#Rugby – Fed1 / P.Guicherd (Mazamet) : «La pluriactivité m’a permis d’avoir la carrière que j’ai eu, parce-que j’étais libre!»

Philippe Guicherd, le coach du SC Mazamet a dressé les objectifs et les perspectives du club Sud Tarnais, lors dnune interview comme à l’accoutumée, sans langue de bois. Pour celui qui entame sa seconde saison sur le banc du SCM, le nouveau visage de la fédérale 1, laisse entrevoir de nouveau challenge, bien différent des joutes de l’exercice précédent face au Bourg, Narbonne, Bourgoin et consorts. Mais pour celui qui même lorsqu’il évoluait en Top 14 avec le SC Albi, a toujours persévéré dans la pluri-activité, le double projet est à son sens un outil fondamental que devrait épouser nombres de joueurs qui se laissent aveugler par les lumières du professionnalisme. Pour « la guiche » , l’actualité rugbystique et sociétale du moment lui inspire une réflexion sur un monde qu’il sent en perte de repères, mais n’en oublie pas la base les copains, la famille et surtout une certaine idée des valeurs.

 

Crédit photo/ la nouvelle république des Pyrénées.

 

Les poules ont été dévoilées et tu dois être content : tu vas moins voyager que l’année dernière ? 

 

Je vais moins voyager, c’est certain, mais j’étais enthousiaste l’année passée de jouer contre les gros, même si je ne pensais quand même pas que j’allais prendre des branlées comme ça, Cette année, il y a des derbys dans le Tarn donc, ça va faire revenir du monde au stade et ça va mettre un peu de piquant mais malgré tout, je suis un peu déçu de ne pas pouvoir jouer contre des gros parce-que c’était quand même aussi intéressant pour les joueurs. Donc, il y a ce côté un peu paradoxal dans ces poules mais je suis content d’être dans une poule régionale / Midi-Pyrénées tout en étant un peu déçu de ne pas avoir de gros, gros noms et de grosses équipes pour non pas les chatouiller, parce qu’on a vu qu’on était très loin, mais pour que les joueurs se régalent et voient le niveau qu’il faut qu’ils aient pour progresser. 

 

Et puis, on ne va pas s’en cacher, revenir au Stadium Municipal d’Albi avec ton équipe de Mazamet pour aller un peu te frotter à ton compère Arnaud Méla, ça t’aurait plu ? 

 

Oui, ça m’aurait plu. J’aurai aussi été déçu par rapport à eux parce-que ça voulait dire qu’ils ne seraient pas arrivés sportivement ou administrativement à monter. C’est un petit regret mais, on ne sait jamais, peut-être que les années qui arriveront nous proposeront des matches intéressants au Stadium Municipal d’Albi avec Mazamet ou autres. C’est comme ça, nous allons nous concentrer sur les matches derbys, les matches difficiles, faire une bonne présaison, une bonne intersaison et après, on sera chaud. 

 

Adviendra ce qui adviendra comme on dit, c’est le terrain qui parlera ? 

 

Voilà, comme souvent. C’est vrai que c’est intéressant parce-que nous avons des équipes que nous n’avons pas l’habitude de rencontrer donc c’est un nouvel exercice. Je pense que c’est une poule forcément plus équilibrée que celle de l’année passée, avec des équipes à notre niveau donc je pense qu’on va tranquillement discuter des objectifs avec les joueurs pour voir comment nous allons entamer cette saison et comment l’appréhender. 

 

Pour toi, la Seyne sur Mer et Hyères-Carqueiranne feront office d’épouvantails cette saison ? Voire aussi Saint-Sulpice-sur-Lèze qui fait des saisons remarquables chaque année. 

 

Des épouvantails, je ne sais pas parce qu’il est vrai que l’année passée, nous étions habitués à avoir de grosses équipes qui ont largement dominé. On a vu que, malgré ça, il y avait parfois des surprises qui arrivaient donc, comme on le disait tout à l’heure, c’est le terrain qui va parler. Ils vont peut-être faire partie des favoris parce qu’ils sont habitués à l’exercice, Saint-Sulpice a battu Albi l’année passée, Hyères-Carqueiranne et La Seyne ont annoncé un gros recrutement. Mais, on sait que cela ne fait pas tout, qu’il faut trouver la cohésion, mettre un jeu en place peut-être différent de l’année passée par rapport aux équipes que l’on va rencontrer. Je pense que chaque club selon sa préparation, son recrutement et la tournure que cela prend peut avoir sa carte à jouer dans cette poule et surtout, accrocher quelque chose, là où nous n’étions pas invités les autres années, notamment l’année dernière. 

