#Rugby – Fed1 / L.Dossat (Niort) : «Il va y avoir un sprint qui part de loin!»

Laurent Dossat, l’entraîneur Niortais , s’est confié à notre consultant Didier Revellat sur les ambitions Deux-Sévriennes , alors que la fédérale 1 entame sa dernière ligne droite. Sur le pré ce week-end, pour cause de match à rejouer face à Trelissac , le Niort Rugby Club et son coach comptent bien raccrocher le quatuor de tête d’une poule 4 homogène. A quelques heures d’aborder pour la 3 eme fois ce rocambolesque choc entre langue d’oc et langue d’oïl , Laurent Dossat nous livre un bilan ainsi qu’une feuille de route emplis de certitudes et de sérénité.

Laurent, d’abord, on va revenir sur le bon début de saison, notamment sur les matchs aller, et sur les objectifs que vous avait fixé votre présidence, à savoir la qualification en Du Manoir pour commencer voire, peut-être, tutoyer le Jean-Prat. Vous vous êtes plutôt bien sorti du guêpier avec 4 victoires d’affilée pour commencer dont une initiale contre Dax ? 

 

Bonjour. Oui, on n’est pas mécontent du début de saison et de la première partie, en tous cas puisque maintenant, on a même attaqué les matchs retour. On est content car, déjà, on est invaincu à Espinassou, c’était vraiment l’objectif N°1, même s’il y a un match nul qui fait un peu tâche en début d’année 2020 contre Trélissac justement, on va y revenir. Mais, on est quand même content et on a réussi à gagner une fois à l’extérieur, à Bergerac, et puis, sur le bon début d’année à partir de Trélissac, aller faire un match nul à Saint-Jean-de-Luz qui nous a rattrapé du faux-pas de Trélissac. Donc, on est plutôt satisfait même si on aurait souhaité lors de certains déplacements prendre au moins des points de bonus défensifs et avoir peut-être aussi des matchs un peu plus aboutis à la maison. Mais, quand on connaît l’adversité et la qualité de la poule, on est quand même vraiment content de ce qu’on a pu faire. Maintenant, par contre, il faut accélérer et devancer les adversaires directs pour pouvoir arriver à l’objectif de se qualifier en Du Manoir. Pour le Jean-Prat, je vous ai laissé le dire mais ça, c’est autre chose et on n’en est pas là. 

 

C’est quand même paradoxal car vous avez débuté contre Dax et Saint-Jean-de-Luz par deux victoires. Ces deux équipes trustent les premières places, Dax est un peu en retrait mais sont quand même revenu à deux points de Saint-Jean-de-Luz. Certes, vous avez perdu à Dax et à Cognac mais, comme vous le disiez, vous avez fait un beau match nul à Saint-Jean-de-Luz. Est-ce que qu’il ne vous manque pas, contre des équipes un petit peu moins  » huppées « , on va dire, ce supplément pour aller chercher beaucoup plus de points ? 

 

Oui, bien évidemment. Je pense qu’on a un groupe très homogène, vraiment très intéressant. Maintenant dans cette poule, pour tutoyer le très haut du tableau, il faut quand même être sacrément armé, on voit que ce n’est simple pour personne. C’est vrai qu’après, par contre, il y a certaines équipes comme Cognac, comme Nantes, Saint-Jean-de-Luz en début de saison, qui ont quand même réussi à être très réguliers, à faire de grosses performances un peu partout. Ce n’est pas notre cas mais on est quand même allé chez les 4 premiers pour le moment, maintenant, on va aller chez le 5e au 9e, en espérant que les déplacements soient plus fructueux, sans envisager de tout remporter non plus, mais en tous cas, que ce soit plus fructueux au niveau des points. En tous cas, on avait quand même bien débuté contre ces grosses équipes à la maison, on n’a pas eu de faux-pas. Il en reste quand même deux, Nantes et Cognac qui sont de sacrés adversaires, mais on est en tous cas dans nos plans comptables. 

 

Vous avez cité Nantes, il y a aussi Rennes qui vous a posé quelques difficultés où, chez vous, vous ne l’emportez que d’un point. 

 

C’est ça, tout à fait. Mais maintenant, on le voit bien, et je le disais à la presse locale mardi, quand on regarde tous les résultats croisés, on s’aperçoit que même une équipe comme Arcachon qui est avant-dernière, qui a manqué la pénalité de la gagne à la dernière seconde à Saint-Jean-de-Luz qui était premier. Et huit jours après, c’est Bergerac qui perd 14 à 13 à Arcachon. Donc vous voyez, tous les matchs, il faut les gagner, que ce soit 16 à 15 ou 21-18 ou 26-21 comme on a fait. On a eu des résultats très serrés à la maison mais il faut les gagner. Ça prouve aussi que, mentalement, les joueurs ont les ressources pour ne pas craquer, pour revenir dans certaines situations comme on l’a d’ailleurs aussi vu. Là-dessus, il n’y a pas de petite ou de grande victoire et d’un point, moi, ça me suffit, il n’y a pas de problème à ce niveau-là. 

