#Rugby – Fed1 / V.Calas (Albi) : «Monter en Pro D2, ce serait un moment qui marquerait nos vies!»

Vincent Calas, 3e ligne du Sporting Club Albigeois nous a accordé un entretien pour nous parler de son attachement au Sporting Club Albigeois et de ses racines biterroises. Mais « Cailloux » comme le surnomment ses coéquipiers, en profite pour nous livrer son sentiment sur la magnifique saison de ses anciens partenaires du RC Aubenas Vals, sa relation quasi filiale avec Henry Broncan, son amitiés indéfectible avec Thibault Bisman, et bien sûr ses rêves de retour en ProD2. Mais Vincent Calas n’oublie pas de nous évoquer le match de ce week-end, face à Mauléon, une équipe que lui et ses coéquipiers appréhendent avec respect. Focus sur le grand échassier jaune et noir, un homme fidèle à la tunique albigeoise symbole d’une génération arrivée à maturité.

 

 

Vincent, avant de parler de cette reprise de la Fédérale 1 et de Mauléon, on va commencer par parler de toi, qu’on n’a pas souvent dans ce type d’interview. On parle souvent des adversaires, de ton équipe mais rarement de toi. Tu peux nous parler de ton parcours rugbystique, d’où tu sors et d’où tu viens ? On sait que tu es sorti de Béziers mais on n’en sait pas plus. 

 

C’est très simple, pas compliqué du tout. Je suis Biterrois de pure souche, j’ai fait toute l’école de rugby à Béziers jusqu’à l’âge de 20 ans et jusqu’au moment où ils ne me gardaient pas. C’était sous l’ère Philippe Benetton, j’avais 19/20 ans et au final, c’est Henry Broncan qui est venu me chercher. C’était à l’époque où Henry était à Albi, je crois qu’il était arrivé un an auparavant. C’était aussi l’époque où il faisait jouer les jeunes, c’était réputé pour ça donc, du coup, il m’a fait venir. Je l’ai rencontré sur Albi, ça s’est très bien passé, il m’a fait signer deux ans. Puis, j’ai continué deux ans pro avec Mola et Reggiardo. Après, sous l’ère Reggiardo, Albi ne m’a pas gardé, je suis parti faire une pige à Aubenas comme on le sait et au bout d’un an, je suis vite revenu. 

 

On va reprendre le fil. A Béziers, c’est là où tu as été formé, là où tu as construit une amitié indéfectible avec un certain Thibault Bisman alias «  Bismou  » ? 

 

Ah oui, avec Thibault, on joue ensemble depuis cadets, on ne s’est pas quitté jusqu’en espoirs. Il y avait aussi dans le lot Fred Quercy qui est passé faire une pige sur Albi. On ne se quitte pas, on se parle souvent au téléphone. Thibault, c’est un mec avec un cœur énorme, qui peut crever sur le terrain pour son collègue d’à côté. Je suis très fier d’avoir rencontré Thibault. Et en plus de ça, j’ai fait un an et demi voire deux ans de coloc avec lui ! 

 

Tu as du courage ! (Rires)

 

(Rires) Non, moi aussi je pensais ça mais, au final, c’est un mec génial, un homme avec qui on peut voyager comme on dit. Franchement, c’est top. 

 

Comme on dit au Mag Sport, il faut toujours avoir un Thibault Bisman dans son vestiaire ? 

 

C’est ça. Moi, je préfère l’avoir dans mon équipe que de jouer contre, exactement. 

 

On va maintenant parler de tes premiers pas à Albi qui datent de l’ère Broncan, de cette année où il y avait beaucoup de jeunes. Quand on écoute Julien Raynaud, il dit que l’année où il s’est le plus régalé, c’est cette année-là où il n’y avait que des jeunes et qu’avec les tripes et  » Papy Broncan  » derrière, vous êtes allés arracher le maintien et faire une belle saison alors que tout le monde vous promettait la mort ? 

 

Moi, j’étais tout jeune donc c’était les premières années où je côtoyais un peu le rugby professionnel. Mais, sous l’ère d’Henry Broncan, je découvrais vraiment le monde pro et les mecs qu’on connaissait même s’ils n’étaient pas de ma génération, comme Pagès et tout ça, tous ces gens-là faisaient qu’il y a avait un super groupe. Et d’ailleurs, je pense que c’est pour ça qu’on a réussi à se maintenir les deux ans où il y avait Henry. Après, quand l’ère Mola est arrivée, ça a amené quand même pas mal de pression et encore cette année-là, heureusement qu’on avait un groupe soudé avec une bande de potes et qu’on a réussi à accéder à la demi-finale. 