 

En parlant de recrutement, où en est-on à Mazamet ? On a vu qu’il y avait eu pas mal de départs mais également pas mal d’arrivées. Est-ce que tu peux nous faire un petit point sur le recrutement ? 

 

L’année dernière, de par le fait d’avoir une montée assez tardive en Fédérale 1, nous nous sommes trompés sur quelques joueurs qu’on pensait être sûr pour le niveau supérieur et qui pouvait nous amener leur expérience pour la Fédérale 1. Nous avions fait quelques paris donc, nous avons dû renouveler. Nous avons renouvelé beaucoup de joueurs qui étaient arrivés l’année passée. Nous étions sur un constat d’échec donc, cette année, nous avons essayé de ne pas réitérer cela et de s’appuyer sur l’état d’esprit des joueurs qui veulent rejoindre Mazamet, sur forcément la pluriactivité chère à Thomas Lombard pour la Fédérale 1. Je pense que l’on a un ou deux dossiers à boucler et on sera intéressant. Mais nous étions aussi enthousiastes l’année passée donc on a renouvelé pas mal, également en postes charnières avec en tête d’affiche Carol Raynaud qui va nous amener beaucoup d’expérience avec le jeune Thomas Alarcon qui va apprendre à ses côtés et peut-être le bouger un peu donc, ça va être une concurrence à ce poste-là. On a pris aussi deux jeunes 10 pour amener de l’animation offensive, là un peu pêché l’année passée et après, quelques joueurs intéressants devant. Bref, il faut voir et voir aussi comment ils ont vécu le confinement, s’ils n’ont pas tous pris 20 ou 30 kilos, pas comme moi (rires). 

 

Si tu as des ailiers qui ont pris 30 kilos, tu vas quand même être embêté ? 

 

C’est ça mais si c’est comme Caucaunibuca, ce n’est pas grave s’il avance (rires)

 

Guy Laporte, le président de Graulhet, nous disait qu’un joueur lui avait fait faux bond. Il avait donné son accord pour jouer à Graulhet et après, il est parti à Tarbes. Est-ce que ce genre de mésaventure est aussi arrivé à Mazamet ? 

 

Je n’en ai pas eu connaissance mais il est vrai qu’il y a toujours des joueurs qui donnent leurs promesses. C’est ce que je te disais lors d’une autre interview, nous sommes dans un championnat où il n’y a pas de contrat, avec juste des promesses d’un côté comme de l’autre donc parfois, c’est un peu compliqué de s’y retrouver. Nous ne sommes pas tout le temps dans le droit du travail donc, il y a des gens qui donnent leurs engagements et qui après changent d’avis. Cela fait partie du jeu mais je pense que la parole donnée est importante et que même si le joueur, le président, l’entraîneur, peu importe, pense gagner sur le coup en revenant sur sa parole, ça lui manquera quelque part sur le long terme et ça ne pourra pas continuer pour cette personne-là. 

 

Je relisais une de tes interviews que nous avions faitel’année dernière, au moment de la trêve estivale. Tu étais un peu rentré dans  » les ribs  » de Narbonne en disant qu’ils faisaient du dumping financier en termes de mercato. Avec la création de cette Nationale, est-ce que tu penses que le dumping en Fédérale 1 est maintenant derrière vous ? 

 

Honnêtement, je ne sais pas, c’est leur problème. Je vais parler des clubs que nous allons rencontrer, contre lesquels nous allons jouer et je n’espère que ça. Au-delà de cela, c’est une équité par rapport au financier : s’il y a des gros clubs qui y arrivent, c’est bien mais, si tu mets en danger la vie du joueur par rapport à la famille, à des échéances ou à des promesses que tu fais alors que tu sais que c’est forcément soumis à des résultats sportifs, tu fais un investissement sur la vie sociale des joueurs et de leurs familles et c’est un peu risqué. Donc, le joueur en profite mais le jour où ça se casse la gueule, c’est compliqué. On a des joueurs qui se retrouvent au chômage et pire que ça donc, c’est très compliqué. Il ne faut pas que ces clubs-là prennent des joueurs en otages par rapport à une supposée équité sportive ou quoi que ce soit. C’est ce qui me dérangeait l’année passée mais chacun est libre de sa conscience d’aller au bout. A Mazamet, comme je pense dans beaucoup de clubs de Fédérale 1, nous sommes sur la pluriactivité, nous essayer d’insérer socialement les joueurs dans la ville de Mazamet, on les fait travailler et après, où ils adhèrent où ils n’adhèrent pas. Mais, si tu viens à Mazamet, c’est pour être pluriactif et pour participer au projet de la ville et du club. 

