#Rugby – Nat / M.Boundjema (Albi) : «J’ai été touché par la proposition d’Arnaud Méla!»

Nous sommes allés à la découverte de la dernière recrue jaunes et noires du Sporting Club Albigeois,Mehdi Boundjema. Talonneur d’expérience passé par Pau, Narbonne ou encore Soyaux Angoulême, cet international Marocain, a répondu présent à l’appel d’Arnaud Méla pour relever le défi Nationale, et tenter de porter les albigeois en Pro D2. Formé au rugby ardéchois cet homme de devoir, rugueux sur l’homme et ayant évolué en Top 14 et Pro D2, compte bien avec ses nouveaux partenaires cathares réenchanter la ferveur du stadium, sur l’autel d’un championnat haletant. Focus sur un joueur qui n’oublie pas d’où il vient, la preuve en est dans cet entretien, avec une véritable déclaration d’amour à un de ses anciens clubs : la Section Paloise.

Crédit photo Yahoo Sport

Tu débarques en terre tarnaise en provenance de Soyaux-Angoulême. Qu’est ce qui t’a amené à venir relever le défi de la bande à Arnaud Méla ?

Déjà, j’ai été touché par la proposition d’Arnaud parce-que je connais un peu le personnage, j’ai joué contre lui à plusieurs reprises. Donc, je sais quel homme il est dans le rugby et que, quand il dit quelque chose, il le tient. Ensuite, c’est vrai que la période était très compliquée avec le Covid-19, j’ai eu des propositions vraiment intéressantes faites par des clubs et j’ai aussi été pisté par des clubs de Pro D2 mais je trouvais que le projet d’Albi, d’Arnaud et de toute l’équipe était vraiment très intéressant. Cela fait trois saisons qu’ils sont au top de cette Fédérale 1, je crois qu’ils perdent de peu il y a deux ans pour l’accession en Pro D2 et lors de cette saison 2019 / 2020, ils finissent premiers nationaux. Avec cette nouvelle poule Nationale, je trouve que les matches vont être vraiment intéressants, ça va être un peu une petite Pro D2. Moi, personnellement, comme j’étais en fin de contrat avec le SA XV, qui m’ont fait une proposition mais que je n’ai pas acceptée, je ne me voyais pas attendre en tant que joker médical. Je voulais tout de suite rentrer dans le bain et m’entraîner donc, Albi ou du moins Arnaud, m’a contacté au bon moment, j’ai su saisir l’opportunité et je suis ravi d’être ici.

Pour toi qui est un combattant, Arnaud Méla nous disait que tu étais un joueur rugueux sur un terrain, le défi qui s’annonce au Sporting Club Albigeois est un peu d’aller combattre le destin ? Depuis trois saison, il y a une destinée un peu  » maudite « , un peu  » chat noir  » comme tu le disais et j’imagine que ça doit te plaire de venir relever ce défi en disant  » le destin n’a pas voulu de nous, on va essayer d’aller forcer sa porte  » ?

Exactement. En plus, cela va être encore plus relevé puisqu’il y a cette nouvelle poule Nationale qui est sortie avec les meilleures équipes de Fédérale 1. Je pense que cette saison, nous allons vraiment voir ce que nous valons vraiment et bien entendu que j’ai envie d’apporter le maximum à l’équipe et qu’on arrive tous ensemble à relever ce défi de cette montée en Pro D2. C’est vraiment l’objectif et c’est l’une des choses qui m’a très clairement fait venir ici parce-que je suis quelqu’un d’ambitieux. C’est ce qui m’a plus dans le discours d’Arnaud et je le vois avec les mecs dans l’équipe. De toute façon, je pense qu’on est tous quelque part un peu revanchard dans la vie quand on fait du rugby et qu’on a tous envie d’atteindre des objectifs. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de venir ici.

S’il n’y avait pas eu la Nationale, ça aurait été la Fédérale 1  » à l’ancienne « . Peut-être que ton choix aurait été différent ?

