#Rugby – Nationale / H.Alarcon (Dijon) : «Le rugby; c’est toute ma vie et je n’ai pas envie de perdre du temps!»

Le capitaine du club fanion, de la Côte d’Or, le Stade Dijonnais nous a livré sa joie, après avoir étrenné une première victoire cette saison ,en outre, à Bourillot et face à un adversaire de prestige. Hugo Alarcon et ses coéquipiers stadistes, ont ce samedi, lors de la 6eme journée de nationale, disposé du légendaire RC Narbonnais (20-12€. Une victoire qui vient pérenniser, en bourgogne, 3 semaines de labeur et laver la frustration du match à Suresnes, les dijonnais avaitent laissé quelques regrets. Celui, qui est capitaine depuis la nomination de Benjamin Noirot, estime que la méthode d’entraînement de celui-ci, axée sur la rigueur et le skills, a été un apport considérable, tout comme le retour sur expérience de ce technicien au palmarès fournit. Mais bien loin des « enflammades « , le Stade Dijonnais veut maintenant se concentrer sur une suite qui, s’écrit actuellement en pointillé du fait du contexte sanitaire. L’ex joueur d’Aubenas et Rodez, espère aussi prouver au microcosme de l’ovalie, la légitimité qu‘ils ont, avec ses coéquipiers, dans ce championnat haletant et relevé. Focus sur un joueur de devoir, capitaine d’exemplarité, qui la trentaine arrivant, nous avouait quelques heures avant les annonces présidentielles : redouter une nouvelle saison blanche ou tronquée , car une carrière sa passe vite…

 

Crédit photo Stade Dijonnais

 

Pour le Stade Dijonnais s’écrit, non pas une nouvelle histoire mais un nouveau chapitre de sa grande histoire avec un début de saison qui, on ne va pas revenir dessus, a été assez calamiteux avec 5 défaites d’affilée. Mais, il y a eu un rayon de soleil le week-end dernier avec, pour le second match de Benjamin Noirot en tant que manager et ton 2e match en tant que capitaine, une victoire de prestige face à un club deux fois champion de France, Narbonne. J’imagine que ça a mis du baume au cœur à tout Bourillot ? 

 

Pour moi déjà, qui suis biterrois de naissance, battre Narbonne, ça fait toujours plaisir si tu veux tout savoir.  En toute honnêteté, nous étions un peu frustrés de tout ce qu’il se passait, de perdre des matches de trois points depuis le début. Nous avions l’impression de ne pas jouer en équipe, qu’on faisait quelques belles choses individuellement, tous chacun de notre côté mais que ça ne voulait pas sourire. Cela fait deux semaines que nous travaillons bien et proprement, que nous sommes très contents de ce que nous faisons à l’entraînement. Ça n’a pas souri à Suresnes du coup, nous étions encore un peu frustrés de nous dire  » purée, on a encore fait une belle première mi-temps, on prend 3 cartons et on a encore la balle de l’égalisation sur la dernière action « . On se loupe et on revient de là-bas en se disant  » encore  » mais au final, Narbonne nous a donné l’opportunité de nous racheter. Et puis, ça fait plaisir de redonner un peu le sourire à tous les gens qui croient en nous parce qu’on a quand même pas mal de supporters qui nous suivent et avec qui nous sommes très proches. 

 

Qui plus est dans ces périodes où tout le monde vit un peu le côté anxiogène du Coronavirus. Un brin de sourire et de bonheur, ça fait toujours du bien ? 

 

C’est ça. Cela faisait quelques mois que nous n’étions pas rentrés le lundi avec de l’envie, avec un grand sourire après avoir pris une petite caisse, il ne faut pas se mentir (rires). Nous étions content pour tout le monde, pour tout le club, pour les dirigeants, pour les bénévoles qui se donnent, comme tu le sais, avec toutes les restrictions qu’il y a en ce moment. Donc oui, très satisfait mais tout n’a pas été parfait, il ne faut pas non plus se mentir, il y a encore beaucoup de travail. Cela fait deux semaines que l’on bosse, on va continuer à bosser, nous avons match à Blagnac ce week-end (interview réalisé avant le report du match) , on va essayer d’aller peut-être grappiller un point, on verra. On va essayer de faire quelque chose et on prendra les matches les uns après les autres en espérant qu’on se maintiendra à la fin de l’année. 