 

Cette demi-finale était quand même une belle aventure. Peut-être qu’il n’y avait pas le coffre pour aller plus haut en Top 14 mais ce fut une magnifique aventure ? 

 

Oui, on connaît le club d’Albi. Avec le passé qu’ils ont, les montées, les descentes, ça a rappelé un peu de bons souvenirs à tout le monde et même à nous, en tant que joueurs. Je sais que moi, personnellement, je n’ai pas joué beaucoup de demi-finales dans ma vie et quand tu as la chance de vivre ces moments-là, il faut les vivre à fond. Même si c’était à Mont-de-Marsan, à l’extérieur, c’était vraiment agréable à vivre et franchement, si on pouvait revivre ça cette année et pourquoi pas, avoir le Graal et monter en Pro D2, ce serait un moment qui marquerait la vie de tous et ça va changer nos vies. A chaque mec du groupe ça va changer nos vies donc ce serait franchement bien et je pense qu’on le mérite. 

 

On ne dira pas le contraire à Radio Albigès. On va dire un petit mot sur Henry Broncan car, l’autre jour, on avait Gaby Lacroix qui voue une reconnaissance éternelle à Henry Broncan. J’imagine que, pour toi, c’est pareil. C’est lui qui t’a fait venir à Albi, qui t’a mis le pied à l’étrier ? 

 

Je suis les interviews que tu fais avec Henry, je me régale de les lire. Comme Gaby, je veux remercier Henry parce-que, encore une fois, il est venu me chercher de Béziers. J’étais un peu tout jeune, je ne savais pas où aller, dans quel club surtout. Donc, il est venu me chercher, il a fait un pari, c’est lui qui m’a lancé dans le grand bain, qui m’a donné la chance de pouvoir signer mes deux années de contrat avec Hugo Mola derrière. Henry, ça reste Henry et c’est dommage qu’il soit encore autant discret parce-que j’aimerai le revoir pour discuter encore avec lui parce-que je sais qu’il connaît les tuyaux partout dans le rugby. C’est un type agréable et quand il parle, moi, je me régale à l’écouter parce qu’il a toujours des anecdotes, il connaît tout sur tout, il connaît tout le monde. Du coup oui, je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné ma chance à Albi. 

 

Mon petit doigt me dit qu’il viendra pour Albi/Tarbes mais, je dis ça, je ne dis rien. 

 

Il était à Tarbes mais à Tarbes, on l’a vu 30 secondes. C’est une boule de fumée, cet Henry, on ne le voit jamais (rires). 

 

On va passer maintenant à l’autre club que tu as côtoyé, c’est Aubenas. Ça tombe bien parce-que cette année, ils font une superbe saison. On connaît Dugradus, tu pourras mieux nous en parler que moi j’en parlerai, de l’ambiance enfiévrée de Dugradus. Mais cette équipe d’Aubenas, qui jouait hier son destin face à Nice pour la qualification en Jean-Prat et qui s’est imposée, on ne l’attendait pas à pareille fête cette année. Là, c’est un groupe qui est arrivé à maturité ? 

 

Je connais encore quelques gars qui sont là-bas. C’est Mariano Taverna qui a repris le groupe depuis deux ans je crois. Il fait du très bon boulot, je n’en doute pas. Je ne les ai pas encore vus jouer cette année mais hier, j’ai regardé contre Nice où c’était malheur au vaincu pour les phases qualificatives. Quand j’étais là-bas, je ne doutais pas de la qualité des joueurs. Il y avait de très bons jeunes, de bons entraîneurs et des gens, des supporters qui te donnent envie de te surpasser. Quand tu joues là-bas, à Dugradus, on y est allé deux fois il y a trois ans et on a pu voir que c’est un public très compliqué, c’est le feu. Après, je crois qu’Aubenas a un très gros projet de stade, je ne sais pas où en est cette histoire. Mais oui, ils ont du potentiel pour se qualifier et pour y arriver, en tous cas, ils le méritent. 

