#Rugby – Fed1 / P.Verney (Dijon) : «La nationale 1 est, pour nous, une aubaine!»

Le Stade Dijonnais, via son président Phillipe Verney, a participé au « Grand débat  » sur la Nationale 1 / Pro D3 lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 12 mai 2020. L’occasion pour le club de la Côte d’Or d’affirmer son intérêt pour ce nouveau format de compétition qui colle à merveille avec les ambitions stadistes, à court ou moyen termes, d’accéder au Pro D2. Dans la capitale du duché de Bourgogne, avec l’apport d’infrastructures en plein développement, on compte bien aborder cette future bataille de la nationale avec la ferme ambition de s’étalonner face aux écuries professionnelles et semi-pros de France et de Navarre.

Président Verney, Dijon et Nice ont un peu la même trajectoire. Ce sont des clubs qui sont en train de se structurer, qui ont de l’appétit, qui essaient d’aller voir plus haut. Est-ce que, pour vous, la Pro D2 passe d’abord par cette Pro D3 ou Nationale ? 

 

PV (Dijon) : La marche est haute et avec les 5 poules de 12, elle allait forcément s’agrandir. Donc, ça allait devenir très difficile d’avoir le niveau pour jouer en Pro D2. Avoir une poule intermédiaire et la faire dès cette saison, cela permet de voir où on en est, de mieux se préparer et de donner plus de sens aux clubs de pouvoir évoluer au-dessus et surtout d’y rester parce-que les enjeux sportifs et financiers sont intéressants. Après, sur le plan du spectacle sportif, l’histoire que l’on peut raconter à nos partenaires est aussi bien différente parce-que ce ne sont que des beaux matches que l’on a globalement à leur proposer. Donc, dans ce marasme économique qu’il ne faut pas oublier, parce-que le sportif oublie souvent ce qui se passe à l’extérieur, ça va peut-être nous permettre de réaliser nos budgets. Et c’est une chance pour ces clubs qui avaient pour objectif de vouloir évoluer en Pro D2, ça passe par cette phase de Nationale. Pour moi, je trouve que c’est une très bonne solution si les entraînements ne commencent pas avant le mois de Septembre. 

 

Question subsidiaire : dans cette formule à 60 qui était prévue au début, est-ce que le Stade Dijonnais s’y retrouvait ? 

 

PV (Dijon) : Le problème était de connaître la poule. On s’était fait une poule avec Yves qui nous paraissait intéressante et qui pouvait se vendre un peu mieux à nos partenaires. 

 

Ces poules sont le grand jeu du printemps, je vois que tout le monde s’y met

 

PV (Dijon) : Pourquoi ? Parce qu’on essayait d’avoir la meilleure poule possible pour mieux la vendre à nos partenaires. Donc, il est sûr que cette Nationale qui arrive est, pour nous, une aubaine sinon c’était un retour en arrière et, dans le marasme économique actuel, ça pouvait quand même être compliqué. Si aucun club ne le dit, moi, aujourd’hui, je le dis parce-que, sans les partenaires, les clubs ne vivent pas. 

Président Verney, on sait que tout ce qui est communication, marketing à Dijon est quelque chose qui vous plaît. Vous bossez très, très bien et vous êtes souvent pris en exemple par beaucoup de clubs de Fédérale 1 sur la communication. Une Nationale 1 pour packager et marketer serait le top pour le Stade Dijonnais ? 

 

PV (Dijon) : C’est ce que je disais tout à l’heure, on a une vraie histoire à re-raconter. .Comme le disait le président de Blagnac, ce n’est peut-être pas ça qui va nous faire accéder au budget mais, forcément, ce ne sera pas un frein pour y arriver. Et c’est vrai que c’est plus vendeur et que ça permet de mieux se préparer. Avant de commencer cette poule, est-ce qu’il faut déjà être éligible pour la Pro D2 ? Est-ce que ce n’était pas l’erreur d’avant  et qu’il faut la re-commettre ? Je n’en sais rien et c’est autre chose! Ce qui est important, je pense, c’est qu’il faut que le sportif puisse s’exprimer, donner du plaisir à la fois aux joueurs, aux partenaires et aux supporters. Et en parallèle, le club va forcément se structurer s’il doit aller plus haut à un moment ou à un autre. Je pense que c’est ça qui est important. 

 

Pourtant, en Fédérale 1, avec la mouture qui était prévue avant cette décision d’étudier la possibilité d’une Nationale 1 par la Fédération Française de Rugby, elle vous mettait très certainement dans une poule avec Mâcon, Beaune, Nuits-Saint-Georges. C’était la foire aux derbys et les derbys, c’est aussi rémunérateur pour un club car cela permet de faire marcher la billetterie ? 

