#Rugby – Fed1 / SC Albi – FCO : « La conf » d’A.Mela et J.Wanin.

Arnaud Méla le manager de jaunes et noirs ainsi que son entraîneur des lignes arrières nous ont accordé un entretien lors de la première conférence de presse de l’année 2020. Pour cette reprise des débat en fédérale 1, les deux techniciens attendent de leurs hommes sérieux, respect de l’adversaire et qu’il prennent une bonne dose de plaisir sur le pré. Retrouvez l’intégralité de cette « conf » riche en informations, qui nous donne-leur ton de cette 13eme journée qui verra Oloron Sainte-Marie défier les Tarnais.

Arnaud, on imagine que tu vas motiver tes joueurs pour vraiment aborder ce premier match de l’année sérieusement, avec toute la détermination qu’il faut puisqu’on se souvient de l’accroc l’an passé lors du premier match de reprise à Nafarroa. C’est un mauvais souvenir au Sporting Club Albigeois et je pense que tu ne veux pas que cette performance se réédite ? 

 

AM : Oui, en tous cas, on a essayé de préparer ce match au mieux. Le plus dur est de remettre le pied à l’étrier et d’essayer de repartir comme on a fini, c’est à dire bien. L’implication des joueurs était là depuis 10 jours, on a repris jeudi dernier. L’implication des joueurs est là, ils sont revenus, ils étaient prêts. Oloron est bien sûr une équipe qu’il faut respecter et qu’on respecte mais reprendre chez nous contre Oloron ou reprendre à Nafarroa dans la boue, ce n’est quand même pas la même reprise. On est conscient qu’il va falloir bien sûr faire un grand match comme tous les week-ends mais oui, je sens les joueurs prêts à relever le défi de ce début d’année. 

 

Pour les équipes qui visent les play-offs comme le Sporting Club Albigeois, le mois de Janvier est souvent difficile parce qu’on sait que vous faîtes beaucoup de foncier pour arriver au printemps. C’est le mois le plus dur, le plus compliqué ? 

 

AM : L’an dernier, on l’avait fait mais on s’y était pris un peu tard. Cette année, il y a tout le temps des séances de physique qui ont permis aux joueurs de se maintenir et de rester plus ou moins en forme puisque l’intensité de nos matches ne nous permettait pas d’atteindre un niveau demandé par les prépas. Donc, on est dans la continuité. Bien sûr, ça change et ça varie mais on n’aura pas ce travail qu’on a du effectuer l’année dernière à cette époque-ci donc, normalement, il ne va pas y avoir de grands changements. 

 

Parlons un peu des joueurs. Il y a eu les fêtes, ce sont des hommes comme tout le monde, ils ont passé les fêtes en famille, quelques festivités. Comment as-tu retrouvé tes joueurs ? Il n’y en avait pas certains qui avaient le foie qui couine après le réveillon ? 

 

AM : Non, ça a été. On a repris jeudi dernier et vendredi, on a fait un peu de physique et on en a refait un peu lundi. On a pas mal de joueurs qui ont progressé. Après, je ne sais pas si c’est aussi parce qu’on a un peu changé de façon de s’entraîner, on a changé d’exercices qui demandent plus de rythme, plus de course. Peut-être qu’ils étaient sur le contrecoup pendant ces 10 jours de vacances mais en tous cas, il y a pas mal de joueurs qui ont amélioré voire stagné, il y en a peu qui ont régressé. Donc, je suis satisfait de cette petite coupure qu’il y a eu, les joueurs ont fait les efforts nécessaires pour ne pas revenir tous en surpoids donc, je suis content. 

 

Pour une fois, le Sporting va avoir tout le Tarn de la poule 3 derrière lui puisque Graulhet et Lavaur se battent face à Oloron pour le maintien. Cette équipe d’Oloron arrive un peu avec le couteau sous la gorge comme toutes les équipes qui jouent le maintien. Ça va quand même être un adversaire robuste qui va venir essayer de défier le plus longtemps possible le Sporting Club Albigeois ? 

