#Rugby – Nat / R.Gourdon (Dijon) : «On va se battre comme des chiens tous les week-ends!»

Les bourguignons du Stade Dijonnais entament la dernière ligne droite de leur préparation, avant de débuter l’ultra relevé « Nationale« . L’occasion a quelques semaines du coup d’envoi de cette nouvelle division passerelle entre ProD2 et fédérale 1, de prendre le pouls des stadistes avec leur manager, Renaud Gourdon. Conscient des imperfections de la saison passée, abordant ce nouveau challenge avec humilité, celui qui entame sa 4ème saison dans la cité des ducs annonce la couleur : Dijon ne lâchera rien. Focus sur un club qui se structure, à l’image de la réfection du stade Bourillot, et dont les ambitions récentes sont certes moins affirmées, mais restent profondément ancrées dans un coin de la tête.

 

 

Renaud j’imagine que pour toi comme pour tout le monde, la pause a été très longue. Tu as dû avoir une grande joie de retrouver tes joueurs à la reprise ? 

 

En effet, c’était un réel plaisir de retrouver à la fois le staff, les joueurs et les bénévoles qui animent le club. 

 

Il doit quand même y avoir une certaine frustration pour toi : on sait que tu es un compétiteur, la saison n’est pas allée à son terme et vous n’avez pas pu aller au bout de vos rêves. Le rêve de Dijon était d’aller une nouvelle fois en play-off pour essayer de monter en Pro D2. Comment est-ce qu’on évacue cette frustration ? 

 

C’est quelque chose que l’on a subi donc, nous n’avons pas maîtrisé. Il y avait forcément de la frustration, sachant que nous étions sur une saison qui, pour nous, était moins aboutie que la saison précédente même si nous étions 2es au classement avec 13 points d’avance. Il restait 4 matches et nous avions en tous cas toutes les cartes en main pour nous qualifier pour les play-offs, ce qui était notre objectif. Malheureusement, la Covid est arrivé au milieu de tout ça et tout s’est arrêté donc, forcément tu subis. Tu as l’espoir de reprendre mais cette crise sans précédent nous a très vite ramené à la raison et il a vite fallu qu’on se rende compte que la saison serait terminée et qu’il faudrait basculer sur la prochaine. 

 

On va faire un peu l’introspection de cette saison qui, comme tu le dis, n’a pas été aussi aboutie que la précédente. Comment tu assimiles cette légère baisse de régime du Stade Dijonnais ? Par le fait que vous étiez montés tellement haut l’année dernière qu’il y a eu un contrecoup ou alors par le début d’un nouveau cycle voire aussi quelques erreurs dont tu fais amende honorable ? 

 

Je pense que c’est un ensemble de tout cela. Tout d’abord, nous avons perdu des garçons qui étaient influents, en tous cas dans l’équipe : des garçons comme Jules Soulan, qui était le maître à jouer et qui est parti jouer à Colomiers, qui a fait une très belle saison et qui nous a manqué. Il y a également Thibault Dufau qui est parti à Aix qui nous a manqué donc, nous perdons notre charnière et deux finisseurs, des garçons que vous avez vu à Albi et qui étaient redoutables dans les couloirs. Ça, c’était une première chose, la deuxième est que, dès le début de saison, je n’ai pas retrouvé l’état d’esprit qui nous animait la saison précédente car, à sur cette dernière, nous n’avions pas l’ambition de jouer les play-offs. C’était une saison un peu surprise, nous voulions nous qualifier en Du Manoir et nous aurions été très contents. Il y a eu un concours de circonstances, un engouement et puis un investissement de cette équipe qui nous a amené à jouer les play-offs avec d’ailleurs un très beau match à domicile contre Albi où l’on gagne mais pas suffisamment pour renverser la vapeur au match retour. Nous, nous étions déjà au taquet du taquet et on a vu une équipe d’Albi qui se qualifie sur la fin du match mais on sentait quand même qu’il y avait encore une classe d’écart entre ces deux équipes. Encore une fois, après cela, il faut recontinuer et peut-être que, dans la gestion, dans le management, j’ai certainement manqué des choses qui ont fait que je n’ai pas retrouvé l’âme de cette équipe. Même si je pense qu’on ne fait pas une mauvaise saison lorsque l’on est 2e mais il manquait plein de petites choses qui ont fait que ça n’a pas matché comme ça devait l’être. 

