#Rugby – Espoirs / G.Vedel (Albi) : «On pourrait tous se tuer pour le mec qui est à côté!»

Durant ce re-confinement du rugby fédéral, seules les catégories espoirs reichel Élite I et II peuvent encore jouer, l’occasion pour notre rédaction de faire une série de portraits sur la jeunesse triomphante jaune et noire. La relève du Sporting Club Albigeois passe indéniablement par Guillaume Vedel, enfant du crû, arrivé au rugby à XV comme une évidence après un bref passage à XIII. Pour ce talonneur, qui a réalisé l’intégralité de sa formation dans la cité épiscopale, malgré une escapade au SU Agen la saison passée, le retour au bercail a débuté avec une tuile : une fracture de la mâchoire. Aux portes de l’équipe première, Guillaume Vedel prend aussi, énormément de plaisir avec les Espoirs, où règne une solidarité et une camaraderie rafraîchissante. Alors qu’avec ses coéquipiers, ils ont ramené une jolie victoire (29-30) à Bourg en Bresse le week-end dernier, ce pur produit de la formation made in SCA, nous a livré son état d’esprit avant d’aller défier, ce dimanche dans l’Aude, le mythique Racing Club Narbonnais.

Pour ceux qui ne te connaissent pas et ceux qui ne t’ont pas encore rencontré sur les bords du terrain du Stadium, tu es un pur produit de la formation albigeoise. Comment es-tu arrivé au rugby même si ne pas faire de rugby en terre albigeoise est assez rare ? 
J’ai toujours joué à Albi et j’en suis venu au rugby parce-que, tout petit, mon père jouait au rugby donc, il m’a un peu transmis les valeurs. Et j’avais une nounou qui était entraîneuse de rugby à XIII donc, depuis tout petit, je baignais un peu dans la balle ovale avec elle qui me prenait sur les terrains. De fil en aiguille, j’en suis arrivé au XV et j’ai continué avec Albi. 
Dans ton histoire familiale et personnelle, tu as balancé entre le XIII et le XV. Qu’est-ce qui t’a fait choisir le XV sachant qu’Albi, même si c’est une illustre terre de XIII, est une terre de XV ? 
Depuis le début, je voulais aller au XV sauf que je n’avais pas l’âge pour pouvoir m’y inscrire, je crois que c’était à partir de 6 ans que je pouvais commencer. Le XIII acceptait un peu plus tôt en plus du fait que ma nounou entraîne là-bas. Dès que j’ai eu l’âge de basculer à XV, j’ai pris la décision d’y aller, tout simplement. 
Le choix du Sporting Club Albigeois s’est opéré comment ? 
Par le fait que j’habitais sur Albi et qu’il y avait le regroupement de la AJRA à l’époque, de l’école de rugby et que c’était le club le plus proche par rapport à mes parents, le plus facile d’accès donc, c’est vraiment un choix géographique à la base. 
Comme on l’a dit, tu es un pur produit de la formation jaune et noire, cela fait quelques temps que tu tambourines à la porte de l’équipe première. A l’image de ton collègue Arthur Castant, talonneur de l’équipe une, vous n’étiez pas loin d’intégrer totalement cet effectif premier et, que ce soit l’un ou l’autre, des blessures sont venues vous handicaper. J’imagine que, dans ton parcours et ta montée en puissance linéaire, ça a été un petit coup d’arrêt ? 
Oui, c’était peut-être un petit coup d’arrêt mais il faut se servir des blessures, qui ne sont jamais de bons moments, pour essayer de travailler d’une autre façon et de revenir plus fort pour après, une fois que l’on revient sur le terrain, pouvoir être performant et continuer à atteindre les objectifs que l’on s’est fixé, avec le collectif ou individuellement, au sein du club. 
Cette Nationale, cette nouvelle division entre Pro D2 et Fédérale 1, doit te mettre en appétit car, tous les week-ends, c’est du lourd, de l’épais et du costaud ?
