#Rugby – Nat / A.Méla (Albi) : «Il y a vraiment une bonne énergie!»

Le Sporting Club Albigeois repart pour une nouvelle saison en Nationale, avec en apéritif, un match de préparation face à un des favoris de cette division passerelle entre Pro D2 et fédérale 1. Ce vendredi 21 août à 19h30 (en direct sur RadioAlbiges – Le #MagSport) le SCA accueillera le RC Narbonne au Stade Mazicou pour une premières levées amicale. L’occasion pour notre rédaction de faire le point avec le manager albigeois, Arnaud Méla, sur les dernières semaines de pré-saison des jaunes et noirs. Entamant sa 4ème saison dans la préfecture tarnaise, l’ex seconde ligne internationale compte bien sur cet affrontement, pour faire un état des lieux de ses troupes, face à un adversaire qui sera un rival déclaré à l’accession en Pro D2 . Heureux de l’état d’esprit de ses gars, Arnaud Méla est aussi inquiet face à la recrudescence des cas de Covid aux quatre coins de l’hexagone (Stade Français , Stade Niçois, CS Vienne etc …) et a préféré lancer une campagne de test malgré que la réglementation fédérale ne l’y obligeait pas. Entretien avec un manager qui veut mettre toutes les chances de son côté pour arriver à son objectif suprême, accéder en Pro D2 et qui espère voir retranscrit sur le pré, ce vendredi, les belles choses vues depuis la reprise des entraînements.

 

Crédit photo F.Lancelot / L’equipe

 

J’imagine que tes gars et toi sont un peu comme des gosses à la veille du réveillon avec cette reprise du rugby, cette véritable reprise et ce premier match de présaison ? 

 

Oui, ça fait maintenant un mois et demi qu’ils bossent dur avec un mois de Juillet quasiment sans ballon donc, c’est vrai que je pense que les joueurs ont hâte de rentrer dans le vif du sujet mais aussi de sortir des oppositions interclub. On a toujours l’appréhension d’aller taper sur des potes donc là, ça va être le premier galop et j’espère que nous allons faire une belle prestation, que les joueurs vont pouvoir se lâcher et prendre du plaisir, qu’on puisse tirer des leçons de ce match et déjà s’appuyer sur cette première rencontre.  

 

Narbonne, comme Albi, est une équipe déclarée aux prétentions de Pro D2. Ce n’est pas un risque de les rencontrer en avant-saison et de dévoiler ses armes ? 

 

Autant eux que nous devions faire des matches contre des clubs de Pro D2. J’avais arrêté Aurillac et Carcassonne et au dernier moment, on nous a annoncé qu’on ne pouvait pas faire de matches amicaux contre des équipes de Pro D2 ou de Top 14 donc, autant moi que Pezery, nous nous sommes retrouvés coincés. On a eu la chance de se rencontrer, moi, je prends ça comme une aubaine parce-que jouer une équipe de ce calibre-là va un peu nous donner le ton de la saison. J’aurai bien sûr préféré qu’on s’évite pour ne pas trop se lire mais autant lui que moi allons faire tourner. Nous aurons deux 15 de départ donc, ce sera un match bien pour les contacts et l’intensité, après, ni eux ni nous ne ressortiront grand-chose de la façon de jouer. Ni Narbonne ni Albi n’avons eu le choix mais je suis très heureux quand même de rencontrer une équipe de ce calibre-là, avec les noms qu’ils ont. Ils ont un effectif de qualité donc on va déjà voir où l’on en est au niveau de notre préparation physique, voir si on est bien ou si on a encore du travail pour pouvoir attaquer de championnat du mieux. 

 

Est-ce qu’il y a des joueurs à surveiller dans cette équipe de Narbonne, des joueurs cadres ou des joueur clé dans le jeu narbonnais ? 

