#Rugby – Espoirs / T.Vidal (Albi) : Le petit prodige bigourdan.

Nous sommes allés à la rencontre de l’une des nouvelles têtes du Sporting Club Albigeois, arrivée à l’intersaison en provenance de la Bigorre, Théo Vidal. Pour cet enfant de la vallée d’Aure, quitter ses Pyrénées natales fut une décision dure à prendre. Mais aujourd’hui l’ex arrière/ouvreur du Stade Bagnerais, s’épanouit sous les couleurs du Sporting Club Albigeois. A l’aube de la réception d’Oyonnax dans le cadre de la poule Elite d’accession, focus sur le petit prodige d’Ancizan.


Tu es un pur produit de la formation bigourdane et haut-pyrénéenne. Peux-tu nous parler de ton parcours rugbystique ?  Tu es très, très jeune, un des espoirs du Sporting Club Albigeois mais tu as été bercé dans ce rugby pyrénéen qui a tant de vertus et de valeurs
J’ai commencé le rugby à l’âge de 7 ou 8 ans au club de Saint-Lary-Soulan, dans les Hautes-Pyrénées. A 15 ans, après les minimes, je suis parti deux ans à Tarbes où j’ai fait une année de cadet et une année de junior en tutorat avec Lannemezan et, pour finir, au Stade Bagnérais en junior 2e année jusqu’à senior l’année dernière. 

 Il y a quand même un petit paradoxe : tu es le fils d’un illustre capitaine du CA Lannemezan mais tu es arrivé à Bagnères-de-Bigorre. Ça a du couiné un petit peu au début dans les repas de famille ? 
Oui, il est sûr qu’au début, ça a coincé un peu dans les repas de famille (rires). Je savais que le club du Stade Bagnérais était un club avec beaucoup de valeurs et je me suis très vite identifié à ce club. Je ne regrette bien sûr pas mon choix même si mon père aurait peut-être préféré que je signe au CA Lannemezan mais ça c’est fait comme ça et c’est le sens de la vie (rires). 

Depuis que tu es arrivé au Sporting Club Albigeois, et dès que l’on a quelqu’un du Stade Bagnérais dans le Mag Sport, que ce soit Olivier Pujo ou le président Padroni, tu es un peu devenu la fierté du club en t’exportant chez les professionnels du SCA. J’imagine que ce soutien ainsi que le fait que tes anciens coéquipiers te suivent avec assiduité doivent te donner une force supplémentaire ? 
Bien sûr ! J’ai écouté ces interviews, ça fait toujours plaisir et on se sent soutenu. Mais, même quand Romain m’avait appelé au mois de Décembre pour que je vienne peut-être au Sporting, j’avais évidemment demandé des conseils aux entraîneurs, au président Patrice, à Olivier Pujo. Ils ont été les premiers à me dire de tenter ma chance et de découvrir ce monde professionnel que je ne connaissais pas. Donc, je me suis senti de suite soutenu et c’est dans leur élan que je suis arrivé au Sporting. 
Tu nous parles de Romain Lalliard qui est le patron du Centre de Formation du Sporting Club Albigeois et qui a été l’une des parties prenantes pour te faire venir. Mais, si j’ai de bonnes informations, il y a aussi un illustre ancien entraîneur du SCA, Henry Bethuing, qui y a aussi participé ? 
Oui, Romain m’avait appelé vers Noël ou début Janvier et Henry, qui est mon voisin en Bigorre mais aussi professeur de sport et ancien joueur du Sporting Club Albigeois, a facilité les choses pour me faire venir parce-que, pour me faire sortir de la Vallée, c’était compliqué (rires). J’ai fait le pas et je les remercie tous les deux. 
Comment se sont passés ces premiers pas dans cette grosse structure professionnelle qu’est le Sporting Club Albigeois ? Est-ce que, pour toi, il y a eu un vrai fossé à sauter ou est-ce que ça s’est fait tout naturellement ? 
Au début, ça a été un peu compliqué. Je ne connaissais pas du tout le monde professionnel, je ne savais même pas ce qu’était un centre de formation. Je suis donc arrivé là assez prêt parce-que, pendant le confinement, j’avais essayé de plaquer quelques brebis pour me tenir en forme (rires). Les deux / trois premiers mois ont bien sûr été compliqués au niveau de l’intensité des entraînements, je n’étais pas habitué tous les jours. Mais maintenant, j’ai commencé à prendre mes repères et ça commence à rouler. 
Le fait de s’entraîner aussi avec l’équipe première doit aussi être quand même une fierté pour toi ? 
Oui, bien sûr. C’est là que je sens vraiment que je progresse, on joue avec des mecs à côté qui, quand on les regarde, on a l’impression que le rugby est facile. Il est certain que s’entraîner avec eux est vraiment un plus et j’en suis très content. 
On va aussi parler de ton profil de joueur, tu es arrière mais également un très bon buteur. Toujours si j’ai de bons échos, tu passes des paires d’heures après l’entraînement à botter, botter et re-botter ? 
Oui, c’est quelque chose qui me plaît. Je n’y vais parce qu’il faut s’entraîner et qu’il faut que je bute le week-end, j’y vais vraiment parce-que j’aime ça. Avec Titouan Pouzoulic, on y va souvent avant ou après les entraînements, lui aussi aime ça et pour ça, on s’est bien trouvé et c’est assez cool. 
On va parler de cette saison en espoir, en espérant que tu tâtes bientôt une feuille de match en équipe première, ce qui serait mérité pour toi. Lors des derniers matchs, il y a eu une belle victoire que vous êtes allés arracher à Bourg-en-Bresse et qui a empli de joie tous les supporters jaunes et noirs mais par contre, il y a eu un trou d’air face à Narbonne. Tu peux nous expliquer ce qu’il s’est passé ? 
On a eu une petite revue d’effectif mais ce n’est pas franchement pas une excuse, Je trouve qu’on s’est un peu trompé dans l’état d’esprit. A la fin de première mi-temps, on est à 10 points d’eux mais on a complètement lâché en deuxième mais ça va nous faire apprendre. On apprend dans la défaite et je pense que, pour aujourd’hui, ça ne peut être que du bonus d’avoir peut-être lâché le match la semaine dernière pour se concentrer sur ce week-end et avoir vraiment ce match derrière la tête. Parce-que ce n’est pas normal de prendre 62 points, on ne peut pas accepter ça et on ne l’a pas accepté. Nous avons ce match derrière la tête et même si c’était une jolie équipe de Narbonne, on n’a pas à lâcher comme ça. Ne vous inquiétez pas qu’on va se rattraper ce week-end dans l’état d’esprit. 
En plus, ce sera en direct sur notre page Facebook et sur celle de l’Asso donc, il faudra montrer haut et fort les couleurs du Sporting Club Albigeois. En plus, il va y avoir du lourd et de l’épais en face avec Oyonnax qui est quand même une belle écurie ? 
Je pense qu’Oyonnax finira dans les deux premiers de la poule. C’est une grosse équipe autant devant que derrière, c’est gaillard, c’est grand, ça joue beaucoup. Mais, si on joue avec des valeurs, si on joue dans l’état d’esprit et que l’on est vaillant, je pense que ça peut le faire. On est chez nous, il ne faut pas qu’ils viennent nous marcher dessus et on va tout faire pour que ça ne se produise pas. 

