Football – D2F / L.Arriberouge (Albi) : «C’est un 2e vrai test!»

Nous sommes allés à la découverte de l’une des recrues de l’ASPTT Albi, Laura Arriberouge, arrivée de Grenoble cet été. Pour la native de Talence, l’envie de retrouver le sud-ouest et son adhésion au nouveau projet de l’ASPTT Football de l’Albigeois mené par Guillaume Balagué et Nicolas Castanier, l’a convaincu de poser ses valises dans le Tarn. Véritable « renarde des surfaces » déjà auteure de 3 buts en 5 journées, dont celui de la délivrance face a Montauban, l’ex grenobloise espère pouvoir éclater au grand jour sous les couleurs rouges et jaunes. A quelques heures d’affronter une équipe adossée à une structure Pro, l’OG Nice, Laura Arriberouge comme l’ensemble de ses coéquipières prend cette rencontre comme un véritable test et un examen de passage qui doit venir confirmer le bon début de saison des filles du président Espié. Mais l’attaquante albigeoise, comme une grande partie du groupe qui vit, étudie ou travaille dans la région toulousaine, voit avec inquiétude les problématiques liées au couvre-feu, et s’interroge sur les solutions que trouveront les instances du football. Malgré cela, Laura Arriberouge ne perd pas la foi et se fixe des objectifs très élevés, preuve en est de l’ambition de la joueuse et de l’ASPTT cette année.

 

 

Tu as débarqué à l’ASPTT après le confinement. Première question habituelle : qu’est-ce qui t’a amené à pousser la porte de la maison rouge et jaune ? 

 

Déjà, je voulais revenir dans le Sud-Ouest parce-que je suis originaire de Bordeaux donc, me rapprocher un peu de ma famille et retrouver l’ambiance du Sud-Ouest. Albi est un ancien club de D1 Féminine et quand j’ai été contactée par Nicolas Castanier et Guillaume Balagué, ils m’ont présenté un projet qui m’a convaincu de signer à Albi. 

 

Qu’est-ce qui t’a plu dans ce projet présenté par Nicolas Castanier et Guillaume Balagué ?

 

C’est un projet sur le long terme avec des joueuses locales. Aujourd’hui, beaucoup de clubs contactent des Américaines notamment et c’est vrai que ce n’est pas forcément facile, notamment d’un point de vue sportif parce qu’on n’a pas nécessairement la même vision des choses, on ne travaille pas les mêmes bases de football. Donc, le fait d’être locales, même si je ne le suis pas vraiment, avec des filles qui sont principalement du sud, c’est forcément plus attirant et un projet sur le long terme donne aussi plus envie de se projeter qu’un court terme, comme dans tout. 

 

A l’ASPTT, tu as fait tes premiers pas en marquant un peu ton terrain. Trois buts en cinq matches, c’est déjà pas mal comme ratio ? 

 

Trois buts en quatre matches parce-que, malheureusement pour moi, je n’ai pas pu rentrer sur le match de Thonon. Mais oui, ce n’est pas mal, c’est un bon début et il faut continuer. 

 

Dont le dernier face à Montauban qui a quand même été très important pour le club, tu as délivré l’équipe avec ce but du 3-2. Tu venais juste de rentrer après un petit quart d’heure et, quand on est attaquante, c’est aussi ça répondre à l’attente des coaches. Quand ils vous donnent la confiance, c’est de suite aller la rendre en allant planter un but décisif comme celui-là ? 

 

C’est ça, c’était l’objectif. Forcément, étant compétitrice, je veux toujours jouer, gagner et aussi marquer. C’était un petit défi avec Nicolas Castanier qui avait fait un petit pari donc, petit clin d’oeil à lui qui m’avait dit qu’il fallait que je marque pour délivrer l’équipe. Ca, c’est fait, je suis contente mais on s’est quand même rendu le match difficile parce-que, de mener 2-0 en première mi-temps au bout d’un quart d’heure, le match était assez facile. Montauban n’avait pas de grosses occasions ou n’arrivait pas à s’en créer donc, le système de jeu a bien fonctionné. En 2e mi-temps, on a peut-être un peu relâché, c’est un peu notre défaut cette saison, et on s’est fait égaliser. On sait que devant, Montauban a de bonnes joueuses et une très bonne attaquante avec Charlotte Fromentin donc, il ne faut pas lui laisser d’espace. Malheureusement, on a un pénalty et ce jeu à 3 qui s’est fait, cette égalisation qui, forcément, fait mal dans les têtes. Après, nous sommes à domicile, c’est un derby et un derby, ça se gagne. 

