#Football – D2F / S.Fau (ASPTT FA) : «Il faut qu’on soit à bloc, à bloc, à bloc!»

Retrouvez notre entretien grand format de Samuel Fau, le coach adjoint de l’ASPTT Football de l’Albigeois D2F, coach adjoint de l’équipe de D2 Féminine. Le natif de Montauban nous présente ses attentes pour la fin de saison et l’objectif maintien, tout en débriefant la défaite à domicile face au FCNA , et sans oublier de se projeter sur le derby face au MFCTG, ce dimanche . Focus avec un coach qui tente d’actionner tous les levier en son pouvoir, pour réveiller un groupe qui se morfond dans la zone de relégation.

Crédit photo Mike photographe

Samuel, on va revenir sur ce premier match de l’année 2020. Ce n’est pas passé loin pour l’ASPTT (défaite à domicile 1-0 face au FC Nantes)? 

 

Oui, exactement. On recevait une équipe de Nantes qui fait partie du top 5, qui est quand même assez régulière mais qui tournait mieux à l’extérieur qu’à domicile. Et oui, ce n’est pas passé loin, ça a fini à 1-0, encore on va dire sur un coup de pied arrêté malheureusement. Je pense que c’est le gros point noir de la journée d’hier parce-que ça fait beaucoup de matchs où on encaisse un but sur coup de pied arrêté. On le travaillemais on va continuer à le travailler cette semaine, je pense. 

 

Là, c’est dans les huit premières minutes que vous encaissez ce but. Est-ce que peut-être, ça ne révèle pas un manque de concentration ou un déficit pour rentrer dans le match du côté des rouges et jaunes de l’ASPTT ? 

 

Oui, c’est possible mais on ne fait pas une si mauvaise entame que ça pour ceux qui étaient présents au match. Elle était même plutôt bonne, on a commencé assez fort. Ce qui est malheureux, c’est que Nantes fait une sortie de balle, un coup de pied arrêté, on est long à se placer, on est loin du marquage. En plus, ce n’est pas sur un premier ballon, on perd quand même deux duels d’affilée et derrière, on prend sanction. Mais après, si on regarde même sur la globalité du match, je pense que Nantes a du tirer deux fois, trois maximum sur le match mais, malheureusement, une leur a suffi pour ouvrir le score. C’est sûr que c’est un coup derrière la tête mais notre entame n’est pas si mauvaise que ça. C’est ça qui est encore plus frustrant parce-que, si on passe à côté comme on était passé au match aller, là d’accord. Mais sur ce match, c’est encore vraiment plus dommage. 

 

Cette problématique sur les coups de pied arrêtés à l’ASPTT, elle est assez récurrente, ça dure depuis trois voire quatre ans. Comment tu l’assimiles cette problématique ? Un peu de naïveté, un manque de travail, un manque de concentration ou bien ça vient aussi cette année d’un groupe qui est quand même assez jeune ? 

 

J’ai envie de te dire d’un peu de tout parce-que, quand on regarde nos matchs, oui, on a encaissé un coup de pied arrêté sur plus de la moitié des matchs donc, ça fait beaucoup. Après, même offensivement, c’est triste à dire ou pas, je ne sais pas mais on en a mis aussi quelques-uns cette année sur coups de pied arrêtés. Si on regarde un peu les résumés, notamment des matchs de D1 qui est le plus haut niveau, il y a aussi pas mal de buts sur coups de pied arrêtés. Donc, je pense que c’est un mal assez récurrent dans le football féminin. Mais, c’est comme tu le disais, ces coups de pied arrêtés, c’est concentration, dualité, c’est dur en pointe. C’est celui qui en veut le plus qui, normalement, a le ballon et là-dessus, c’est vrai qu’on est déficient. On va le travailler encore plus, je pense qu’il faut qu’on le fasse à toutes les séances et à force, il faut que ça rentre parce qu’il n’y a plus que 10 matchs, on n’a plus le choix. 

 

Malheureusement, quand on est dans le dur, c’est souvent là que les lacunes sont le plus voyantes. On le sait, depuis quelques années, il y a un problème d’animation à l’ASPTT. On a un manque de buteuses, c’est à dire d’une buteuse de calibre qui peut tirer l’équipe vers le haut. Là, cette année, c’est vraiment très criant et au foot, on le sait, si on ne marque pas de but, c’est compliqué de gagner ? 

 

Oui, exactement. Je pense qu’il faut prendre ça au niveau collectif. Oui, devant, on n’est pas assez performant, il faut le dire, on est la 2e pire attaque du championnat. Derrière nous, il y Bergerac mais on ne va pas trop en parler. 

