#Rugby – Nationale / A.Méla (Albi) : «On ne peut pas se dire que nous sommes favoris!»

Arnaud Méla, le manager du Sporting Club Albigeois, après un week-end assez spécial, ayant vu le match face à Bourgoin annulé quelques secondes avant le coup d’envoi (orage torrentiel), est revenu avec nous sur l’actualité du club et nous a livré son analyse sur un début de saison tronqué par le Covid et les intempéries. Malgré la déception de ne pas avoir pu jouer cette seconde journée de nationale face au CSBJ le lendemain, l’ex briviste essayait de ne pas se laisser gagner par l’inquiétude. Les jaunes et noirs se déplaceront donc, chez un favoris de la division, avec un manque de rythme et de repères indéniables (2 matchs joués sur les 6 dernières semaines) et craignent que ce déficit soit rédhibitoire pour envisager faire un coup en pays bressan. Mais face à ces divers coups du sort, le timonier albigeois garde foi en un groupe, qui s’est toujours relevé et révolté face à l’adversité et aux croches pattes du destin. Albi ne sera certes pas favoris sur cette rencontre, mais les hommes du coach albigeois, vont arriver dans l’Ain avec un état d’esprit guerrier pour tenter de contrecarrer l’armada de l’USBPA.

Arnaud, depuis que tu es manager au Sporting Club Albigeois, tu auras tout vu : quand ce n’est pas le Coronavirus, quand ce ne sont pas des matches ubuesques, c’est la météo qui vient doucher les espérances albigeoises ? 

Oui, bien sûr, il faut que l’on s’adapte un peu à tout ça. Ca ne m’était encore jamais arrivé mais samedi, je ne sais pas combien il est tombé mais il est tombé au moins 100 mm ou presque sur le Stadium. C’est resté pendant une heure donc, ça a presque tout noyé et pour la sécurité des joueurs, c’était quand même mieux qu’on ne joue pas ce match-là. Mais aussi pour le spectacle parce-que ça aurait été catastrophique de jouer un match comme ça. J’ai pas mal de regrets parce qu’on aurait pu le jouer le dimanche, c’est un peu dommage que les Berjalliens n’aient pas voulu patienter une journée de plus. Ils auraient pu décaler et peut-être trouver une solution en décalant le match contre Tarbes chez eux du samedi au dimanche. Ca aurait fait à peu près le même temps de récup et ça nous aurait permis de jouer cette journée-là. J’espère qu’il n’y aura pas de souci de Covid dans la saison mais nous n’avons pas 50 000 dates de repli et pour notre enchaînement de matches, ça aurait aussi été bien que l’on puisse jouer pour la gestion du groupe. Donc, je suis un peu déçu de ce qui nous ait arrivé mais ça aussi, ça fait partie du sport, maintenant, nous avons basculé sur Bourg-en-Bresse et nous allons essayer de nous préparer au mieux pour faire une bonne prestation là-bas. Mais j’ai peur qu’ils nous manque du rythme pour jouer une équipe qui est équipée physiquement et bien préparée. 

Avant de basculer sur Bourg-en-Bresse, dans ta carrière, tu as joué très longtemps à Brive. On sait que niveau météo à Brive, l’hiver, ça pique parfois. En tant que joueur, tu avais déjà connu un match sous des conditions comme ça ? 
Il y a longtemps, j’ai joué un match à Biarritz sous des conditions terribles. On avait commencé le match avec une météo qui était correcte et à la moitié, il est tombé des trucs comme samedi soir, avec beaucoup de vent. Nous avions réussi à finir le match mais ça avait été n’importe quoi. On ne reconnaissait plus les maillots, on ne savait plus avec qui on jouait mais le match était commencé donc, c’était un peu différent. Après, en Coupe d’Europe, nous devions jouer en Irlande et le jour même du match, il était tombé 30 cm de neige et nous avions dû annuler le match. On avait joué le lendemain, en Ecosse sur un terrain chauffé, ça a été un match reporté, la seule fois où l’on avait reporté un match en tant que joueur. 