 

On t’a vu complètement exulter après ce but, aller haranguer le public en leur disant  » soutenez-nous, soutenez-nous « . Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête quand tu as marqué ce but, qu’est-ce qu’on se dit ? Tu viens de rentrer, tu n’étais pas titulaire, tu marques le but de la victoire. Dans un derby, il doit y avoir beaucoup d’émotions qui passent dans la tête à ce moment-là ? 

 

Je vous avoue qu’à ce moment-là, on ne réfléchit plus. Moi, je viens de rentrer, je marque, il n’y a plus de réflexion, je voulais le célébrer avec tout le monde, sur le banc parce qu’il y a aussi des joueuses qui ne sont pas rentrées et je sais ce que c’est vu que je l’ai vécu à Thonon. Donc, l’idée première était vraiment de célébrer ce but avec tout le monde donc, en allant sur le banc, j’étais sûre au moins que tout le monde serait là et puis aussi ce petit clin d’oeil aux coaches en leur montrant qu’ils peuvent me faire confiance parce-que je suis une attaquante, je suis une buteuse. Et après, remercier aussi le public parce qu’ils sont là, ça fait deux matches que l’on joue à domicile, contre Saint-Etienne et contre Montauban. C’était les pousser à nouveau pour nous soutenir sur les 10 dernières minutes puisqu’il y a eu 10 minutes de temps additionnel. A ce moment-là, c’est inexplicable, marquer un but, c’est déjà énorme comme sensation mais marquer le but de la victoire, en fin de match, dans un derby, je pense que beaucoup, beaucoup de personnes voudraient le faire. J’ai eu la chance de marquer et la moindre des choses était de le célébrer avec tout le monde et de dire aussi merci au public. 

 

On va aussi parler un peu de toi. Quand on parle de toi à la radio, on dit souvent que tu es une  » renarde des surfaces « . On fait un peu la comparaison avec des joueurs que des moins de 20 ans ne peuvent pas connaître comme les Rudi Völler, Filippo Inzaghi qui rodent dans les vestiaires, des joueurs qu’on ne voit pas parfois pendant 10 minutes mais d’un coup, ils sortent de la boîte et pam, ils marquent un but. C’est bien te décrire que de parler de toi comme ça ? 

 

C’est ça, c’est vraiment mon jeu, c’est vraiment moi. Dans la surface, je traine toujours là où il faut, c’est vraiment mon rôle et mon but. 

 

On va maintenant revenir sur le collectif. Quand tu as signé à l’ASPTT, vous auriez pensé qu’au bout de cinq mois, vous seriez à la 4e place, une position qui est quand même assez haute et qui vient pérenniser tout le travail qui a été fait à l’intersaison ? 

 

