#Rugby – Fed1 / A.Mela (Albi) : «Avec les beaux jours, la grinta va revenir.»

Lors de la conférence de presse d’avant-match entre Albi et Saint-Sulpice, pour le compte de la 18ème journée de fédérale 1, Arnaud Méla et Jeremy Wanin nous ont dressé un tour d’horizon de la situation jaune et noire (Match du week-end, playoffs, transferts etc).

Crédit photo Jacques Massine

Arnaud, on entend souvent les joueurs dire qu’on est dans un  » ronron  » de la Fédérale 1. Là, il y a un gros objectif, il y a une question d’honneur et d’orgueil puisque Saint-Sulpice est la seule équipe à avoir fait trébucher le Sporting. Il y a une motivation ce week-end ?

 

AM : On trouve bien sûr une motivation tous les week-ends. La motivation première est de continuer à avancer et de se placer le mieux possible pour pouvoir bien se positionner pour les phases finales. Mais il est vrai que contre Saint-Sulpice, j’espère que les joueurs auront la mémoire qu’au moins moi j’ai. On n’avait pas fait un grand match, ça ne s’était quand même pas super bien passé. On était un peu tombé dans un piège et j’espère que ce week-end, ils vont se rappeler de tout ça et faire une bonne prestation, retrouver notre envie sur le terrain et surtout notre envie de reprendre du plaisir. Ça fait trois, quatre rencontres qu’on sort victorieux de ces matchs-là mais on voit bien que les joueurs sont sur la retenue à la fin des matchs. Moi, ça me saoule un peu, je ne vais pas leur demander d’être heureux s’ils n’ont pas été bons mais j’aimerai en tous cas qu’ils fassent le maximum pour retrouver et ressortir un match abouti. Un match où il y aura eu des séquences longues où on aura été capable de tenir le ballon, de la patience, de la discipline, défensivement aussi être discipliné. Ça, ça a été un mal récurrent à Graulhet. En bref, faire un match plein. 

 

On entend souvent tes joueurs et toi-même parler de la notion de plaisir, qu’à l’entraînement il y a beaucoup de plaisir mais que, par contre, il n’arrive pas à se retransposeren match. Le but serait peut-être de  » se faire chier à l’entraînement  » et d’avoir du plaisir en match ? 

 

AM : Oui, ça, je leur ai proposé. Je leur en ai parlé avant et après Graulhet. C’est vrai que parfois, on dit qu’on joue comme on s’entraîne mais nous, pour le moment, on n’y arrive pas. Mais ça va venir avec la patience et il faut qu’ils se disent qu’il faut être concentré 80 minutes. Et même si on venait à avoir la chance de faire comme à Graulhet, c’est à dire de mener assez vite dans le match, il faut rester concentré et continuer à appuyer, parce-que, ce qui nous fait mal, c’est le relâchement. Donc, je leur fais confiance, je sais qu’ils sont prêts. Devant notre public, ça fait longtemps qu’on n’a pas joué chez nous, il faut qu’on redonne un peu le sourire à tout le monde. 

 

Saint-Sulpice est quand même 4e, ce n’est pas Graulhet. Vous avez perdu contre eux donc, il y a peut-être déjà un peu plus d’enjeu. C’est bon aussi pour préparer les phases finales avec justement une équipe comme Saint-Sulpice, où dans vos têtes, c’est une équipe contre qui vous avez perdu. Au niveau mental, c’est mieux ? 

 

AM : Oui, bien sûr. Là, on a de la chance avec le calendrier, on n’a que des équipes qui sont quand même très sérieuses. Saint-Sulpice, Lannemezan, Tarbes, à Blagnac, ce sont des matchs de haut-niveau de notre poule donc la motivation va être là, la pression va être là aussi. Je pense que Saint-Sulpice va vouloir montrer un beau visage chez nous et ils ont les joueurs pour peut-être créer le doute dans notre tête. Donc à nous de ne rien leur laisser et de jouer notre jeu et surtout, arrêter de donner. On donne trop, on donne trop de pénalités, on donne trop de ballons à l’adversaire facilement. C’est tout un travail pour avoir cette mission, là, ces temps-ci, on est un peu en-dedans dans ce secteur-là. Donc, on va attendre ce week-end pour voir une bonne prestation de notre équipe. 

