#Rugby – Fed1 / A.Roumegoux (Albi) : «Si on ne peut pas monter, ça risque d’être compliqué!»

Ce lundi 23 mars, nous avons joint téléphoniquement, le président du Sporting Club Albigeois, Alain Roumegoux. Alors qu‘il voyait cette saison comme celle de l’accomplissement sportif, la crise du Coronavirus est venu rebattre les cartes et mettre une épée de Damoclès sur son club. Mais pour celui qui a connu moult rebondissements avec les jaunes et noirs, depuis deux décennies qu’il est dirigeant, l’espérance en des jours meilleurs, reste son credo. Focus sur un président, qui en cas de gel de la saison et des playoffs de fédérale 1, s’inquiète pour le devenir du SC Albi.

 

 

Alain, comme l’ensemble des clubs de Fédérale 1, vous êtes pour l’instant à l’arrêt au Sporting Club Albigeois pour cause de crise sanitaire. Comment vous êtes-vous organisés au SCA pour gérer ce moment hors du commun et hors du temps ? 

 

Disons que, du fait qu’on ne puisse rien faire, il n’y a pas d’entraînement, il n’y a pas de jeu donc, on a mis tout le monde au chômage partiel, aussi bien les joueurs que le staff, tous ceux qui sont sous contrat. Il en va de même des administratifs donc aujourd’hui, on est à l’arrêt et en attente d’une future reprise. Mais on ne sait pas quand ni même à quel moment cela va se passer. 

 

Concernant le Sporting Club Albigeois, comme toute structure professionnelle, vous avez du personnel administratif. Il en est quoi de ce personnel ? 

 

Là aussi, on a mis le personnel administratif au chômage partiel. On a plusieurs salariés, en tout, on en a 6, entre le commerce, l’administratif, la comptabilité et même l’association, présidée par Jérôme Assié. Eux-aussi ont cessé toute activité et on a dû mettre au chômage partiel au moins une secrétaire. Je ne sais pas combien il y a de contrats mais il y a peut-être les entraîneurs des équipes qui ont des petits contrats qui doivent être aussi au chômage partiel. Je ne sais pas comment ça fonctionne mais, à aujourd’hui, je n’ai pas de salarié qui travaille. 

 

On imagine qu’un club comme le vôtre est nourri par les inquiétudes, déjà de par la situation sanitaire pour vos proches et pour les français, mais aussi pour la situation du Sporting Club Albigeois car cette situation met entre parenthèses beaucoup de choses, à commencer par le déroulé sportif de la saison. Il y a aussi de potentielles phases finales, une potentielle montée en Pro D2. Cela fait beaucoup de points d’interrogation ? 

 

Aujourd’hui, on est en attente. On ne sait pas si on pourra reprendre le championnat ou pas, on ne sait pas si on pourra faire des phases finales. Et en plus, si pas de match de championnat, si pas de phases finales, si pas de montée, si pas de descente, je ne sais pas, on ne sait pas du tout sur quels critères cela va être fait. Vu notre classement, on avait peut-être espoir de faire des phases finales mais à ce jour, on ne peut pas répondre parce qu’on ne sait pas quand on reprendra. Je crois que l’objectif, c’est à partir du 15 Mai. Si le 15 Mai, il y a toujours le confinement, on aura du mal à finir la saison. Donc, on est en attente, on est obligé d’attendre. 

 

Si on en arrive à ce cas extrême, ce serait une catastrophe économique, sportive voire même humaine pour les joueurs et même l’ensemble du club ? 

 

On le sait, nous étions reparti une année de plus avec l’intention de remonter parce qu’on a un club professionnel et vivre dans un monde amateur avec un club professionnel, c’est quand même difficile donc, on s’était fixé un an de plus. Là, on s’était vraiment donné les moyens pour le faire donc, c’est vrai que si on ne peut pas monter, ça remettra sans doute notre modèle économique en jeu car il faut savoir que nos partenaires peuvent aussi être en difficulté. Donc, repartir sur une nouvelle année, si on ne peut pas monter, ça risque d’être compliqué. Mais bon, on n’en est pas là parce qu’à ce jour, du fait du chômage, on a des dépenses en moins. Bien sûr, on a des recettes en moins donc il faut qu’on refasse un prévisionnel pour voir où on va aller et comment on va le faire. Mais on va faire semaine par semaine parce qu’on ne connaît pas l’évolution. 

 

Là, pour l’instant, avec la tête dans le guidon, c’est un peu impossible d’évaluer l’impact économique de cette crise ? 

 

On peut faire des simulations selon plusieurs critères. Est-ce qu’on fait les phases finales en aller/retour ? Ça fait des recettes ou pas. Est-ce que ça ne se fera pas ? Je ne sais pas, on ne peut pas conditionner. On peut envisager le scénario du pire, c’est à dire qu’il n’y ait plus rien. A ce moment-là, il faut que nous on réfléchisse pour voir si on peut boucler le budget et préparer un budget pour l’année prochaine. Disons que X situations, X critères différents et on ne peut pas en parler aujourd’hui. 