 

AM : Bien sûr et on avait fait un match en dents de scie chez eux en début de saison. On avait fait une action de bonne pour trois de mauvaises donc on peut bien sûr s’attendre à un match qui est à leur portée. Si on n’est capable de garder des séquences à haute intensité avec de la vitesse et de mettre du rythme, c’est sûr qu’Oloron va exister et nous faire chier jusqu’au bout. Donc, on a les clés, on sait à quoi s’en tenir, à nous de produire une grosse entame de match pour pouvoir régler les choses assez vite. 

 

Jérémy, on va aussi parler des lignes arrières. Contre Bagnères de Bigorre, on a vu le Sporting bien utiliser les failles dans l’axe profond dans l’équipe du Stade Bagnèrais. Oloron a eu quelques problématiques dans ce registre-là, c’est quelque chose que vous allez utiliser ? 

 

JW : Oui. Au-delà de l’équipe d’Oloron en particulier, il faut qu’on soit capables de se centrer sur notre équipe et notre jeu à nous. On a réussi à utiliser les couloirs de bonne manière à Bagnères, c’est quelque chose qui fait partie de notre projet. Mais, on se doit d’être performant sur le milieu de terrain pour utiliser les couloirs dans de bonnes conditions. Après, comme le disait Arnaud, c’est le rythme, l’intensité et les premiers éléments qu’on va donner à l’adversaire qui vont nous permettre de mettre notre empreinte sur le match et de ne pas laisser espérer, j’en reviens encore à ça, ou de laisser espérer le moins longtemps possible l’adversaire à domicile. En référence, on peut prendre le début de match contre Lannemezan qui était notre dernier match à domicile et où on avait fait 20 minutes de grande qualité, où l’ensemble des joueurs étaient sur la même dynamique et dans un état d’esprit vraiment conquérant et qui avait permis d’éteindre toutes les espérances de l’équipe de Lannemezan qui était quand même venue faire un résultat. Notre recherche est e retrouver ce début de match là où on laisse espérer le moins longtemps possible l’adversaire. 

 

Actuellement, on est au cœur de l’hiver. On sait très bien que pendant l’hiver, le jeu se modifie par rapport aux beaux jours. Mais, est-ce qu’on peut espérer voir le jeu des lignes arrières évoluer au gré du printemps arrivant et puis des play-off qui vont arriver ? Est-ce qu’il va y avoir une mutation du jeu du Sporting Club Albigeois ou alors vous allez rester sur des préceptes qui sont mis en place depuis le début de la saison ? 

 

JW : Ca va évoluer en fonction des conditions. Après, on a pour le moment encore aujourd’hui des journées qui sont particulièrement clémentes qui nous permettent de faire des passes et de faire circuler le ballon. Ce n’est pas le jeu des lignes arrières, c’est le jeu de l’équipe en général qui peut permettre d’aller jouer sur les extérieurs ou plutôt d’aller jouer sur le milieu de terrain. Ça fait quand même quelques matchs depuis le début de saison où on arrive à amener de la variété notamment sur les touches en ballons portés ou en ballons directement pour les lignes arrières. C’est cette variété-là qui fait notre force et en fonction des conditions, on amplifiera ou pas les passes et on amplifiera ou pas les ballons qui iront sur les extérieurs. On a une équipe qui commence à être en confiance et qui est aussi capable de s’adapter aux conditions, qui commence à être capable de s’adapter à l’arbitre même si c’est encore un point sur lequel il faut qu’on progresse mais on est capable de mettre du jeu au pied de pression comme on est capable de jeter des ballons sur les extérieurs comme on doit être capable de jouer sur le milieu de terrain avec nos avants ou sur des ballons portés pour être efficace. Si on veut monter en Pro D2, il faut qu’on soit capable d’amener de la variété dans notre jeu et c’est ce qu’on travaille à l’entraînement et ce que l’équipe commence à être capable de faire. Maintenant, il faut le valider sur le terrain.

 

On sait qu’Arnaud et toi êtes des bourreaux de travail, vous aimez décortiquer les matches. Avec la pause, vous avez pu prendre un peu de hauteur, un peu de recul. Qu’est-ce qu’il y a sur les lignes arrières comme axes de progression pour tendre vers de ce niveau d’exigence que vous avez inculqué aux joueurs ? 