Quand on voyait le groupe, on ne pouvait pas forcément se dire que l’on serait 4es. Après, c’est vrai que, quand il y a eu le tirage, on s’est dit qu’on avait la chance de démarrer avec deux promus, qu’il fallait absolument prendre 6 points dès le début. Notre premier match à domicile était Saint-Etienne, on voulait faire quelque chose, on a failli, on n’est passé pas loin. Après, je pense qu’on s’en aussi bien sorti en faisant un match nul contre Thonon parce qu’au vu du match, on a quand même pas mal subi et on aurait pu également le perdre donc, on s’en sort bien. Quant à Montauban, on méritait de le gagner donc, au vu des matches, les points sont plutôt logiques mais, être aussi haut dans le classement, pas forcément parce qu’il a des équipes comme Thonon ou Montauban qui, l’an dernier, avait fait un très, très bon début de saison et qui ne mériterait pas forcément d’être à leur place actuelle, en milieu /  bas de classement. On est 4es et il faut en profiter parce qu’il y a des équipes comme Nice que l’on joue ce week-end qui a énormément recruté, qui a aussi un bon collectif et qui n’est pas forcément à sa place. C’est difficile quand un collectif vient d’être changé, je l’ai vécu quand j’étais à Grenoble, ce n’est pas facile et on n’y arrive pas forcément tout de suite. Il y a toujours un temps d’adaptation et souvent, la première saison est une transition, le temps de se découvrir et le temps d’y arriver. Donc, on ne s’y attendait pas mais, au vu des matches, c’est plutôt logique, on est dans un esprit où l’on veut toujours gagner, on veut prendre les trois points chaque week-end, peu importe l’équipe que cela sera. On part toujours sur cette idée car c’est plus facile, si on part perdant, il est sûr qu’on ne va pas y arriver donc, il faut toujours partir dans l’idée d’avoir ces trois points pour grappiller des points. Le but est quand même d’éviter d’avoir une saison comme l’année dernière comme Albi l’a vécue, a finalement se sauver sur la dernière journée avec une victoire face au TFC qui a contribué au maintien de l’ASPTT et à la descente du TFC. Donc, je pense que cette saison, c’était surtout éviter de revivre ça, d’être dans le bas de classement et de devoir encore plus se battre chaque week-end et de se battre contre la défaite et non pas pour la victoire. C’est ce changement-là. 

 

Votre prochain déplacement est à Nice. Comme tu le disais, Nice est une équipe qui est en train de monter en puissance, qui a un bel effectif, une équipe qui vous talonne au classement. Ce déplacement est un vrai révélateur, un vrai test ? 

 

Oui, c’est un 2e vrai test comme Thonon. C’est une équipe qui, je pense, sera assez difficile à jouer mais on voit qu’elles aussi ont eu beaucoup de recrutements et que cela ne fonctionne pas forcément. Il y a aura sûrement un moment où ça passera, on espère que ça ne sera pas contre nous car ça va être le 2e vrai test de cette saison après Thonon. On verra, on espère gagner, on ne va pas se déplacer pour rien non plus, nous sommes 4es et, malgré tout, il faut quand même aussi assurer notre place et montrer qu’on ne l’occupe pas avec de la chance. 

 

Quel était l’état d’esprit à l’entraînement cette semaine ? 

 

Satisfaction de la victoire contre Montauban pour mardi. On était toutes très contentes et très heureuses, ça s’est aussi vu après le match parce qu’on en a énormément profité, énormément chanté, énormément crié. Mais il faut de suite se reconcentrer, on prend les matches semaine après semaine, à partir du moment où on était à l’entraînement mardi, il fallait se concentrer sur Nice. Mais c’est plus facile avec des victoires qu’avec des défaites donc contentes et prêtes à affronter Nice. 

 

Par contre, dans la semaine, il y a eu une nouvelle qui, pour une partie du groupe, est venue un peu refroidir vos ardeurs, c’est le couvre-feu à Toulouse. On sait qu’à l’ASPTT Albi, une grande partie des joueuses sont étudiantes ou habitent à Toulouse. Cette histoire de couvre-feu va générer pas mal de problématiques parce qu’il vous faut rentrer avant 21 heures à Toulouse sachant que les entraînements sont de 19h à 21h à Albi. Là, vous allez vous déplacer à Nice et rentrer à 23h dans la nuit, comment vous allez vous débrouiller parce-que c’est un peu opération commando ? 

 

