#Rugby – Fed1 / J.Becasseau (Dijon) : «Le rugby Bourguignon, c’est bon esprit avec une grosse 3e mi-temps!»

Retour dans l’avant confinement et la crise sanitaire Covid 19, avec notre article Flashback du jour. Quelques heures en amont de l’annonce du Président de la république, Emmanuel Macron, des mesures pour endiguer la pandémie Coronavirus, nous avions rencontré,  Jérémy Bécasseau pilier gauche du Stade Dijonnais. Il était en pleine préparation du derby bourguignon face au CS beaune qu’il appréhendait avec un esprit revanchard. L’originaire de Chablis, en avait profité pour faire un point sur sa saison et celle du club de la préfecture Côte d’orienne. Focus sur un joueur, 100% made in Bourgogne, qui parle avec amour de son terroir, de ses racines paysannes et du rugby de sa région.

 

 

Ce week-end s’annonçait une grande fête, le derby de la Côte-d’Or, le derby de Bourgogne, Dijon/Beaune. En plus, il y avait eu un match aller assez serré, assez haletant avec beaucoup d’enjeu sportif. Malheureusement Jérémy, l’épidémie et la pandémie Covid 19 est un peu venu gâcher la fête puisqu’on vient d’apprendre il y a quelques instants que ce match se jouerait finalement à huis clos total ? 

 

C’est ça, ça vient d’être annoncé cet après-midi. Je ne sais pas trop encore comment ça va se régler, on n’a pas eu le retour du coach ni des  » responsables  » de l’organisation. Pour l’instant, on est un peu surpris, je ne pensais honnêtement pas que ça serait à huis clos. Je pensais qu’ils allaient juste limiter à 1 000 personnes, c’est ce qu’ils avaient annoncé en début de semaine. Je ne sais pas, ça va vraiment être bizarre. Je n’ai encore jamais joué de match à huis clos donc, ça va être une première. 

 

Pour toi, en tant que joueur, j’imagine que tu comprends ces raisons sanitaires. Mais quand même, le public, l’ambiance qu’il y a autour du terrain, que ce soit 100, que ce soit 1 000, que ce soit 2 000 personnes, ça fait aussi partie de l’âme du sport. Ça va manquer, il manquera quelque chose, c’est un peu comme  » le sel dans la soupe  » ? 

 

Exactement. D’habitude, on a un 16e homme au Stade Dijonnais. Là, ça va être un match sans, il va falloir s’en passer, ça va quand même être assez compliqué. Après, ça nous avantage aussi dans le sens où Beaune, c’est vraiment à côté de Dijon donc, on avait l’habitude aussi d’avoir dans les derbys Beaune/Dijon les supporters de Beaune qui viennent nous voir et qui viennent encourager leur équipe même chez nous. 

 

On va en parler de ce derby entre Dijon et Beaune. On se souvient, il y avait eu à l’allée une victoire des Beaunois dans leur antre, sur le fil à la dernière seconde. Ça avait été un match très serré avec beaucoup de changements. A un moment donné, c’est Dijon qui tenait le match puis, c’est Beaune sur le fil qui est venu arracher ce derby. On imagine que vous êtes remontés comme des coucous pour affronter ces Beaunois ? 

 

C’est ça, ils gagnent le match à la 88e minute, il me semble, si je me rappelle bien. C’était un match un peu incroyable sur le déroulement. Mais oui, on a clairement à cœur de montrer ce qu’on vaut et ne pas refaire la même erreur qu’on a pu faire à Beaune à savoir ne pas finir le match comme on l’a commencé. 

 

Et puis, il y a aussi un enjeu qui est allé verrouiller cette qualification en Jean-Prat. Pour l’instant, vous êtes en ballottage favorable mais vous n’êtes pas encore élus pour ce Jean-Prat ? 

 

Pour l’instant, on est favorable à être qualifié, on essaie coûte que coûte d’obtenir cette qualification au fil des matchs. On aurait dû la verrouiller bien plus tôt, on a eu quelques déconvenues contre Vienne et contre Suresnes. Malheureusement, on fait un match nul à domicile et on ne va pas gagner à Chambéry alors qu’on a franchement les moyens de gagner cent fois. Vienne, on ne prend pas le point de bonus, on leur laisse le point de bonus défensif. On laisse des points en route ce qui fait qu’on se complique la tâche pour obtenir cette qualification rapidement. 