 

JW : Avec Arnaud, on s’était dit qu’on allait essayer de lancer un peu plus le jeu sur mêlées mais c’était souvent les arbitres qui nous empêchaient de le faire aussi. Mais sur les lignes arrières, d’être capables de produire des lancements de jeu de qualité sur les mêlées, ça, c’est un axe de progression. Et ensuite, c’est toujours et encore d’amplifier ce jeu dans les couloirs extérieurs es essayant d’avoir la simplicité qui est gage d’efficacité au centre de nos recherches et de notre travail. 

 

Arnaud, quel est l’axe de progression sur les lignes avants ? 

 

AM : L’axe de progression, c’est de faire des choix judicieux c’est à dire plus d’alternance. C’est là qu’il faut qu’on progresse, qu’on arrive à trouver le bon moment de faire un ballon porté, le bon moment de lâcher un ballon pour les 3/4 ou ce travail de connexion qu’on a entre avants 3/4. Il faut qu’on continue à progresser là-dessus, à travailler là-dessus et après, comme le dit Jérem, il faut qu’on arrive à évoluer sur nos mêlées. Aujourd’hui, on y passe aussi moins de temps mais on fait des lancements, on a en moyenne deux lancements sur mêlées en match. Il faudrait qu’on arrive au moins à passer à 5 d’ici deux, trois mois. 

 

On sait que la touche est un des axes forts du Sporting Club Albigeois. Quand on écoute Radio Oloron, les directs d’Oloron, on entend depuis le début de saison qu’ils ont quelques problématiques en touche. Vous allez appuyer là où ça fait mal, mettre un peu le doigt sur le foie en ce lendemain de réveillon ? 

 

AM : Oui mais, chez eux, on n’avait pas passé une bonne journée. Ils sont Alex Hubert, qui est un ancien albigeois et qui connait bien ma façon de voir les touches, et chez eux, ils nous avaient posé des problèmes. Donc, à nous de rectifier le tir parce qu’on ne s’était pas régalé. Ils nous avaient contré en l’air trois ballons et ils nous avaient pris sur du jeu assez direct. On n’avait pas été très bon donc on va bien sûr le regarder. Il faut qu’on soit très concentré en touche parce-que ce sont des munitions qu’on n’avait pas réussi à récupérer chez eux. 

 

Pour toi, si tu devais décrire ce rugby oloronais, ça représenterait quoi ? 

 

AM : Déjà, il y a beaucoup de générosité, c’est une équipe qui ne lâche rien. C’est, je pense, une équipe de potes qui est assez solidaire. Après, ils ont une conquête en mêlée qui est inconstante mais qui peut faire de belles choses. Je les ai vus contre Tarbes un peu coincer les Tarbais, je les ai aussi vus à Bagnères prendre pas mal de plaisir en mêlée. Donc, c’est une équipe joueuse qu’il faut prendre au sérieux, qui joue bien les contres aussi, une équipe assez complète de Fédérale 1 qui n’est peut-être pas à sa place aujourd’hui. 

 

On a vu à Noël qu’il y a eu quelques clubs, quelques rivaux du Sporting qui ont eu quelques petits cadeaux au pied du sapin, je pense au Stade Dijonnais avec Jean-Ric Lombard. Est-ce que vous avez aussi eu un cadeau au Sporting Club Albigeois ? Est-ce que vous avez une nouvelle recrue à nous annoncer ou est-ce qu’aujourd’hui, vous avez le groupe de qualité qui vous convient ? 

 

AM : Non, nous, on a l’effectif qui nous convient. Le cadeau, c’est de vider l’infirmerie pour qu’on soit au complet. Ça, ce sera le plus beau cadeau qu’on puisse avoir. 

 

Jérémy, en parlant d’infirmerie, tu peux nous faire un petit point sur son état ? 

 

JW : On a eu un petit peu de gastros, de petits trucs qui ont empêché certains joueurs de s’entraîner mais qui ne devraient pas les bloquer pour ce week-end, à part Louis Decrop qui est encore en maladie pour ce week-end. Sinon, sur les joueurs, on a Sabri El Ghoul qui est encore en délicatesse avec son genou, Paul Farret qui revient de blessure et qui devrait rattaquer avec les espoirs ce week-end, Tunu Talavea toujours en délicatesse avec son épaule. Saimoni Nabaro, cervicales, il n’a pas encore tout à fait récupérer mais il devrait revenir assez rapidement. Jean-Jacques Gymaël, une déchirure compliquée à la cuisse qui va le laisser indisponible et en dehors des terrains pendant encore plusieurs semaines. 

