#Rugby – Fed1 / B.Bagate (Trelissac) : «On nage un peu à vue!»

Retrouvez l’intégralité de l’intervention du manager du SAT Trelissac, Benjamin Bagate, lors de notre débat sur « L’avenir et les statuts de la fédérale1« .
Pour la Fédérale 1, c’est un nouveau coup d’arrêt avec ce second confinement, comme pour l’ensemble des sports collectifs, amateurs ou semi-amateurs, vous êtes en congés forcés. A Trélissac, comment vivez-vous ce nouveau confinement, ce contexte où la Fédérale 1 ne sait pas encore comment elle va évoluer ni comment elle va réussir à survivre à cette crise sanitaire ? 
BB (Trélissac) : Je pense qu’on le vit un peu comme tout le monde c’est à dire que nous sommes plutôt subissants de cette crise sanitaire donc, on essaie de s’adapter du mieux que l’on peut. Mais il est clair et évident que ça pose des problèmes au niveau de la condition physique des joueurs, de leur santé, de l’accomplissement physique. On nage un peu à vue, je ne vais pas commenter une enquête en disant qu’il y a des gens un peu déprimés mais c’est vrai qu’on se pose pas mal de questions et c’est ça qui est un peu pénible. C’est surtout de ne pas savoir où on va, de ne pas avoir de but, de ne pas savoir quand on va pouvoir recommencer à jouer. Ce sont plus les incertitudes qui sont pesantes que véritablement ce confinement, en tous cas pour moi. 

Le fait que cette Fédérale 1 soit entre deux eaux, les eaux amateurs et les eaux professionnelles, est peut-être à l’origine de la problématique qu’il y a actuellement ? 
BB (Trélissac) : Je ne pense pas que ça vienne de là . Ce qui apporte un peu plus de trouble à la Fédérale 1 comme au rugby en général, c’est que nous n’avons pas de visibilité, que les annonces depuis le début de ce confinement sont un jour blanches et noires le lendemain. On ne sait pas où on va et ce qui est malheureux aujourd’hui, c’est que nos écoles de rugby et nos gamins ne sont plus sur les terrains donc, il y a aussi un parallèle à faire avec l’école pour avoir la chance d’avoir des enfants qui vont en école primaire ou au collège. Il y a quand même des mesures où même moi, je ne sais pas quoi répondre à mes enfants. Quand ma fille de 8 ans m’explique qu’elle est à l’école, qu’il y a une distanciation sociale qui est faite dans la cour de récréation mais pas dans le bus qu’elle prend tous les matins, quand mon second, qui a 12 ans, me dit  » papa, je ne comprends pas, quand on va à la piscine, il faut que l’on passe les mains au gel hydro-alcoolique avant de plonger dans la piscine  » et à côté de ça, on nous empêche de faire un sport de plein air. Nous, comme la Fédé, sommes subissants du gouvernement et le gouvernement, on ne peut que constater que, depuis le début de la crise, il tâtonne et, je l’ai déjà dit sur ton antenne, quand on ne sait pas et qu’on tâtonne, il vaut mieux fermer sa gueule. Il y a trop de gens qui parlent et on dit tout et son contraire donc, qu’est-ce qu’il se passe après ? On n’a plus confiance. Aujourd’hui, on est en attente de quoi, qu’est-ce qu’on va nous pondre ? Il paraît que les gamins vont reprendre le rugby le 15 Décembremais comment ? (Itw réalisé avant les dernières annonces).
Trois jours avant les vacances scolaires
BB (Trélissac) : Voilà et après, on va nous dire on ne peut pas. C’est pareil, on doit reprendre le 20 Janvier mais, si c’est le cas, il faut que l’on reprenne l’entraînement le 1er Décembre. Il n’y en a aucun qui va me laisser croire que l’on va reprendre l’entraînement collectif le 1er Décembre, c’est impossible. Ce n’est même pas un coup de gueule, on subit mais ce qui est malheureux, c’est que l’on va perdre des licenciés, que le rugby est un sport convivial et famille et on est en train de laisser tomber tout cela. Et en plus, ce sont des annonces qui ne sont jamais cohérentes donc c’est ça qui est pénible. 