Tu nous parlais de ce match face à Bourg-en-Bresse, parce qu’on le sait, ce premier bloc du Sporting Club Albigeois est très épais avec déplacement à Nice, réception de Bourgoin, déplacement à Bourg et réception de Dax. Avec le Covid, un match amical a été annulé et là, avec la météo, un second match qui est reporté. Tu parlais de manque de rythme mais tu as de suite réagi samedi puisqu’au fond du Stadium, on a aperçu une image assez ubuesque mais frappante de la détermination des jaunes et noirs : pendant 1h30, alors que le match venait d’être annulé, les joueurs s’y sont filés et se sont mis une séance de physique assez costaud ? 
Je suis allé voir les 3 / 4 cadres et je leur ai demandé si ça leur disait. La météo s’est calmée sur le coup des 20h, il a fait assez correct et on a un synthétique à côté qui nous permet de pouvoir s’adapter. J’ai demandé aux joueurs si ça les intéressait de faire une grosse séance de physique pour au moins palier à ce manque de volume qu’on aurait pu mettre sur ce match. Ils ont de suite tous adhéré au truc, on aurait pu le faire lundi mais ça aurait fait encore une semaine où nous aurions bossé jusqu’à jeudi, le vendredi était très light, samedi, pas match, dimanche, pas match. Lundi, on aurait dû passer par une séance de physique donc si tu fais 45 minutes de physique, après, tu fais moins de rugby et on a moins de temps pour se préparer. Les joueurs ont accepté de faire ça, je ne l’ai pas imposé, je leur ai juste demandé. Ca prouve aussi que les joueurs prennent un peu ce championnat au sérieux, l’année dernière, je pense qu’on ne l’aurait peut-être pas fait. Là, on a quand même besoin de rythme, ils ont joué le jeu, on a fait une grosse séance de physique et j’espère que ça va limiter la casse pour aller à Bourg-en-Bresse qui joue haut et, si on ne tient pas 80 minutes des grosses charges de leur part avec des séances de jeu très longues, c’est un peu leur plaisir d’arriver à jouer des séquences d’1m30. Le week-end dernier, ils ont fait plus de 10 dans le match donc, si tu n’es pas bien physiquement, tu finis par craquer, tu fais des erreurs et puis tu perds. Donc, nous avons essayé de pallier ce manque de match avec une séance comme ça, ce n’est pas la solution car rien ne vaut un match mais en tous cas, on aura au moins fait le maximum pour être un minimum prêts pour aller à Bourg. 