Il est sûr que ça donne envie. Jouer pour l’équipe fanion, dans un championnat comme cela où ce sont de belles équipes en face tous les week-ends, bien sûr que cela fait rêver donc, on continue à bosser pour pouvoir essayer de gratter un peu de temps en équipe première et pouvoir matcher au-dessus, avec l’équipe fanion. 
Et le Graal absolu pour toi, pour le petit Albigeois que tu es, c’est sûrement de franchir ce tunnel avec l’équipe première et le son mythique qu’il y a pour l’entrée des joueurs au Stadium. Ca doit être un moment dont tu rêves ? 
Oui, c’est un moment que l’on voyait quand on était gamin et se dire que, peut-être un jour, on va y être, c’est un peu un rêve. C’est le rêve de tout jeune joueur qui a débuté à Albi et qui veut vivre ce moment. 
On va aussi parler de ton équipe actuelle, à savoir les Espoirs, parce-que vous êtes parfois dans l’ombre des seniors. Mais là, pour le moment, vous avez une  » fenêtre de visibilité  » puisque vous êtes la seule équipe du Sporting Club Albigeois à avoir le droit de jouer. Comme vit-on cette situation quand on voit les seniors qui sont quasiment au repos, ou au semi-repos, forcé et que vous, les Espoirs, vous avez toute latitude pour continuer à pratiquer votre métier et votre passion ? 
Non, on le prend parce-que du coup, c’est un avantage au final. Vu que l’équipe fanion ne peut pas jouer, on a d’un côté l’impression d’être l’équipe qui représente un peu le club donc on est hyper content et hyper positif. On bosse toute la semaine pour pouvoir faire de bons résultats le week-end et continuer à donner un peu de plaisir malgré tout cette crise sanitaire qu’il peut y avoir en ce moment. 
Pendant tout l’été, il y a eu un grand débat : est-ce que les Espoirs allaient être relégués en Nationale ou est-ce qu’ils allaient rester en Elite 2 ? J’imagine que, lorsque la Fédé a enfin décidé de vous préserver en Elite 2, ça a dû être un soulagement car c’est quand même un super championnat où vous, les Espoirs, vous évoluez ? 
Bien sûr, comme ça, on reste dans le circuit avec les clubs de Pro D2 et de Top 14. Je pense qu’ils ont fait le bon choix de nous laisser à ce niveau-là parce-que, pour l’instant, on fait un bon début de saison avec l’équipe espoir. Il y a un bon groupe, nous sommes sur deux victoires dont une à l’extérieur à Bourg-en-Bresse le week-end dernier et un bonus défensif  accroché sur la seule défaite à Carcassonne. Donc, je pense que c’est un bon choix et que nous sommes contents de jouer à ce niveau-là, on peut continuer à jouer contre de belles équipes et faire valoir que dans la formation à Albi, il y a de très beaux potentiels et une très belle équipe espoir. 
Comme tu le dis, vous êtes allés gagner 30 à 29 à Bourg-en-Bresse et ce n’est jamais simple d’aller gagner là-bas, c’est un club avec un gros centre de formation lui aussi. On sait qu’il y a quelques semaines, les seniors y étaient également allés et n’avaient pas réussi à ramener la victoire de Bourg. Quand Romain Lalliard et Flo Fourcade vous ont fait la causerie d’avant-match, est-ce qu’ils vous un peu fait l’analogie avec l’équipe une qui s’était déplacé là-bas et n’avait pas réussi à revenir victorieux, pour essayer de  » venger  » un peu l’équipe première ? 
Non, ce n’était pas un sentiment de vengeance par rapport à l’équipe première. On a essayé de rester assez concentré sur nous parce qu’avant tout, notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. On est resté focus sur nous, sur ce qu’on avait mis en place, sur l’envie de faire un bon match. On avait pris une belle valise là-bas donc, on venait avec des ambitions, avec de l’envie mais on n’a pas fait référence au match de la première. On voulait rester concentré sur nous ce qui nous a sûrement permis de décrocher cette victoire d’un petit point qui nous fait beaucoup de bien au classement et pour la confiance, qui nous permet de continuer dans l’avancée dans laquelle on est. 