 

Pour réveiller le colosse Sporting, se faire rentrer dans le lard les 20 premières minutes par Saint-Sulpice serait la meilleure des recettes ? 

 

AM : J’espère qu’on va se faire secouer d’entrée. Après, nous, on est souvent un peu en réaction donc c’est sûr qu’il va y avoir de l’intensité. Ils ont des joueurs très bons, ils ont un centre qui sait tout faire avec un physique très solide. 

 

S’il joue parce-que j’ai vu qu’il ne jouait pas la semaine dernière ? 

 

AM : Il ne joue pas tout le temps ces temps-ci, je ne sais pas si ce sont des choix ou si ce sont quelques blessures. Je ne sais pas du tout comment il va être mais en tous cas, s’il est là, c’est un joueur très important de l’équipe. Ils ont un 8 qui avancetout le temps, ils ont une conquête sérieuse avec un super sauteur en touche. C’est une équipe complète, il y a une bonne mêlée aussi donc ça va être un match très difficile. On fait tout pour le préparer au mieux. Maintenant, il faut surtout qu’on se soucie de nous et de notre envie de bien faire les choses. Et ça va revenir, la confiance va revenir. J’espère que la météo sera à peu près clémente qu’on puisse se faire 4 passes et puis on va attendre un joli match. 

 

Jérémy, une petite analyse de cette équipe de Saint-Sulpice ? 

 

JW : Arnaud vient de l’évoquer. C’est une conquête propre, une équipe plutôt mobile, qui arrive à se déplacer, un gros milieu de terrain un peu accompagné de vitesse sur les extérieurs et d’une charnière plutôt dynamique, qui arrive à mettre du volume dans le jeu. Voilà ce qui les caractérise un petit peu sur les images qu’on a pu voir. C’est un petit peu ce qu’on avait analysé sur le match aller mais les conditions n’avaient pas permis de voir le ballon se déplacer. En plus de cela, sur le match aller, on sait qu’il y a une solidarité dans cette équipe-là et un état d’esprit qui est présent. Donc, c’est une belle équipe de rugby qu’on reçoit ce soir au Stadium. 

 

Jérémy, en début de saison, une des recettes du Sporting, c’était une défense de fer, une défense qui monte très fort, qui encaisse très peu de points. Là, actuellement, on en est à 15, 20 points par match. Comment tu analyses cette baisse du côté hermétique du Sporting ? 

 

JW : Oui, en début de saison, on arrivait à faire des matchs défensifs plutôt pleins, en particulier à la maison. Là, on a passé deux matchs compliqués, deux derniers matchs compliqués à l’extérieur défensivement où on a encaissé quelques essais. Et sur le dernier match en particulier, c’est cette baisse de régime dont on parlait tout à l’heure mais qui fait un peu laisser espérer l’adversaire et qui, mêlé à de l’indiscipline, fait que l’adversaire arrive à marquer des points. Il y a de l’écart au score, ça va être notre capacité à nous de rester concentrés, si il y a de l’écart au score parce-que ce n’est pas encore dit qu’il y ait de l’écart au score. Mais de rester concentré tout au long du match pour que, justement, que ce soit défensivement, être capables de tenir des séquences longues en étant disciplinés et récupérer le ballon. Parce-que l’objectif d’une défense, c’est de récupérer le ballon et non pas de finir par une pénalité. Et offensivement, avoir une patience offensive pour mettre en place notre jeu et aller marquer des essais. 

 

Toi, le spécialiste des lignes arrières, j’imagine que tu dois suivre la saison de Dorian Hermet, un ancien jaune et noir qui joue maintenant à Saint-Sulpice. Qu’est-ce que tu en penses ? 

 

JW : On le voit sur les feuilles de match, il est présent sur la plupart des feuilles de match. Il est très régulièrement sur le terrain. On a l’impression de l’extérieur qu’il a trouvé sa place et qu’il s’est bien intégré au sein de ce collectif et tant mieux pour lui. Maintenant, ça lui fera sûrement un petit quelque chose de revenir jouer au Stadium et on va essayer de l’accueillir de la meilleure des manières. 

 

Arnaud, on sait qu’on commence à être dans la période des transferts et qu’on commence à réfléchir à la saison d’après. Ce genre de joueur comme Dorian Hermet, qui n’ont pas été mis en tutorat mais sur qui, j’imagine, tu portes un œil bienveillant, est-ce que ça pourrait être des come-back dans le futur ? 