Et puis, on voit que ce groupe ne rechigne pas à aller à la mine ensemble, comme on dit ? 
Non, c’est bien, ils auraient aussi pu me dire  » laisse tomber, il pleut, il fait froid « . Il y a la déception de ne pas avoir joué, la date re-basculée, je leur ai dit  » il faut commencer directement à Bourg-en-Bresse sinon, on ne va pas avancer, ce qui est fait est fait, on ne jouera pas Bourgoin  » donc, il fallait basculer. Ca prouve aussi que le groupe a des ambitions et a fait le boulot donc, je suis quand même content de ce qu’ils ont voulu faire avec moi et le staff. Après, on verra, ce n’est pas parce-que nous avons fait ça qu’on sera bien à Bourg-en-Bresse mais ce qui est sûr, c’est que ça nous a fait gagner une journée d’entraînement et lundi, on a pu bosser que le côté rugby. Donc, on verra mais on sera quand même sûrement dans le dur à Bourg. 
Tu peux nous parler un peu de cette équipe de Bourg, comment tu la qualifies, quels sont les points forts et quel est le défaut de la cuirasse ? 
Le point fort, c’est le volume qu’ils mettent. Aujourd’hui, on pourrait comparer Bourg au jeu que produit le Stade Toulousain, c’est à dire qu’ils accentuent les passes. Il y a moins de rucks quand tu joues Bourg-en-Bresse que quand tu joues d’autres équipes, ils limitent le passage au sol, ils sont au maximum sur un jeu debout.C’est parfois un peu désordonné mais ils déplacent le ballon, ils déplacent les défenseurs, ils mettent des séquences longues donc, si tu n’es pas discipliné, tu peux te retrouver hors-jeu. Et souvent, ils fatiguent les défenses, à la longue, ils trouvent des solutions, ils ont aussi 2/3 joueurs qui sont très forts et qui sentent vraiment le rugby donc ils laissent travailler les gros et ils trouvent des solutions. C’est une équipe contre laquelle il faut déjà être prêt physiquement pour pouvoir assumer les ? (7.55) et après, il faut les contenir en défense, être disciplinés et arriver costauds sur nos bases pour pouvoir sortir de notre camp et jouer un minimum chez eux. 
Ce week-end, ils se sont déplacés à Dijon et se sont imposés 18 à 22, Dijon n’était peut-être pas loin de trouver la faille. Dans la méthode appliquée par Renaud Gourdon et ses hommes, tu as trouvé des éléments ou des sources d’inspiration ? 
Dijon n’était pas loin mais on a quand même senti cette équipe de Bourg pleine de maîtrise. Ils ont géré leur match jusqu’à la fin, ils n’ont pas été mis en danger, ils ont quand même mis Dijon sous pression. Ils ont beaucoup joué dans le camp adverse, ils ne se sont pas fait coincer chez eux, Dijon aurait peut-être pu jouer un ou deux coups un peu mieux mais ils ont quand même été coincés dans leur camp. Quand tu passes 80 minutes dans tes 40 mètres, la moindre faute se paie cash parce-que tu prends trois points, ils n’ont pas réussi à jouer dans le camp de Bourg-en-Bresse. C’est un peu leur point fort, ils coincent les équipes dans leur camp et Dijon n’a pas réussi à en sortir. 
A Bourg-en-Bresse, il va aussi y avoir un autre élément, c’est le public et le contexte. On sait que Verchère est un chaudron, malgré le Covid qui limite un peu tout cela. Il va aussi falloir s’adapter à ce contexte hostile ? 
Oui, c’est un beau public. Je pense qu’ils seront 5 000, ils doivent être ouverts à 5 000 donc, ils le seront. D’habitude, quand on y va, ils sont plutôt à 6 000 ou 7 000 donc ça va être une grosse ambiance, c’est presque un match de phase finale quand tu vas là-bas. C’est super intéressant pour les joueurs, c’est un public respectueux qui met beaucoup d’ambiance mais il n’y a pas de souci là-dessus, pour les joueurs, ce sera un super match à jouer. On n’a quand même pas beaucoup de pression, c’est une équipe qui est favorite, qui était en Pro D2, ils sont aujourd’hui très en place dans le rugby. Ils n’ont pas été trop gênés dans leur préparation donc, ils ont beaucoup d’avance sur nous. Maintenant, à nous d’aller faire le match le mieux possible et d’essayer de ramener un petit point de Bourg-en-Bresse. 
Tu es en train de nous dire que, sur ce match, Albi est l’outsider ? De un, par le manque de matches et de rythme que risque d’avoir le Sporting Club Albigeois et de deux, du fait que ce soit à l’extérieur font que, pour toi, vous débarquez en tant qu’outsider ? 
Avec la préparation qu’ils ont, ils ont fait leurs matches amicaux, ils ont joué leurs deux matches alors que nous, nous avons 160 minutes dans les jambes contre trois fois plus pour eux, il est sûr qu’aujourd’hui, on ne peut pas se dire que nous sommes favoris pour aller à Bourg-en-Bresse. En plus, ils étaient à l’étage au-dessus il y a deux ans, ils ont un bel effectif, il est certain qu’ils sont favoris. Nous allons essayer de faire le maximum pour respecter cette équipe et donner une opposition de la plus belle des qualités mais j’ai peur que ce soit dur physiquement, on verra bien. 
Quel va être le mot d’ordre pour cette fin de semaine d’entraînement au Stadium ? 
Ca va être d’être efficaces, de conserver ce ballon, de ne pas faire trop d’erreurs et surtout, d’être disciplinés. Et après, ne pas compter ses efforts, s’envoyer et on fera le point au bout de 80 minutes mais là, il ne faut pas qu’on ?(11.36), il faut que l’on fasse le maximum et après, on verra bien. On peut aussi se retrouver à faire déjouer cette équipe si on arrive à scorer, les matches, c’est tout con, si tu arrives à scorer très vite et que tu prends le score, même s’ils sont meilleurs que toi, ils peuvent se retrouver à douter. Donc, il faut arriver à faire un peu déjouer cette équipe et faire la meilleure prestation possible. 
Le seul point positif de ne pas avoir joué, c’est que ça a peut-être permis de ne pas remplir l’infirmerie et qu’elle se vide entre temps ? 
Oui, c’est un point positif. Il est sûr qu’ils ne pourront pas étudier notre banc contre Bourgoin donc ça, c’est un point positif (rires). Après, c’est de ne pas blesser de joueurs mais à un moment, il va falloir que l’on joue aussi pour enchaîner les matches et pouvoir prendre un peu de rythme, avoir un match-repère parce qu’aujourd’hui, on en a pas. Donc, il me tarde que l’on puisse enchaîner un peu, on avait prévu des rotations, de faire souffler des joueurs mais aujourd’hui, on ne peut pas faire souffler les joueurs puisqu’ils n’ont pas joué. C’est encore un début de championnat un peu particulier mais à nous de faire au mieux pour présenter nos couleurs jaunes et noires dans l’Ain et du mieux possible. 
Il y a aussi une question d’honneur et d’orgueil parce qu’on se souvient que, pendant le confinement lorsqu’il y a eu le débat sur la Pro D2, il y a eu une petite guéguerre médiatique et entre supporters pour savoir si Bourg-en-Bresse, Albi, Massy ou Narbonne devaient monter. Avec cette Nationale, tout cela va se régler sur le terrain ? 
Oui, de toute manière, dans le sport, il n’y a que les matches qui comptent, le terrain et les victoires, c’est ce qui fait avancer. Après, tout ce qui est médiatique et sur les à-côtés, on s’en fout un peu, aujourd’hui, c’est le terrain qui va compter et le meilleur gagnera. Pour le moment, ils ont un coup d’avance sur nous, il est sûr qu’ils sont meilleurs que nous à l’heure actuelle donc on fera le point à la fin du match. On va essayer de donner le maximum et on fera le point à la fin du match. 