 

Toi, tu as toujours vécu dans la pluriactivité, même quand tu étais en Top 14. Tu es dans un corps de métier, la police, où des adaptions sont faîtes pour les sportifs de haut-niveau. Mais quand tu vois des jeunes en Fédérale 1 ou même au plus haut qui arrêtent le rugby à 30 ou 32 ans sans avoir aucun bagage ni aucune possibilité de reconversion, est-ce que cela ne t’inquiète pas ? Tu n’as pas parfois envie de leur dire, quand certains ont 25 / 26 ans,  » commencez déjà à penser à la reconversion  » ? Lorsque ta carrière s’est terminée, tu savais que tu avais une place  » au chaud  » même si ton métier est quand même assez compliqué

 

Pour en avoir discuté avec des personnes qui étaient pluriactives en même temps que moi, cette pluriactivité m’a justement permis d’avoir la carrière sportive que j’ai eu parce-que j’avais la liberté. Je n’ai jamais considéré ni mes coaches ni mes présidents comme des patrons, c’était le milieu sportif. Mon patron, c’est le Ministère de l’Intérieur et c’est tout. J’avais la liberté de penser, de jouer, de prendre beaucoup de plaisir sans avoir la tension des contrats et d’être en danger financièrement. C’était donc de la liberté pour moi mais il est certain que, pour de jeunes joueurs, avec ce championnat espoirs où tu fais rêver des joueurs avec des contrats, et on y revient à chaque fois, où tu leur files 1 000 ou 1 500 balles pendant deux ans mais après, tu en fais quoi de ces joueurs-là ? Tu n’en fais rien du tout ! Ils se retrouvent à penser qu’ils ont le niveau de la Pro D2 ou du Top 14 alors que, pour certains, ils n’ont même pas le niveau Fédérale 2. Donc, à un moment donné, il faut que les centres de formation et leurs directeurs soient réglos avec ces joueurs-là essaient vraiment de les former à autre chose et pas qu’au rugby. 

 

On va justement parler des espoirs. Cette année, ils vont être couplés avec l’équipe une, ce qui est le côté A de la face avec de nouveau des levers de rideau, des identités clubs à la maison, tout le monde jouera la même équipe et pourra s’identifier au même championnat. Par contre, pour les déplacements, il va falloir louer des bus à rallonge pour aller à La Seyne avec 70 bonhommes ? 

 

C’est tout à fait ça, il faudra aussi partir beaucoup plus tôt (rires). Comme la B jouera avant, c’est le côté négatif mais ça fait aussi partie du truc sympa. Rentrer à 50 dans le bus, tu casses la croûte, tu t’arrêtes ensemble, tu bois quelques bières et ça fait partie du folklore où tu retrouves de bonnes choses avec peut-être des résultats différents entre la B et la première mais ça permet de vraiment vivre un moment de club. Donc, je trouve ça sympa et puis, ça permet surtout aux entraîneurs des équipes premières de voir les mecs qui sont en espoir de visu et de leur mettre un peu plus la pression pour changer d’étage et jouer en première. C’est très bien. 

 

Si tu te rappelles, dans les années 90 / 2000 et dans les moyennes et grandes villes, il y avait plein de bus accordéon. Il va falloir que vous achetiez ce genre de bus pour vous déplacer ? 

 

Où à deux étages avec des couchettes (rires). 

 

Comme en Angleterre ? 

 

Ça serait sympa ça. Avec le toit panoramique pour visiter quand tu vas à La Seyne et au bord de mer, ce n’est pas mal. 

 

Ou si tu ramènes un titre ? Pour faire la fête et rentrer dans Mazamet 

 

On n’en est pas encore là (rires). Ce serait déjà pour fêter le maintien qu’on n’a d’ailleurs pas pu fêter l’année passée. Il est certain que les déplacements sont le point négatif mais comme je suis affûté maintenant, je ne tiens pas beaucoup de place dans le bus et je devrais pouvoir m’en sortir. 