Dans le même registre, nous allons parler du statut des joueurs. Comment est-ce que tu imagines le joueur de Fédérale 1 dans l’avenir et quel statut mériterait-il ? 
BB (Trélissac) : Je crois qu’aujourd’hui, le modèle économique est complètement chamboulé avec cette crise sanitaire et je crois que parler de professionnalisme dans cette division, c’est complètement se leurrer. Je crois que ce statut semi-amateur ou semi-professionnel va très bien avec des contrats pluriactifs. Après, à définir en fonction des budgets des clubs de ce qu’on peut donner aux joueurs mais aujourd’hui, je crois qu’il faut revenir à ce qui a fait l’essence même de notre sport, ce qui permettait à un moment donné autrefois de te proposer en échange de venir jouer dans un club un travail. On se rend compte aujourd’hui qu’un travail dans une municipalité, un travail de fonctionnaire, un travail chez EDF, ça vaut de l’or donc, je pense effectivement que ce serait l’une des solutions, et non pas LA solution, pour revenir à des choses un peu plus claires. Pour moi, des contrats pluriactifs restent un modèle économique qui me parait adapté pour cette division. Pour revenir sur la Nationale, car on a l’impression qu’elle vient juste d’être créée et j’aimerai rappeler qu’il y a trois ans, j’étais à Chambéry et on jouait dans ce qu’on appelait la Poule Elite, qui a été abandonnée. Elle a été abandonnée aussi parce-que des clubs ont eu des problèmes de budgets et on en revient malheureusement toujours à la même chose. Cette Nationale n’est pas une nouveauté, elle a déjà existé et je pense que la Fédération est en train de mettre le holà là-dessus, il faut aider ces clubs car je suis certain que la crise va le réguler. Quand on parle de contrats professionnels, il faut aussi voir les droits TV pour cette Nationale qui peuvent aider les clubs mais pour nous, en Fédérale 1, le modèle économique qui me paraît viable pour moi, c’est la pluriactivité. 

Beaucoup de clubs demandent beaucoup de choses à la Fédération Française de Rugby mais, au-dessus de la FFR, il y a un Ministère des Sports. Qu’est-ce que vous, les clubs, vous attendez du Ministère des Sports car il y a là-aussi une certaine cacophonie ? 
BB (Trélissac) : Ca revient à ce que je disais tout à l’heure, le problème est qu’il n’y a aucune cohérence depuis le début de cette crise sanitaire donc, ce que l’on demande encore un fois, c’est de la cohérence. Je ne vais pas reprendre l’exemple de mes enfants mais vous en connaissez tous autour de vous, vous avez des choses qui se passent et qui ne sont pas logiques. Là, on parle de sport mais on ne va pas revenir sur les restaurants, sur les bars et sur tout ça mais, même dans le sport, il n’y a rien de cohérent donc, à partir de là, ce que l’on attend, c’est de la cohérence à la ligne et que les décisions qui soient prises soient cohérentes. On ne va pas non plus revenir sur les cas asymptomatiques, j’en discutais avec l’un de mes amis qui est responsable du Sept à la Fédération Française de Rugby. 
Christophe Reigt ? 
BB (Trélissac) : Oui. Il y a des asymptomatiques, il y a des cas qui ont empêché des gens de jouer alors qu’ils n’étaient pas contagieux. Aujourd’hui, on envoie des gens dans l’espace, on va bientôt les envoyer dans la lune et on n’est pas capable de réguler ça. A un moment donné, il faut quand même être cohérent, il y a trop de choses qui sont incohérentes et donc, ce que l’on attend du Ministère des Sports, c’est de la cohérence de façon à ce qu’ensuite, la Fédération Française puisse appliquer des règles. Actuellement, il n’y a pas de cohérence, on peut parler de tout, on peut faire des réunions à 25 pour se parler de tout ce qu’on veut, tant que ça ne sera pas clair en haut de l’Etat et de la pyramide, ça ne sera pas clair, ça dégringolera. C’est comme ça que je vois les choses. 

Est-ce qu’il n’y a pas une grande frousse de la part de tous les clubs de Fédérale 1 et de Trélissac comme tous les autres que ce championnat de Fédérale 1 ne reprenne pas, comme la saison dernière ? 
BB (Trélissac) : Forcément, on est dans l’incertitude la plus totale donc ne pas reprendre est une hypothèse qui peut être vraie. Après, reprendre et être à nouveau arrêté aussi, ne pas reprendre le championnat aussi, saison blanche aussi. Je crois aussi qu’il faut fixer un cap, être cohérent dans les propositions, ne pas faire du politiquement correct, toutes ces choses-là qui font qu’aujourd’hui, on nage dans l’incertitude et je le disais tout à l’heure, ça ne m’étonne pas qu’il y ait des gens qui fassent des dépressions, c’est très compliqué. On parlait des recettes mais il y a aussi les repas d’avant-matchs qui faisaient la convivialité, il y a tout ça qui rapportait des recettes aux clubs. Pour faire court, oui, nous sommes dans l’incertitude la plus totale et les seuls qui peuvent nous rassurer, ce sont les gens du Gouvernement mais, depuis le début, ils ne sont pas très rassurants. Qu’est-ce qu’on doit faire, qu’est-ce qu’on doit dire ? Rien d’autre sinon subir comme je l’ai dit au début et dans la vie, il n’y a rien de pire que de subir, malheureusement, nous sommes subissants. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-20-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat « Quel avenir et quels statuts pour la Fed1 » lors de l’émission « Le #MagSport du 20 novembre 2020 ».

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