 

Et puis, il y avait aussi le poids de ces nouvelles ambitions du Stade Dijonnais qu’il fallait digérer ? 

 

Tu sais comme ça se passe : quand tu réussis une saison et que tu vas en play-off, ça donne de l’appétit à tout le monde. Ça donne de l’appétit à tes dirigeants, les adversaires te regardent aussi différemment parce-que tu prends un statut qui est différent et le costume était peut-être un petit peu grand à assumer tout de suite pour notre jeune équipe. Et peut-être que j’ai eu du mal à faire passer certains messages, c’est possible. Je le redis, même si nous étions 2es et que nous avions de grandes chances d’aller en play-off, c’est surtout dans l’atmosphère au quotidien où ne ressentais pas la qualité du travail comme la saison précédente. Maintenant, il n’y avait rien d’alarmant et puis, nous perdons aussi très rapidement l’un de nos joueurs majeurs qui a été longtemps capitaine de l’équipe avec Otilo qui se blesse au genou. On a eu une recrudescence de blessures que nous n’avions pas connu la saison précédente où nous n’avions quasiment pas eu de blessés alors que là, la 3e ligne a été très vite décimée : Kevin Amiot, qui est l’un des leaders de jeu chez nous, se pète rapidement, Otilo se pète le genou et puis d’autres garçons comme ça qui manquent et ce liant a mis du temps à prendre. Maintenant, quand je dis que nous avions toutes nos chances, c’est qu’à l’aube de cette nouvelle année, en Janvier / Février, nous commencions à retrouver, en tous cas, la qualité de notre jeu, l’allant, les joueurs revenaient petit à petit de blessures, on retrouvait une équipe compétitive et je pense que nous aurions été redoutables en phases finales. Ça, ça restera toujours en suspens mais, ça a permis d’ancrer ce qui va être pour nous cette saison, le retour de notre groupe à la compétition. 

 

On va essayer de voir le verre à moitié plein et l’avantage qu’il y a eu à cette crise du coronavirus, ça a été la création de cette division Nationale qui regroupe les meilleures équipes de Fédérale 1. J’imagine que toi, tu es ravi de voir cette division naître ? 

 

Complètement, je suis complètement ravi et je pense que nos dirigeants aussi, à plusieurs titres. La première chose, c’est que nous sommes encore une équipe jeune, ambitieuse et le fait de nous retrouver avec les meilleurs va forcément nous faire progresser. Ca va être très, très difficile et très, très long avec 14 équipes et 26 matches, que de très belles écuries, des équipes qui pourraient déjà être en Pro D2 en termes de qualité, trois équipes qui ont fait un recrutement 5 étoiles comme Narbonne, Nice et Bourgoin qui ont été chercher plus de 20 mecs par équipe donc, ça va être des équipes terribles à jouer. Il y a aussi trois autres équipes qui sont aujourd’hui dans la continuité avec un effectif qui était déjà très bon et qui sont allés intelligemment cibler juste quelques joueurs comme Albi, Bourg-en-Bresse et, à un degré moindre, Massy. Ca fait déjà six équipes qui vont batailler pour les deux premières places synonymes de demis directes. Ensuite, il y a des écuries comme nous qui sont dans la continuité, qui vont continuer d’apprendre, quand je dis nous, je parle de Cognac, de Tarbes et de toutes les autres équipes que l’on va rencontrer. Il n’y aura pas de  » petites  » équipes : souvent, dans un championnat régulier comme l’année dernière, tu avais 3 / 4 grosses écuries, un milieu de tableau qui se battait pour le Du Manoir et ensuite, des équipes qui se battaient pour ne pas descendre, c’était comme ça. 

 

Il n’y a plus le loisir de monter en puissance comme en Fédérale 1. Il faut de suite rentrer dans le vif du sujet ? 

 

Oui mais c’est très bien qu’il y ait des matches durs tous les week-ends. Je le vois pour nous et quand je disais que l’an dernier, je ne retrouvais pas ce petit leitmotiv, c’est que peut-être que dans nos têtes, et peut-être que ça venait aussi de moi, il y a eu des matches qui semblaient faciles et où l’on s’est manqué. Il y a eu le premier match de l’année à l’ASVEL, une équipe où l’on doit, logiquement dans nos ambitions, aller gagner et bien, ils nous ont mis une petite fessée, un rappel à l’ordre. Il y a eu un gros manque d’humilité de notre part et de suite des points à aller chercher. Cette année, tu ne pourras pas te permettre, on va avoir la peur au ventre tous les week-ends et ça, c’est très bien pour nous parce-que, quand on a la peur au ventre, on est capable de décupler nos forces. 

