#Rugby – Fed1 / O.Kafotamaki (Dijon) : «Je suis bien dans ma tête, le reste suit!»

Entretien grand format avec l’un des cadres du vestiaire du Stade Dijonnais, Otilo Kafotamaki. Le 3eme ligne du club de la côte d’or, nous livre son sentiment sur la saison de ses coéquipiers et la victoire dans le derby face à Macon. Mais l’ex Vannetais et Narbonnais, qui est gravement blessé depuis l’automne, nous livre aussi, un bilan sur sa longue rééducation. Attaché à ses racines Wallisiennes, né à Berlin, 3eme ligne polyvalent, ce joueur invétéré de guitare est le symbole même de la diversité du vestiaire stadiste. Focus sur un colosse en reconstruction.

 

Crédit photo Christophe Daguin

 

Otilo, jimagine que la victoire à Mâcon après 8 ans d’attente a dû être fêtée dignement en terre dijonnaise ? 

 

Oui, on était très content, elle a été légèrement fêtée, on va dire parce qu’on a quand même d’autres échéances et d’autres objectifs. Mais oui, très satisfait de cette victoire qui fait du bien. 

 

On a vu que Dijon avait eu une première partie de saison assez aléatoire, avec des trous d’air. On reviendra plus tard sur ta blessure mais toi qui, maintenant, vit cela à la fois en dehors et en dedans du groupe, comment tu analyses ce début de saison un peu en dent de scie ? 

 

On a fait beaucoup de recrutement, il y a eu plusieurs nouveaux joueurs donc, on a un peu renouvelé l’effectif. On a notamment perdu des joueurs qu’on connaissait avec Jules Soulan, Quentin Pillet, Thibaut Dufau qui étaient titulaires tous les week-ends. Il a fallu reconstruire avec de nouveaux joueurs, une nouvelle charnière, c’était le temps que ça se mette en place. 

 

On l’a vu, il y a eu un déclic et c’est sûrement la défaite à Massy, une équipe que vous aviez battue en préparation. Est-ce que ce revers a vraiment piqué au vif le groupe ? 

 

Oui, forcément, il a piqué au vif. En plus, c’était télévisé donc, se prendre 30 points comme ça devant tout le monde, c’est vrai que c’était assez difficile. Donc, on se devait de réagir très vite et c’est ce qu’on fait depuis les derniers matchs. 

 

Parlons un peu aussi de cette équipe de Massy qui est l’un des épouvantails de la Fédérale 1. On a l’impression que c’est une équipe très solide et qui surtout, se nourrit des erreurs des autres. 

 

Je n’ai pas vu tous les matchs mais c’est vrai que c’est ce qu’il s’est passé contre nous avec notamment trois essais marqués en 20 minutes. Sur une très grosse défense, ils sont très bien organisés et ils marquent  par exemple un essai où ils contrôlent le 9, enfin, des essais à 0 passe. C’est vrai que c’était assez difficile contre eux. 

 

On va parler de toi maintenant. On sait que tu as eu une grave blessure dès quasiment le début de saison. J’imagine que pour toi, ça a été un peu le ciel qui te tombait sur la tête à ce moment-là ? 

 

Oui, forcément. C’est comme pour tous ceux qui se blessent, ce n’est pas évident. Je me suis fait opérer fin Novembre et j’ai directement attaqué la rééduc. Je suis bien dans ma tête donc, le reste suit pour l’instant. 

 

Un joueur pro connaît malheureusement la routine de la blessure et l’infirmerie. Mais pour nos lecteurs, comment cela se passe-t-il pour un joueur comme toi quand on dit presqu’au mois d’Octobre que la saison est finie ? Comment on fait pour rester dans le groupe, accroché avec les autres wagons ? 

 

J’ai de la chance d’être dans un club assez familial. Le staff m’a directement réintégré dans le groupe en me faisant faire la vidéo et les analyses vidéo. Je suis vraiment resté proche du groupe, dès que je peux, je vais à l’entraînement. J’ai réattaqué tout ce qui est musculation au stade donc, je suis vraiment aidé avec les joueurs et le staff. 

 

Tu nous parles de l’analyse vidéo. Ça peut aussi te donner un point de repère pour la reconversion. C’est peut-être un métier qui pourrait te plaire quand, la trentaine passée, tu raccrocheras les crampons dans le placard ? 

 

Par forcément sur l’analyse vidéo mais c’est vrai que je me penche de plus en plus sur le sujet d’entraîner. Je commence petit à petit, je suis allé aider les espoirs sur un entraînement et j’essaye d’aller sur cette voie-là. 

 

Et les plus jeunes, l’école de rugby ? Aller transmettre aux minots et le mettre des étoiles dans les yeux,  ça ne te plairait pas, ça aussi ? 

 

Oui, pourquoi pas. Pour l’instant, je suis plus sur les espoirs, je n’ai jamais entraîné des plus jeunes mais oui, pourquoi pas entraîner l’école de rugby. 

 

Tout à l’heure, tu nous parlais de l’ambiance et du club familial qu’est le Stade Dijonnais. L’an dernier, quand nous étions monté avec Albi pour commenter le quart de finale que vous aviez brillamment remporté à l’aller, on avait vu qu’il y avait quand même une belle bande de copains à Dijon. Est-ce qu’avec toutes ces recrues, cette osmose, cette ambiance un peu  » potache  » mais dans le bon sens du terme est revenue ? 

 

Oui, bien sûr. Je pense que c’est un truc qui est ancré dans le club donc forcément, chaque joueur qui arrive s’adapte assez facilement à cette ambiance. 

 

On sait aussi que, dans ce club, il y a deux figures mythiques,  » Dom et Cheche « . Maintenant que tu as un petit plus de temps de libre, tu les aides un petit peu dans toutes leurs tâches, ces valeureux intendants ? 

 

Honnêtement non, pas pour l’instant. Ce n’est pas dans mes tâches et je ne pense pas que ce soit dans mes cordes car ils font beaucoup de boulot. 

 

C’était une manière de leur passer un petit salut amical puisque ce sont quand même deux figures historiques du club. 

 

Tout à fait

 

On va enchaîner en te demandant quand est-ce que tu penses revenir sur les terrains ? Quel est ton plan de route pour ton retour sur le pré ? 

 

Au niveau du temps, je ne suis vraiment pas pressé. Je me suis dont fait opérer fin Novembre, l’opération, c’est 6 mois minimum ce qui me ferait reprendre fin Mai, en fin de saison. Si je peux, tant mieux mais si je ne peux pas, tant pis, je préfère attaquer la préparation l’été prochain à 100% et les matchs qui suivent. 

 

On sait que vous n’êtes pas encore qualifiés, aucune équipe ne l’est pour le moment, pour les play-offs. Vous tenez la corde mais Chambéry suit. Est-ce que vous les craignez comme le lait sur le feu ? Et, quel est l’adversaire que tu aimerais bien rencontrer en play-off si play-off il y a ? 

 

On ne craint pas d’équipe en particulier, notre objectif est vraiment d’être dans les deux premiers donc, on se concentre vraiment sur nous et pas forcément sur les autres équipes. Et après, peu importe, l’essentiel est de se qualifier et d’aller le plus loin possible, peu importe les équipes qu’on rencontre. 

 

Otilo, on te remercie d’être venu à notre antenne. Nous, on espère rencontrer le Stade Dijonnais pour te rencontrer et aussi apprécier un de tes talents cachés, à savoir nous jouer un petit morceau de  » gratte  » ? 

 

On verra ça (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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