 

J’imagine qu’au début de ce match face à Narbonne, il devait y avoir un peu d’appréhension parce-que, pendant l’été, tout le monde a klaxonné  » Narbonne, c’est la grosse team, la grosse écurie « . Un recrutement XXL, des joueurs en veux-tu en voilà, à quelques secondes du coup d’envoi, vous ne deviez pas être sereins, sereins ? 

 

Je t’avouerai qu’avant le coup d’envoi, quand tu regardes la feuille de match, que tu vois des David Smith, quand tu sais qu’ils ont des Namy, qu’ils avaient laissé à la maison mais qu’ils ont dans l’équipe, des mecs comme Pascal Cotet qui ont connu la Pro D2 et autres. Nous, en tous cas, nous n’étions pas très sereins, le fait aussi que nous n’avions pas gagné beaucoup de matches. Après, on y a cru, eux, on ne va pas dire qu’ils ont un petit peu déjoué mais ils ont peut-être fait une partition individuelle chacun dans leur sens. Nous, nous avons essayé de nous accrocher et puis voilà. On ne dira pas que ça a été un match facile, loin de là, et encore une fois, on ne se contentera pas de ça mais on va dire que ça récompense le travail accompli. 

 

En tant que capitaine, quels ont été tes mots avant le match pour galvaniser les gars ? 

 

Je n’en ai pas (rires). Clairement, ce sont des discours qui sont tout faits, on arrive à un certain âge où tout le monde connaît déjà son rôle. Moi, je pars du principe où je n’ai pas de conseil à donner, à personne parce-que je ne vais pas expliquer au 9 ou au 10 comment jouer, je ne vais pas expliquer à l’arrière comment relancer ni à un pilier comment il faut pousser. Par contre, c’est essayer d’être toujours positif, de leur montrer que si on tous l’un d’entre nous qui fait un mauvais choix, ça peut être un bon choix. Même si quelqu’un fait une bêtise sur le terrain, toujours avoir un mot, taper sur la fesse et dire  » écoute gros, ce n’est pas grave, on passe à autre chose et on va le faire tous ensemble « . C’est vraiment être soudé mais ça pourrait être moi comme un autre, ce n’est pas le fait. 

 

Et comment tu appréhendes ce rôle de capitaine, car ce n’était pas obligatoirement ton rôle en début de saison puisque c’était celui de Thibaut Dufau ? 

 

Pour le moment bien. Après, on verra sur le long terme, comme je te l’ai dit, je ne me suis jamais senti une âme de chef, de leader ou quoi que ce soit. J’essaie juste de faire mon boulot et de donner confiance aux autres quand ils jouent à côté de moi. 

 

Ce n’était pas une fin en soi pour toi ? 

 

Non, du tout. Je l’ai déjà dit à je ne sais plus qui, il y avait des leaders il y a deux semaines, il y aura des leaders après, il y a des mecs qui donnent beaucoup pour le Stade Dijonnais depuis le début, Lucas Liabot, Thibaut Dufau et d’autres qui ont été capitaines. Ça ne change absolument rien que ce soit moi qui ait le brassard le week-end ou que ce soit eux, la seule différence qu’il y a, c’est que ce sera moi qui parlerait à l’arbitre. C’est la seule différence, cela ne changera absolument rien dans le groupe. 

 

Autre changement au Stade Dijonnais, la reprise du coaching par Benjamin Noirot. Quelle est sa patte depuis deux, trois semaines qu’il exerce même s’il était déjà présent au club ? 

