#Rugby – Fed1 / E.Bonachera (SJLO) : «Jouer devant des gradins vides, à huis-clos, ça ne rime à rien!»

C’est la mort dans l’âme et un brin résignés, que le Saint Jean de Luz Olympique et sont co-président Eric Bonachera vont suspendre leur activité de compétition jusqu’au 10. Janvier 2020, pour se reconfiner à l’image du pays tout entier. Mais que faire d’autres ? Tant le huis clos paraissait pour beaucoup d’écuries de fédérale , à l’instar du SJLO, une hérésie économique et la suspension provisoire des championnats, une fatalité . Pour tout les clubs de cette élite amateur, fleurtant parfois avec le professionnalisme, cette reprise automnale du rugby par intérim et sous conditions, fut un long calvaire, les dirigeants se sont évertués à faire œuvre d’inventivité pour faire perdurer le lien ténu, qui les reliait encore avec leurs supporters, leurs partenaires et surtout leurs bénévoles. Éric Bonachera et l’ensemble du club Luzien fait front, mais combien de temps le rugby semi-amateur basque tout comme hexagonal pourra-t-il subsister et trouver un fil conducteur, entre ces deux confinements. La question subsiste et actuellement, dans la baie de Saint Jean de Luz, ainsi que dans tous les clubs de France et de Navarre, les perspectives se font rares. Échange avec Éric Bonachera, lors de notre grand de notre « Grand Débat – Le #MagSport : Que va devenir la Fed1″ du 31 octobre 2020, sur un sujet crucial du rugby contemporain

Eric, ce reconfinement pour la Fédérale 1 laisse entrevoir de mauvais présages et de mauvais augures. Éric, comment vois-tu cette nouvelle mauvaise marée qui arrive dans la baie de Saint-Jean de Luz ? 

 

EB (SJLO) : Malheureusement, on s’en doutait un petit peu, du fait déjà de plusieurs reports de matches dû au Covid, on se doutait que ça n’allait pas vers le mieux. Aujourd’hui, nous sommes un peu dans l’expectative puisque nous attendons quand même la confirmation du fait que nous soyons stoppés ou pas (Itw réalisé avant l’annonce des suspensions des compétitions amateurs). Je crois qu’ils attendent le décret d’application et, à partir de là, on nous dira si l’on doit jouer ou pas. Pour notre part, jouer devant des gradins vides, à huis-clos, ça ne rime à rien dans une Fédérale 1 qui est quand même amateur, où l’on joue avec des spectateurs. Nous, nous ne sommes pas partants pour jouer à huis-clos et nous sommes un peu tristes parce-que cela fait quand même deux saisons de suite que les joueurs n’ont pas la joie de connaître les phases finales. Le premier confinement les avait empêchées, le second va faire une concentration de matches et donc, pas de phases finales non plus. Je suis un peu triste pour la génération de jeunes qui, deux saisons de suite, n’auront pas le droit de goûter à ça. 

Éric, on a senti un cri monter la semaine dernière parce-que tout le monde parlait  du sort de la Nationale et on a vu, même nous au Mag Sport, des présidents, des éducateurs dire  » pensez un peu à nous, la Fédérale 1 « . Est-ce que tu as, non pas un sentiment un peu d’abandon, mais le fait que vous étiez un peu moins considérés pendant ces deux ou trois jours qui ont suivi les annonces du Président de la République et où tout le monde du rugby est en attente ? 

 

EB (SJLO) : Nous, c’est un peu spécial puisqu’on a déjà le sentiment de s’être fait berner le jour de la création de la Nationale. 

 

Tu as la rancœur tenace

 

EB (SJLO) ; Non, on nous a réunis 8 mois avant, on a voté et 8 mois après, pour satisfaire le rugby pro, on a créé cette poule. Je pense que ce n’était pas l’année, ça se confirme, je suis bien content de ne pas y être allé parce-que sinon, on serait mort direct. Aujourd’hui, comme l’a dit Yann Arnaud (DG CS Vienne), on ne peut pas se battre si on n’a pas de rentrée d’argent. Bien sûr, le sport avant tout mais je rejoins aussi Arnaud au niveau des blessures, ça ne va pas nous aider si on coupe et qu’on reprend, il faut faire gaffe à la santé des joueurs et on sait qu’il va y avoir de la casse. Qu’ils continuent la Nationale, pourquoi pas mais même eux ne sont pas sûrs d’eux. Tu imagines, des gens qui ont des budgets conséquents, ils ne savent pas s’ils doivent y aller, s’ils doivent jouer à huis-clos, ils demandent des aides. C’est un peu facile mais, si effectivement, on nous fait un chèque pour jouer à huis-clos, pourquoi pas ? Mais qu’est-ce que je dis au pauvre gars qui a pris sa carte de partenaire,  » tu ne peux pas venir au match et on te reporte ça pour l’année prochaine  » ? L’année prochaine, il me manquera aussi de l’argent, etc, etc, etc. 