 

On va enchaîner sur ton retour à Albi. Ça a été un choix du cœur parce-que tu te sens comme un poisson dans l’eau dans la cité épiscopale. Ca a aussi été un retour où vous avez vécu des moments compliqués. Première année, un échec face à Rouen, seconde année, un échec face à Rouen avec la polémique que l’on sait et tout ce qu’il y a eu derrière. Tu as eu des sollicitations, entre autres de la part Massy, et tu as quand même fait une fois de plus le choix du cœur pour Albi. Qu’est-ce qui te donne la flamme pour ce club ? 

 

La première année, ils venaient de descendre de Pro D2, on perd à Rouen. A la limite, on n’était peut-être pas prêt pour remonter de suite. L’année dernière, je n’ai pas envie de revenir dessus parce-que moi, ça me fend le cœur. Rien que d’en entendre parler, j’en ai des frissons parce qu’on ne méritait pas ça. Là, cette année, on a les cartes en main, on est premier national, j’espère qu’on va aller au bout. Ce qui m’a fait revenir et ce qui m’a fait décider à rester, c’est tout d’abord Arnaud parce-que j’ai beaucoup discuté avec Arnaud Méla au téléphone. J’ai parlé, je suis franc, avec moi, il n’y a pas d’entourloupe. J’ai dit les 4 propositions que j’avais, Arnaud m’a dit qu’il restait et ça, ça m’a motivé. Et puis, j’ai ma compagne, qui est de Béziers, qui devait me rejoindre sur Albi et, quand je lui ai dit qu’on devait faire les valises et partir à Massy, ça a un peu coincé (rires). Elle est de Béziers, elle est sudiste et une sudiste dans le nord ou à Paris, ça n’est jamais évident. 

 

Ce n’est pas tout à fait la même chose. Massy, c’est un peu moins méridional on va dire

 

Oui (rires). En plus de ça, il y a eu des départs l’an dernier, c’est comme ça, c’est le sport de haut-niveau. Ils ont quand même réussi à garder 80% de l’effectif qu’on a depuis deux ans, ça a joué aussi. Je n’ai pas mis trop de temps à décider si j’allais resigner à Albi ou pas. 

 

On va basculer sur le match de ce samedi après-midi. Il y a pelouse, il y a match et il faut aller à Mauléon. Ça ne va pas être une partie de plaisir mais, des matchs comme ça, quand tu fais du rugby, tu signes d’habitude des deux mains pour les jouer ? Parce qu’il y a un 16e homme, parce qu’il y a une équipe qui est un peu  » outsider  » avec un gros ADN  » rugby terroir « . C’est aussi ce qu’on aime dans le rugby ? 

 

Tout à fait. Mauléon, c’est un peu un match piège parce-que c’est le Pays Basque, on va se croire un peu en vacances. En plus, je crois que la météo annonce 22 ou 23°. 

 

C’est quasiment la Floride

 

Oui (rires). C’est un match piège et il ne faut pas l’analyser. Ca fait maintenant trois semaines qu’on prépare ce match, on a bien préparé Mauléon à l’entraînement. On les observe à la vidéo et, quand on parle entre joueurs, on se dit que ça nous rappelle un peu Saint-Jean-de-Luz. Il n’y a pas tellement de gros gabarits mais par contre, sur le terrain, ça joue de partout. Ils n’ont aucun complexe surtout qu’on leur prédisait l’enfer cette année dans la poule 3. Et au final, ils ont déjà le maintien acquis depuis quelques temps, je pense et maintenant, pour eux, ce n’est que du bonus. Avec un coach comme Arnaud Heguy, qui a quand même vécu de belles expériences, je pense et en tous cas j’espère, qu’on aura vraiment une belle partie à Mauléon. 

 

On va finir avec la question décalée. On sait que tu as Romain Casals pas loin. L’autre fois, il nous a dit que  » le vieux n’était pas fini « . Ça risque de frotter pendant le match, il va falloir que le vieux soigne ses rhumatismes ? 

 

Il n’a pas de rhumatismes, le vieux. On croit mais il n’en a pas. Romain va nous apporter toute son expérience cette après-midi. 

 

Et sa grinta 

 

Et sa grinta catalane, exactement. 

 

On te remercie Vincent et on te donne rendez-vous tout à l’heure sur le pré. 

 

Ça marche

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s