 

Je dirai quelques précisions, un peu plus de rigueur et on a l’impression d’engranger de la confiance, il y a beaucoup de skills et de jeu, c’est ce qui nous manquait. Je suis le premier à dire que nous avons de très bons joueurs à Dijon et qu’on pêche de jouer ensemble, d’être à fond, d’être une vraie équipe. Ce que je pense aujourd’hui, c’est qu’il faut se connaître dans la vie, il faut faire du liant dans la vie de tous les jours et, à côté de cela, prendre du plaisir à l’entraînement. Un mec qui s’entraîne toute la semaine et n’est pas satisfait, qui n’a pas l’impression de jouer, ce n’est pas un travail, on ne travaille pas, on joue. C’est bien pour cela que c’est un boulot/passion et si c’est pour finir des journées en tirant la gueule et en arrivant au match au bout d’une semaine en n’ayant aucune certitude, c’est assez compliqué. Et aujourd’hui, je trouve que nous sommes plus dans ce système-là de prendre du plaisir, de s’amuser, on se sent un peu meilleur chaque jour. 

 

Est-ce que son expérience d’ex-international amène aussi quelques ficelles ? 

 

Pour moi, en tous cas, sans lui jeter des fleurs ou quoi que ce soit, son palmarès parle pour lui. On ne peut qu’être admiratif de son parcours : champion d’Europe, champion de France. Il n’y en a pas un dans l’équipe ou dans le club qui pourrait dire la même chose. 

 

On va se projeter sur ce match face à Blagnac. Après une première victoire à domicile, l’objectif est maintenant d’aller gratter une première victoire à l’extérieur. Une équipe de Blagnac qui est difficile à manœuvrer, Suresnes a réussi a aller s’y imposer mais on a vu que, la semaine d’après, ils sont quasiment allé damer le pion à Narbonne. Il va de nouveau y avoir un gros, gros défi comme tous les week-ends en Nationale ? (L’interview a été réaliser avant le report de la rencontre suite aux décisions de France Rugby ce jeudi 29 octobre 2020)

 

Je me méfie comme de la peste de Blagnac parce-que je les ai joués pendant des années avec Rodez. Je suis allé deux fois là-bas et j’ai pris deux belles branlées donc, je m’en méfie comme de la peste. Nous n’aurons jamais la prétention de dire qu’on y va pour les fracasser, qu’on va gagner ou quoi que ce soit. Ce que l’on va faire, c’est qu’on va mettre en place ce qu’on travaille la semaine et on regardera les points à la fin du match. Le but est de garder notre état d’esprit, de continuer à engranger de la confiance et on verra la suite. 

 

il y en a un qui doit être remonté comme un coucou d’aller à Blagnac, c’est Quentin Pointud ? (L’interview a été réaliser avant le report de la rencontre suite aux décisions de France Rugby ce jeudi 29 octobre 2020)

 

Le  » Caouec  » ! Bien sûr, je le comprends mais si dans cette poule-là, tu n’es pas remonté tous les week-ends, je ne comprendrai pas non plus. 

 

Il vaut mieux rester à la maison

 

Ça, c’est sûr (rires). 

 

En parlant de ce championnat, tu as un regard ou une petite analyse parce qu’il est très, très surprenant ? Ceux qui étaient marqués comme favoris à l’été, pour quelques-uns d’entre eux, ils sont passés à la trappe

 

Je vais te dire un truc, il y a une somme de trucs qui font que ce championnat est encore très, très serré. Il y a certaines équipes qui n’arrivent pas à enchaîner les matches à cause du Covid, il y en a d’autres qui ont fait des effets d’annonce et qui commencent à se prendre les pieds dans le tapis, à côté de cela, tu as des surprises comme Suresnes. Il y a quelques mois, je t’avais dit que c’était un championnat qui était hyper intéressant en tant que joueur à jouer, je pense que personne ne peut dire le contraire. Et même le supporter qui vient voir le week-end, je ne pense pas qu’il puisse le dire, on voit des grands joueurs sur les terrains, on voit du jeu, on voit du combat, on voit des équipes équilibrées car, pour le moment, personne ne prend l’ascendant sur personne, mis à part peut-être Nice qui fait un très, très gros début de championnat. Moi, je trouve ça hyper, hyper intéressant. 