 

Ce maintien est l’objectif principal pour Mazamet dans cette saison 2020 / 2021 mais, au vu de la poule, il y a peut-être un petit truc en plus à faire ? C’est un peu comme pour Graulhet et Lavaur, j’imagine que cette poule doit vous donner quelques idées derrière la tête ? 

 

Je pense que, du moment que les ogres sportifs et financiers sont dans une autre catégorie, nous, finalement, nous descendons d’une catégorie. On passe dans une catégorie autre, la 4e division de rugby et c’est vrai que tous les clubs ont envie d’exister un peu plus que l’année passée. Donc, nous allons tous être enthousiastes pour aller décrocher quelque chose mais je pense qu’au début de championnat, l’équipe la plus prête physiquement va enchaîner une bonne spirale et pourra entamer. Je pense que tous les entraîneurs de Fédérale 1 sont enthousiastes et on justement envie d’exister dans ce championnat contrairement aux autres années où c’était un peu plus compliqué. Il est sûr que je suis enthousiaste comme je l’étais l’année passée mais il est vrai que sportivement, cette saison, il ne faut pas qu’on ramasse. 

 

On va aussi parler des réformes, il y en a eu quelques-unes. Certaines sont en gestation, les calendriers internationaux, les changements de règles en mêlée, dans les rucks sous couvert de crise sanitaire. Qu’est-ce que tu penses de toutes ces réformes ? 

 

Je pense que c’est intéressant, il ne faut pas être négatif à tous les changements. Ça vaut le coup d’uniformiser les deux hémisphères pour qu’on n’ait pas un calendrier décalé à chaque fois. Mais je pense que ce sont des choses qui nous dépassent un peu et que les joueurs sont encore un peu les victimes de ces trucs-là, on ne pense pas forcément à eux. On discute de choses économiques entre gros là-haut et le joueur est tout en bas, il attend la décision et de suivre ce qu’il va se passer. Au niveau des règles, je pense qu’elles sont faîtes pour mettre de la vitesse dans le jeu et ça ne peut qu’être bien pour les spectateurs et les téléspectateurs. 

 

Sur le calendrier et cette harmonisation nord / sud, tu n’as pas peur qu’ils arrivent à s’entendre entre girons professionnels mais que, comme d’habitude, la variable soit justement le monde amateur ? 

 

Oui, c’est ce que je te disais. S’il y avait une harmonisation du calendrier qui fait jouer Juin / Juillet / Août en plein cagnard, je pense que ça aurait aussi été très compliqué. Le rugby n’est pas le même et le décalage, on peut même parler de fossé entre le rugby pro et le rugby amateur, sera encore plus important. Et il ne faudrait pas qu’encore une fois, ce soit nos jeunes joueurs qui en pâtissent et aient encore plus de mal pour franchir le palier et accrocher le wagon des pros. 

 

Tu n’as pas peur qu’à terme, le Top 14 et la Pro D2 ne deviennent des ligues fermées ? 

 

On en prend le chemin mais je ne suis pas forcément anti ligues fermées. Les franchises ou les choses comme cela, ça ne me dérange pas. Comme aux Etats-Unis ou en NBA, tu fais des franchises, il n’y a plus que des riches mais on n’est plus du tout dans le même rugby. Je pense que des ligues pourraient être intéressantes comme cela mais en allant encore plus loin et en faisant jouer beaucoup de jeunes joueurs français. Jeunes joueurs ou moins jeunes joueurs mais, dans l’idéal, je verrai bien un Top 14 fermé avec une Pro D2 qui soit la réserve du Top 14. 

 

Comme d’habitude, c’est un point de vue un peu à contre-pied et c’est ce qu’on aime bien chez toi. Tu n’as pas la langue dans ta poche et tu affirmes tes idées et tes opinions haut et fort. Autre sujet sur lequel tu t’étais exprimé sans langue de bois, c’était celui de la réforme de la Fédérale, le format des compétitions et aussi sur les décisions qui avaient été prises après le début de la crise coronavirus. Tu prêchais pour le gel des compétitions et quand on voit tout le brouhaha qu’il y a eu autour des réformes, peut-être étais-tu dans le vrai ? 