 

On ne va les accabler va-t-on dire

 

Oui, voilà. On a mis 8 buts je crois en 12 matchs donc oui, offensivement, il y a un réel souci. On le travaille, on a essayé de varier un peu les schémas avec plus de profils offensifs qu’en début de saison et malheureusement, on n’arrive pas à conclure dans cette zone de vérité. Et sur un match comme hier, tu as des situations, tu en as quelques-unes mais il manque ce dernier geste qui va faire qu’on va prendre des points. D’où la situation aussi aujourd’hui qui est comme ça vu qu’à Saint-Maur, on perd aussi 1-0 et on a aussi des situations. A Brest, on perd 2-1, on en a, là, on perd Nantes 1-0, on en a. 

 

On a l’impression que la pièce retombe toujours du mauvais côté, jamais elle n’arrive à tomber du bon côté ? 

 

Oui, c’est sûr mais c’est dans ces moments-là qu’il ne faut pas lâcher. Pour ma part, et je pense que c’est l’avis de tout le staff, c’est qu’on a un mois de Janvier et surtout un mois de Février qui vont être ultra décisifs. Fin Février, je ne vais pas dire qu’on saura mais, on ne sera pas loin de savoir la vérité. On va à Montauban ce week-end. 

 

Montauban qui revêt pour toi, on va dire, une particularité émotionnelle non négligeable ? 

 

C’est sûr mais bon … (rires)

 

Un enfant de Sapiac 

 

Oui, voilà, je suis à la maison là-bas mais ça, je le laisse de côté. On y est allé l’année dernière, c’est toujours plaisant de revoir du monde du club parce-que ça s’était très bien passé. Mais on est sur la performance, là, je ne joue plus. 

 

Je voulais dire que ça va te tenir à cœur de montrer un beau visage chez les tiens, qui plus est ? 

 

Exactement, on va faire au mieux. Après, comme on dit aux filles, nous, on peut être les acteurs la semaine mais le dimanche, on n’est que des spectateurs. Les actrices sont sur le terrain donc, on ne va pas rentrer, ce n’est pas moi qui vais faire les passes et marquer. Donc, on a un bloc sur fin Janvier et Février où on reçoit Montauban, on va à la Roche et on va à Toulouse en espérant que ça se passe bien. 

 

On dit souvent que, quand on a des lacunes tactiques comme sur là les CPA ou techniques sur l’animation offensive, les équipes compensent par le supplément d’âme, la grinta, la niaque, l’intensité qu’on met dans les duels. Est-ce que les filles de l’ASPTT ont répondu présentes dimanche sur ce secteur-là ? 

 

Oui, en regardant le match, il n’y a pas grand-chose à dire sur l’état d’esprit. Ce qui nous a fait défaut, il faut le dire, c’est qu’on perd 1-0 en concédant 3 situations dans le match et on se fait encore avoir sur un coup de pied arrêté. D’ailleurs, ce n’est pas faute de leur avoir dit longuement à la causerie. Donc non, sur l’état d’esprit, il n’y a pas grand-chose à dire mais offensivement, il faut qu’on arrive à déséquilibrer, à avoir encore plus ce changement de rythme et, comme on leur dit la semaine, là, il faut des tueuses. Et des tueuses tant sur le rôle offensif que défensif. C’est  » je rentre dans la surface et je veux marquer, je tire un corner et il faut que je mette un bon ballon pour que ma copine marque « . C’est  » je veux marquer « , ce n’est pas  » je veux tirer pour tirer ou je veux centrer pour centrer, je veux faire ci pour faire ça « . Non, c’est  » je veux faire ça pour faire mal « . C’est du niveau national, si on veut centrer pour centrer ou tirer pour le plaisir, on va jouer en district ou je ne sais où et s’amuser le dimanche et faire ce que vous voulez. Au niveau national, les autres veulent faire mal et nous, on doit faire encore plus mal. 

 

Rassure-nous quand même car on sait que cette année, l’ASPTT a un groupe un peu moins étoffé que les autres années mais il y a aussi un contexte avec des blessures et des suspensions. Il n’y a eu ni nouvelle blessure ni nouvelle suspension dimanche ? 