 

Si on arrive jusqu’à la trêve de Noël, parce qu’on sait qu’il y a toujours des parenthèses et des guillemets sanitaires, quel sera, pour toi, l’objectif du Stade Dijonnais ? Sortir de la zone rouge avant la trêve de Noël ? 

 

Exactement, moi, je ne vise que ça. Le but est de maintenir le plus rapidement possible pour jouer un peu plus libéré et rattraper les deux contre-performances que l’on fait contre Bourg-en-Bresse à la maison, peut-être celle de Dax où on ne ramène aucun point, mais surtout celle de Cognac chez nous qui nous fait très, très mal. Et pour montrer que l’on peut exister dans cette poule parce-que je pense que le Stade Dijonnais, nous en tant que joueurs et le club en tant qu’entité, mérite d’être dans cette poule. 

 

Est-ce que, comme beaucoup de joueurs de rugby, tu as l’angoisse du lendemain avec ce contexte et cette crise sanitaire en te disant  » ce samedi, c’est peut-être le dernier match que je joue de la saison  » ? 

 

Oui, moi le premier. J’ai l’exemple d’un monsieur qui m’a dit un jour à l’entraînement que, quand on est joueur, on a toujours tendance à dire  » ce n’est pas grave, on verra l’an prochain « . Le problème, c’est qu’à force de regarder l’an prochain, la fin de carrière approche, moi, j’ai 30 ans et je sais qu’un jour, ça s’arrêtera. L’an dernier, on pouvait jouer des phases finales, on ne les a pas faites, cette année, je commence à avoir un peu peur de la suite des évènements. Le rugby; c’est toute ma vie et je n’ai pas envie de perdre du temps. 

 

Je te comprends allégrement. Et puis, j’imagine que pour la bande de joyeux lurons que vous êtes, car malgré que vous soyez professionnels, vous avez gardé cette âme famille, vous aimez bien fêter les victoires ensemble, faire de belles 3es mi-temps à Bourillot, tout cela doit vous manquer et notamment ce côté convivialité que l’on aime bien dans le rugby ? 

 

Je pense que ça doit manquer à tout joueur de rugby. C’est déjà assez dur le week-end de se faire taper dans la gueule, de s’envoyer, de s’entraîner dur et tout le reste donc, si tu n’as pas ces moments de convivialité et de partage avec les gens, ça enlève un peu de la saveur. Je pense qu’on peut partir du très haut-niveau comme jusqu’au plus bas. 

 

On va finir avec la question décalée, comme à l’habitude. On a vu sur les réseaux sociaux que Benjamin Noirot avait un côté artiste et qu’il faisait de la peinture. Maintenant qu’il y a le couvre-feu, tu lui as demandé de te donner des cours de peinture en visio ? 

 

On a vu qu’il avait pas mal de talents, qu’il était guitariste, que lui aussi aimait le partage, le vin et autres et pour le moment, on rigole bien. Après, comme on dit chez nous,  » le J, c’est le S sans le RS « , c’est tout ce que j’ai à dire. En gros, ça veut dire qu’on va s’accrocher. Il est très bien, on rigole beaucoup avec lui pour le moment, Inch Allah et que ça continue. 

 

Et Hugo Alarcon en tant que peintre, ça n’est pas pour demain ? 

 

Moi, je suis déjà un grand peintre tu sais (rires). 

 

Mais dans un autre registre, j’imagine

 

Exactement (rires). 

 

On te remercie d’être venu comme d’habitude avec ta bonne humeur dans le Mag Sport et on souhaite le meilleur au Stade Dijonnais pour la suite de la saison, en espérant qu’il aille le plus loin possible

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-ocotbre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Hugo Alarcon lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 27 octobre 2020

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