#Rugby – Fed1 / P.Guicherd (Mazamet) : «Quand on franchit un escalier, c’est marche après marche!»

Le Sporting Club Mazamétain a entamé sa seconde saison en fédérale 1 face à la Seyne sur Mer, un des favoris de la poule (défaite 24-17). Pour Philippe Guicherd le manager du club sud-Tarnais, ce point de bonus ramèné du Var est encourageant, mais les marches sont encore nombreuses avant d’envisager d’autres prétentions que le maintien. Lors de cette interview réalisé quelques heures avant l’annulation de leur second match (pour cause de Covid19), l’ex joueur de Top 14 nous a livré comme à son habitude un ses sentiments sans faux fuyant et sa vision d’une situation qui dépasse le cadre du rugby. Une chose est sure, Mazamet a l’image de son coach sur un terrain a sa grande époque, se battra jusqu’au dernier souffle pour porter haut les couleurs du SCM et attend avec impatience le derby face à Graulhet ainsi que son cortège de folklore local l’accompagnant.

 

 

Philippe, c’était la rentrée des classes à Mazamet face à un adversaire qui était assez ardu puisque toute la presse et les suiveurs les avaient pointés comme favoris, la Seyne-sur-Mer. Au bout du bout, vous avez un peu fait couiner cette équipe ? 

 

Oui, au bout du bout, on récupère le bonus défensif en fin de match. Je pense que ça aurait été frustrant et vécu comme une injustice si nous étions rentrés de La Seyne sans rien vu l’engagement et la motivation que les joueurs ont mis sur le terrain. 

 

Au début de l’inter-saison, tout le monde pensait que Mazamet allait lutter pour le maintien une année de plus. Avec ce que vous avez réalisé à l’extérieur à La Seyne, vous envoyez un message fort en disant  » cette année, il va falloir compter avec Mazamet, nous ne sommes pas là pour faire de la figuration  » ? 

 

Je ne sais pas si on envoie un message fort. On sait très bien que ça a été compliqué l’année passée, que nous n’avons pas bien figuré et que nous étions relégables. On a bien construit à l’inter-saison, on a bien travaillé et on avait envie d’évoluer. Après, nous ne sommes arrivés nul part pour l’instant, on a récupéré un point de bonus défensif à La Seyne, c’est le premier match de la saison, nous sommes 2es au classement parce-que tous les autres n’ont pas joué. Nous sommes dans notre objectif de prendre des points, de travailler mais pour l’instant, nous ne sommes arrivés nul part. Nous mettons beaucoup d’enthousiasme et d’investissement et à partir de là, on verra un peu plus tard. Je rejoins l’analyse d’Arnaud (Méla coach d’Albi) sur le match de Nice, on attendait les joueurs sur l’investissement et sur ce match-là, ils ont répondu présents sur ce point. 

 

On le sait, il y a un paramètre qui va venir percuter le domaine sportif, c’est le Coronavirus. Ça fait bizarre d’être dans une poule où vous êtes le seul match qui s’est joué ?

 

Oui, on échange beaucoup avec le staff et avec les joueurs par rapport à ça et à la préparation car c’est vrai que, tous les jours, c’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête par rapport au match qui va arriver. Mais, je pense qu’il y a des économies autres, des commerçants et d’autres personnes qui le vivent différemment de nous. Nous, ça reste du sport, du plaisir et on s’adapte aux conditions. Mais ce qui est un peu regrettable, ou négligeable, pour les clubs et pour les partenaires, c’est qu’on a l’impression qu’il n’y a pas de consignes claires pour nous. Autant chez les pros, entre la LNR et l’ARS, il y a quand même un discours qui est assez cohérent, autant chez les amateurs, on est à tâtons et on navigue un peu à vue. Il n’y a pas de visibilité par rapport à ça au niveau des règlements et c’est un peu compliqué pour les clubs amateurs à ce niveau-là. 

 

On le sait, le rugby est un sport où la météorologie est quand même très prépondérante, on ne joue pas les mêmes matches au printemps ou en été qu’au fin fond de l’automne ou en hiver. Les équipes qui ne jouent pas vont jouer ce match de la première journée le 20 Décembre. Entre nous, un La Seyne / Mazamet un 20 Décembre sous la pluie et sur un terrain gras n’aurait pas été le même match que celui de la semaine dernière ? 

 

Non, ça n’aurait pas été le même (rires). Mais la problématique, si beaucoup de matches venaient à être reportés, c’est qu’on va faire cette saison sur deux ans ! Donc, si ça trouve, ça va être l’inverse, au rythme où ça va, les matches reportés l’hiver vont se jouer l’été. Moi, ce que je sais, c’est qu’on a ramené un point de La Seyne, c’était un déplacement compliqué parce-que les joueurs se sont levés à 5h du matin, ils étaient à 50 dans le bus avec les deux équipes. Ils ont su mettre tout ça de côté et sortir une prestation pleine d’engagement et c’était bien. 