 

Non, il y aura juste Manon Cazes, qui est assez costaud sur le plan défensif, qui purge son dernier match de suspension ce week-end. Et j’espère qu’il n’y en aura pas plus depuis Montauban et que, sur le mois de Février, on sera enfin au complet pour ce mois ultra important. Mais clairement, il ne faut pas qu’on se cache derrière ça. Ce n’est pas parce qu’il y a eu quelques pépins ou des suspendues qu’on en est là. On y est et on ne va pas trop parler de ce qui s’est passé avant (rires). On a raté une chance ce week-end, parce-que je pense que s’en était réellement une et il ne faut pas qu’on se rate plus que ça sur les prochaines rencontres. 

 

On sait que souvent, dans ce genre de situation, les dirigeants ou le président mettent un peu la pression au staff. Vous avez eu des objectifs comptables et chiffrés du président Espié ? Vous êtes un peu sous pression ou alors ils vous laissent carte blanche ? 

 

De toute façon, dans le sport, on est tout le temps sous pression. Ce n’est pas qu’on n’a pas besoin de ça mais pour nous, les objectifs sont clairs. C’est déjà La Roche et Montauban, on ne va pas se projeter dans 5 rencontres mais parler du mois qui arrive. Au niveau de la compétition, ce n’est pas compliqué, il faut engranger, on n’a pas le choix de toute façon vu notre position. Contre Montauban qu’on connaît par cœur, on connaît les individualités et je pense que c’est pareil pour eux. Après, on reçoit La Roche qui est deux places au-dessus de nous au classement et on reçoit Toulouse qui est juste devant nous. 

 

Là, ce sont deux matchs à 6 points ? 

 

Oui, c’est vrai que, comme on dit dans le jargon, ce sont des matchs à 6 points, des matchs ultra-décisifs. On va se pencher sur dimanche parce qu’on avait fait un 0-0 contre Montauban au match aller qui était assez cohérent vu que maintenant, cette équipe est 3e au classement et elle n’est pas 3e pour rien. Je pense que, sur le plan offensif notamment, ça doit être la meilleure équipe de D2 avec la meilleure buteuse de Nationale, qui est Fromentin. Donc ça, c’est à surveiller de très, très près. 

 

Quel est l’état d’esprit pour cette semaine de travail avant cette triplette de matchs primordiale pour l’ASPTT ? Ça va être mission commando en mode  » no pain, no game  » ? 

 

Oui, exactement, c’est ce qu’on fait depuis une longue période maintenant. De toute façon, il n’y a pas de cadeau à l’entraînement, ça travaille et ça n’a pas d’autre choix que de travailler, vu l’opposition pour commencer. Et comme j’ai envie de te dire, quand on est dans la difficulté, il faut travailler 2 ,3, 4, 5 fois plus que les autres si tu veux t’en sortir. Cette semaine, on va s’entraîner de mardi à vendredi inclus, elles seront de repos samedi et de match dimanche. Il n’y a pas d’excuse, elles étaient en repos lundi soir donc ça a commencé à bloc dès mardi. Comme d’habitude, il faut qu’on soit à bloc, à bloc, à bloc et à force, ça va payer. Il faut régler ces deux, trois petits détails qui nous coûtent des points parce-que, c’est bête à dire mais c’est la vérité. Il faut repartie de l’avant et tout faire pour aller chercher quelque chose à Montauban même si on sait que ce ne sera pas facile. Mais, il faut y aller. 

 

C’est tout le mal que l’on souhaite à l’ASPTT en espérant que vous allez pouvoir rebondir rapidement et ressortir la tête de l’eau. Et puis, toi qui viens comme moi du milieu rural, tu connais l’adage que disaient nos grands-parents :  » à force de labeur, les bourgeons finissent par pousser « . 

 

Exactement mais j’espère qu’ils vont très vite pousser et qu’ils ne vont pas attendre le printemps (rires). On va dire qu’on va rester dans l’hiver pour qu’ils poussent. 

 

Là, il ne faut pas de grandes tardives ? 

 

C’est tout à fait ça. Donc, on va travailler, on ne va pas lâcher. De toute façon, on n’a que ça à faire et, à force de persévérer comme tu le dis, ça va payer. 

 

Rendez-vous dimanche à la Fobio pour espérer la première victoire de l’ASPTT de cette année 2020. 

 

C’est ça, oui. Par contre, je crois qu’on joue sur un nouveau complexe. 

 

Vous allez l’étrenner ? 

 

Le Verbeke, oui. C’est un nouveau complexe où je pense qu’on devrait jouer. 

 

Si vous jouez sur une galette, comme on dit dans le jargon, vous n’avez plus d’excuse pour ne pas nous ramener 3 points dimanche. 

 

Oui, exactement, on va tout faire pour. 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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