Le ton est donné pour ce match et tu nous mets déjà en appétit mais on va aborder un sujet un peu plus décalé. On sait qu’il y a une tradition en Bigorre avec des 3es mi-temps assez typiques, même si la 3e mi-temps est propre au rugby en général. As-tu un petit peu importé les 3es mi-temps bigourdanes en terre albigeoise ? 
On en a fait quelques-unes pour l’intégration, ce n’était pas mal (rires). On en a fait une il n’y a pas longtemps et franchement, c’est quelque chose que je ne pensais pas retrouver dans un monde comme ça. Je m’étais fait une image du monde professionnel qui n’était pas du tout la bonne et au final, je suis super heureux ici. On fait la fête, on fait des conneries, c’est marrant, on rigole bien et c’est vrai que ce n’est pas mal aussi pour l’intégration. 
Et tu as une chansonnette typique de la vallée de Bagnères ? 
Bien sûr, une chanson typique de la Vallée d’Aure. Pour la journée d’intégration, on devait tous chanter une chanson, j’ai choisi celle-là, une chanson qui retrace d’où je viens et j’étais très fier de l’expatrier ici comme on dit (rires). 
Tu n’oublies pas ton ADN ni d’où tu viens et c’est très, très bien. Et on voit que tu as côté la grande famille du rugby pyrénéen pour en trouver une nouvelle, celle du rugby jaune et noir. Tu es même totalement en osmose ? 
Oui, j’ai quitté le Stade Bagnérais où j’étais vraiment très, très bien. Je ne voulais vraiment pas partir de là-bas, c’est un club de famille, bien encadré, où les joueurs portent le maillot et jouent pour lui. J’étais très fier là-bas, j’ai voulu sauter le pas et au final, je suis très content de l’avoir fait, surtout à Albi. Je trouve que c’est aussi un club qui a gardé quelques valeurs du fait de son histoire donc, franchement non, je ne regrette rien et je suis très heureux d’être ici. 

Propos recueillis par Loïc Colombié
https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-4-decembre-2020/

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