 

Et puis, à Mazamet, vous aimez ça les voyages ? 

 

On est habitué de par l’année passée mais, la saison dernière, on mettait un peu plus de temps pour rentrer parce qu’on avait la remorque pleine de points. Cette année, on a limité les dégâts donc, ça va quand même un peu mieux, on est rentré un peu plus vite que l’année passée. 

 

A force de voyager comme ça, vous allez bientôt piquer le sponsor de Provence Rugby, Voyages Privés ? 

 

On aurait pu et comme en plus on est passé à Aix, on aurait pu leur demander qu’ils participent (rires). Mais bon, pour cette année, on a fait notre gros déplacement et maintenant, jusqu’au mois de Mars, nous avons des déplacements qui sont plus cohérents par rapport à notre situation géographique. Ce week-end, on va à Pamiers, ensuite, nous recevons Castanet, on va à Graulhet donc, on reste dans le local sans ces longs voyages qui, forcément, attaquent un peu les organismes. On a fait celui-là, on a même ramené un point donc c’est très bien. 

 

Pamiers, c’est là aussi un nouveau match  » étalon  » face à une équipe qui va compter en Fédérale 1. Ils se sont armés, ils ont des ambitions de monter en Nationale d’ici deux ou trois ans. Ca va encore être un véritable test ? 

 

Oui, ça va être un autre test à nouveau parce-que, comme je le disais, quand on nous demande notre objectif à nous staff et joueurs, c’est de se qualifier. De par le fait qu’il n’y ait plus de clubs pros, on se dit qu’on peut exister et ce sont les résultats sur le terrain qui feront qu’on va exister ou non. On a marqué un point à La Seyne, on va essayer de confirmer à Pamiers, Pamiers qui vont commencer leur premier match à domicile et auront forcément des ambitions pour aussi exister dans cette poule qui est compliquée. Donc, nous avons tous intérêt à engranger des points et à avancer. 

 

On a l’impression qu’avec cette réforme de la Fédérale 1, il y a une homogénéisation de la division qui s’est faite que ce soit pour le maintien ou pour les play-offs. Tout le monde est dans un peloton, dans un pack ? 

 

Oui et puis, tout le monde a envie de croquer. Il n’y a plus d’ogre et je suis content parce-que, quand on voit les résultats de la Nationale, il n’y a pas que la Fédérale 1 qui s’est resserrée. Quand j’entendais certains commentaires de certains clubs qui légitimaient une montée en Pro D2 parce qu’ils étaient premiers nationaux, force est de constater que la qualité de la poule que nous avions nous l’an passé fait qu’il faut modérer certains propos par rapport aux oppositions qu’ils avaient la saison dernière. 

 

Donne-nous des noms

 

Mais non, tu le sais très bien. Quand Albi disait qu’ils méritaient de monter parce qu’ils étaient premiers nationaux, on a bien vu que c’était un peu plus compliqué face à une opposition relevée de joueurs qui étaient dans notre poule. 

 

On voit que, même si tu coaches en Fédérale 1, tu suis la Nationale de près ? 

 

Je ne suis pas avec des œillères, bloqué sur Mazamet, je m’intéresse au rugby. Pas trop au Top 14 mais à partir de la Pro D2, je suis quand même mes clubs de cœur et je suis forcément supporter d’Albi. Ca reste quand même ancré. 

 

On sait que tu es un connaisseur de Narbonne. Qu’en penses-tu pour cette saison, ça va être épais et costaud ? 

 

Oui mais je pense que la difficulté, comme elle va l’être pour nous aussi à notre niveau en Fédérale, ça va aussi être la capacité au niveau des effectifs à enchaîner les matches compliqués avec une grosse opposition qu’ils n’avaient pas forcément l’année passée. Sur un effectif où tu pouvais avoir 18 joueurs de haut-niveau avec d’autres informations, sur cette poule-là, tu ne peux jamais te relâcher parce-que, si tu te relâches, tu n’es pas à l’abri d’une coquille à domicile ou d’un faux-pas qui fait désordre qui vont faire que quelques points te manqueront à la fin. C’est la qualité des effectifs et la gestion des effectifs des clubs qui vont faire qu’ils vont pouvoir exister, se qualifier et viser la montée en Pro D2. Il y a beaucoup de clubs qui vont être dans ce cas-là et on les verra. Pour Narbonne, honnêtement, je n’ai pas suivi leur recrutement ni leurs ambitions mais si on regarde Bourg-en-Bresse par exemple, ils ont aussi eu du mal sur leur première journée, Nice a accroché Albi. C’est intéressant mais je pense que ça va un peu être le tour de France de la Pro D2, il faudra être régulier, être patient et enchaîner les victoires. 