 

AM : Je ne sais pas. Il faut qu’il continue à prendre du temps de jeu, de la confiance en lui et de l’expérience, il faut emmagasiner. Il emmagasine beaucoup plus de confiance en jouant à Saint-Sulpice tous les week-ends qu’en espoirs. Donc oui, ce sont des joueurs à suivre, qui n’ont pas eu la chance ou qui en ont manqué un peu mais bien sûr qu’on regarde toujours. Après, il faut laisser le temps au temps et on verra plus tard. Mais, pour le moment, il faut qu’il continue à emmagasiner de la confiance. 

 

Tu es déjà en train de travailler au mercato ? Sans nous dévoiler de noms bien sûr, on ne s’attend pas à ce que tu le fasses, mais tu es déjà en plein dedans ? 

 

AM : Tu veux que je te donne des noms ? 

 

Ah oui, s’il y a des noms, on les prend bien sûr ! 

 

AM : Oui, bien sûr, ça fait deux mois que je suis dessus. On a avancé sur pas mal de dossiers et oui, ce n’est pas mal. On a activé tout ce qu’on pouvait, on va patienter et on verra à la fin. 

 

J’ai vu qu’il y en avait un qui avait signé il me semble il y a 15 jours. 

 

AM : Oui, j’ai un joueur qui a déjà signé il y a deux semaines. 

 

On peut en parler ? 

 

AM : Non, parce qu’il ne l’a pas encore annoncé à son club donc il ne veut pas se mettre dans l’embarras. Moi, j’ai donné ma parole que ça ne sortirait pas donc, on va laisser faire un peu le temps. J’ai un autre joueur qui a aussi signé hier donc ça avance. 

 

Signé en Pro D2 ? 

 

AM : Signé en Pro D2 et en Fédérale 1

 

On voit qu’il y a plein d’écuries, un peu comme Albi, qui ont un petit coup de moi sans que cela soit rédhibitoire. Est-ce que le fait qu’on soit dans ces périodes de renégociations de contrat, de se projeter sur la saison prochaine, peut y faire aussi ? 

 

AM : Je ne sais pas, c’est toujours particulier. Ce sont des périodes un peu compliquées où il y a des joueurs qui gambergent ou pas. Il y en a que ça motive, d’autres que ça ne motivent pas, il y en chez qui le téléphone sonne, d’autres chez qui il ne sonne pas. Cette période de mutations, c’est tous les ans un peu pareil. C’est vrai que ça peut être déstabilisant pour certains joueurs, il y a des joueurs qui veulent aussi montrer plus et parfois, en montrant plus, tu joues un autre rugby. Donc voilà, ce sont toujours des périodes compliquées et en plus, plus ça va, plus cette période commence tôt. C’est sûr que ce n’est pas facile à gérer. 

 

Jérémy, Arnaud avait dit après la défaite à Saint-Sulpice  » on n’est pas descendu du bus « . Le but samedi est de laisser le bus de Saint-Sulpice dans les 22 ? 

 

JW : Oui, on va essayer de le laisser là (rires). Comme disait Arnaud, ce qui est important au-delà de ça, c’est que nous, on soit 15 + 8 remplaçants acteurs sur le terrain. Acteurs de notre prestation pour pouvoir mettre en place ce qu’on veut faire, produire ce qu’on veut faire, procurer aussi du plaisir aux spectateurs qui seront là et puis, que les joueurs ressortent de là avec la banane et aient de bonnes ambitions pour préparer le prochain déplacement. 

 

Le côté revanchard n’est pas forcément mis en exergue ? 

 

JW : Revanchard, ce sont des joueurs de rugby, ce sont des compétiteurs, ils ont de la fierté. Nous, on en a parlé, eux, ils en parlent entre eux donc ça reste des compétiteurs. Après, comme le disait Arnaud, on est quand même porté sur nous, recentré sur nous mais bien sûr que ce qui s’est passé au match aller nous a vexés

 

Je relève un élément sémantique. Tu parles de remplaçants, tu es sur la sémantique ancienne, pas moderne «  finisher  » ? 

 

JW : Finisseurs. Comment on peut dire encore ? Entrants, impact players

 

Quel sera le mot d’ordre pour ce défi, pour ce choc face au 4e Saint-Sulpice ? 

