#Rugby / Le verbatim de la Fed1 – Ep2: Pamiers (P.Galy)

Depuis le début du confinement et des mesures gouvernementales pour lutter contre la crise Coronavirus, la rédaction du MagSport -RadioAlbiges organise des débats avec les acteurs de la fédérale 1. Aujourd’hui focus sur le SC Pamiers et son Vice Président Patrice Galy, qui quelques heures avant l’annonce définitive par France Rugby de l’arrêt des compétitions (le 27 mars 2020), avaient répondu à nos questions et celles d’Oussama Boucherka du Rugbynistère, en compagnie de ses homologues d’Oloron (Pierre Serena), Fleurance (Michel Courtès), Blagnac (Benoit Trey) et Lannemezan (Jean Philipe Dastugue).

OB : Je vais rentrer de suite dans le vif du sujet. On connaît tous la crise que la France traverse et où le rugby se retrouve impacté. Vous, en tant que présidents et acteurs de la Fédérale 1, comment vivez-vous cette situation ? Et avez-vous des nouvelles de ce qui pourrait se passer dans le futur ou pas du tout ? 

 

PG (Pamiers) : On le vit comme tout le monde, c’est compliqué. Il faut se rendre à l’évidence, le rugby, ce n’est rien par rapport à ce qu’il se passe dans le monde donc, il faut quand même relativiser nos petites histoires. On le fait par téléphone, on s’est renseigné à droite, à gauche. Aujourd’hui, je pense qu’il y a une décision importante qui va tomber donc on attend (Itw réalisé le 27 mars 2020).

 

OB : On voit qu’au-dessus, ça parle beaucoup d’équité sportive. Je pense que c’est ce qui fait qu’on essaie de maintenir les championnats à flot. Mais, est-ce que c’est la même chose pour vous, les équipes de bas de tableau ? Est-ce que vous voulez que l’équité sportive soit respectée et avoir une chance de vous sauver si les championnats ne sont pas figés ?

 

PG (Pamiers) : Aujourd’hui, pour nous, si ça s’arrête là, on est relégables. Après, il y avait quand même 4 matchs à faire, on espérait tout faire pour se maintenir, ce qui était l’objectif du club en début de saison, il faut être clair. On n’est pas dans une position confortable, s’il s’avère que ça reste figé comme ça et bien, on sera bien content. Mais, on ne va pas se réjouir de la situation. Il adviendra ce qu’il adviendra, la Fédé décidera de ce qu’elle décide et on fera avec. Si aujourd’hui, on est avant-dernier, ce n’est pas la faute des autres, c’est notre faute à nous donc, on en tirera les conséquences et si on peut rester en Fédérale 1, on y restera. (Pamiers a été depuis officiellement maintenu en Fédérale 1).

OB : Pour vous, est-ce que la communication de la FFR est claire auprès des présidents de Fédérale 1 ? Est-ce qu’il y a une bonne communication entre les clubs et la FFR ?

PG (Pamiers) : Je partage totalement l’avis de Benoit (Trey) sur le sujet. C’est vrai qu’il n’y a pas de groupe de travail entre club de fédérale, aujourd’hui mais quand même, on est informé de ce qui se passe et de ce qui va se passer. Mais, on n’est pas dans la réflexion avec la Fédé. 

LC : Patrice Galli, on a entendu Bernard Laporte dire avant-hier dans Rugbyrama (26 mars 2020) qu’il espérait qu’il n’y ait aucun club qui reste sur le carreau l’année prochaine, qu’il souhaitait qu’aucun club ne fonde les plombs cet été, que ce soit en Fédérale 1, Fédérale 2, Fédérale 3, même en série ou en honneur. Tu penses que c’est réaliste ou utopique ?

 

PG (Pamiers) : J’espère que c’est réaliste. Je pense que cette crise, que ce soit dans le rugby ou le sport en général, va aussi nous permettre de redescendre sur terre au niveau financier, autant en Fédérale 1 que plus haut. Parce qu’aujourd’hui, on était parti un peu en Top 14 et le reste sur des salaires assez mirobolants et même sur la Fédérale 1 qui est le rugby  » amateur « . On le voit sur cette poule et sur les différences de budgets donc aujourd’hui, on va être beaucoup plus raisonnable, sachant que les budgets vont être réduits d’à peu près 20% l’année prochaine sur chaque club, étant donné que les partenaires et que combien d’entreprises vont être en difficulté financière. Donc, on ne va pas leur réclamer leurs 1 000, 2 000, 3 000€ ou plus. Je pense qu’on partage tous ce point de vue. 

LC : Patrice Galli, que ce soit en Fédérale 1 ou en Fédérale 2, j’imagine que tu corrobores les propos de tes confrères, sur le dur retour à la réalité et la fin de la course à l’échalote dans le Rugby ? 

 

PG (Pamiers) : Oui, totalement, on va revenir sur terre. Après, moi, je me fais un souci par rapport à l’ensemble mais, par rapport à mon club, on est un club formateur, il y a des jeunes derrière, il y a des espoirs comme le disait Benoit (Trey , Pdt Blagnac). On est dans le même cas, à moindre échelle, mais derrière, il y a des jeunes qui poussent donc, je ne me fais pas de souci. Tout simplement, il faudra que les joueurs fassent les efforts qui vont être fait partout, même dans les entreprises donc c’est la même chose. 