 

Tu parlais des recrutements XXL de Narbonne, Bourgoin et Nice, ce qui est une réalité, mais le recrutement de Dijon est loin d’être mauvais. De plus, il y a le retour de l’enfant prodigue, Thibault Dufau ? 

 

Oui, il y a le retour de Thibaut et on est très content qu’il nous ait rejoints après son expérience en Pro D2 à Aix. Il était parti tenter quelque chose, ça n’a pas totalement fonctionné comme il le souhaitait, même s’il a eu du temps de jeu et qu’il a forcément appris et progressé. Il va revenir avec un bagage supplémentaire et il va nous amener cette plus-value-là. On a essayé avec nos moyens, qui ne sont pas énormes, de travailler plutôt sur la qualité, d’amener des garçons avec un état d’esprit travailleur, ambitieux et humbles. On a pris le temps de choisir les garçons qui allaient nous rejoindre, 18 nous ont quittés, 12 sont arrivés. Nous avons fait un choix en termes budgétaires de ne pas se griller, c’était important, nous avons une équipe dirigeante qui a veillé à ce qu’on ne parte pas dans tous les sens. C’est, pour nous, une année qui va être de transition, une année où il va falloir essayer de se stabiliser dans cette division qui est prometteuse et qui a un bel avenir. Pour nous, il n’était pas question de recruter à tour de bras, nous avons essayé d’identifier nos faiblesses pendant le Covid, les manques, les besoins et nous nous sommes attelés à aller chercher des garçons qui correspondaient au style de jeu que l’on met en place mais également à l’état d’esprit que l’on voulait retrouver dès cette année. 

 

Et des valeurs sûres, un peu à l’image de Quentin Pointud qui faisait le bonheur de Blagnac, qui est rompu aux à la Fédérale 1 et aux joutes de haut de tableau. C’est un peu ce genre de joueur qui a été ciblé ? 

 

Oui, tout à fait. Quentin est un garçon qui est rompu aux joutes de Fédérale 1. C’est un petit peu un pilier à l’ancienne, un nounours un peu ronchon mais qui, je pense, trouve du plaisir dans notre forme de travail. Il y a aussi d’autres garçons et je pense que, sur tous les postes, il manque un joueur qui n’est pas encore arrivé au regard du Covid et des papiers extérieurs administratifs avec l’Afrique du Sud qui s’éternisent un petit peu. Mais, tous les autres sont arrivés et la première impression, c’est qu’on ne reconnaît déjà pas les nouveaux des anciens. L’intégration se passe parfaitement et ce n’est que du bonheur au quotidien. 

 

On va aussi parler de cette reprise, une reprise déjà physique avant d’être une reprise technique. Les prismes ont été un peu chamboulés par rapport à d’habitude : d’abord, la crise du coronavirus a créé une maxi trêve, la plus grande je pense depuis la fin de la 2e guerre mondiale et puis, il y a aussi la nouvelle Nationale qui a renversée les façons de travailler ? 

 

Complètement. Il a fallu prendre deux choses en considération dont la première, une fois qu’on a eu de la visibilité, à savoir la reprise du championnat fixée au 13 Septembre. Est-ce que c’est une bonne chose ou une mauvaise chose ? Nous n’en sommes pas juges mais nous allons nous préparer pour être opérationnels les 12 et 13 Septembre. A partir de là, il y avait aussi une reprise par étape qu’il fallait mettre en place. Nous nous étions fixés 10 semaines de reprise avec une semaine de coupure pour d’abord, dans un premier temps, réhabitué les garçons à la course même s’ils se sont entretenus. Nous avons été agréablement surpris de leur état de forme quand nous les avons retrouvés. A part un joueur, tous étaient dans les standards que l’on attendait, ils avaient perdu de la masse musculaire mais ce qui était normal parce-que chacun n’était pas équipé chez lui et n’avait pas une salle de muscu individuelle donc, chacun a travaillé comme il pouvait. Nous avons retrouvé des garçons dans un état de forme très intéressant ce qui nous a permis de travailler tout d’abord par petits groupes et de réhabituer à la course mais aussi aux aptitudes puis aux contacts pour revenir tranquillement à la normale. Nous avons eu quatre premières semaines dirigées par notre responsable de la performance Jack Westley, qui a fait un travail phénoménal, à la fois pendant la période de Covid mais aussi sur ce mois, ce qui nous permet de clôturer ce premier bloc d’entraînement sans blessure. Le staff sportif a également fait un gros boulot pour également des séances de skills, d’habileté qui nous permettaient de pouvoir travailler très rapidement avec le ballon tout en sécurisant les situations donc c’était très intéressant. Et puis, il y a l’investissement des joueurs parce-que, comme je te le disais, je crois qu’aujourd’hui, ils ont compris qu’avec trois mois d’arrêt, ils sont arrivés avec les dents qui rayaient le parquet pour attaquer tout cela et c’est très positif. 