 

Entre 1 et 4, on préfère le 1 qui rapporte 4 ? 

 

Bien sûr. Il y a encore l’effet maison mais plus personne ne se déplace en se disant  » je vais essayer de grappiller un point si je peux « . Non, tout le monde, et nous les premiers, quand on se déplace, c’est pour gagner. Bien évidemment, on fait toujours tourner un peu l’effectif à un certain moment mais globalement, on ne se déplace jamais sans intention et c’est pareil pour nos adversaires. Même chez le premier, on n’y va pas pour ne pas ramener de point. C’est ce qui s’est passé pour nous et pour nos adversaires quand ils viennent à Espinassou. Là-dessus, on le sait, l’homogénéité de la poule, on en parle depuis très longtemps. De la 1ère à la 11e place, parce-que Bergerac est peut-être un peu plus loin, même Arcachon n’est pas totalement décroché pour la 6e place, ce qui veut dire que tout le monde regarde même jusqu’à la 11e, qui est une place de relégable. 

 

Vous parliez de l’effectif, que vous faisiez un peu tourner. En début de saison, vous nous disiez que vous aviez recruté en qualité. Est-ce que vos recrues vous amènent un peu cette stabilité justement par rapport à ces matchs à domicile et ces matchs à l’extérieur ? 

 

Oui, vraiment. Effectivement, la grosse différence avec  l’an dernier, c’est qu’on a recruté en qualité mais c’est aussi que les recrues nous ont permis d’avoir un groupe homogène. Et c’est vrai que de la 1ère à la 80e, c’est une force, on arrive à avoir une équipe homogène. Les remplaçants apportent toujours une plus-value. L’an dernier, à certains moments, quand certains cadres sortaient, on n’avait pas forcément ce banc qui nous amenait cette même homogénéité sur 80 minutes. Là-dessus, c’est quelque chose qui nous a permis de pouvoir renverser ces situations qui n’étaient pas forcément favorables au début, d’aller chercher une victoire à la fin à Bergerac, de pouvoir en tous cas avoir des intentions à chaque match. Ça, c’est vraiment très bien et on est content du recrutement, bien évidemment. Et puis, ça permet de faire souffler des joueurs et de garder tout le monde concerné parce-que c’est vrai que personne n’a sa place au chaud et de la première à la dernière journée. Non, tout le monde est remis en question et c’est très bien. C’est vraiment très homogène. 

 

On le voit au classement, vous êtes pour l’instant 5es avec un match en retard et 41 points, Trélissac est en position de 7e avec 37 points. Ce qui nous amène à ce fameux match du jour contre Trélissac. Il y a une histoire là-dessus puisque vous aviez perdu 33-26. Vous avez porté réclamation par rapport à une carence, une mêlée qui ‘était simulée alors qu’un joueur pouvait jouer pilier. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? 

 

C’est très simple. Après trois mêlées près de la ligne de Trélissac, trois mêlées qui ont été pénalisées, Trélissac a joué la règle de la carence alors qu’ils avaient un joueur qui était susceptible de pouvoir jouer pilier. Donc ça, ça a été une première erreur ou un premier oubli. Et puis, le 2e oubli a été que, comme il y avait règle de la carence, il faut sortir un joueur. Donc, c’est vrai qu’il y a eu deux évènements coup sur coup, deux oublis, deux erreurs, chacun y mettra le terme qu’il souhaite. Après, je pense que c’est logique, très humain et objectif de signaler ça et de faire en sorte de faire un rapport là-dessus et de porter réclamation. Maintenant, le jugement a été donné, la Fédération et le règlement de la discipline ont donné leur verdict. En tous cas, ce qui était logique de notre côté, c’était de savoir exactement ce qui s’était passé et de pouvoir donner justice sportive aux joueurs et leur donner en tous cas le droit de pouvoir gagner ce match ou pas. Parce-que, bien évidemment, on n’aurait pas su si, avec essai de pénalité ou pas, Trélissac aurait pu revenir. Il y avait 32 à 26, peut-être que Trélissac serait revenu à la dernière seconde mais voilà en tous cas l’objectif. Je pense que c’est très humain et très sportif d’avoir un vrai résultat, on l’aura ce soir et chacun respectera ce résultat-là. 

 

Je me pose une question, moi qui n’ai pas vu le résumé de match. A priori, si l’arbitre avait fait respecter cette règle de la carence, les Dordognaux auraient été à 12 contre 15. Ce match a été plus qu’engagé ou c’était vraiment une histoire de fautes ? 

