#Rugby – Fed1 / A.Mela (Albi) : «Voir l’envie et le rugby que l’on peut produire là-bas.»

Retrouvez la retranscription intégrale de la conférence de presse d’Arnaud Méla, Jeremy Wanin et Matthieu André en amont du déplacement à Fleurance lors de la 9eme journée de fédérale 1.

Arnaud, il est question pour le Sporting Club Albigeois de finir le bloc de façon propre et correct avec un déplacement à Fleurance. On l’a vu, le Sporting ne s’exporte pas super bien en déplacement depuis deux saisons. J’imagine que là, ça va être un challenge que tu vas fixer à tes hommes ? 

 

AM : Oui, bien sûr. Déjà, c’est un challenge d’état d’esprit que l’on s’est donné, c’est de voir l’envie et le rugby que l’on peut produire là-bas. On connaît la problématique, on va aussi s’appuyer sur le match de Saint-Sulpice où on est passé à côté dans l’engagement et la volonté. Donc ça, ça va être une base que je vais suivre de très près. Je sens que les joueurs aussi ont de la mémoire, ce n’était il n’y a pas très longtemps et ils veulent finir en beauté. Ça ne va pas être simple, ça va être un match très compliqué, on le sait très bien. Ils ont un gros pack, ils ont un très bon buteur, ils ont un bon pied gauche aussi qui te renvoie au fond de ton camp. Donc, il va falloir qu’on soit présents. Maintenant, si on n’est pas prêts à combattre et à aller faire un grand match là-bas, on en sortira comme à Saint-Sulpice donc, je les attends là-dessus. 

 

Pour reprendre tes mots, après un match référence, il n’y a pas eu d’enflammade de la part de tes joueurs ? Parce qu’on sait maintenant que le manager moderne doit aussi gérer ces paramètres-là ? 

 

AM : Non, il n’y a pas eu ça parce-que j’ai beaucoup fait référence à Saint-Sulpice cette semaine. Je leur ai dit que, si on faisait un grand match là-bas, on n’en parlerait plus donc, ils sont retombés les pieds sur terre. Ils ont fait un bon match contre Blagnac mais ils sont revenus avec un état d’esprit et une volonté de travailler cette semaine. Ils ont été appliqués, on a fait une bonne semaine de travail. Maintenant, il faut valider le travail de la semaine sinon, ça ne sert pas à grand-chose de s’entraîner. J’attends dimanche de pied ferme et j’attends de voir une équipe avec une volonté. 

 

Jérémy Wanin, on sait que même dans les matchs références, il y a toujours des choses à parfaire. Est-ce que vous avez isolé des petits détails, des petites choses qu’il faut appointer ? Parce qu’on sait que cette année, vous avez un curseur d’exigence un peu plus élevé que l’année dernière. 

 

JW : Oui, bien entendu. La discipline, par exemple, est un encore un point où on a été beaucoup sanctionné contre Blagnac. On a encore pas mal de choses à travailler, c’est un match à 24 minutes de temps de jeu effectif donc, c’était faible au niveau de l’intensité. Ce n’était pas un grand match de rugby, ce n’était pas des hautes intensités de phases finales auxquelles on a été confronté. C’était un match assez haché donc, on a encore bien sûr des choses et des points à mettre en œuvre pour être encore plus efficaces, ça, c’est une certitude. Après, on ne se satisfait pas d’une victoire avec bonus à la maison, on sait qu’on attend ce match à l’extérieur parce qu’on n’a pas encore fait de prestation à l’extérieur digne de ce nom. On n’a pas pensé à Blagnac cette semaine, on a plutôt pensé à notre prochain déplacement où il faudra que l’on soit appliqué et qu’on laisse le moins possible espérer l’adversaire pour essayer de réaliser un bon match face à une belle équipe de Fleurance. 

 

Derrière, tu as plutôt un choix de riche car tu as beaucoup moins de blessés que devant, il y a beaucoup de concurrence. Des garçons comme Guillaume Cazes ou Lucas Vaccaro qui n’ont pas eu de temps de jeu pour des raisons variées entre licence et blessure, vont être intégrés dans la compo ? Ils vont commencer à gagner en puissance, à gagner un peu plus de temps de jeu ? 

 

JW : On va vous annoncer la composition après mais, il y a quelques joueurs qui sont enfermés dans une pièce depuis un moment et qui ont envie de sortir pour prouver sur le terrain qu’ils ont des qualités à faire valoir. On a un choix de riche, c’est du management pour mettre les hommes en forme et ceux qui sont les meilleurs sur le terrain dimanche qui a été fait. Et on espère que ça paiera pour ce week-end. 

 

Mettre des morts de faim sur le terrain, ça peut être un bon levier à l’extérieur ? 

 

JW : Peut-être, on verra ça dimanche. 

 

Arnaud, toi par contre, devant, tu as des choix de pauvre ou de misère, je pense en seconde ligne. Heureusement, Matthieu André revient sur le pré mais c’est le cataclysme en seconde ligne ? Tu as quand même dû te gratter un peu la tête ? 