 

Maintenant va commencer la seconde phase de cette reprise. Après quatre semaines plutôt axées sur le physique, vous allez commencer à retâtez un peu du ballon et à repasser, j’imagine, sur de l’entraînement collectif. Et puis, il y a ce week-end un premier check-point qui est un joli clin d’œil au destin : le championnat s’était arrêté pour Dijon en amont d’un derby bourguignon entre Dijon et Beaune, vous recommencez en match amical le 15 Août avec un Beaune / Dijon. La boucle est bouclée ? 

 

Oui, en tous cas, j’espère que ce sera justement le jour d’un nouveau départ pour nous. Comme tu le dis, c’est un sacré clin d’œil, nous n’aurons pas la chance d’avoir de derby bourguignon avec ce nouveau championnat pendant la saison qui va arriver. Donc, nous allons aussi donner la possibilité à nos supporters, à ceux de Beaune et à tous les supporters bourguignons (interview réalisée avant les règles sanitaires édictées par la FFR, NDLR) de pouvoir voir des derbys bourguignons et les matches de préparation qui vont se jouer à la fois contre Beaune ce samedi puis le samedi suivant à Nuits-Saint-Georges et le samedi d’après à Mâcon. Donc, c’est un genre de petit trophée bourguignon. 

 

C’est la tournée des vignobles ? 

 

Exactement, et je te rassure qu’à l’issue de chaque rencontre, une petite dégustation est prévue pour se faire justement une idée de la qualité du vignoble. 

 

En fait, tu vas faire le tastevin et c’est toi qui va décerner le titre de meilleur vignoble ? 

 

Je ne sais pas si nous allons décerner le meilleur vignoble mais nous allons en profiter pour faire quelques descentes de caves pour débriefer les premières rencontres. 

 

Ça, c’est rugby et c’est aussi l’esprit que l’on aime dans le rugby de Fédérale et dans le rugby en général. Il y a aussi une autre question qui nous taraude : comment vous débrouillez-vous, vous, tous les clubs de Fédérale 1 et de Nationale, pour organiser des matches amicaux avec des conditions sanitaires qui sont assez aléatoires ? Certes, nous venons de rentrer en phase 6 de la reprise mise en place par la Fédération Française de Rugby avec l’autorisation de faire des matches amicaux mais, il n’y a pas accès aux vestiaires, dans les bus, vous êtes obligés d’être un joueur sur deux par siège, ce qui est un peu étonnant voire aberrant par rapport au fait que les joueurs vont jouer 80 minutes les uns contre les autres. Comment s’organise-t-on dans des conditions qui ne sont vraiment pas optimum ? 

 

Il y a plusieurs raisons. La première pour nous est économique, nous n’avons pas voulu prendre de matches amicaux trop loin pour éviter les dépenses, c’était l’un des premiers critères. Le second critère de choix de matches amicaux proches de chez nous a été pris en fonction des raisons que je t’évoquais précédemment sur ces petits derbys bourguignons avec des équipes de grande qualité dans le coin donc, pourquoi aller plus loin quand on a ce qu’il faut à côté ? Troisièmement, cela nous permet aussi d’y aller en voitures individuelles voire en minibus et de respecter un petit peu certaines consignes sanitaires. Après, comme tu le disais, c’est un peu particulier parce-que je ne suis pas convaincu que le vestiaire pendant une heure soit le lieu où l’on risque le plus. On va passer 80 minutes à se frotter les oreilles et c’est autorisé par contre, on n’aura pas la possibilité de prendre une douche ensemble 15 minutes ou par petits groupes. C’est comme ça et, encore une fois, nous allons nous adapter à la situation et puis, nous allons essayer de faire ces matches amicaux sans difficulté particulière en respectant les mesures qu’on nous impose et en espérant qu’il n’y ait pas de Covid ou de nouveaux clusters qui sortent mais, aujourd’hui, nous n’avons aucune garantie. 