 

Je ne sais pas si j’étais dans le vrai mais, vu la crise sanitaire que l’on vivait, il était logique pour moi de tout geler et d’attendre que cela se passe. A ce moment-là, à mon petit niveau dans ma campagne et autour des vignes, je n’avais pas toutes les informations sur ce qui se passait. Mais tu te projetais tous les 15 jours, tu faisais de la réunionite toutes les semaines pour éventuellement spéculer sur une reprise. Moi, je serai allé plus loin : j’aurai tout gelé, fait le départ de la saison en Janvier prochain quitte après à redescendre un peu et réévaluer cette proposition. Mais là, les joueurs ne sont pas rentrés depuis trois mois, ils ont perdu de la masse musculaire, ils n’ont plus d’impact donc il va falloir deux ou trois mois pour les re-préparer physiquement en espérant que cela se passe bien au niveau des premiers matches et qu’on n’est pas de blessure au niveau des impacts lors des entraînements. On va tous travailler à tâtons donc moi, je pense que j’aurai fait une reprise en Janvier, sans parler des calendriers nord / sud, juste pour la protection des joueurs. On fait quand même un sport de combat collectif et les mecs ne s’entraînent pas pendant trois mois, ne font pas de muscu ni d’impact donc, même si le corps a de la mémoire, il va forcément falloir qu’il se réhabitue à tout cela. Et pour l’instant, je pense qu’il va falloir un certain temps pour tout ça donc, j’espère qu’il n’y aura pas de blessure ni de blessure grave à la reprise. 

 

Pour parler d’une autre réforme, il y a eu celle des formats de compétition en Fédérale 1. Au début, c’était 5 poules de 12 puis, s’est greffée une poule Nationale qui va rassembler quasiment toutes les équipes pros de Fédérale 1. Est-ce que tu penses que c’était le sens de l’histoire, au-delà du fait que tu sois déçu de ne pas avoir les gros calibres dans ta poule comme Albi, Blagnac ou Tarbes ? 

 

Cette poule est très bien, ça se fait un peu dans l’urgence comme tout ce qui se fait en ce moment. C’est une évidence qu’il fallait créer cette poule mais de la façon dont ça a été fait, c’est un sketch. Tu proposes à tout le monde de monter en Fédérale 1, il y a des mecs qui disent  » non, on ne veut pas monter parce qu’on va prendre des branlées contre les gros  » donc, ils refusent et une semaine après, on leur dit  » finalement, les gros n’y sont plus « . C’est du bricolage et jusqu’à la fin, les guéguerres entre la LNR et la Fédé, on a encore mis les joueurs dans l’incertitude au milieu, ils sont encore les victimes de tout cela. Evidemment que cette poule est une bonne idée mais vu l’urgence dans laquelle elle a été faîte, ça paraissait vraiment du bricolage voire du bricolage électoral mais ça n’engage que moi (rires). 

 

Je pense que tu n’es pas loin d’être dans le vrai. Tu as les deux pieds bien ancrés à Mazamet mais tu as toujours un brin de cœur jaune et noir. J’imagine que tu as suivi les péripéties qui sont arrivées au Sporting Club Albigeois et cette bataille pour la Pro D2 avec la Ligue Nationale de Rugby et l’ensemble des clubs professionnels à l’unanimité qui leur ont claqué la porte au nez. Qu’as-tu pensé de tout cela car j’imagine que tu avais un brin de solidarité avec ton compère Arnaud Méla ? 

 

J’étais solidaire d’Arnaud mais j’étais en désaccord avec la légitimité prétendue des Albigeois pour monter en Pro D2. J’essaie d’être objectif et d’avoir du recul par rapport à ça, je ne vais pas m’attirer des amis mais je ne vois pas en quoi Albi était plus légitime que d’autres équipes pour monter en Pro D2. Tu le vois avec les 14 équipes qui vont faire la nouvelle Nationale, il y a 5 équipes de notre poule sans La Seyne derrière qui a fait un gros recrutement. Je ne vois pas pourquoi Bourg-en-Bresse ne méritait pas de monter donc, cette légitimité d’Albi et Massy à monter en Pro D2, je ne la comprends toujours pas. C’est vrai que, quand tu es supporter, quand tu bosses comme Arnaud le fait, que tu bosses bien, que tu es en attente de ça mais, du moment que c’était gelé, il n’y a aucune raison de légitimité pour qu’Albi, Massy, Bourg ou qu’un autre club montent. Pour moi, ça aurait été une injustice pour d’autres clubs, même si le fait qu’Albi ne monte pas en Pro D2 soit vécu comme une injustice, car, à mon avis, d’autres équipes étaient aussi bien parties pour monter. Je ne vais peut-être pas me faire de copain au niveau des Albigeois mais … 

