#Rugby – Fed1 / E.Bonachera (SJLO): «Crier ma reconnaissance à nos joueurs!»

En amont du choc de la poule 4, vendredi dernier (Dax-Saint Jean de Luz) nous avons rencontré Eric Bonachera, co-President du club basque. Pour les corsaires, équipe surprise des playoffs Jean Prat la saison passée, cette levée est celle de la confirmation et de l’affirmation dans le gratin de la fédérale. Avec un budget inférieur à 800 000 euros, le SJLO renverse un ordre souvent établi par la surface financière. Le pavillon Bleu Kechiloa et Eric Bonachera ne s’y trompent pas, en accordant leur ferveur pour les uns, et en criant sa fierté pour l’autre , à une génération dorée qui a fait sienne les valeurs sportives et culturelles d’un club à l’identité forte. Coincée rugbystiquement entre deux mastodontes, Biarritz et Bayonne, la team de la baie de Saint Jean de Luz a su développer un ancrage territorial et un style de jeu sauce basque, qui lui permet de rayonner et de fédérer. L’événement « 4-2-1 » lors du derby (4 équipes basques, deux matchs, un Stade) en est l’apanage, et sera à ne pas à en douter, une étape supplémentaire pour la lente mais sure structuration du Saint Jean de Luz Olympique. Focus sur un co-président qui entre respect et envie de rencontrer les « cousins de Mauléon« , rêve d’un 1/4 de finale contre Albi, s’évertue à faire vivre une certaine philosophie du rugby.

 

Crédit photo SJLO Officiel

 

Eric, Saint-Jean-de-Luz est cette année dans la continuité de l’an passé. Vous continuez à marcher sur l’eau et à damer le pion à toutes les équipes qui sont plus armées que vous financièrement ? 

 

Oui, en restant humbles, c’est vrai qu’on est toujours en course, avec quelques bons résultats. La seule chose où l’on est à la traîne, c’est le budget. Le petit miracle perdure, on est content. 

 

L’année dernière, que ce soit Blagnac ou Saint-Jean-de-Luz, tout le monde disait que c’était des épiphénomènes, qu’ils avaient fait la saison de leur vie. Là, vous êtes en train de  » clouer le bec  » comme on dit dans le jargon, à tous les bien-pensants qui pensaient que ce n’était qu’un feu de paille ? 

 

Ce qu’on peut remarquer, c’est que d’année en année, il y a un trop gros différentiels au niveau du physique. Vu que nous sommes dans la continuité, que nos joueurs sont là, ils sont bien et ne partent pas, il y a un bon noyau de joueurs. Si j’ai une tribune aujourd’hui, c’est vraiment pour crier ma reconnaissance à nos joueurs, je n’en reviens pas. C’est un gros groupe d’amis, de copains qui s’entraînent la semaine comme ils peuvent. La muscu, quand tu es maçon, tu peux en faire un petit peu mais on est loin, loin, loin de nos adversaires à ce niveau-là. Donc, on est content des performances de cette année. Je ne sais pas jusqu’où on va aller parce qu’on est un peu cuit physiquement et qu’on a pas mal de blessés mais on ne va pas pleurer, on est content, tout va bien. 

 

Et puis, à Saint-Jean-de-Luz, il y a une certaine philosophie du rugby mais aussi une certaine philosophie de jeu ? Que ce soit avec Eric Balhadère ou Serge Milhas, la philosophie est restée la même : jouer au ballon ? 

 

Oui, complètement. Nous, on n’est pas là pour se prendre la tête et on essaie de jouer au rugby. On a plutôt des gazelles donc on joue derrière, les avants jouent comme les arrières. Quand tu vas à l’entraînement, tu n’arrives pas à savoir qui est 2e ligne et qui est ailier parce qu’on n’a pas de différence de gabarit (rires). Mais, dans l’état d’esprit, on est effectivement là pour jouer. En plus de cela, ça fait vraiment partie de l’ADN du club, au-delà de Serge, au-delà d’Eric Balhadère, l’ADN de l’Olympique a toujours été de jouer derrière. Du temps des Bilbao, Billac et Emparan à l’époque, ça jouait déjà derrière. Du temps des Daguerre ou Arrieta qui ont joué au BO, tout le monde a toujours joué derrière. Donc, on continue, on essaie de faire plaisir aux spectateurs. On ne s’en sort pas trop mal à ce niveau-là. 

