#Rugby – Nationale / C.Daguin (Suresnes) : «Le projet de jeu est très challengeant et très enthousiasmant!»

Pour continuer notre grand angle sur ce match de la 6e journée de Nationale opposant le RCS et le SCA, nous sommes allés à la rencontre du demi d’ouverture de Suresnes, Corentin Daguin. Blessé pour la réception des albigeois et un brin déçu, l’ex joueur de Bobigny devra donc, soutenir ses partenaires dès tribunes du Stade Jean Moulin. Après une année en Top 12 Italien (Rugby Reggio), Corentin Daguin s’épanouit au sein de l’effectifaltosequanais, le projet de jeu porté vers l’offensive lui convient à merveille. Pour les coéquipiers de Corentin Daguin, la réception des Tarnais du SCA sera un test grandeur nature pour confirmer leur présence dans le trio de tête de ce championnat de Nationale.

 

Crédit photo RC Suresnes

 

Pour toi, la saison a commencé de la plus magnifique des façons avec une 3e place au bout de 5 journées. Malheureusement, tu vas être privé de dessert car tu es blessé pour cette réception du Sporting Club Albigeois qui devait t’éveiller et te mettre en appétit ? 

 

Oui, effectivement, c’est un peu dur de ne pas jouer ce week-end. En effet, on fait un très bon début de saison, nous sommes satisfaits, ça récompense tous les efforts du club sur le projet et tout le travail qui a été fait depuis 3 / 4 mois, depuis la reprise. Donc oui, un début de saison prometteur mais il ne faut absolument pas s’emballer parce-que c’est un championnat qui va être très long, très dense. Après, d’un point de vue personnel, je suis forcément déçu de ne pas jouer Albi qui est l’une des grosses équipes de la poule mais l’objectif reste avant tout le collectif et d’avoir l’équipe la plus compétitive possible sur le terrain. 

 

On sait que Suresnes est une équipe qui aime envoyer du jeu. Toi, de par ton poste de N°10, tu dois te régaler dans ce groupe suresnois ? 

 

Le projet de jeu est très challengeant et très enthousiasmant parce-que c’est un projet qui demande beaucoup, beaucoup de jeu, notamment sur les postes de la charnière. A mon âge, je vais avoir 30 ans, je pense qu’il faut aussi savoir gérer les temps forts et les temps faible donc oui, il y a un projet de jeu à  360, assez vaste sur tous les panels qu’Alexandre Compan demande. Mais il ne faut pas oublier de savoir gérer les temps forts et les temps faibles parce-que, dans cette poule, chaque erreur va se payer cash. Donc, jouer, c’est bien mais il ne faut pas non plus trop jouer ni surjouer. 

 

Comme tu le dis, à ton grand âge, 30 ans, ce n’est pas mal pour un sportif même si c’est très jeune dans la vie normale, tu as évolué en Fédérale 2 avec Suresnes puis en Fédérale 1 et maintenant en Nationale. Pour toi, la Nationale est une consécration ou tu as encore des ambitions au-dessus ? 

 

Non, pas d’objectif au-dessus, je suis très content d’être à Suresnes en Nationale. Je pense que le championnat est vraiment une réussite de par le fait d’avoir un peu ces équipes qui postulent à la Pro D2 et qui sont un petit peu les meilleures équipes de Fédérale 1 depuis trois ans, ce que l’on peut aussi appeler l’ancienne Fédérale 1 Elite. Je pense que c’est une très bonne chose d’avoir rassemblé ces équipes-là dans une poule unique, nationale que je trouve homogène, de par les premiers résultats, on voit qu’il y a des résultats très serrés tous les week-end, des points de bonus défensifs assez souvent. A part 2 / 3 scores fleuves, tous les résultats sont assez serrés donc et, pour des joueurs qui ont connu la Fédérale 1 depuis longtemps, je pense que ça permet vraiment d’avoir des matches très intéressants tous les week-ends alors qu’avant, il pouvait y avoir des week-ends un peu barbants sur certains matches. 

 

On va te demander une petite analyse de l’adversaire du week-end, le Sporting Club Albigeois. Comment tu assimiles cette équipe, quels sont ses points forts et ses points faibles ? 

 

Moi, personnellement, je n’ai jamais joué contre Albi et je ne peux pas dire que je les connais parfaitement. 

 

Tu as quand même dû bouffer un peu de vidéos cette semaine ? 

 

Oui, bien sûr, nous avons un travail d’analyse à faire chaque semaine sur l’adversaire mais on essaie de se concentrer sur nous. Ce que l’on sait d’Albi, c’est que l’équipe, un peu à l’image de son directeur sportif Arnaud Méla, est une équipe très rugueuse, très dense, fort sur la conquête, fort sur les ballons portés, fort en défense, très forts sur les fondamentaux du rugby. Je pense que l’on s’attend à cela et qu’on ne se trompe pas sur l’analyse, eux montent à Paris, ils jouent à l’extérieur et n’ont  » rien à perdre « . Donc, nous nous attendons vraiment à un match très dur sur la conquête, sur la défense et sur tout ce qui va être ballons portés. 

 

Il y a trois ans, quand tu évoluais en Fédérale 2 avec Suresnes, tu te serais imaginé affronter un jour Narbonne, Albi, Dax, dans ce championnat-là ? 

 

Moi, je n’ai pas joué en Fédérale 2 à Suresnes. 

 

Tu es arrivé pour la première année en Fédérale 1 ? 