 

Autre nouveauté au Stade Dijonnais, vous avez aussi un peu musclé le staff avec l’arrivée d’un consultant touche. Il s’agit de Benjamin Noirot, l’ancien manager de Mâcon. Avoir un consultant de plus dans le staff est aussi un besoin que tu avais identifié ? 

 

Non, pas du tout, ce n’était pas un besoin particulier. A l’issue de la saison, Benjamin s’est retrouvé sans club, il est de Dijon, il avait envie de s’investir dans le projet  et il a rencontré mon président. Il s’avère qu’au niveau des jeunes, encore une fois, nous avons des besoins pour performer sur notre formation et de compétences supplémentaires. Benjamin se retrouvait au chômage avec la volonté d’apporter quelque chose, il a à la fois une expérience de joueur qui parle pour lui, un début de carrière d’entraîneur et surtout, l’envie d’apporter. Donc, il va passer les 95% de son temps auprès de nos jeunes pour apporter ses connaissances, notamment sur la conquête et, dans la continuité, nous avons imaginé avec le président qu’il pourrait intégrer le staff comme adjoint de la touche avec une spécificité qui est importante puisqu’il va particulièrement s’occuper de nos talonneurs. Il a déjà commencé le travail avec un travail spécifique au poste. Ca complète son profil de poste, il vient de passer le mois entier avec nous pour s’adapter à notre fonctionnement et à notre système avec l’équipe première puisqu’on s’est entraîné pendant un mois. Petit à petit, avec les reprises de l’école de rugby, des moins de 14, moins de 16, moins de 18 et moins de 23, nous aurons comme cela un regard transversal sur l’ensemble des catégories. 

 

Ça permet également de pérenniser la structuration pas à pas du Stade Dijonnais ? 

 

Oui. Encore une fois, ça pérennise, ça nous permet de travailler sur l’ensemble des catégories, d’avoir un œil sur la succession. Ça permet d’avoir le même langage parce-que Ben, en apprenant ce qu’il se passe chez nous, va pouvoir le retranscrire dans les autres équipes, que ce soit sur le mode de fonctionnement, sur le modus operandi, sur diverses formes de choses et sur le projet. Au Stade Dijonnais, nous voulons parler le même langage et, comme ça, avoir des acteurs et des techniciens qui bougent dans les catégories permet d’avoir cette ligne de conduite. 

 

 

Autre nouveauté au Stade Dijonnais, et j’imagine que tu dois être impatient d’en profiter, ce sont les infrastructures. Là, c’est une révolution à Bourillot, le stade va complètement muer ? 

 

Jusqu’à présent, nous ne pouvions pas dire que notre point fort était la qualité de notre terrain ni de notre éclairage parce-que, malgré la volonté de l’Equipe TV, nous n’avions pas les lux suffisants. Nous avons en tous cas la chance d’avoir un maire qui a été à l’écoute de nos demandes, qui a aussi vu l’évolution du groupe, de l’équipe et du club, du travail qui est fourni dans l’ensemble des catégories, de la formation jusqu’à l’équipe première et qui a été sensible à cela. Il a décidé de nous accompagner, c’est une volonté politique donc c’est important, dans notre projet, d’accompagner le club et de nous aider à nous doter d’un outil qui doit être performant. C’est un outil qui va voir le jour en plusieurs étapes, la première était de nous redonner un terrain praticable pour pouvoir, encore une fois, proposer un jeu comme on le souhaite et recevoir les équipes dans de très bonnes conditions. La deuxième était l’éclairage qui va nous permettre d’être télévisés ce qui, du coup, est un apport supplémentaire. Et puis, il y aura la deuxième partie de la fusée qui va être de nous doter d’une tribune qui sera capable d’accueillir à la fois le centre de formation, le réceptif mais également, sur le premier étage, toute une partie de l’équipe première avec salle de musculation, salle de soins et autres. 

 

Rassure-moi, vous ne touchez quand même pas à la Grotte (le club house)? 