 

Ils en ont beaucoup, ils ont renouvelé l’effectif. Si je ne dis pas de bêtise, ils ont 22 ou 23 nouveaux joueurs pour 16 ou 17 départs donc c’est une équipe qui devrait être en phase de construction mais surtout de trouver des repères collectifs. C’est l’avantage que j’ai sur eux car je ne bouge pas trop mon effectif depuis trois ans. Après, il est sûr qu’ils ont des joueurs clé, ils ont des joueurs d’expérience. Il m’a dit qu’il avait eu un peu de casse donc, je ne sais pas trop quel effectif ni quelle équipe il mettra mais en tous cas, il est sûr qu’il a des joueurs d’expérience à des poste clé qui seront des joueurs à surveiller. C’est le premier match amical, nous, nous sommes juste là pour faire le point physiquement, faire aussi les premières collisions à 100% réellement et également se retrouver sur les premières phases de combat, faire de bonnes mêlées. J’espère que les mêlées seront bien jouées, qu’ils resteront debout dessus et sur quelques ballons portés, voir un peu tout ça et faire une revue de tout le rugby. 

 

Il va quand même y avoir un petit décalage de préparation entre Albi et Narbonne puisqu’ils ont joué le week-end dernier contre le CO Berre, qui est promu en Fédérale 1 alors que pour Albi, ce sera le premier match amical. D’où vient cette volonté de ne faire que deux matches amicaux ? Est-ce à cause du fait que, d’entrée, le Sporting va enchaîner 4 matches d’affilée alors qu’il y a eu une grande coupure ou, à défaut d’avoir des adversaires, vous vous êtes dits  » on ne fera que deux matches  » ? 

 

J’aurai pu trouver un 3e match mais ça fait maintenant trois ans que le Sporting n’est plus en Pro D2 et mes joueurs ne sont pas encore habitués à avaler des grosses charges de travail plus des blocs de 4 à 5 matches. Donc, je trouvais risqué de leur rajouter trois matches amicaux avant d’affronter un gros bloc. J’avais aussi peur de perdre des joueurs dès le début de saison donc, nous allons faire deux matches, nous allons essayer d’y mettre beaucoup d’intensité parce-que justement, nous n’en avons que deux donc, nous ne pouvons pas patienter. C’est un peu préjudiciable pour nos jeunes parce-que d’habitude, sur le premier match, je fais tourner avec beaucoup de jeunes et là, j’en verrai moins. Mais, je ne veux pas prendre ce risque-là, il nous restera un week-end off avant la reprise où l’on pourra se faire une opposition entre nous mais là, nous pourrons gérer les intensités, gérer beaucoup de choses et ça sera moins risqué qu’un match amical. C’est un choix personnel, je ne voulais pas prendre le risque de blesser du monde avant de commencer la saison. 

 

A 24h de ce premier match, est-ce que tu sens les joueurs qui trépignent, qui ont envie de lâcher les chevaux et qui sont impatients ? 

 

Oui, lors de l’entraînement, il y avait vraiment une bonne énergie. Ils ont fait un bon entraînement, je sens quelque chose de bon et on sent que les joueurs ont envie d’en découdre. Bien sûr, c’est le début de saison tout le monde est excité, on sort d’une longue période donc ils ont envie d’en faire un peu plus mais, je sens qu’ils ont envie de faire un bon match. Je sais comment ça va se passer, souvent, quand tu as envie d’en faire un peu plus, il faut surtout penser à jouer collectivement plus qu’individuellement. Quand on tous envie, on oublie souvent les repères collectifs et le projet mais, si on arrive à les cadrer là-dedans, je pense qu’ils devraient arriver à se régaler et au moins, trouver déjà de petites sensations entre eux. Nous n’avons pas beaucoup de nouveaux mais il est important de les intégrer et ces matches-là sont là pour ça. 

 

C’est un match, comme le début de la saison, va se dérouler dans des conditions sanitaires strictes et particulières. Que penses-tu de cette situation où l’on voit, par exemple, un club comme le Stade Niçois en Nationale qui a deux cas ? C’est quelque chose qui t’inquiète et te fait te gratter la tête ? 

