#Rugby – Nationale / M.Ringeval (Chambéry): «Quand on vous donne 2 000€ pour un match, ça paraît dérisoire!»

Michel Ringeval, alias « Migraine » , nous a accordé un entretien lors de notre débat sur la médiatisation de la nationale, pour nous éclairer de ses sentiments sur le sujet. Pour celui qui est actuellement le conseiller du président du SO Chambéry, le déficit de visibilité de cette compétition et le manque de droits télévisuels sont néfastes au développement de ce championnat passerelle avec la Pro D2. Entretien avec une légende du rugby qui pose son regard sur l’avenir de cette compétition naissante.
Michel, de votre expérience, une poule unique comme c’est le cas en Nationale, c’est le top pour attirer les télés et mettre en avant ce produit qu’est cette division ? 
M.Ringeval (Chambéry) : C’est un peu la même position que nous avons défendu à l’occasion de la réunion que nous avons eue récemment pour les mêmes raisons évoquées par François Parry (Dijon), à savoir la lisibilité et le maintien d’un championnat qui avait commencé dans cette configuration-là dès le mois de Septembre. Pour nous, la poule unique était la meilleure solution pour préparer les deux équipes qui, éventuellement, monteront en Pro D2. Je pense qu’il était indispensable de créer un championnat intermédiaire entre la Fédérale 1 et la Pro D2 et cette poule unique, sur le format dans lequel elle avait débuté, avait selon moi un intérêt. 
Michel, est-ce qu’à Chambéry, vous n’avez pas été vous aussi déçus de ne pas avoir eu le droit d’être télévisés dans cette première phase car il y avait de beaux matchs ? Je pense à un Chambéry / Bourgoin qui a été très, très serré, ça aurait mérité un bel éclairage ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Oui, effectivement et, bien évidemment, je pense que le fait qu’il n’y ait pas de match télévisé est un handicap pour tout le monde, c’est indéniable. Moi, personnellement, j’aborderai le problème de la façon suivante : il faut se rappeler que la poule unique Nationale a été mise en place à l’issue du premier confinement, et qu’à mon avis, pour tout le monde, ça a été une grosse bouffée d’oxygène parce qu’il y a eu quelque chose à proposer et à présenter à nos partenaires alors que l’on ne savait pas du tout dans quelle situation on s’embarquait. Je crois que l’inquiétude de tous les clubs était là donc, la mise en place de cette poule a été quelque chose de très positif. Après, bien évidemment, le fait qu’il n’y ait aucun match diffusé est un handicap mais vous nous avez annoncé une bonne nouvelle et on va plutôt s’appuyer sur l’avenir que sur le passé. 
Michel, quand vous étiez entraîneur à Clermont ou à Grenoble, vous avez vu la puissance médiatique arriver et commencer à diffuser grandement le rugby. Vous connaissez un peu les tenants et les aboutissants qu’il y a eus à l’époque quand il y a eu la professionnalisation du rugby. Est-ce que vous pensez que les droits TV actuels en Nationale sont assez conséquents ou bien, pour vous, est-ce que c’est un brin de paille ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Non, bien évidemment, je ne pense pas qu’ils soient suffisants, comme tout le monde (rires). C’est vrai que, quand on vous explique qu’on vous donne 2 000€ pour un match, ça paraît dérisoire. Même si pour nous, à Chambéry, c’est très difficile de faire une estimation sur ce que nous permet de gagner ou de perdre un match télévisé car, à ma souvenance, je crois que nous n’avons jamais été télévisés à Chambéry. Je crois que tous les matchs où nous avons été retransmis étaient des matchs joués à l’extérieur pour, sûrement, des raisons de stade ou d’éclairage ou je ne sais quelle autre raison mais nous n’avons jamais été télévisés lorsque nous avons joué à Chambéry. Je trouve qu’il y a aussi une chose importante et c’est le créneau horaire auquel on télévise ces matchs parce-que ceux où nous avons été télévisés étaient ceux qui se jouaient le vendredi soir, à 20h45, en plein hiver. Il nous est arrivé d’être télévisés à Tarbes ou à Nice où ça allait encore mais je pense que ce n’est pas le meilleur créneau pour ne pas priver le stade de certains spectateurs. Il est évident que, quand vous avez un match en plein hiver à 20h45 chez vous, dans votre fauteuil bien au chaud, vous préférez le regarder là que d’aller au stade où il fait froid. 
Huit matchs qui seraient potentiellement diffusés, c’est une bonne nouvelle et l’auto-diffusion par les clubs ou par la Fédé, c’est aussi un nouveau défi ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Effectivement mais, ce qui est quand même un petit peu inquiétant, c’est que vous nous avez dit que cette nouvelle allait être annoncée par L’Équipe alors que la Fédé n’était pas au courant. Donc, je ne sais pas quelles ont été les sources négociées entre la Fédé et la télé donc, c’est peut-être un peu inquiétant (rires). Pour Chambéry, vu que nous jouons cette année dans un stade qui est un peu provisoire, j’espère que la configuration du stade nous permettra quand même d’avoir des matchs télévisés chez nous et de pouvoir en profiter. 
Vous avez commencé à anticiper l’auto-diffusion de matchs, à réfléchir à comment faire ? Parce qu’à la base, un club de rugby n’est pas une société de production donc, il va falloir un peu se réinventer ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Oui, certainement. Moi, j’avoue que je n’ai pas réfléchi à ça parce-que c’est une nouvelle que vous nous apprenez aujourd’hui. Sûrement qu’au club, des gens se sont penchés sur ce problème et qu’ils auront quelque chose à proposer, je le suppose. 
On avait entendu des clubs dire que L’Équipe TV pourrait peut-être diffuser les matchs le dimanche à 18 heures parce-que, pour l’instant, il n’y avait pas grand-chose en face. C’est un créneau qui plairait à Chambéry ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Je pense que la problématique des clubs est un peu différente suivant les régions dans lesquelles nous nous trouvons. Il est évident que dans notre région, l’hiver, le soir n’est pas le meilleur créneau. A mon avis, il faut déjà oublier le vendredi soir parce qu’avec un match de Top 14 en concurrence, ça ne serait pas judicieux. Jouer le dimanche soir, comme je le disais, il ne fait souvent pas très bon et ça n’est pas très agréable au stade. Donc, pourquoi pas le dimanche à 15 heures ? Ce serait peut-être le meilleur créneau par rapport à la concurrence ou alors, si on peut, c’est le samedi soir qui me paraît le plus judicieux pour les raisons qui ont été évoquées tout à l’heure. On peut faire des repas d’après-match, on peut faire des animations, la soirée peut se prolonger donc, le samedi soir ne serait pas un mauvais créneau. 
A Chambéry, qu’est-ce qu’on espère toucher dans l’avenir comme obole ? 
M.Ringeval (Chambéry) : J’ai la même réponse que Jean-Henri, il est très difficile pour nous de pouvoir annoncer quelque chose aujourd’hui. Il faut vraiment que les gens se mettent autour d’une table, il faut faire une analyse entre eux de ce qui peut être attribué à la Nationale. Je pense que c’est un problème qui touche nos présidents et nos trésoriers, ça ne sert à rien d’aller annoncer des chiffres comme ça qui ne ressembleraient à pas grand-chose. Combien touche aujourd’hui un club de Pro D2 ? 