Prochaines étapes pour les Espoirs, le déplacement à Narbonne et la réception d’Oyonnax. J’imagine que là-aussi, vous avez, non pas les dents longues, mais quand même de la suite dans les idées en essayant de préserver cette dynamique et d’aller, dans un premier temps, faire un bon coup à Narbonne et puis, à la piaule, à la maison, essayer de montrer une très belle image face à Oyo dans un match qui sera sûrement au Stadium Municipal ? 
C’est ça, on prend les matchs les uns après les autres et ce week-end, c’est Narbonne. Ca va être une très, très belle équipe de Narbonne qui est très agressive et très bien en place. Le seul avantage que l’on va avoir sur eux, c’est que l’on a trois matchs de championnat alors que pour eux, ce sera leur second. Donc, nous allons vraiment nous concentrer sur nous et essayer de faire quelque chose à Narbonne parce-que nous sommes une équipe qui a des ambitions, qui a envie de jouer et qui aime jouer. 
Parle nous aussi de ce vestiaire des Espoirs, on sait que vous avez la fougue de la jeunesse à cet âge-là. Comme vit ce vestiaire ? C’est un vestiaire un peu festif, un peu fou-fou comme on imagine la jeunesse ? 
C’est exactement ça. C’est une bande de potes qui joue entre copains, on prend vraiment énormément de plaisir entre copains. On gagne, on est vraiment très proches les uns des autres et je pense que c’est notre force. Nous ne sommes peut-être pas les meilleurs rugbystiquement mais on est une vraie bande de potes et on pourrait tous se tuer pour le mec qui est à côté. Donc, ça nous permet de décrocher des victoires et de vivre un beau début de saison avec cette équipe-là. 
On ne va pas se le cacher, l’objectif de début de saison était le maintien. Maintenant que vous avez goûté à cette belle dynamique, l’appétit est venu ? 
C’est ça, on en parlait justement à Bourg-en-Bresse, qu’il fallait que l’on ait des ambitions. Oui, au début, nous étions une équipe qui était censée jouer le maintien mais avec ce bon début de saison et ce bon groupe que nous avons, on a envie d’être ambitieux. Donc, au fur et à mesure, les objectifs changent et oui, au jour d’aujourd’hui, nous avons plus d’ambition que le maintien. 
Romain Lalliard, Flo Fourcade et toute la grande équipe qui entourent les Espoirs, c’est un staff qui peut-être caractérisé comment ? Quelle est la patte de ce staff ? 
Compétent, très compétent mais aussi très proche de nous, très à l’écoute. Très compétent et très à l’écoute, c’est surtout ce que je dirai, c’est vraiment un très bon staff avec qui on peut communiquer, parler de tout mais qui reste aussi proche des joueurs. Donc, ça permet qu’il n’y ait pas de barrière entre eux et nous et c’est aussi ça qui fait la force du groupe, que les joueurs soient tous dans le même bateau, que l’on aille tous dans la même direction et que l’on ait tous la même façon de penser. 
Tu as eu une blessure qui t’a un peu handicapé dans ta progression mais j’imagine que tu as toujours dans un coin de ta tête d’aller intégrer cette équipe une et que ce serait le plus beau cadeau de fin de saison de faire quelques matchs avec la première ? 
Bien sûr, c’est l’objectif. Je suis très content de jouer avec cette équipe Espoir mais j’ai aussi envie de grapiller un maximum de temps de jeu avec l’équipe première. Donc, je bosse tous les jours pour ça, je travaille et j’espère que mon heure pourra arriver à un moment ou à un autre d’ici la fin de la saison. 
On te remercie et on te souhaite le meilleur avec les Espoirs, avec l’équipe première et bien sûr avec le Sporting Club Albigeois
Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

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