 

Oui, bien sûr que ça me fait me gratter la tête. Je fais ce que je peux pour être le plus pro possible, je vais le dire comme ça, au niveau de ces règles d’hygiène. On teste les joueurs tous les lundis depuis trois semaines, il y a prise de température tous les matins, on met le masque pour aller en salle vidéo. On essaye en tous cas de faire le maximum et j’aimerai que tout le monde joue le jeu comme ça. C’est un sport co, il y a du contact et le moindre match avec une équipe qui ne joue pas le jeu en face et qui a 5 / 6 cas mais pas déclarés car pas suivis et pas testés peut vite faire des ravages. Donc moi, je fais le maximum et j’aimerai que tout le monde joue le jeu aussi pour qu’on puisse au moins avancer dans ce championnat parce-que, ça peut aller tellement vite qu’en moins de 3 semaines, on peut polluer une quinzaine d’équipes. Ça se croise dans tous les sens donc, ça peut aller très vite et nous, en tous cas, on a pris la décision de faire le maximum. Nous n’avons pas eu un cahier des charges comme l’ont eu le Top 14 et la Pro D2 mais, en tous cas, nous avons essayé de faire le maximum pour gérer au mieux. Pour le moment, nous avons eu 0 cas donc j’espère que les joueurs vont aussi continuer chez eux, parce-que nous ne sommes pas avec eux le soir, la nuit. 

 

Moi qui pensais que tu allais les border le soir avant d’aller au lit ? (Rires)

 

Non, pour le moment, je vois qu’il n’y en a pas besoin (rires). Mais ça peut aller si vite … Aujourd’hui, on en a 0, demain, on peut en avoir 3 même en prenant le maximum de précautions donc, on ne va pas s’emballer mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’il serait impératif qu’il y ait au moins un suivi de fait avant la reprise du championnat. Parce-que, si une semaine avant le championnat, on nous obligeait à faire un test et qu’on se retrouve devant le fait accompli avec 10 ou 12 joueurs en moins, qu’est-ce qu’on fait ? On arrête ? Je ne sais pas et je me pose toutes ces questions donc, on fait le maximum et, pour le moment, on ne gère pas trop mal, il faut continuer comme ça, en tous cas pour nous. 

 

C’est aussi un appel au public à bien respecter ces mesures parce-que s’ils veulent soutenir leur équipe, le premier soutien est de ne pas contaminer les joueurs ? 

 

J’ai vu un peu les images comme tout le monde et j’ai vu qu’en tribune et au niveau de la main courante, tout le monde avait bien joué le jeu. Au coup de sifflet final, il faut essayer de patienter, de ne peut-être pas être tous autour des joueurs comme j’ai pu le voir. C’est sûr qu’il est toujours bien de pouvoir faire une photo avec le joueur qu’on aime ou de passer un moment avec mais, essayer de garder au maximum les distances, c’est au moins le minimum que l’on puisse faire. Il faut que l’on arrive à être patient, ça ira bien mieux l’année prochaine ou dans deux ans. On aura le temps de faire comme on a eu fait donc il faut garder un peu de distance, garder les matches. Je le vois sur les fins de match, quand on voit tous les rassemblements de foule qui se rapproche des joueurs, c’est le pire pour nous. 

 

C’est incontrôlable ? 

 

C’est incontrôlable et ça peut aller très vite. On le file à un joueur, il rentre dans le bus et il le file à trois, le lendemain à l’entraînement, il le file à 4 de plus et après, on est en difficulté. Donc, il faut que l’on arrive à être pro et garder un minimum de distance. 

 

Après le match contre Narbonne, il y aura un match contre Valence d’Agen, une équipe qui remonte en Fédérale 1 puis un stage d’oxygénation à la montagne. C’est un peu une méthode de cycliste d’aller s’oxygéner avant le Tour de France ou avant une grande épreuve ? 