 

Et sur le sentiment d’abandon ? 

 

EB (SJLO) : Non, non, pas plus. Je pensais qu’ils prendraient la décision un peu plus vite et qu’ils allaient nous appeler mais apparemment, pas avant le 02 Novembre. Abandonnés, non mais nous sommes un peu dépités, nous devions jouer ce 1er Novembre en match en retard et ça a été annulé mais abandonnés, non, je ne crois pas. Après, c’est quand même un gros problème qui tombe sur la tête de tout le monde mais, quand on voit le gouvernement en difficulté, il est aussi normal que le rugby soit en difficulté. Il n’est pas facile de prendre les bonnes décisions. 

On parlait de médiatisation. Face au Covid à Saint-Jean de Luz, vous avez essayé de lutter en mettant les Facebook Lives des matches mais tu ne vas pas me contredire, ce n’est pas si simple que ça à faire ? On vous a vu faire des tests toute la semaine, vous y avez passé du temps mais ça demande quand même de la ressource ? 

 

EB (SJLO) : C’est parce-que nous n’avons pas de structure. 

 

C’est déjà bien de le faire

 

EB (SJLO) : Nous avons effectivement fait un essai, on voulait prévoir des choses. Ça s’est quand même bien passé mais il est vrai que le premier truc qu’on s’est dit, et Arnaud (Vercruysse Manager ASBC) l’a dit, c’est que si on devait jouer à huis-clos, il fallait absolument retransmettre. 

 

Pour garder le lien avec les supporters ? 

 

EB (SJLO) : Exactement, que tout le monde soit quand même un peu content de voir le truc. Après, nous n’avons aucun contrat, nous sommes un peu à côté de la plaque à ce niveau-là mais les joueurs ont bien sûr tous envie de jouer mais, quand tu entends le public gueuler, ça te pousse. Le huis-clos, c’est vraiment spécial, si on doit y passer, bien sûr que l’on s’adaptera une fois de plus mais le problème n’est pas de s’adapter, c’est qu’on lutte contre une maladie que personne ne contrôle. Il est surtout là le problème parce-que les décisions sont très difficiles à prendre et même si on nous consulte tous, il n’y a rien d’évident là-haut pour prendre les bonnes décisions. C’est compliqué … 

Éric, pour toi, quelles sont les solutions et tes inquiétudes premières dans cette période de reconfinement pour le rugby fédéral ? 

 

EB (SJLO) : Les solutions … à part discuter comme ça, je n’en ai pas trop (rires). 

 

Moi qui croyais que tu avais une baguette magique (rires)

 

EB (SJLO) :  (Rires) On n’en a pas trop, on est tous largement embêté au niveau des clubs. Cette année, nous avons une équipe cadets qui tourne à bloc, nous étions hyper contents d’avoir des résultats en cadets et on est bloqué mais ce n’est pas fini. Apparemment, ils veulent nous faire reprendre début Janvier et sans phase finale, c’est à dire que l’on finit les matches de poule et les 4 premiers jouent éventuellement la demi-finale et montée et les deux derniers descendent. Ils veulent absolument faire les montées et les descentes, c’est ce que moi j’ai compris. 

 

On a le même son de cloche

 

EB (SJLO) : L’idée, c’est ça, nous n’avons pas solutions, nous sommes embêtés. C’est bien sûr frustrant pour les joueurs et les gens du club, c’est usant pour nous, les petits présidents que nous sommes parce que nous n’arrivons pas à boucler la boucle. On se pose des questions avec les partenaires parce-que nous avons levé des fonds mais nous attendons quand même une levée de fonds, ils n’ont pas tout versé d’un coup. Est-ce qu’ils vont continuer à nous verser si tout s’arrête ? C’est très, très usant, le rugby n’est déjà pas facile au niveau Fédérale. Mais, remerciement spécial au « Le #MagSport – Radio Albigès » parce-que tu es le seul qui parle de nous. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-31-ocotbre-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat « Que va devenir la Fed1 » lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 31 octobre 2020

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