 

On va revenir sur Mazamet. Coach Guicherd, il sera heureux avec quel capital points au bout du premier bloc ? 

 

J’avais un objectif haut de 7 points sur ce bloc. 7 points, c’est comme quand tu fais un match de rugby à 2-0, les 7 points n’existaient pas, c’était entre les deux. Entre nous, à partir de 6 points, c’était un bloc intéressant donc, plus on atteint ces 6 points, plus on aura envie d’atteindre autre chose après, l’appétit viendra en mangeant. On a pris un point à La Seyne mais comme je te l’ai dit tout à l’heure, pour l’instant, nous ne sommes arrivés nulle part. On a fait un bon match, on est content mais la différence entre les équipes moyennes et les équipes qui veulent exister sera dans la capacité à enchaîner les performances, à enchaîner les gros matches. On a fait un gros match à La Seyne avec un gros investissement, on est mâché parce-que ça a beaucoup tapé, il y a eu beaucoup de gros impacts. Donc, il faut bien récupérer et on sait très bien qu’enchaîner deux matches de cette intensité-là, ça va forcément être compliqué avec Pamiers qui arrive derrière. C’est à nous le staff de garder les joueurs mobilisés et concentrés pour enchaîner les performances. 

 

On sait que, quand tu étais joueur, tu aimais les matches avec de la tension, avec de la grinta, des matches qui étaient un peu explosifs. Il y en a un qui ne va pas tarder à arriver, Mazamet / Graulhet, le derby du Tarn. Tu as commencé à le préparer, à conditionner tes joueurs pour ce derby ? 

 

Quand on franchit un escalier, c’est marche après marche. Pour l’instant, on a passé La Seyne, on a Pamiers qui arrive puis Castanet et après, on a du repos. Donc, on a le temps avant de rentrer là-dedans, on y sera tranquillement. On saura motiver les joueurs sur ces matches-là mais il est vrai qu’il y a certains matches plus compliqués ou moins difficiles à motiver que d’autres et sur celui-là, je pense qu’il n’y aura pas besoin d’aller chercher beaucoup de motivation pour que les joueurs soient à fond dedans. 

 

Et puis, sur les bancs, il y aura une légende jaune et noire de chaque côté ? 

 

En plus, oui, mais lui, il est quand même plus petit que moi (rires). 

 

Ca y est ça commence à brancher avant même le match. Je sens que ce Graulhet / Mazamet va valoir son pesant de cacahuètes

 

En plus, vous, les journalistes, vous allez parler de Guillaume Caze qui devait y aller, ne pas y aller, vous allez faire monter la sauce. 

 

On en a déjà parlé ! 

 

Pour ça, c’est très bien, ça va faire monter un peu le truc, ça va être sympa. Des petites piques, un vrai derby comme à l’époque avec le rugby, ça va rappeler d’anciens moment. Un match qui sera forcément âpre entre deux équipes et à la fin du match, même s’il ne faut pas parler de ça maintenant, on boira une bière et tout se passera bien. C’est ce qui est bien dans le rugby : malgré tout ce qui se passe avant et pendant, à la fin, ça se finit bien. 

 

C’est le rugby qu’on aime, le rugby à la Guiche

 

Peut-être pas mon rugby à moi mais ce que j’apprécie, c’est ça. De gros combats, beaucoup de respect et à la fin, une bonne poignée de mains, une bonne bière et on remet tout à zéro. Quand on peut se regarder dans les yeux à la fin du match en félicitant l’adversaire d’avoir fait un bon match, victoire ou pas victoire, je pense que c’est quand même le principal. 

 

Tu as vu qu’il y avait des élections à la Fédération Française, tu nous avais parlé des gueuletons à la Fédération qui duraient des plombes et que parfois, ils oubliaient de prendre des décisions. Toi qui aimes bien les gueuletons, pourquoi tu ne t’es pas mis sur l’une des deux listes ? 

 

Je n’ai pas le temps (rires). On ne m’a pas sollicité. 

 

C’est bizarre ça (rires)

 

C’est bizarre, je ne sais pas. Je n’ai pas non plus fait savoir que j’étais possiblement intéressé mais pourquoi pas ? Pour l’instant, je suis sur le terrain et tout va très bien. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-15-sept-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de P.Guicherd lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 15 septembre 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s