 

On l’a vu ce matin dans nos colonnes, Maurice Buzy-Pucheu a annoncé que les 4 derniers matchs seraient suspendus. Il y a eu ensuite un rétro-pédalage de la FFR mais, au vu de la période on l’on est et de la longueur de cette crise sanitaire qui risque de s’étaler, la logique temporelle voudrait que ces 4 matchs n’aient pas lieu, avec 99,99% de chance. Quel est l’impact pour le Sporting Club Albigeois avec ces 4 rencontres qui sautent ? 

 

S’il faut se resituer par rapport au budget global de l’année, 4 matchs de championnat plus deux rencontres de phases finales sur lesquelles on avait tablé au cas où bien sûr ça réussirait, ça représente 27% soit 1/4. Donc, vous voyez la situation au niveau des recettes qui peut manquer à la fin de la saison. Il faut se l’imaginer comme ça, c’est un peu plus représentatif. Il nous manque 1/4 des matchs donc ça représente 1/4 de la saison. 

 

A l’heure actuelle, on parle de la suppression des matchs de la saison régulière, pas des phases finales. Ces dernières resteraient et le Sporting Club Albigeois y participerait puisqu’il était déjà mathématiquement qualifié en Jean-Prat. Ca fera des belles recettes ? 

 

Si c’est accepté, oui, et si on joue chez nous, aussi (rires). A condition qu’il y ait des matches en aller/retour. 

 

Ou qu’il y ait un match chez la tête de série, sur une phase finale sèche avec juste des matchs aller 

 

Oui, peut-être, je ne sais pas mais chaque situation est différente. La Fédération a dit qu’ils essaieraient d’aider les clubs, sous quelle forme, je ne le sais pas. Donc, je crois que tout est à définir selon la situation et on va être obligé d’attendre. 

 

Les annonces de Bernard Laporte, avec le fond de soutien et le plan de relance du rugby amateur, c’est quelque chose qui vous a un peu soulagé moralement ? 

 

C’est bien ce que fait la Fédération mais d’après ce que j’ai compris, elle a 1 900 clubs. Je ne sais pas à quel niveau, s’ils vont réduire les licences. Je sais qu’ils parlaient d’un fond important mais je ne sais pas comment ils vont aider les clubs. J’imagine qu’ils vont faire une diminution des dépenses pour les clubs. 

 

Oui, sur les licences et sur toutes les cotisations des clubs

 

Oui, peut-être, je ne sais pas. De toute manière, toute action qu’ils feront sera la bienvenue. Pour nous, qui sommes un club professionnel, il faut des sommes importantes donc, aujourd’hui, je ne sais pas ce que peuvent représenter les propositions de la Fédération. Ça, on le verra dans les jours à venir. 

 

Vous avez échangé avec d’autres homologues présidents sur la situation ? 

 

Oui, avec un président, on était à peu près pareil. Tout à fait au début, c’était pour parler de comment on faisait avec nos joueurs et ensuite, on est tous pareil, on attend l’évolution de la situation. On est obligé d’attendre, on ne peut pas faire autrement. 

 

Président Roumegoux, on va maintenant vous poser une question un peu plus particulière et personnelle. Comment vivez-vous ce confinement ? J’imagine que, comme tous les Français, vous prenez votre mal en patience ? 

 

Comme tous les Français, il faut rester à la maison. Moi, j’ai l’avantage d’avoir une maison et un terrain donc, je peux m’occuper. Je plains ceux qui sont dans des appartements, qui ne peuvent pas sortir, ça doit quand même être difficile, surtout avec des enfants. Nous, on est obligé de rester chez nous mais on ne peut pas voir nos enfants parce qu’ils sont éloignés mais ça va, je ne me plains pas. Mais, je m’attends à ce que ce soit assez long et à ce que le confinement dure un certain temps. 

 

Et vous échangez par mails ou par visio-conférence avec tous les membres du Sporting Club Albigeois ? Je pense à Arnaud Méla ou aux autres administrateurs du club. 

 

Avec les administrateurs oui, on a un réseau entre nous et on correspond entre nous. Avec Jean-Jacques Veyrac et Arnaud, c’est par téléphone puisqu’on ne peut pas se voir non plus. 

 

En plus, Arnaud Méla n’est pas très réseaux sociaux ? 

 

Lui, c’est par téléphone, tout à fait. Je l’ai eu ce lundi matin, Jean-Jacques Veyrac aussi, c’est la même chose, on discute de l’évolution. Mais on en revient toujours à la même chose, on laisse venir pour voir comment ça va évoluer, on ne peut pas faire autrement. De toute manière, Arnaud m’a dit que les joueurs avaient un programme individuel dans la mesure du possible. Mais si le championnat devait reprendre, il faudra au moins 15 jours de préparation parce qu’on ne pourra pas recommencer le championnat au bout de deux mois comme ça. Moi, j’ai une grosse crainte, c’est par rapport à ce qui va arriver aux mois de Juin/Juillet. Je ne sais pas s’il y aura un décalage de championnat ou pas mais j’ai quand même une grosse inquiétude pour la fin de la saison. 

 

On espère que cette crise sanitaire se terminera le plus tôt et qu’on revoit toute la grande famille du SCA réunie au Stadium. Ca voudra dire que ces phases finales seront bel et bien là et que l’espoir de monter en Pro D2 perdure. 

 

On va croiser les doigts pour qu’on puisse arriver au terme de cette maladie et que tout le monde puisse reprendre. C’est un combat de tous les jours. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

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