 

PV (Dijon) : Oui, je n’ai pas dit que c’était mission impossible pour nous. Entre présidents de clubs, on avait même pensé à monter un challenge, à l’image de Cognac qui avait créé un challenge sur la vigne et qui en avait parlé à André Goichot de Beaune. On voulait aussi faire un challenge entre nous pour essayer justement d’aller reconquérir certains partenaires spécifiques là-dessus lorsque l’on se rencontrerait. Donc, on cherchait des solutions mais, si on les a pas et que Bourgoin, Bourg, Chambéry, Nice, Blagnac, Albi, Cognac viennent, ça me va bien. Ça fait de belles images, pour certains, on a déjà joué les uns contre les autres et on sait que ça sera de beaux matches avec de l’intensité et ainsi de suite. Je répète que ça me va très, très bien et je pense que pour moi, c’est une bonne décision en étant peut-être un petit peu plus souple et ne pas refaire la copie. On ne veut pas prendre le même nom, je pense que c’est une bonne chose, donc, ne faisons pas non plus les mêmes choses pour y accéder. 

Est-ce que, pour vous, ce sera la chaîne L’Equipe ou bien, est-ce que cela tombera dans le giron de la LNR et qu’à ce moment-là, ce sera Eurosport ou Canal + ? Est-ce qu’il va y avoir un appel d’offre en urgence fait exprès pour cette division parce-que, sans télévision, pas de modèle économique ? 

PV (Dijon) : Si je peux me permettre, il faut rajouter une chose. Bien sûr, c’est un élément très, très important pour nos produits. De notre côté, aujourd’hui, ce n’est pas du tout budgété mais il y a une chose sur laquelle on s’appuie, c’est de faire un championnat qui ne s’arrête pas et qu’on puisse remplir à 100% nos tribunes, nos réceptifs, nos repas et ainsi de suite parce-que sinon, on n’y arrivera pas. Et à mon avis, commencer les entraînements avant Septembre, ça me paraît compliqué et prendre un gros risque. Je pense que ça aussi, c’est important et qu’il faut le dire. 

Président Verney, on sait que la décision de faire cette Nationale 1 est suspendue au fait qu’Albi et Massy ne montent pas en Pro D2. Pour la Ligue,(si elle participe), ça coûterait moins cher de faire monter ces deux clubs en Pro D2 que de faire une Nationale 1. Mais, si d’aventure il y avait une réponse négative et maintenant qu’on vous a  » mis le biscuit sous la bouche « , que tous les clubs sont en train de se faire à l’idée et de se projeter dans cette Nationale 1, est-ce qu’il y aurait de la déception si, tout compte fait, elle ne se faisait pas ? 

 

PV (Dijon) : La réponse est difficile parce-que je ne veux pas être contre la montée d’Albi et de Massy. Je n’ai personnellement pas à porter de jugement là-dessus. Si la conséquence de leurs montées est le fait que la Nationale ne se créée pas, je ne pense pas que ce soit non plus une bonne solution. Je ne vous fais pas une réponse de Normand mais on peut aussi faire une Nationale, peut-être légèrement différente et à revoir un petit peu parce-que c’est quelque part intéressant. Mais, je ne veux pas dire que c’est l’un ou l’autre, ce sont deux philosophies totalement différentes. 

 

Une poule  » cobaye « , en attendant qu’elle soit totalement formalisée, qui soit un peu à part dans la Fédérale 1 actuelle pourrait être une solution ? 

 

PV (Dijon) : Oui, je pense. A voir comment ça va être mais pourquoi pas ? Ce choix entre Albi / Massy ou une poule Nationale, dont je ne connais peut-être pas assez les problématiques, sont deux philosophies complètement différentes. 

 

C’est un peu comme cela a été présenté et exprimé par Bernard Laporte dans son communiqué. Quand on le lit en transversal, ça sera sûrement l’un ou l’autre, il faudra que la Ligue choisisse entre les deux, d’après ce qu’on a essayé de décrypter. 

 

PV (Dijon) : C’est difficile de se positionner. Je crois que je ne maîtrise pas la décision et à partir du moment où je ne maîtrise pas trop la décision, je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas et je ne veux pas m’exposer sur le sujet. 

Président Verney, on se posait surtout une question en termes d’infrastructures parce qu’on sait qu’à Bourillot, ça bouge, vous avez un projet de stade. Cette proposition de Nationale 1 pourrait même faire accélérer ce projet ? 

 

PV (Dijon) : Le projet d’aujourd’hui, ce sont déjà le terrain et l’éclairage qui vont être refaits. C’est théoriquement prêt et les travaux commencés donc on est prêt pour la rentrée. C’est une bonne chose parce-que, pour la télé, on peut jouer quand on veut, on sera aux normes Pro D2 dès la saison prochaine sur cet aspect-là. Sur le reste des infrastructures, Dijon et sa métropole se sont engagés à nous refaire le stade, c’est dans le projet du maire qui est en phase d’être réélu. Donc, ça corrobore et je pense que tout sera fini sous deux ans en termes de réfection du stade donc, c’est bien. Au niveau du budget, le recrutement est fait et correspond à la Nationale ou à la Fédérale 1, c’est ce qu’on a fait donc, sur ce sujet, on ne bouge pas notre budget qu’on soit là ou là. On prendra seulement moins de risques avec les aides qui viendront éventuellement soulager notre budget à droite ou à gauche. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-12-mai-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat Pro D3, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 12 mai 2020.

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