 

JW : Ce que je te disais juste avant c’est à dire des joueurs qui soient acteurs de ce qui va se passer sur le terrain et qui sortent avec la banane et le sourire d’avoir accompli le travail dans les meilleures conditions possibles pour préparer le déplacement à Blagnac. 

 

On est toujours sur l’histoire du levier, du déclic. Les joueurs sont conscients qu’il y a quelque chose qui coince.  Sur quoi on va jouer là ? Parce qu’on a beau parler de la revanche, les joueurs sont conscients de tout ça. Comment justement tu déclenches cette concentration pendant 80 minutes ? 

 

AM : Ils savent qu’on s’attend à tout. Les phases finales arrivent très vite, je pense qu’il n’y pas besoin de grands leviers. Ils ont juste à se dire que maintenant, il va falloir être très bon pour le groupe de 23 qui va faire les phases finales. Donc, si Saint-Sulpice ne les excite pas, ils n’ont qu’à se dire que, s’ils ne sont pas bons, ils ne joueront pas les phases finales. Ça, je pense que c’est quand même motivant. Déjà, Saint-Sulpice les excite pas mal parce qu’il y a une petite revanche à prendre et après, ils n’auront qu’à penser à très court terme car ça va arriver très vite. Moi, à partir de maintenant, tous les week-ends, je vais quand même de plus en plus tirer une équipe type pour les phases finales donc c’est importants pour tous ces joueurs-là qui sont sur le pré de faire de grosses performances parce-que leur place sera en jeu dans pas longtemps. 

 

Tu penses qu’ils peuvent encore hausser leur niveau de jeu ? 

 

AM : Oui, bien sûr. Après, on a été prêt un peu tôt. On a bien joué au rugby avec le soleil en début de saison, on a fait des matchs aboutis ici. Comme les deux années passées, on a eu ce creux un peu d’hiver. Mais, quand tu es premier, que tu dois tenir la dragée haute et qu’il faut tout le temps être bon, tout le temps gagner. A l’extérieur, c’est compliqué donc ce n’est pas facile. Quand tu joues un maintien et que c’est plutôt les valeurs, ça passe l’hiver. Nous, on a eu du mal à passer cette période hivernale, même si on n’a pas eu un hiver très, très agressif. Avec les beaux jours, ça va revenir, la grinta va revenir. L’an dernier, ça avait été pareil, les bonnes ondes vont revenir, on va pouvoir aligner tout ça. 

 

Il faut absolument finir 1er, même 2e, ça ne suffira pas ? 

 

AM : 2e, c’est bien mieux que 3e mais c’est quand même très important de recevoir chez soi en 2e. Mais, c’est sûr que d’être 1er national, tu as un pied en Pro D2. Donc, bien sûr que cette place-là est très, très importante. 

 

Sur la route du soleil de la Pro D2, il y a Massy qui klaxonne fort dans les rétros. C’est une équipe que tu crains grandement ? 

 

AM : Oui, je crains Massy, je crains Bourg. Ce sont des équipes qu’on craint de rencontrer en phases finales. Je préférerai rencontrer ces deux-là en finale qu’avait. Après, on voit aussi que le match de Narbonne va sûrement être rejoué donc, ils vont revenir dans le coup avec un petit coup de tapis vert. Il faudra faire attention à Narbonne. Quand tu vis des moments un peu difficiles dans une saison et que tu y arrives à la fin, tu crées des choses. Dax, c’est pareil, il y a deux mois, tout le monde disait  » Dax est mort « . Ils vont, je pense, se qualifier. 

 

Et rencontrer Albi ? 

 

AM : Et sûrement rencontrer Albi (rires). Il y a de la concurrence. 

 

La question bonus : vendredi dernier, Henry Broncan a parlé de toi. Il a dit qu’il était fier de la façon dont tu évoluais comme entraîneur. Le vieux sage qu’il est t’a un peu adoubé. J’imagine que ce genre de propos doit te toucher ? 

 

AM : Oui, ça fait toujours plaisir de la part d’un ancien comme Henry qui a dû me voir jouer en minimes, me surveiller et il me voir aujourd’hui, 30 ans après ou plus. Donc ou, bien sûr que ça fait plaisir. Henry, c’est quelqu’un que je respecte beaucoup. C’est aussi quelqu’un sur qui je m’appuie quand j’ai besoin ou de conseils ou d’infos. C’est gentil de sa part en tous cas. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

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