 

Le revers de la médaille, quand on fait un rugby de mouvements, du rugby de passes, du rugby de lignes arrières, c’est que c’est souvent compliqué l’hiver. Là, vous êtes un peu en train de manger votre pain noir en attendant que les beaux jours reviennent ? 

 

Oui mais, les matchs où on s’est fait accrocher ou bien qu’on a perdus, c’est qu’on le méritait. Ce n’était même pas dû au mauvais état des terrains où à la pluie. Aujourd’hui, il fait 20° et grand beau sur le Pays Basque donc, si on est mauvais, on n’aura pas d’excuse. 

 

Ce sont les vertus du Golf Stream d’avoir 20° au mois de Janvier ? 

 

(Rires) Aujourd’hui, c’est spectaculaire. On verra ce soir, ils annoncent un peu de pluie mais je pense que ça ira. 

 

En parlant de ce soir (vendredi 31 janvier 2020) , il y a quasiment un derby entre Dax, le mythe du rugby français, et Saint-Jean-de-Luz, le petit village d’Astérix rugbystique. On imagine que ce déplacement, pas très loin, à Dax va valoir son pesant de cacahuètes ? Et ça va mettre des étoiles dans les yeux à tous ceux qui vont regarder le match ce soir ? 

 

Oui, je pense qu’on est tous heureux de vivre aussi ces moments-là. On va jouer devant la télé, c’est un petit plus mais, en même temps, on n’est pas habitué à ça. Arrêter de travailler le vendredi midi pour aller au match le vendredi soir, les joueurs ne connaissent pas trop. Mais vraiment, on attend nous aussi ce match avec impatience sachant qu’on va être bien reçu puisque Dax a réellement besoin de nous battre pour se rapprocher au niveau du classement. C’est vrai que, pour les jeunes du club, c’est formidable. Et la petite exposition médiatique, en direct devant l’Equipe 21, est sympa aussi donc, on est content. 

 

Il y a trois, quatre ans, tu aurais imaginé jouer contre Dax devant la télé ? 

 

Non, absolument pas. On a repris le club il y a 4 ans en Fédérale 2, on n’y était plus, on n’était plus invité à quoi que ce soit. De par les résultats et cette génération de joueurs qui sont restés au club, qui ont fait l’effort qu’il fallait, bien sûr que j’aurai signé des deux mains si on nous avait dit ça. Champions de Fédérale 2 la première année puis trois années en Fédérale 1 où on progresse chaque année, c’est magnifique, jamais on n’aurait pensé cela. Après, tout équilibre atteint est assez fragile donc on n’est pas au-dessus ou quoi que ce soit d’autre. On est dans une bonne phase sportive, on a des espoirs qui tournent un petit peu aussi derrière. Mais tout cela peut très vite être renversé. Par exemple, au niveau effectif, on n’a pas pléthore et on sait vraiment nos limites en Fédérale 1, on en a bien conscience. 

 

Pour revenir sur ce match contre Dax, est-ce qu’il y a un antagonisme avec ce club, un historique ou un passif ? 

 

Il y a de l’historique bien sûr puisque c’est un club ancien comme le nôtre, où il y a eu de belles rencontres dans les années lointaines. 

 

Des belles parties de manivelles ? 

 

Il y a eu aussi toutes les générations, même la dernière de l’époque des Dourthe, Ibanez. On les a vus jouer en cadets, on les a rencontrés tous ceux-là. Mais, il n’y a aucun antagonisme, rien du tout. C’est un club qui nous respecte et qui est sympa avec nous et nous aussi, on est en bonne entente avec eux, il n’y a aucun problème. Ils ont aussi leur histoire qui commence à remonter, ce n’est pas évident pour eux. Il faut qu’ils remontent aussi donc, on respecte les problèmes qu’à Benoit August, on en a bien conscience. Mais, on les respecte, ils nous respectent, tout va bien, il n’y a pas de problème. 

 

On va se projeter un peu plus loin. On sait que le 22 Février, il va aussi y avoir un beau derby face à Anglet. Il y aura même deux derbys dans le derby. Tu peux nous en parler un petit peu ? 