 

Exactement, avant, j’étais en Italie et avant, à Bobigny. 

 

Tu aurais alors imaginé un jour voir ce club de Suresnes jouer contre ces noms du rugby français ?

 

Franchement, quand j’ai signé il y a quatre ans, non, absolument pas. L’objectif était le maintien en Fédérale 1 et au fil du temps, le projet a pris forme, notamment grâce aux deux présidents d’Umanis qui sont arrivés, Laurent et Olivier, qu’il faut remercier. Le projet a pu prendre forme aussi cette année avec l’arrivée d’Alex et le fait de jouer contre des équipes comme cela est un aboutissement pour tout un club et tout un projet. Que ce soit pour les bénévoles et les anciens du club, je pense qu’eux également ont cette petite fierté de voir qu’aujourd’hui, le club peut affronter des grands noms ou des anciens grands noms du rugby français. 

 

Tu as aussi évolué à Bobigny, dans le 93, avant d’arriver à Suresnes donc, tu es quand même un fin limier de ce rugby parisien. On a l’impression que ce dernier est en train de monter en puissance ? Il y a Massy et Suresnes en Nationale, le Racing et le Stade Français en Top 14, Drancy qui traîne aussi en Fédérale 1. Ce rugby francilien est vraiment en train de s’installer dans le gotha du rugby français ? 

 

Bien sûr. Moi, je suis de formation puciste et je suis ensuite passé par le Stade Français, Bobigny et Suresnes donc oui, je pense que je connais assez bien le rugby francilien. Il faut déjà rappeler que c’est le comité où il y a le plus de licenciés en France donc c’est normal qu’il y ait de la qualité qui sorte. Quant à la formation, je pense qu’il y a un très bon travail qui est fait dans de nombreux clubs donc, que les clubs montent en puissance, c’est vraiment le travail de toute une région, de supers entraîneurs et de supers managers aussi. Je vois le PUC qui est premier national en Fédérale 2 donc ce sont des choses qui font plaisir, Drancy, comme tu l’as dit, où j’ai pas mal de copains qui jouent et, effectivement, il y a de belles saisons à venir pour le rugby francilien. Il garde aussi son identité parce qu’il y a pas mal de joueurs qui partent faire leurs classes jeunes en Province et qui, du coup, reviennent sur Paris et donnent un peu de gaz à ces clubs franciliens. 

 

Tu nous parles de Drancy. L’année dernière, il y avait eu un derby entre Suresnes et Drancy qui avait quand même été un peu chaud patate ? 

 

Oui, ça a avait un peu castagné, ça avait été un peu chaud (rires). Mais au final, rien de méchant, de toute façon, les deux équipes se connaissent, il y a des mecs avec qui j’avais joué à Bobigny il y a 3/4 ans qui sont maintenant à Drancy donc, ce sont plutôt deux belles bandes de copains. Mais oui, le derby avait été électrique, on va dire. 

 

Après la grêle, il y a quand même eu la bière ? 

 

Oui, oui (rires). Enfin, pas pour tout le monde parce qu’il y avait quand même eu quelques cartons rouges et ça avait bien chauffé mais oui, nous avions bu une bière à la fin du match. 

 

On va aussi parler de ton aventure à Conad Valorugby Emilia, en Italie. Est-ce que ça t’a également amené quelque chose d’aller  » t’ouvrir les chakras  » à l’étranger et de prendre une nouvelle expérience ? Ça a amélioré ton rugby ? 

 

Améliorer mon rugby, je ne sais pas trop mais en tous cas, déjà sur ma vie d’homme et sur ce que je voulais faire. En fait, je suis parti en Italie parce-que le club de Bobigny commençait à se casser la gueule et du coup, en signant là-bas, j’ai vraiment eu l’opportunité de découvrir un autre pays, une autre culture, une autre langue et un autre mode de fonctionnement qui n’est pas du tout comme en France où le travail était vraiment axé sur la dimension physique, la musculation et autres, chose qui n’est pas ce que je préfère dans le rugby. C’était une façon différente et intéressante de voir les choses parce-que c’était à un niveau vraiment professionnel avec la première division italienne contre des clubs de haut-niveau comme Rovigo ou Calvisano qui jouent chaque année en Challenge Européen et qui sont des clubs de bons niveaux quand même. 

 

Question un peu plus décalée : tu vas être obligé de vivre ce match entre Suresnes et Albi en tribunes et on sait que pour un jouer, vivre un match en tribunes est un supplice. Quelles vont être ta tactique et ta petite combine pour arriver à vivre un match en tribunes sans être trop stressé ? Tu prends du Leixomil avant ? 

 

Non, non, j’essaierai peut-être de boire une petite bière (rires). Je suis assez démonstratif donc effectivement, c’est dur de ne pas gueuler ou de ne pas montrer ses sentiments sur des matches comme ça, surtout à domicile. Donc, l’idée va peut-être être de prendre un peu de hauteur et de pouvoir conseiller les mecs pour qu’on puisse faire le meilleur match possible. 

 

Si tu as un peu de temps entre deux envolées lyriques, n’hésite pas à venir nous voir en tribune de presse puisque nous commenterons ce match entre Suresnes et Albi en direct sur nos ondes. Donc, viens nous donner ton point de vue au micro et on te dit à tout à l’heure pour ce beau match entre Suresnes et Albi

 

Avec plaisir, merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-23-octobre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Corentin Daguin lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 23 octobre 2020

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