 

Et Nicolas Chocou qui devrait revenir en Février ? 

 

JW : Nicolas va revenir assez rapidement, oui. Il a déjà repris le physique, il devrait revenir d’ici 15 jours pour le bloc suivant puisqu’on aura une trêve de deux week-ends après ce bloc de trois matchs donc, ce qui nous permettra quand même de récupérer des blessés. Et Benjamin Caminati, qui était blessé à la cheville suite au dernier entraînement de la saison, juste avant les fêtes, et qui devrait aussi rattaquer pour le bloc suivant, il lui reste quelques semaines. 

 

On sait que les joueurs trouvent souvent les phases régulières de Fédérale 1 assez longues, on arrive en Janvier dans la dernière ligne droite. Tu sens un peu des sourires, une émulation arriver à l’approche de ces phases finales, même s’il reste encore quelques mois ? 

 

JW : Moi, pour l’instant, je trouve que c’est passé vite. On a, je pense, réussi à enchaîner et à garder le groupe sous pression ce qui a fait que la première partie de saison est passée assez rapidement. Maintenant, bien sûr, il nous tarde d’arriver à la fin mais avant ça, on a des étapes à franchir. Les joueurs ont aussi des cartes à jouer tous les week-ends donc, c’est cela qui fait l’émulation du groupe. C’est d’avoir plusieurs joueurs à un poste qui sont performants et qui se redistribuent un peu les cartes de week-end en week-end. A nous et à Arnaud le manager de faire les choix pour garder cette émulation mais le groupe vit bien et on arrive à avoir des équipes compétitives de week-end en week-end. Après, on a déjà fait un faux-pas à Saint-Sulpice donc, on n’est pas à l’abri de faire un deuxième faux-pas. A nous de gérer la saison pour arriver au top sur le mois de Mai. 

 

Arnaud, le dernier mot, le mot d’ordre pour ce premier match de l’année 2020 ? 

 

AM : Le mot d’ordre, c’est déjà qu’ils recommencent à prendre du plaisir sur le pré et, bien sûr, de voir des sourires à la fin du match. Après, corriger encore un peu notre discipline et puis espérer que les gens qui viennent au Stadium passent un bon moment dans les travées. 

 

Vous avez travaillé un peu sur la discipline ? Il y a un arbitre qui est venu ? 

 

AM : Non, pas encore. On va plutôt le faire trois semaines, un mois avant les phases finales, on va essayer d’appuyer là-dessus. Là, on a quand même souvent les mêmes soucis de discipline c’est à dire le plaquage un peu haut avec des joueurs un peu moins costauds en face. Donc, avant les phases finales, on va mettre une petite piqure de rappel mais on n’aura pas les problèmes qu’on peut avoir aujourd’hui au niveau des gabarits et tout ça. On va donc attendre un peu l’arrivée proche des phases finales. 

 

La question bonus : on a vu qu’on s’était un peu fait bouger dans les rucks contre le Stade Bagnèrais. Ça a été aussi le cas l’année dernière contre Marmande et dans d’autres matches. C’est aussi une petite problématique qui est récurrente ? 

 

AM : Pas tout le temps mais c’est vrai qu’à Bagnères, ça a été une des clés de leur match. Ils sont venus à 3, 4 dans les conquêtes et nous, on a un projet de jeu qui veut qu’on y soit au minimum et les 2 qui y sont, il faut qu’ils travaillent très fort et ça n’a pas été le cas. Donc, oui, bien sûr qu’aujourd’hui, ça va être une clé. Il faut faire une grosse entame sur les zones de confrontation donc on va essayer de mettre les joueurs en éveil. 

 

Une question un peu à la Mme Irma pour finir. On a commencé la décennie 2010 en Top 14 pour la finir en Fédérale 1. Ça serait top de commencer la décennie 2020 en Fédérale 1 pour la finir en Top 14 ? Vous validez ? 

 

AM : (rires). Oui, il va falloir beaucoup d’  » imagination « . On va déjà commencer par le niveau intermédiaire. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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