1,7 millions en moyenne , mais tous les matchs sont diffusés.

M.Ringeval (Chambéry) : Sachant que maintenant, tous les matchs sont télévisés ce qui ne sera pas le cas en poule Nationale. 
A moins qu’ils fassent des multiplex
M.Ringeval (Chambéry) : Oui mais là, sur 8 matchs qui vont être télévisés entre Janvier et Mai et, comme vous l’avez dit tout à l’heure, il va finalement y avoir des matchs de phases finales. Je pense que la demi-finale et la finale seront sûrement télévisées donc, il en reste 5 en 5 mois. Si vous faîtes le compte, ça ne fait pas grand-chose. 
J’imagine qu’on est sur le même credo à Chambéry que Bourgoin et JH Tubert sur le naming ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Oui, c’est pareil, il est évident que l’on est pour tout ce qui peut améliorer les budgets (rires). Maintenant, il est sûr que c’est quand même assez complexe. 
Comment imaginez-vous cette Nationale dans le futur ? Peut-être avec un peu moins ou un peu plus de clubs, à 12, à 16, à 14 ? 
M.Ringeval (Chambéry) : Non, je pense que la véritable question n’est pas tellement là. Je pense que la Nationale va trouver sa place sur le plan sportif dans les quelques années qui viennent mais, à mon avis, ce qu’il faut trouver, c’est avec quels statuts. Est-ce que c’est une division qui va rester amateur ? Est-ce que c’est une division qui va devenir semi-professionnelle ou professionnelle ? Moi, je suis un peu inquiet quand je vois qu’à l’heure actuelle il y a beaucoup de joueurs qui se disent professionnels parce qu’on leur impose de suivre un rythme de joueurs professionnels. Avec les salaires qu’ils touchent, il ne faut pas rêver, nous ne sommes pas professionnels. Donc, je pense qu’une division semi-professionnelle avec des accompagnements universitaires, des joueurs qui travaillent à côté serait plus judicieuse que de viser ou de faire penser à ces joueurs qui jouent dans cette division qu’ils sont des professionnels du rugby. Je pense que l’on va au-devant de beaucoup de désillusions. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-20-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat sur la médiatisation de la nationale, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 20 novembre 2020

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