Oui, tout à fait parce qu’on le voit aujourd’hui, les poules n’étaient pas forcément très homogènes. On pouvait tomber contre des équipes de Fédérale 1 qui n’avait quasi pas de contrats pros ou très peu, c’était un fonctionnement on va dire amateur. De ce que j’ai vu du fonctionnement qui a été fait depuis à peu près 10 jours, franchement, pour moi, c’est pro, c’est carré, super intéressant et on va se jauger face à de grosses équipes comme Narbonne (j’y étais quand on était en Pro D2), Bourg-en-Bresse qu’on a joués l’an dernier avec Soyaux-Angoulême quand ils étaient en Pro D2, Massy, Bourgoin. Il y a de belles équipes et je pense que la poule va être beaucoup plus intéressante et il est clair que ça attire. On l’a vu, il y a beaucoup de joueurs de Pro D2 et de Top 14 qui, comme moi, étaient en fin de contrat, et ont plutôt décidé de descendre en Fédérale 1 parce qu’ils n’avaient pas envie d’attendre une meilleure santé financière des clubs de Pro D2 et de Top 14. Donc, ils se sont dit  » ce n’est pas grave, on y va et on va relever le défi « .

Comme tu l’as souligné, c’est un groupe qui a un historique et un passif, qui est resté ensemble à 80/85% au Sporting Club Albigeois. Toi, tu es l’une des plus-values qui arrive dans ce groupe : comment s’est passé l’intégration ? Tu connaissais déjà l’un des joueurs, Sabri El Ghoul mais j’imagine que ton intégration au SCA a dû bien se passer ?

Je ne connais pas que Sabri, j’en connais une petite dizaine. Franchement, je suis très content, ça se passe super bien et les mecs sont vraiment adorables et sympas, il y a une très bonne ambiance. Pour les 10 premiers jours, nous étions en effectif séparé, avec les avants d’un côté et les 3/4 de l’autre. Avec les avants, on a déjà fait trois restos ensemble (rires). Par le passé, je n’avais jamais vu ça avec un club, où on mange tous ensemble pendant la prépa. Je trouve ça hyper convivial et hyper sympa, encore plus pour nous qui sommes des recrues, qui venons d’arriver et qui ne connaissons rien ni personne mis à part quelques joueurs. On ne connaît pas trop la ville ni les bonnes adresses, on ne connaît pas grand-chose et les mecs sont vraiment hyper, hyper sympas. Honnêtement, ça fait vraiment très plaisir et ça donne encore plus envie de s’y filer, de le rendre sur le terrain et de faire en sorte que, cette année, ça se passe bien;

Souvent, l’adage dit  » les arrières, ce sont les amis, les avants, ce sont la famille « . Là, on passe des paroles aux actes ?

Non, je ne pense pas, c’est juste que, pour l’instant, nous étions les avants ensemble et les 3/4 ensemble. A partir de cette semaine, nous allons repartir en collectif complet, avants et 3/4 mélangés et je pense qu’ici, il y a une bonne homogénéité, un bon groupe qui vit ensemble, que ce soit les avants ou les 3/4. De toute façon, ça se sent donc, c’est cool.

On va aussi parler un peu de ton passé. Tu es né à Annonay; en Ardèche, qui est un pays de rugby. J’imagine que, lorsque tu vas aller à Aubenas affronter le RC Aubenas-Val, tu vas peut-être avoir un petit pincement au cœur en retournant au pays ?

Bien sûr parce-que je me rappelle que là-bas, je faisais des tournois avec le CSA Annonay quand j’étais jeune et je suis très vite parti jouer au Valence Sportif à l’âge de 9 ans. On faisait pas mal de tournois à Aubenas et, à l’époque, mon père nous accompagnait avec mon petit frère donc, on partait en famille le week-end pour jouer au rugby. Il y avait aussi Bourgoin, j’ai de la famille dans la Drôme-Ardèche donc, c’est vrai que ça va être des moments particuliers mais c’est comme partout, c’est dans le rugby, c’est comme ça. Quand nous étions en Pro D2, il y avait aussi Oyonnax et c’est vrai que ça fait plaisir de revenir un peu dans la région et de revoir quelques têtes que l’on connaît. Je connais pas mal de mecs à Bourgoin et j’étais impatient de voir la sortie du calendrier pour voir par quel match nous allions pouvoir attaquer.