 

Disons que, suite notamment à ces mêlées, il y avait eu deux cartons coup sur coup plus la règle de la carence, ça faisait 12. Non, non, le match a été très correct, un match comme on les aime, avec du combat, dur, viril mais plus que correct. Il n’y a eu aucun mauvais geste sur toute la partie. C’était dû aux mêlées et au fait justement qu’il y ait cette carence. C’était à nous d’en profiter, de pouvoir en profiter ou en tous cas d’être capable de marquer par rapport à ce nombre de joueurs, on ne l’a pas fait non plus. Maintenant, on repart sur une base d’égalité et en tous cas, il y aura un vainqueur et un perdant. Et on verra si on le méritait ou pas. 

 

Du coup, ça va être un match un peu serré. Ils sont déjà venus faire un match nul chez vous 19-19. L’an dernier, par contre, il me semble que vous aviez pris, comme on dit,  » une belle valise  » chez eux. Comment vous avez préparé ce match qui est non seulement à l’extérieur mais où il faut en plus rattraper le mini faux-pas du nul à domicile ? Même si vous avez en partie rattrapé les deux points à Saint-Jean-de-Luz  Comme je le disais, 37 points pour Trélissac, 41 pour vous, s’ils gagnent sans vous laisser le point de bonus, ils reviennent à égalité et passent même devant au goal-average particulier ? 

 

C’est ça, vous avez bien fait les calculs. Vous pourriez être coach parce-que c’est vrai que c’est ce qu’on a bien dit aux joueurs. On reste là-bas à Trélissac sur ce goût d’inachevé du 15 Septembre mais aussi sur 30 points pris l’an dernier et sur un match nul à la maison. Donc, je crois que, comme on l’a dit aux joueurs et on l’a reconnu avec Sébastien, on n’a pas abordé le match du 12 Janvier comme on l’aurait dû parce-que quelque part, ça a été un match très correct mais le match contre Trélissac n’était pas un match comme les autres. On n’a pas voulu mettre une pression particulière aux joueurs, on l’a pris comme un match habituel mais ça ne l’était pas parce-que les Trélissacois sont venus avec des ambitions et on n’a pas fait ce qu’il fallait. Maintenant, on a préparé le match d’aujourd’hui différemment, on sait à quoi s’attendre et on se prépare à ça. C’est une chose qui, en tous cas, sera différente du 12 Janvier. 

 

On va quand même le souligner, Trélissac est le vice-champion 2018 et avait perdu la finale contre les Vauréens. On peut dire que c’est un gros morceau ? 

 

Oui, mais là, je crois qu’on est tous unanimes dans la poule. Gagner ou prendre des points à Trélissac, c’est vraiment quelque chose de très dur, c’est une très, très belle équipe. Ils avaient des absents le 15 Septembre au niveau de la mêlée, c’est peut-être pour ça que ça avait été un peu compliqué pour eux. Mais ils ont un gros paquet d’avants, ils sont très adeptes des mauls pénétrants et derrière, des joueurs de très belles valeurs, des joueurs de très haut niveau qui ont de l’expérience, c’est propre sur toutes les lignes, c’est combattant. Quand on veut faire quelque chose là-bas, c’est ce qu’ on a dit aux joueurs, il faut savoir à quoi s’attendre et il faut être capable de jouer au rugby, de combattre, de ne rien lâcher, d’être propre de la 1ère à la 80e. Ce sont des matchs qui ressemblent, comme on l’a dit, à des matchs de phases finales où il faut vraiment être propre partout et ne surtout pas espérer avoir le moindre échec de leur part dans n’importe quel domaine. 

 

Pour terminer et si ce n’est pas secret, quel est l’état de votre infirmerie ? Il y a des blessés, il y a des retours ? 

 

Oui, on a deux joueurs qui sont, je dirai, incertains et qui, très probablement, ne reprendront que contre Rennes. Par contre, on a le retour de Jean-Baptiste Lamotte qui est un joueur d’expérience, vice-capitaine de l’équipe. On envisage aussi d’autres retours donc, on sera dans une bonne formule et on aura l’équipe qu’il faut pour bien aller combattre à Trélissac. 

 

C’est tout le mal que l’on vous souhaite et on vous souhaite le meilleur dans le sprint qui va être lancé. 

 

Merci beaucoup. C’est vrai qu’il va y avoir un sprint qui part de loin parce-que c’est un sprint de 8 matchs. Je crois que là, vu l’homogénéité de la poule comme on le disait, il faut se dire qu’on est déjà en version phases finales, ça c’est sûr. 

 

 

 Propos recueillis par Didier Revellat

Réécouter l’itw Audio de L.Dossat dans l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 7 février 2020

https://hearthis.at/radio.albiges/20-02-07-magsport/

 

 

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