 

Oui, c’est une journée sympa. En fait, on devait aussi jouer devant les caméras de l’Equipe 21 à Bayonne sauf que, malheureusement, le terrain principal de Bayonne est en très mauvais état et ne peut pas supporter plus de matchs qu’eux ne font. On s’est donc replié chez nous, on va faire un derby/derby à la maison le samedi 22 Février. Et pour faire un peu d’évènementiel à notre sauce à nous, avec nos clubs de l’entente, on a la chance et la joie d’avoir un 2e derby, Urrugnecontre Saint-Pée en Fédérale 3. Ce sont deux clubs qui sont dans notre entente au niveau des jeunes, deux clubs qui perdurent aussi, qui travaillent bien. Ça sera le premier match, un lever de rideau qui sera du jamais vu ici au Pays Basque, suivi de Saint-Jean-de-Luz/Anglet puis d’une grands fiesta sous chapiteau pour regarder Galles/France, je crois. On essaiera de faire la fête tous ensemble. Je pense qu’il y a pas mal de gens qui vont bouger ce jour-là, c’est sympa. Urrugne, ça fait longtemps, Saint-Pée aussi, Saint-Pée est en difficulté mais ils seront là. On recevra bien sûr Mr Lataste, EricBalhadère et Anglet derrière, ça va être sympa. 

 

En clair, le drapeau et les valeurs du Pays Basque flotteront très haut au stade Kechiloa 

 

J’espère que ça va être un peu ça et on veut faire la fête autour de l’évènement. Et s’il y a des Albigeois qui se baladent ce jour-là, qu’ils n’hésitent pas et qu’ils viennent nous voir. 

 

Les Albigeois se baladeront au Pays Basque, en terres souletaines, une semaine avant face à Mauléon. J’imagine que c’est un club que tu connais bien mieux que nous. Tu peux nous parler un peu de Mauléon et de son stade Marius Rodrigo ? Il parait que c’est un antre enfiévré ? 

 

Alors, de un, ils ont aussi vraiment des valeurs comme Nafarroa, d’ailleurs, chez eux, c’est leur derby à eux. Mauléon, sur le coup, je les bade parce qu’ils font une saison exceptionnelle. C’est vraiment un club avec aussi des moyens limités qui s’en sort très, très bien, qui a une très grosse formation. Je trouve formidable ce qu’ils font. Ils méritent de rester en Fédérale 1 et c’est très bien pour le Pays Basque et pour nos amis mauléonnais, c’est super. 

 

Et ils sont bien partis pour faire une belle aventure en Du Manoir ? 

 

Oui, complètement. Si jamais nous, on retombe au niveau du Du Manoir, il y aura peut-être encore derby (rires). 

 

Il y aurait de l’ambiance

 

Ils se déplacent en nombre, de très, très beaux supporters et la buvette là-bas est bien connue pour fournir beaucoup de bières. 

 

On va finir avec un brin d’humour mais peut-être aussi un trait visionnaire. Ca ne te plairait pas un petit Albi/Saint-Jean-de-Luz en 1/4 de finale du Jean-Prat, comme un remake de la saison passée ? Et nous, ça nous plairait bien aussi de revenir faire un tour dans la baie de Saint-Jean-de-Luz.

 

Au niveau touristique, il y a de quoi vous accueillir, il n’y a pas de problème (rires). Ce serait effectivement sympa et j’ai aussi bon souvenir du déplacement à Albi donc pourquoi pas ? Après, il faut que nos joueurs soient encore en course. Je suis sûr que, cette année, le SCA ira au bout, j’en suis certain et il le mérite. Nous, si on est là et qu’on vous rencontre, on sera en terrain un plus connu donc, il n’y a pas de souci. 

 

Et puis, cela sera une belle partie parce qu’on se souvient du match très serré et de toute l’ambiance qu’il y avait au Pavillon Bleu entre Saint-Jean-de-Luz et Albi l’année dernière en fin de saison qui a été l’un des plus beaux matches de la phase régulière. 

 

Complètement, ça a été sympa. Et, effectivement, il faisait beau. 

 

Exactement. On te remercie Eric, on te souhaite la meilleure des choses pour 2020, c’est à dire se qualifier en Jean-Prat et faire encore une belle aventure humaine et sportive avec les Corsaires. 

 

Merci beaucoup

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

 

 

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