 

Tu dis ce que tu penses et c’est ce qu’on aime au Mag Sport, les gens qui parlent vrai et qui disent ce qu’ils pensent. On sait que tu es aussi un représentant et un des étendards de l’ère Béchu. La genèse de l’ère Béchu s’est faite sur deux, trois années où Albi devait monter et avant d’atteindre la Pro D2, ça a été compliqué. Ça a été aux forceps, il a fallu s’armer de patience et derrière, s’est créé un ADN, un état d’esprit, un élément de courage supplémentaire du fait de cette adversité. Est-ce que tu ne penses pas que là, on vient de donner tous les éléments à ce groupe albigeois, s’il arrive à rester soudé et fédéré, pour faire quelque chose de bien plus grand et de bien plus beau dans l’avenir avec bien sûr Arnaud Méla à la baguette ? 

 

Je leur souhaite. C’est vrai que l’héritage du passé est fort et qu’Arnaud est aussi bien placé pour transmettre cette genèse pour que ça se passe bien. Pour l’année prochaine, on part sur un rythme différent avec de gros clubs et il est vrai que ça va rappeler à tout le monde l’envie et l’enthousiasme chaque week-end. Je pense que le monde va revenir dans le stade, il va y avoir des déplacements intéressants. La frustration qui est donc vécue comme une injustice de ne pas être monté ou de ne pas avoir pu récupérer sur le terrain l’injustice de Rouen l’année d’avant, va se transformer. On va vite l’oublier avec de beaux matches dans le Stadium, avec de belles victoires, de bonnes phases finales à la fin pour une belle montée en Pro D2. C’est du moins ce que je leur souhaite et c’est vrai que l’état d’esprit et l’ADN des joueurs sont forcément importants donc, c’est sympa. 

 

On espère juste du côté d’Albi et même nous, les commentateurs, que ça se calme à Dijon (suite aux émeutes récentes dans le quartier des Grésilles€. On a Dijon dans la poule et si on devait les jouer maintenant, cela ne nous donnerait pas trop envie d’y aller avec ce qui s’y passe actuellement. Tu viendras faire la sécurité et nous ouvrir le chemin ? 

 

J’aurai quand même besoin d’un peu de renforts parce-que seul, je ne pourrai pas faire grand-chose. C’est dramatique … 

 

C’est malheureusement la société actuelle

 

Je ne vais pas faire de politique mais on voit où ça mène de désarmer la police. On essaie de faire des amalgames entre ce qui se passe aux Etats-Unis et en France par rapport au nombre d’interventions que l’on fait nous, policiers en France, et je pense qu’on est loin de ça. Mais bon, ce sont encore des décisions politiques qui sont détachées de la réalité du terrain. 

 

Bien sûr, c’était une petite parenthèse d’actualité et c’est pour cela que l’on va finir par la question décalée. Tu n’en as pas gros sur la patate mais tu aurais quand même bien aimé rencontrer Albi. Négocier avec Arnaud Méla un petit match amical à la Chevalière contre le Sporting Club Albigeois en présaison, c’est d’actualité ? 

 

Non, ça n’est pas d’actualité mais ça peut l’être assez rapidement. Pour l’instant, on travaille tous un peu dans l’urgence par rapport à la reprise et à tout ce qu’on doit faire au niveau du Covid et des protocoles de mise en place des entraînements et c’est vrai que nous ne sommes pas encore rentrés dans ce niveau-là de préparation. On attendait que les poules sortent pour justement voir contre qui on pouvait préparer les matches amicaux. On va avoir une réunion avec le staff et à partir de là, on va pouvoir faire jouer les réseaux. 

 

D’habitude du côté albigeois, ils font 3 / 4 matches amicaux. Il y en a déjà deux de programmés contre Aurillac et Carcassonne, une équipe que tu connais bien. Ca veut dire qu’il reste un peu de place pour Mazamet ? 

 

Moi, ça serait avec plaisir, je vais d’ailleurs envoyer de ce pas un texto à Arnaud. Ça me ferait plaisir et d’ailleurs, on a passé le week-end chez Franck Maréchal, un petit week-end nostalgie. 

 

Avec toute la bande des anciens ? 

 

Voilà, les plus vaillants (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Philippe Guicherd lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 16 juin 2020.

 

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