 

La Grotte vient de rentrer au patrimoine de l’UNESCO. (Rires)

 

(Rires) Très bonne initiative

 

Du coup, on ne pourra plus jamais y toucher. Ca va devenir un sanctuaire, chaque personne qui va vouloir y venir va pouvoir faire sa petite prière devant la Grotte. 

 

Comme à Lourdes (rires). Tu nous parlais des infrastructures et du fait que le Maire y a été sensible, c’est peut-être aussi un signal qui est envoyé comme quoi le Stade Dijonnais commence à compter dans le panorama sportif de la ville ? 

 

Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous en parler puisque je ne vais attaquer que ma 4e année mais le rugby a toujours eu une place importante dans la ville de Dijon. Il est passé par des périodes fastes, comme les années 94 avec la première division, Gérard Verdoulet, des joueurs très intéressants. Il y a eu de la continuité puis le club s’est un petit peu éteint petit à petit et là, le club retrouve des ambitions. Du coup, il fallait valider ces ambitions par des résultats, ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé et que l’équipe était dernière de Fédérale 1 et a failli être rétrogradée en Fédérale 2. Petit à petit, nous sommes montés en puissance, je pense qu’ils se sont rendu compte du travail qui a été effectué et qu’ils en ont pris conscience. Ils ont aussi pris conscience de la réalité des choses, à savoir que le stade était un stade vieillissant et qu’aujourd’hui, il fallait l’embellir. 

 

Ce que je voulais dire, c’est que le sport à Dijon est un ruck géant. Il y a du foot à très haut-niveau, du handball à très haut-niveau, du basket à très haut-niveau. Pour exister, il faut vraiment avoir une qualité de performance sportive indéniable ? 

 

Complètement. Comme tu le dis, le foot est en Ligue 1, le basket vient de gagner la Leaders Cup, le foot féminin est en D1 tout comme le hand féminin, le hand masculin est en D2. Derrière, le rugby monte en Nationale, on essaie de se faire notre place et d’exister mais je pense qu’il y a un public pour tout le monde, même si nous, au rugby, nous n’avons pas encore le meilleur public de France. Peut-être que cette Nationale va nous permettre d’aller draguer dans d’autres secteurs de nouveaux aficionados, on l’espère mais, en tous cas, avec cette Nationale, nous allons pouvoir proposer un spectacle très intéressant tous les week-ends. Tu reçois Albi, Bourgoin, Narbonne, ça parle donc, forcément, les gens qui auront envie de voir un peu de rugby différent viendront peut-être à Bourillot, nous l’espérons. En tous cas, ils auront à la fois le plaisir d’aller voir de la Fédérale 1 avec les clubs à côté qui émergent comme Nuits-Saint-Georges qui vient de monter, des clubs comme Beaune qui sont toujours des clubs importants sur la Fédérale 1 mais ils pourront aussi venir nous voir puisque nous allons essayer de jouer le samedi soir. Donc, l’amateur de rugby en aura pour son argent tous les week-ends. 

 

Tu nous parlais de la télé, les négociations sont en cours pour voir quel sera le mode de diffusion de cette Nationale. Pour vous qui avez fait des efforts d’infrastructures, si l’Equipe TV ne diffusait pas la Nationale, ce serait une grosse déception ? 

 

Ça serait dommage pour nous et par rapport aux coûts d’installations. Aujourd’hui, l’éclairage a un budget d’1M d’euros sur la table et nous l’avons aussi fait parce-que depuis deux ans, l’Équipe TV nous sollicite pour nous diffuser. Si demain ils ne devaient plus le faire, oui, ce serait un petit coup d’arrêt et ce serait dommage. Je pense que ça ne sera que retarder les choses et en tous cas, le jour où ça reviendra, nous serons prêts. 

 

On sait aussi que Canal + a pris le créneau du vendredi soir pour se mettre en face de l’Équipe et y a là aussi une problématique. On en a entendu parler, peut-être n’est-ce qu’une chimère ou un rêve mais, si d’aventure, l’Équipe demandait à certains clubs de Nationale de jouer le lundi en prime-time, est-ce que toi, par exemple et pour prendre le cas de Dijon, tu serais OK pour accepter cette contrainte ? 