 

Et puis, le malheur, c’est qu’en oubliant des points en route, il y a ce classement national et si vous en perdez trop en chemin, vous pouvez tomber contre un gros morceau, un gros calibre dès les 1/4 de finale et ça, ça ne serait pas une bonne chose, même si, en voulant aller loin, il faut obligatoirement prendre de grosses équipes. Mais, tomber d’entrer sur un gros morceau, ce n’est pas vraiment le meilleur apéritif va-t-on dire ? 

 

Clairement, on y pense, on a regardé. Au début, on était super bien et là, on est en train de passer un peu  » au-travers « . Enfin, il y avait moyen d’avoir quelque chose de bien mieux que ce qu’on va probablement avoir pour la qualification. 

 

Toi qui a connu l’aventure de la saison passée et qui connait et participe à l’aventure de cette saison, qu’est-ce qui a un peu changé à Dijon ? Entre l’année dernière, où vous étiez des outsiders sortis du bois au dernier moment même si vous aviez fait un très bon parcours tout au long de la saison mais personne ne vous voyait arriver en Jean-Prat, et cette année où vous étiez quand même attendus comme le loup blanc, quelles sont les différences ? 

 

La grosse différence, c’est qu’on est attendu alors que l’année dernière, comme tu l’as dit, personne ne nous connaissait et nous attendait. Donc, on profitait de cet aspect de  » surprise  » du coup, on pouvait vraiment en profiter pleinement. Alors que cette année, on est attendu et qu’en plus, la com a annoncé notre volonté de vouloir monter en Pro D2 cette saison ou dans les prochaines saisons qui viennent donc vraiment, toutes les équipes nous attendent et sont prêtes à nous recevoir quoi qu’il en coûte. On est attendu donc, on sait à quoi s’en tenir. Après, par rapport à la saison passée, on a quand même eu 15 départs pour 15 arrivées donc, ce n’est pas évident non plus. On essaie de conserver tous nos joueurs mais ça reste quand même assez compliqué. Quand on arrive à faire une bonne saison, qu’on est un peu des outsiders qui arrivent à sortir du lot, ça fait parler donc, du coup, il y a des joueurs qui sont partis à l’image de Jules Soulan qui est à Colomiers et qui réussit super bien sa saison. Ils sont premiers en ce moment à un ou deux points de l’USAP. Donc voilà, c’est toujours compliqué de repartir avec des joueurs de moins dont des cadres qui nous amenaient vraiment beaucoup de bien. 

 

Et toi personnellement, cet objectif et donc cette pression de la Pro D2, ça t’a obligé à appréhender le rugby et les choses autrement, avec encore un peu plus de professionnalisme et d’aller encore plus haut dans le curseur d’exigence ? 

 

Oui, on a clairement cette volonté de monter en Pro D2. On est beaucoup plus investi notamment en regard de ce qui va arriver le week-end donc c’est surtout la préparation du match. Tous les joueurs sont hyper concentrés dans ce qu’ils font. Ils font des vidéos à l’avance du coach donc, on n’attend pas que le coach nous amène les solutions pour trouver les clés. On les regarde en avance et on travaille vraiment en commun avec le staff sportif. Vraiment, tous les joueurs ont conscience de l’exigence qui doit être attendue pour monter en Pro D2. 

 

Et puis, j’imagine que ça vous oblige aussi à regarder dans les rétros, entre autres Suresnes, mais aussi à côté pour voir ce qui se passe dans les autres poules pour voir où en sont les potentiels adversaires. Par exemple, il y a le match Blagnac/Albi télévisé samedi, je pense que beaucoup de joueurs de Dijon vont regarder un peu ce qui se fait dans ces deux équipes ? 

 

Tous regarderont ce match ! 