Pour résumer tes propos, outsider dans un contexte compliqué mais pas résigné, loin de là ? 
Non, jamais, les matches, il faut les jouer ! Vous savez, le rugby, c’est tellement con, trois interceptions et tu gagnes un match  21-0 chez une équipe qui était 10 fois meilleure que toi. Mais bon, il faut qu’ils fassent de mauvaises passes, que le ballon tombe au bon endroit et que tu ailles marquer donc non, il n’y a rien de joué d’avance. Ils peuvent être meilleurs que nous physiquement ces temps-ci parce qu’ils ont plus de préparation que nous mais ce n’est pas non plus obligatoire qu’ils gagnent. Mais aujourd’hui, ils ont déjà un tempo, ils ont déjà vraiment mis un pied en Nationale alors que nous, on y a mis à peine un orteil. Donc, on va tout donner pour essayer de ramener un point de là-bas, ça sera compliqué mais on verra à la fin. 
Pendant deux ans, vous avez fait un pèlerinage au coeur du terre-terre de la Fédérale 1, il faudra peut-être avoir un peu de Mauléon, un peu de Nafarroa sur le maillot du SCA ce week-end à Bourg-en-Bresse ? 
Oui, il faudra se rappeler de tous ces moments-là, de tous ces matches qui étaient du rugby de clochers mais surtout du rugby de valeurs et de solidarité. Et peut-être, enfin, ce n’est pas même peut-être, c’est sûr, nous aurons besoin de beaucoup de solidarité de notre équipe ce week-end à Bourg. Il va falloir que l’on y mette beaucoup de combat, c’est aussi ce que faisait ces équipes-là donc il est certain que l’on se souviendra de tout cela. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-22-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Arnaud Méla lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 22 septembre 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s