LC : Dans un registre plus compétitions. A Pamiers le contexte va permettre de vous maintenir. Mais à Mauléon promu cette saison tout comme Beaune qui est monté l’année dernière, ils étaient qualifiable en Du Manoir. Ça aurait été la première fois pour eux de leur histoire. Eux vont quand même avoir une certaine amertume même si les événements qui amènent ça vont, comme on l’a dit, au-delà du sport ? Tu peux comprendre si ces clubs se sentaient un peu floués ?

 

PG (Pamiers) : Pour mettre un peu entretenu avec Benat Queheilles sur la fin de saison, lui, effectivement, il pensait toujours au maintien alors qu’il était qualifié depuis un moment. Mais, quand même il s’avouait être sûr d’être qualifié. Quand on parlait d’éventuels adversaires, lui me disait  » le plus gros et le plus loin possible pour faire une fête avec les joueurs et avoir un grand nom à Mauléon « . Voilà leur état d’esprit et c’est super, des clubs comme ça, c’est énorme. 

LC : On va revenir un peu dans l’actualité. On a interviewé à Graulhet un joueur qui s’appelle Jérôme Montbroussous qui est pharmacien, qui est au four et au moulin dans le ruck coronavirus. On sait qu’en Fédérale 1, comme l’a dit Pierre Serena, il n’y a maintenant plus de club amateur parce-que les vrais amateurs, ce sont ceux qui se battent pour un short, une paire de chaussettes, un maillot et le clocher du village. Il n’y a que des clubs semi-pros ou semi-amateurs en Fédérale 1, vous avez tous des joueurs pluri-actifs. Est-ce que vous avez des joueurs ou des dirigeants qui sont au cœur de cette guerre, de cette bataille contre le coronavirus et qui amènent les valeurs du rugby dans ce combat ? 

 

PG (Pamiers) : Non, on n’en a pas à part Jean-Philippe Sannac le président, qui est ambulancier, qui fait du début à la fin, malheureusement à la fin. Il est dans le funéraire, les ambulances et le matériel médical donc aujourd’hui, il n’y a presque plus de gel chez lui, les masques c’est pareil donc, il est en plein dedans. 

LC : Faisons un peu de fiction, nous sommes juste avant une hypothétique finale du Top 14 , et le confinement est levé. On peu imaginer une grande fête du rugby à Pamiers?

 

PG (Pamiers) : Ces repas de fin d’année, on les faisait mais celui-là, il sera encore meilleur. On va se retrouver et je pense que la fête va être plus grande. On va redémarrer une nouvelle année ensemble. C’est compliqué et c’est la ferveur du rugby qui nous rallie tous et ça, on n’y manquera pas et il ne faut pas manquer de le faire. On essaiera peut-être de faire un bœuf, on l’avait déjà fait chez nous. 

 

LC : Et une grande fête de la Fédérale 1, ça aurait quand même aussi de la gueule ? Tous les clubs de Fédérale 1 qui se regroupent pour montrer qu’il y a encore de la vie, qu’après la difficulté et l’adversité, on repart de l’avant ? J’ai lancé l’idée (rires) .

 

PG (Pamiers) : On pourra le faire en visio (rires)

LC : Patrice, on sait que l’Ariège est un territoire, un terroir qui a été un peu meurtri avec beaucoup d’adversité sociale, où il y a eu beaucoup de casse sociale. Les gens ont été habitués à lutter, un peu comme dans le Carmausin ou dans le Graulhetois. Ces valeurs sont essentielles dans ces périodes-là ? 

 

PG (Pamiers) : Oui, j’espère que ça va nous renforcer parce qu’il y a déjà beaucoup de clubs qui ont pâti au niveau social. Aujourd’hui, vous avez des clubs comme Lavelanet qui était en Top 14 qui se retrouve en Promotion d’Honneur, des clubs comme Foye, la préfecture, qui est aussi en Promotion d’Honneur. C’est compliqué donc nous, on essaie de survivre. Après, c’est la situation économique des entreprises qui feront que Pamiers brillera ou ne brillera pas et Pamiers, c’est au travers de l’Ariège. Aujourd’hui, on est le seul club, avec Saint-Girons qui est monté en Fédérale 2 avec des valeurs un peu à la Mauléon. Après, c’est plus compliqué. C’est l’économie qui fera qu’on s’en sorte, que l’Ariège et le rugby s’en sortiront. 

Propos recueillis par Loïc Colombié (Le #MagSport – RadioAlbiges) et Oussama Boucherka (Le Rugbynistère)

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-03-2020/

Réécouter en intégralité notre débat « Le #MagSport – RadioAlbiges  » et « Le Rugbynistère » du 27 mars 2020, avec B.Trey (Blagnac), JP Dastugue (Lannemezan), M.Courtes (Fleurance), P.Serena (Oloron) et P.Galy (Pamiers).

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