Crédit photo Pierre Bras / Comité animation SCA

Autre match que tu risques de cocher dans le calendrier, c’est Narbonne ? Tu y as joué une saison et je pense que, là-aussi, c’est un match où tu vas être très, très revanchard surtout que c’est une équipe qui, cette année, va envoyer du lourd ?

Très revanchard, je ne sais pas parce-que ça s’est très, très mal passé à Narbonne. Honnêtement, j’avais signé pour deux ans là-bas et je suis parti au bout de 8 mois. Du coup, je ne sais pas si je serai revanchard parce-que, cette équipe ne m’a pas respecté mais aujourd’hui, ils sont en Fédérale 1 alors que c’est une équipe qui avait largement la possibilité d’évoluer en Pro D2 et d’y jouer les  » têtes fortes « . C’est triste pour eux mais moi, je vais simplement rentrer sur le terrain pour jouer au rugby comme je sais faire et je ne calculerai pas, tout simplement. En plus, je connais pas mal de mecs qui sont là-bas donc on verra tout simplement comment ça va se passer.

Est-ce qu’à l’époque, tu avais côtoyé Thomas Toevalu, Nicolas Chocou et Lucas Guillaume à Narbonne ?

Bien sûr. Quand je te disais que je connaissais deux, trois personnes, en l’occurrence, ils en font partie. Je les avais côtoyés à Narbonne, ça s’était très bien passé, j’avais de très bons rapports avec eux et je suis vraiment très content de les retrouver ici, ça fait plaisir.

En plus, ce ne sont que des gars de devant donc il va y avoir une  » Narbonne Connection  » au Sporting Club Albigeois ?

Exactement, c’est ça donc, ça va vraiment être sympa.

Tu es aussi passé par un club mythique du rugby français, la Section Paloise avec qui tu as goûté au Top 14 et à la Pro D2 puisque tu as eu un titre de champion de France de Pro D2. J’imagine que ce club ne doit pas être neutre dans ton histoire ?

On parlait de Narbonne, la Section Paloise n’a rien à voir avec ça. Pour moi, la Section Paloise, c’est tout, j’adore et je suis même très content d’avoir signé à Albi parce-que je me rapproche un peu de Pau et de mes amis. Je suis resté cinq saisons là-bas donc, j’ai créé énormément de liens avec des amis et autres, des gens qui sont là-bas. Pour moi, la Section, c’est bien entendu le cœur. L’année dernière, je les suivais en parallèle car, forcément, je les suis tout le temps et s’ils ont eu du mal et que ça a été un peu compliqué, le Covid a remis les choses à plat et j’espère qu’ils vont pouvoir faire de belles choses en Top 14 cette saison. Je garde plein de potes qui jouent encore là-bas dans l’équipe et c’est vrai qu’à l’occasion, ça me ferait plaisir d’aller les supporter au Hameau et de me laisser prendre par certains souvenirs de l’époque où on jouait dans ce stade qui n’était même pas le stade qu’il est aujourd’hui. Il y avait déjà une très belle ambiance et c’est vrai que oui, ça tient une grosse place dans mon cœur.

Et puis, c’est un club qui a une âme, qui est quasiment une institution avec un hymne et une histoire particulière. C’est aussi un club où est passé Arnaud Méla, ce qui te fait un point commun avec ton coach ?

