#Football – Quand P.Insa et Lavaur se frottaient à Niort en Coupe de France

S’il est une chose dont tout le monde raffole en Coupe de France, ce sont les épopées des petits poucets. Pour les plus marquantes, on peut bien sûr citer Calais en 2000 ou Les Herbiers en 2018. Plus récemment les Tarnais ont vibré pour Marssac contre Pau. Mais Patrice Insa, aujourd’hui coach de Réalmont, a profité du premier tour de Coupe de France pour ouvrir son livre d’Histoire et nous replonger au cœur d’un inoubliable Lavaur-Niort un certain 31 janvier 1993.

Peux-tu partager un peu les sensations que t’offrent encore aujourd’hui les souvenirs de cette épopée ?

Ce sont des souvenirs ancrés au plus profond de moi. J’ai encore la photo de l’équipe que j’avais faite en 30 par 40 dans ma boîte à souvenirs ! Je pourrais nommer tous les joueurs qui jouaient. C’étaient les 64èmes de finale de la Coupe de France. Nous avions éliminé Pau juste avant sur un match assez spectaculaire pour prendre Niort derrière, une équipe de D2. Si je me souviens bien à l’époque on trouvait des William Loko, Philippe Violeau dans l’équipe et même mon grand pote Thierry Alajarin. Pour les jeunes d’aujourd’hui, ce sont des inconnus (rires). La préparation d’avant-match et les entraînements pendant les deux semaines avant le match étaient assez impressionnants. Jouer un 64ème de Coupe de France, tu ne le joues pas tous les ans, d’ailleurs c’est mon seul. Ça avait été un moment mémorable.

C’était clairement une fête sensationnelle pour Lavaur…

Ah oui. Maintenant on peut le dire, dans le stade officiellement il devait y avoir 1600 ou 1700 supporters, officieusement il devait bien en avoir 2500 ou 3000 qui sont rentrés par derrière (rires). Imaginer le stade de Lavaur avec 2500 personnes c’est assez impressionnant. Les tribunes étaient pleines. C’est un souvenir ancré dans la mémoire. A l’époque, nous avions une équipe assez barjot dans le bon sens. Ça a été mon lot de jouer plutôt dans des équipes caractérielles dans le bon sens plutôt que techniques.

Quasiment trente années plus tard, que retenir du contenu de la rencontre ?

C’était un match où nous n’avions pas démérité, loin de là. Il y avait beaucoup de vent, ça a un peu perturbé le match qui n’a pas été de grande qualité. Nous perdons 2-0. Niort jouait en vert et nous en bleu avec le maillot de TF1. Personnellement, ce jour-là, j’avais fais un très bon match et ça a été un déclencheur à tous les niveaux pour moi. Par rapport aux gens qui me voyaient jouer, ça a été une confirmation de mon futur au niveau CFA/CFA2. Ça m’a permis de confirmer mon potentiel par rapport à mes entraîneurs. Tout le monde avait fait un très bon match, mais par rapport à une D2, j’avais fais un match très costaud contre Pascal Bollini. J’ai ainsi pu continuer à monter en grade.

Affronter un tel adversaire pour des joueurs de foot amateur, ce sont des sensations plutôt rares. Comment s’y prépare-t-on ?

J’avais 23 ans. J’étais carrément inconscient. A l’époque que je jouais une D2 ou autre, ça ne me changeait rien. Par rapport à la presse et aux gens autour du club, ça nous fait voir d’autres choses. On se rend compte que pour un club c’est quelque chose de très important. Au vu de mon âge à l’époque, je ne pouvais pas m’en douter. Ça m’arriverait maintenant, je prendrais davantage mon temps. Par exemple, quand nous sommes montés en R2 avec Graulhet j’ai fais venir un mec qui a filmé avant, pendant et après le match pour profiter de ces instants-là. Le match contre Niort m’arriverait maintenant, j’en profiterais différemment. Je prendrais davantage de plaisir et garderais plus de souvenirs. J’essaierais de faire comprendre aux joueurs l’importance du match pour le club, mais aussi pour eux.

Se remémorer ces souvenirs qu’est-ce que ça fait ?

Ça fait quelque chose, surtout de l’avoir vécu avec Lavaur. J’ai vécu de grandes choses à Albi et j’y ai des souvenirs inoubliables. Mais Lavaur, c’est le club qui m’a trouvé un travail à un moment où je devais partir. Ce travail me fait manger depuis. J’ai passé huit-dix ans à Lavaur donc quoi qu’il arrive ce sont choses que je n’oublierais jamais. Personnellement, je n’étais pas destiné à jouer à un tel niveau. Mais à force de travail, on se rend compte que l’on peut progresser. Moi ça m’a permis de progresser à tous les niveaux surtout tactiquement et techniquement. Lavaur a été le déclencheur de tout ça. De temps en temps, je me regarde le match en vidéo et les photos. C’est un match ancré en moi.

Propos recueillis par N.Portillo

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