 

On te fera un coucou depuis les tribunes

 

Il n’y en aura pas beaucoup dans les tribunes (rires). Le fait qu’on va sûrement tomber contre l’un des gros nous oblige à regarder tous les matchs qui passent à la télé pour se jauger par rapport à ce qu’il se passe dans les autres poules. Parce-que c’est compliqué aujourd’hui, comme il n’y a plus de poule élite, comme il n’y a plus tout ça, de voir ce qui se passe dans les autres poules donc on prend ce qu’il y a à prendre sur les matchs qui sont télévisés et on essaie de jauger avec ça. 

 

Ca a peut-être été un défaut l’an dernier. Comme vous ne vous attendiez pas forcément à être en Jean-Prat, vous n’aviez pas trop analysé les adversaires et, quand vous êtes arrivés en Jean-Prat, vous aviez peut-être une petite méconnaissance de ces adversaires. Vous les découvriez un petit peu, non ? 

 

Oui, c’est vrai qu’on les découvrait. Mais après, on a quand même des joueurs qui sont issus de centres de formation, qui viennent de milieux professionnels. Donc, dans un sens, on découvrait un peu le niveau par rapport à la saison qu’on venait de passer mais, globalement, on avait tous des joueurs qui étaient issus d’un niveau supérieur et qui  » savaient à quoi s’attendre  » en jouant contre Albi. 

 

On va te poser la question un peu décalée. On se souvient que l’an dernier, le Midol t’avait annoncé ainsi que Dimitri Tchapanga du côté d’Albi, il y avait des pistes. On sait aussi ce que ça vaut, on dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu mais souvent, il y a de la fumée mais pas de feu. C’était quoi cette histoire, du lard ou du cochon ? Et, un club comme Albi, ça parle au bourguignon pure souche que tu es ? Ca te dirait un jour d’arriver dans un club du sud-ouest ? 

 

Dans un sens, oui (rires). J’ai eu d’autres clubs aussi, je suis passé par l’USAP, j’ai vécu d’autres expériences. Savoir si c’est du lard ou du cochon, moi, j’ai envie de demander à Arnaud Méla si c’était vrai ou pas parce-que moi, je n’ai pas envie de me mouiller à dire si c’était vrai ou faux, je n’ai pas eu de message (rires). Honnêtement, c’était une indiscrétion du Midol comme ils ont l’habitude de faire. On a l’habitude, ils ont entendu un bruit de couloir, ils l’ont publié et voilà. 

 

Comme c’était avant le match Albi/Dijon, ça tombait, on va dire, au bon moment ? 

 

Exactement, ça tombait vraiment au bon moment (rires)

 

On va parler de tes racines bourguignonnes, que j’ai déjà un peu évoquées. Tu es un homme de Chablis, tu as grandi dans ce pays. Comment tu décrirais le rugby bourguignon en quelques mots ? 

 

Je vais parler cru mais ce sont principalement des  » paysans  » qui ont envie de s’éclater le week-end. Donc, on a beaucoup de viticulteurs, même d’agriculteurs de là où je viens qui ont voulu monter des clubs par là et s’amuser le week-end. C’est vraiment bon esprit avec une grosse 3e mi-temps. 

 

Comme à La Grotte ? 

 

Exactement, comme à La Grotte (rires). C’est clairement vraiment cet esprit amateur qui essaye de devenir professionnel. 

 

Toi qui es de Chablis, tu es issu d’une famille viticole ? 

 

Non, d’une famille d’agriculteurs. 

 

Tu es l’exception qui confirme la règle à Chablis ? 

 

Exactement (rires)

 

On va finir en te posant la sempiternelle question : les maîtres mots, les mots d’ordre pour ce derby entre Dijon et Beaune ? 

 

Les mots d’ordre, c’est surtout de l’application de la 0 à la 80e minute et ne pas flancher, surtout sur l’engagement parce-que les Beaunois ont une grosse arme, c’est celle-là, c’est l’engagement. Et on l’a vu au match aller, ils sont capables de la tenir jusqu’à la dernière minute dont, il va vraiment falloir tenir ce rythme et ne surtout pas flancher. 

 

On vous souhaite que ce soit un beau derby, même s’il n’y aura pas le 16e homme. On espère que, sur le terrain et sur le pré, vous ferez le spectacle et que ceux qui pourront suivre le match en Facebook Live se régaleront à voir ce derby de Bourgogne et de Côte d’Or. 

 

Exactement, à très bientôt

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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