Exactement. C’est vrai que c’est un club avec une vraie âme, il y a une vraie ambiance. J’ai des souvenirs de la première année où, quand je suis arrivé, j’étais au centre de formation et je me baladais en ville avec ma mère et mon frère. On faisait du shopping, on allait manger au resto et les gens, les supporters, c’était hallucinant ; ils nous arrêtaient en ville, ils discutaient avec nous, ils étaient très bienveillants. Il faut le vivre pour le comprendre, la mentalité qu’il y a là-bas au niveau rugby est incroyable et la ferveur qu’il y a est vraiment top. Si c’est possible, j’aimerai bien qu’on puisse faire en sorte de dupliquer ce modèle-là à Albi et faire revenir les gens au stade. Je me rappelle, quand nous sommes devenus champions de France avec la Section Paloise, nous étions directement montés de Pro D2 à Top 14 et je crois que nous avions fait un dernier match de championnat ici, à Albi. On l’avait perdu mais il y avait une véritable ferveur, énormément de monde et quand j’entends qu’aujourd’hui, il y a à peu près 2 000 / 3 000 / 4 000 personnes …

Voire même parfois beaucoup moins. En Fédérale 1, il y avait 1 500 personnes parce-que les matches étaient vraiment très débridés avec des scores-fleuves et ce n’était pas ce qui pouvait attirer le chaland .

Et bien nous, justement, nous allons faire en sorte que le chaland soit attiré et qu’il revienne au stade parce-que nous en avons besoin. En tant que joueurs, quand les supporters sont là, c’est ce qui nous fait vibrer donc, bien sûr que nous allons essayer de faire de bons résultats, de gros matches pour que tous les supporters reviennent au stade et qu’on puisse fêter les victoires ensemble mais aussi se soutenir quand il y aura des défaites et autres. C’est un peu l’objectif, de redonner l’amour de supporter aux Albigeois.

Comme tu le dis, il y a le peuple jaune et noir au Stadium qui se fédère derrière son équipe mais il y a aussi quelque chose qui, souvent, marque les joueurs adverses : c’est ce fameux tunnel. Tu en as des souvenirs ou des anecdotes ?

Oui, bien sûr, je me rappelle qu’on l’avait emprunté à l’époque. Après, il y a une particularité dans chaque club en France mais oui, c’est vrai qu’en effet, je m’en souvenais bien.

Je te conseille de demander aux vieux briscards, aux très, très anciens, les anecdotes du tunnel époque Top 14 voire même avant. Je pense que cela ne dépareillera pas et que ça te plaira parce qu’il y a quand même quelques petites histoires assez croustillantes, comme parfois des pannes d’électricité dans le tunnel et quelques parties de gastouffes qui méritaient leurs pesants de cacahuètes

D’accord (rires)

On va finir sur cette saison 2020 / 2021. Pour toi, le fait qu’Albi est gardé et conservé 85% de son effectif, est-ce que c’est un plus indéniable, surtout dans cette période où il y a eu une grande coupure ?

Oui, je pense que c’est un plus parce-que cela va nous permettre d’avoir des automatismes. Je pense aussi qu’ils ont su recruter à des postes un peu stratégiques et que le recrutement a été cohérent. On le voit à l’entraînement, il y a déjà des codes, tout le monde les comprend, il y a un système qui est bien assimilé par tout le monde. Je pense que ça va être intéressant et que ça peut être un avantage par rapport à d’autres équipes qui sont peut-être été mieux financièrement et se sont permises de recruter davantage mais, on le sait, avant toute chose, le rugby, ce sont des automatismes et une cohésion d’équipe. C’est ce qui fait que, sur le terrain, ça prend bien donc oui, je pense que ça va être un avantage par rapport aux autres équipes. De toute manière, on verra, il nous reste encore un peu de préparation physique et surtout, des matches amicaux et le début du championnat mi-Septembre. Donc, à partir des premiers matches amicaux, on pourra déjà jauger et dire si on est plutôt en place ou pas. Mais je pense que ça sent bon.

Et pour finir, le peuple albigeois jaune et noir adore les joueurs combatifs, surtout les joueurs de devant avec l’histoire qu’il y a dans ce club. Je pense que, sur les pelouses, tu raviras les supporters avec ton jeu qui est assez combatif et assez rugueux

Merci, je l’espère aussi

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-17-juillet-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Mehdi Boundjema lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 17 juillet 2020.

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