C’est un peu difficile. Pour le moment, la première chose est de savoir comment rentrer dimanche. Il y en a qui travaillent, il y en a qui ont cours donc, pour celles qui ont cours, ce n’est pas forcément facile de rentrer tard le dimanche, de ne pas pouvoir rentrer chez elles, de se lever tôt le lendemain matin avant 6h parce qu’il y a le couvre-feu. Comment on va faire, je ne sais pas encore mais ce qui serait bien, c’est qu’il y ait un communiqué soit de la FFF soit des Ligues pour savoir si nous avons des dérogations particulières comme au niveau professionnel, soit D1 Féminine soit Ligue 1 / Ligue 2 puisque les garçons de Nationale sont dans le même cas que nous. Il va bien falloir trouver une solution donc, la priorité va être de savoir comment on fait pour Nice, est-ce qu’ils vont essayer de trouver un moyen pour qu’on puisse dormir sur place ou sinon, de voir si on peut avoir une dérogation particulière pour pouvoir rentrer chez nous. Pour les entraînements, la question vient de se poser, on attend une réponse du président qui doit nous annoncer les suites. On en a discuté et pour le moment, avancer les entraînements seraient assez compliqués dans le sens où il y a toujours des filles qui travaillent et des filles qui sont en cours. Il faut savoir que de Toulouse jusqu’à Albi, il y a une heure quand tout va bien parce-que, si vous partez un vendredi, il faut plus compter une heure et demi. Donc, c’est assez compliqué à gérer mais le club va très bien s’en occuper comme ils le font depuis le début, nous n’avons pas de problème vis à vis des contraintes. On attend juste de savoir s’il y aura un communiqué et ensuite, le président décidera si oui ou non, on peut avancer les entraînements, comment rentrer chez nous et comment se déroulera la suite de la saison. On savait qu’en reprenant cette année, ce serait compliqué, il y a déjà eu l’arrêt du championnat, six mois d’arrêt, on ne savait pas forcément si on allait reprendre. On s’est préparé dans des conditions incertaines à savoir est-ce que le championnat va reprendre ou non. Ca a repris mais maintenant, on se dit  » mince, on ne peut plus faire les entraînements « . Ca devient très, très compliqué donc, on ne sait pas, on verra ce que nous diront notre président et notre staff pour savoir la suite. 

 

On te sent quand même à la fois un peu inquiète et sereine sur le sujet 

 

Inquiète, forcément parce-que ça implique quand même pas mal de monde. Comme vous l’avez dit, la moitié de l’effectif est sur Toulouse, ce ne serait le cas que pour une ou deux, ce serait moins gênant mais là, il y a la moitié de l’effectif à gérer qui est sur Toulouse. Donc, même en ayant des filles qui sont hébergées, en respectant strictement le protocole sanitaire, on doit être six et pas plus. C’est compliqué à gérer donc oui, inquiète mais je crois qu’en 2020, on a tous été inquiet, on ne sait pas ce qu’il se passe, on est toujours en attente de savoir ce que vont dire les chefs d’état ou les personnes haut placées et malheureusement, on est toujours en train de trouver des solutions à la dernière minute. On a encore la chance de pouvoir faire un sport qui est en extérieur parce-que pas mal de sports en intérieur sont soit fermés soit ne peuvent plus jouer. On a la chance de pouvoir jouer au foot, on en profite mais, quand on est au foot, le reste est secondaire et qu’on y est plus, c’est le principal. Je pense qu’on aura plus de réponses en début de semaine prochaine mais pour le moment, rien n’est sûr. 

 

A la fin de la saison, avec quel nombre de buts Laura Arriberouge sera-t-elle une buteuse heureuse ? Attention, c’est enregistré donc, à la fin de la saison, on reviendra vers toi pour savoir si tu as tenu ton objectif

 

Je me suis fixé un objectif, j’aime procéder comme ça, j’avais un objectif l’année dernière qui s’est écourté avec le Covid. J’ai un objectif entre 15 et 20 buts sur championnat et Coupe de France, je vais tout faire pour y arriver s’il n’y a pas d’arrêt du championnat et que j’arrive à marquer à tous les matches, normalement, ça devrait le faire. C’est plus important pour l’équipe que pour moi parce qu’il y a un classement des buteuses et forcément, quand on est attaquante, on y porte un petit coup d’œil mais la priorité est de marquer pour l’équipe et de la faire gagner. Si j’en mets 15, j’aurai une satisfaction personnelle en plus mais si j’en mets 15 et qu’on en prend 30, ça ne servira à rien. Donc, l’objectif est entre 15 et 20 mais la priorité reste l’équipe, peu importe qui marque, l’objectif principal est de faire une bonne saison et de marquer le plus de buts possibles. On verra mais, d’ici la fin de la saison, j’espère que je serai heureuse et que l’équipe sera heureuse aussi. 

 

C’est tout le mal que l’on te souhaite. On te remercie de nous avoir répondu pour un peu te présenter et nous donner ton point de vue sur ce début de saison assez positif de l’ASPTT Football de l’Albigeois 

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-octobre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Laura Arriberouge lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 16 octobre 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s