pro D2 et des favoris donc, ça va nous mettre de suite dans le vif du sujet pour bien préparer Massy et Bourg-en-Bresse qui seront nos deux premières réceptions de Janvier et l’occasion pour nous, comme tu le disais, de sortir de la zone rouge. 
Cette réception de Massy risque-t-elle d’être le match qui va être le plus pointé par Blagnac par rapport au match contre Bourg-en-Bresse ou bien les deux sont aussi importants l’un que l’autre ? 
Nous avons dit à nos joueurs qu’à ce jour, nous sommes derniers et que la marche est haute mais que nous allons tout donner et prendre du plaisir, jouer tous les coups à fond sans se poser de question. On comptera les points à la mi-Mai à la fin du championnat pour voir si nous sommes sortis de cette zone rouge et nous allons nous battre jusqu’au bout. Donc, nous allons les prendre un par un et nous bataillerons à chaque match avec chaque équipe pour aller chercher un maximum de points partout, défensifs ou autres. Nous allons batailler sans rien lâcher. 
Côté blagnacais, vous avez quasiment une mission car vous êtes le seul club presque entièrement pluriactif. Il y a aussi l’honneur de défendre ce rugby pluriactif, à l’origine de ce sport car, à l’époque, tout le monde était pluriactif. Aujourd’hui, en 3e division soit en Nationale, ça devient à la marge donc, on va dire qu’il y a un côté un peu sociologique et identitaire de l’ancien rugby à défendre chez les Blagnacais ? 
Oui, nous avons ce côté identitaire à défendre avec, je dirai, les valeurs qui sont celles de Benoit Trey et de Christophe Deylaud et qui ont voulu construire ce projet comme ça. Moi, je crois que l’on s’occupe surtout de la reconversion de nos joueurs et je crois que, malheureusement il ne faut pas se mentir, les joueurs en Nationale ne gagnent pas non plus des cent et des mille mais que c’est plus proche du SMIG. Donc, on veut réussir la reconversion derrière et leur proposer autre chose et moi, je crois en ce système. Il faudrait que l’on s’améliore pour permettre aux joueurs de vivre des choses mais je pense surtout que les clubs professionnels devraient nous faire confiance et nous prêter des joueurs au maximum et qu’il y ait plus de passerelles pour tous ces jeunes espoirs qui viendraient se faire les dents dans ce championnat qui est très dur et qui les préparerait autant au Top 14 et à la Pro D2. Je crois que les gamins de 18 / 19 ans devraient venir jouer dans ce championnat National pour grandir plus vite, comme on le voit avec un garçon comme Moefana qui a joué en équipe de France à 20 ans. C’est un cas mais je crois que beaucoup de jeunes feraient mieux de passer en Nationale. 
Et puis, pour vous à Blagnac, la fierté est aussi que tous ces jeunes issus de la formation blagnacaise commencent à tâter un peu de la Nationale et de se frotter à ce rugby pro. C’est également une belle reconnaissance de tout le travail qui a été fait en amont, ce travail un peu  » de l’ombre  » ? 
C’est ça. Je crois que Christophe a pris ce projet il y 5 ans, il a travaillé sur la structure de l’équipe une mais il travaille surtout de l’école de rugby jusqu’à l’équipe première. Il fait un travail de fou, il s’investit à 10 000% comme on le connaît tous. Les premiers sont en train d’arriver, je pense à Matthieu Bonnet, à Ugo Seunes, au petit Baptiste Rougé-Thomas qui nous a rejoint il y a deux ans et qui est là aussi. Il y a plein de jeunes qui vont apparaître jeudi soirpuisque nous allons lancer beaucoup de jeunes pour leur montrer aussi tout le travail qu’ils ont encore à faire. Mais qui sait, ils vont peut-être faire une belle surprise pour la fin de championnat. 
La belle surprise pour la fin de championnat que l’on souhaite à nos amis Blagnacais, c’est qu’il y ait l’année prochaine une seconde saison en Nationale. Quels vont être les caps à passer pour s’inscrire durablement dans cette compétition entre Fédérale 1 et Pro D2 ? 
Je crois que l’on sait où l’on doit aller. On a un centre de formation qui est en train de se structurer, nous allons répondre aux critères du National et ça, c’est important. Avec Pierre Verdenal qui travaille sur ça ainsi que Christophe et Romain Fuertes l’entraîneur, nous sommes en train de réfléchir à une nouvelle mouture pour s’entraîner un peu plus, peut-être en journée si on arrive à trouver des accords avec les patrons et les joueurs. Si on fait ça, il faudra des compensations, que les sponsors nous suivent et que ce championnat national soit largement télévisé par une chaîne qui nous permette d’avoir des retombées financières et d’attirer un peu plus de monde. Je crois que le projet de Blagnac est de s’inscrire et de garder cette pluriactivité mais en faisant un peu plus de rugby, on s’en est vite rendu compte cette année. 
Concernant la diffusion, il y a deux écoles : en clair mais ça rapporte souvent moins d’argent ou en crypté mais avec plus d’argent. Qu’est-ce que vous préféreriez à Blagnac ? 
Moi, je suis plus pour la diffusion en clair parce qu’il y a de la visibilité, des gens qui ne connaissent pas et on pourrait aussi toucher plus facilement nos sponsors sur les vues. C’est vrai qu’il y a peut-être parfois moins d’audience mais, l’année dernière, L’Equipe faisait aussi de très belles audiences avec des matchs de Fédérale 1 donc, je me dis que c’est plus facile en clair surtout en cette période de Covid où ça va être difficile au niveau de l’argent. Moi, je suis plus le clair, un maximum de vues et c’est ça qui serait génial. 
La Nationale et la Fédérale sont des championnats à la portée de tous. Il serait bien aussi que ce soit accessible au grand public ? 
Exactement, je crois que c’est de là dont sortiront les futurs joueurs de l’équipe de France. Ils passent tous par ces clubs, ils montent doucement de la 4e série, on fait tous des étages comme cela. Donc, c’est pour ça qu’il faut que l’on soit vu par tout le monde, c’est la Fédération et nous, monde amateur, nous représentons la Fédération Française. 
Sans trahir les secrets du vestiaires, quels seront les mots d’ordre pour ce match amical ? 
Il est clair et je crois que l’on insiste dessus depuis le début : du plaisir, du jeu, se faire plaisir, ne rien lâcher. Maintenant, nous allons tout donner sur un terrain de rugby, nous l’avons décidé entre nous et je crois que, jusqu’au 17 Mai, nous allons jouer tous les matchs à fond. On grattera tout ce que l’on peut avec un seul objectif : se maintenir. 
On a entendu dans les oreillettes qu’un certain Régis Sonnes était devenu manager d’Agen. On peut envisager dans le futur des passerelles entre Blagnac et Agen ? 
Je ne sais pas, je crois que c’est possible avec des joueurs. C’est ce que je disais tout à l’heure, peut-être que des joueurs pourraient être prêtés chez nous. Christophe est toujours en relation proche avec Régis qui a vu comment nos cadets évoluaient, il a apporté sa pierre à l’édifice. Donc, pourquoi pas quelque chose l’année prochaine avec des clubs de Top 14 avec Agen ? 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-decembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Eric Escribano lors de l’émission « Le #MagSport » du 16 décembre 2020

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