 

Lors de ma première année, j’avais emmené les joueurs à Luchon et je voulais repartir en montagne. Ça change, ça fait prendre l’air, on sait aussi que ça leur fait du bien d’aller faire des marches en montagne. Ils se retrouvent entre eux, ils ont aussi un peu besoin de solidarité parce qu’il y en a toujours qui sont à l’aise pour marcher en montagne mais il y en a d’autres qui ne sont pas trop habitués donc, il y a toujours besoin de ça. Ca nous sort aussi du quotidien, on va passer trois jours à Saint-Lary où on ne va pas trop parler de rugby, ce sera vraiment passer du temps ensemble, vivre des bons moments et essayer de faire le plein d’énergie et de gaieté avant d’attaquer ce marathon qui va quand même être une saison très longue et éprouvante. C’est la première année que je le fais si tard, d’habitude, je le fais plutôt Août alors que là, je le fais juste avant la reprise du championnat. J’ai voulu changer un peu et trouver une option pour qu’on fasse quelque chose de sympa pour les joueurs sans souci, qu’ils passent un bon moment entre eux, trois jours un coupant un peu d’avec les soucis du quotidien et se soucier juste du bien-être de l’équipe. 

 

On sait que tu es manager sportif du Sporting Club Albigeois mais on ne te connaissait pas un nouvel atout dans ta manche, celui de commercial, puisque tu es allé décrocher un nouveau partenaire / investisseur au SCA. C’est une aubaine pour le club mais c’est aussi un bon boulot de ta part d’avoir convaincu Phillipe Ginestet de rentrer dans la grande famille jaune et noire ? 

 

Tous les joueurs, tout le monde est ambassadeur du club et représente le club. J’ai eu l’opportunité de rencontrer Philippe il y a trois ans à Strasbourg et nous avons ensuite garder des liens. C’est un Albigeois qui a été dans les travées du Stadium étant tout jeune et il avait quand même un peu de sang jaune et noir dans les veines donc, ça a quand même été assez facile pour moi. Si je l’ai fait, c’est pour le Sporting et pour aider ce club à passer ce cap, maintenant, je sais que si tout le monde arrivait à trouver un partenaire de plus, peut-être que ça ferait la différence. Moi, je suis très content qu’il nous ait rejoints et j’espère qu’on va arriver à le rendre heureux et qu’il ne regrettera pas d’être venu cette année avec nous. On va essayer de faire le maximum pour aller chercher ces phases finales, c’est l’objectif du club donc c’est son objectif à lui. Il est venu nous aider mais c’est quelqu’un qui a toujours réussi dans la vie et s’il vient nous aider, c’est qu’il a envie qu’on y arrive aussi. Il est venu nous amener un petit plus et il a contribué à la culture de la gagne, à la vie du SCA et c’est pour cela que j’espère que l’on va arriver au bout et que personne n’aura de regret. 

 

Nous sommes à quelques jours du début des matches amicaux. Une préparation réussie passe t’elle par deux victoires ou au moins par des matches aboutis ? 

 

Dans des matches comme ça, les scores ne sont pas très importants. On joue chez nous donc, j’aimerai que l’on gagne chez nous parce-que je n’aime pas perdre chez moi. Ce qui compte, c’est surtout que l’on retrouve le travail que l’on effectue depuis un mois et demi et ce qui a vraiment été fourni, c’est la condition physique. Donc, j’espère que je vais avoir des mecs en forme puis surtout, retrouver notre circulation sur le terrain, un peu de lucidité et de calme sur nos sorties de camp, que ce soit assez propre et pragmatique. Nous n’avons pas trop travaillé la zone de marque mais qu’on arrive à marquer et à être patient. Souvent, en début de saison, c’est l’impatience qui fait qu’on ne marque pas parce qu’il y en a toujours un qui veut vite scorer et il faudra que l’on soit patient. Je vais regarder un peu l’état de notre collectif et de notre jeu à la fin du match. 

 

Il ne nous manque plus qu’à donner rendez-vous au public jaune et noir à Mazicou pour venir voir la première levée amicale du Sporting Club Albigeois. Ça sera à 19h30 ce vendredi, venez nombreux mais dans le respect des mesures sanitaires

 

Merci beaucoup

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-18-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Arnaud Méla lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 18 août 2020.

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