 

Aujourd’hui, sur notre groupe pro, nous avons la possibilité de venir jouer le lundi soir. Je ne vais pas dire que c’est ce qui nous plairait, il faudrait retravailler sur le format des entraînements, sur la planification de semaine mais ça, c’est de l’adaptation et ce n’est pas très grave. Mais aujourd’hui, notre championnat est couplé avec les espoirs et qu’est-ce que cela voudrait dire ? Demain, on va à Dax, nos espoirs jouent le dimanche, prennent un bus particulier pour partir vers leur hôtel. Nous, on va à Dax pour le lundi soir, ça veut dire qu’on ne part pas ensemble, qu’on ne rentre pas ensemble, on a des jours différents, tout cela deviendrait compliqué en termes d’organisation. Je ne peux pas dire que ça serait une bonne idée. Nous, de jouer le samedi à 18h ou le dimanche voire pourquoi pas éventuellement le vendredi soir mais ça, ça gêne sur les gros déplacements parce qu’il faut savoir que nos espoirs, comme l’ensemble des espoirs, sont étudiants  et ont des petits boulots à côté. Jouer levendredi soir, ça implique partir le vendredi ou le jeudi quand tu vas jouer à Dax parce-que c’est 14h de bus, ça veut dire rentrer dans la nuit du samedi au dimanche et ça me parait compliqué. Tant que l’on est couplé, ça me paraît compliqué. 

 

Quelle est la feuille de route et quel est l’objectif que vous vous êtes fixés dans les vestiaires au Stade Dijonnais ? Aller accrocher ces 6 premières places pour de nouveau tâter du bon goût des play-offs qui est si savoureux ? 

 

Celui qui pourra dire qu’il est sûr d’être dans les six, à part 2 / 3 équipes que je ne nommerai pas mais qui peuvent peut-être se dire  » on va faire partie des 6 sûr « . Je t’ai cité trois grosses écuries qui se sont renforcées comme des fous et les équipes qui trustent les premières places depuis quelques années et qui seront aux portes, voire même déjà être en Pro D2. Etre dans les 6, ce serait présomptueux de l’annoncer. Nous ne connaissons pas cette division et d’ailleurs, personne ne la connaît, et c’est difficile de pouvoir dire  » on va se situer là, là ou là « . Je connais la qualité de mon groupe et la volonté de mes garçons, je sais en tous cas que nous allons jouer les trouble-fête dans cette poule. 

 

Ça, on n’en doute pas

 

On ne fera de cadeau à personne, on va se battre comme des chiens tous les week-ends. Nous allons essayer de gagner le maximum de points que l’on pourra prendre. On sait que ça va être très difficile, nous avons envie d’y rester donc, nous n’allons pas nous fixer d’objectif de Top 2 ou de Top 6. On veut rester là, le maintien sera le SMIG pour nous, on va se battre comme des chiens pour cela. L’appétit viendra en mangeant, nous ferons des bilans intermédiaires pour voir où on se situe et de quoi nous sommes capables. Et puis, à chaque jour suffira sa peine dans cette division avec des blocs de 4 / 5 matches qui vont être intenses et relevés. Te dire aujourd’hui  » nous serons dans les 6  » alors que cette année, il ne suffira pas de gagner 4 matches dans l’année pour être en play-off. Tous les week-ends, et je pense que tous les joueurs de cette division, entraîneurs, managers en sont conscients, il faudra ferrailler donc, il va falloir de la profondeur de banc, de la chance pour ne pas blesser les joueurs et une volonté de tous les instants pour être dans la continuité. Faire un coup de temps en temps, je pense que tout le monde sera capable de gagner partout, à domicile comme à l’extérieur et de perdre le week-end en suivant. Les clubs qui vont se qualifier sont des clubs qui vont être constants sur la saison. Nous, c’est de nous maintenir ce qui serait déjà une belle performance dans cette poule méga relevée. 

 

Question bonus : tu as deux petits protégés, Dimitri Tchapnga et Quentin Pilet qui ont signé à Albi. Ça ne va pas te faire bizarre de les voir débarquer dans le bus jaune et noir le 14 Novembre à Dijon ? 

 

Si, ça va nous faire bizarre mais nous serons contents parce-que je sais que Tchap ne sait pas skier et vu la hauteur à laquelle on va le monter, il va redescendre avec de la neige sur le plafond. Et Quentin Pilet, on va tellement l’arroser de chandelles qu’il va se souvenir du temps bourguignon. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-11-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Renaud Gourdon lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 11 août 2020.

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