 

AM : Oui mais après, ce sont un peu les vases communicants. J’ai l’infirmerie qui se vide un peu puis elle se remplit de l’autre côté donc, il faut arriver à s’adapter. Le plus compliqué, avec le XV de départ qui travaille toute la semaine entre eux, c’est de faire le coaching de seconde mi-temps qui doit être aussi performant que les premiers, c’est cela le plus compliqué. Aujourd’hui, j’ai Matthieu qui re-rentre, ça fait deux ans et demi qu’on travaille ensemble donc, il n’y a pas de souci. Puis c’est vrai qu’on perd Lucas mais, sur le prochain bloc, on va aussi rentrer Gianni, ça va revenir petit à petit. La problématique était vraiment sur Blagnac parce-que ça c’est fait très tôt dans le match et qu’on n’avait pas anticipé ça. On avait anticipé les coachings vers le milieu de la fin mais là, c’est vrai qu’au coup d’envoi du match, ça fait gratter un peu. Là, Matthieu revient, on a aussi changé un peu la compo. On va passer en 6-2 donc on va se couvrir avec un joueur de plus devant qui va nous permettre aussi de palier à ces soucis-là. Mais oui, je préférerai avoir tout le monde et pouvoir gérer différemment mais on n’a pas le choix donc, on fait comme ça. 

 

Des nouvelles d’Arnaud Feltrin et de Lucas Guillaume qui sont sortis au cours du match précédent face à Blagnac ? C’est sérieux ou ce sont des blessures à court terme ? 

 

AM : Lucas, ça va revenir assez vite, il pourra renquiller pour le prochain bloc. Arnaud, ça va peut-être être un peu plus long. Le médical a dit qu’il y en aurait pour 6 semaines donc, avec la coupure, on devrait le reprendre pour après Noël ou pour le dernier match du prochain bloc. 

 

J’imagine que, comme d’habitude, tu as étudié cette équipe de Fleurance. Qu’est-ce que tu en penses et quelles sont tes inquiétudes ? 

 

AM : C’est une équipe qui est solidaire, ça, c’est indéniable. C’est costaud devant, ils ont une bonne conquête en mêlée, ils ont un buteur. Donc, on sait déjà que si on n’est pas très, très fort sur la mêlée, on va être en difficulté. Si on n’est pas disciplinés, ils ont un buteur qui enquille quasiment tout. Ils ont de la longueur au pied qui peut te coincer dans ton camp en permanence. C’est aussi une équipe qui a des ressources morales parce qu’ils perdaient chez eux contre Lannemezan, ils ont perdu contre Bagnères chez eux, à la fin, ils ont gagné. Donc, ça veut dire qu’il y a des ressources et c’est une équipe qui ne lâchera rien jusqu’à la dernière minute. On sait où on va, ça va être un match dur. Dans le Gers, ça n’est jamais un cadeau non plus, c’est le bas du Piémont pyrénéen mais ça en fait presque partie. Donc, on sait où on va, maintenant, ça va se jouer réellement je pense, sur notre concentration et notre discipline. Souvent, la concentration amène une bonne discipline parce-que si on est en éveil et qu’on est prêt à faire un bon match, on laissera moins d’options à l’adversaire de pouvoir jouer un bon rugby. 

 

En fin de partie face à Blagnac, je t’avais posé la question de savoir si tu allais demander des tuyaux à Henry Broncan. Tu m’avais répondu  » je ne pense pas qu’il trahisse son Gers natal « . Le réseau entre le Tarn et le Gers a t’il fonctionné, la 4G passe ? 

 

AM : Non, je ne l’ai pas appelé (rires). Je le laisse tranquille. 

 

Jérémy, on va parler aussi de la fibre locale. On a vu, sur un autre sujet, l’équipe de France et Fabien Galthié qui annonce son staff dans ton Lot natal. Toi qui es attaché à la base du rugby dans ce secteur de la France, ça doit te parler ? 

 

JW : C’est une bonne chose pour le rugby français qu’il y ait encore ce genre d’actions dans les petits villages. C’était sympa que ça se passe dans le Lot. Ils ont fait un séminaire, maintenant, ce sont les actions sur le terrain qui vont être importantes dès les premiers matchs internationaux. 

 

Arnaud, une réaction par rapport à une phrase d’un président de Fédérale 1, celui de Blagnac, en amont du match contre le SCA. On sait que le sujet actuellement est la réforme de la Fédérale 1, il y a peu de clubs qui y trouvent leurs comptes. Les gros cherchent un modèle économique, les petits ont souvent des problématiques à voyager. Benoît Trey disait que ce n’était peut-être pas le rôle de Michel Drucker de s’occuper de la Fédérale 1, qu’il valait mieux que ça se fasse entre présidents de Fédérale 1, ce qui va se faire au séminaire des 22 et 23 Novembre. Est-ce que tu as donné un mot d’ordre, un message à ton président pour qu’il le fasse monter à Marcoussis ? Et qu’est-ce que tu penses de la position de Benoît Trey qui propose deux poules de 12 en Jean-Prat et deux poules de 12 en Du Manoir soit une Fédérale 1 sectionnée en deux ? 

 

AM : Disons que faire deux poules de 12 … On a déjà du mal à trouver 10 ou 12 équipes qui soient capables de postuler pour aller en Pro D2 donc, faire deux poules de 12, je pense que ça va être compliqué. Ce qui est sûr, c’est que de faire une division intermédiaire au-dessus, ce serait réellement une solution et je pense qu’il y a la place de faire 10, 12 équipes. De toute manière, aujourd’hui, on est 4 poules et à la fin, ils vont étudier les budgets de tout le monde pour savoir qui peut postuler. Qu’on le fasse à 4 poules ou avec une poule de 12, si à la fin il y en a 5 qui ne peuvent pas monter, ça se jouera sur les autres donc je pense que ça serait une solution. Ce qui est sûr, c’est qu’Aix-en-Provence est monté sur une poule élite et aujourd’hui, on voit où ils en sont, il y a du budget, il y a tout ce qu’il faut autour. La poule élite les a quand même préparés à la Pro D2. Aujourd’hui, on voit Rouen et ROVAL, ROVAL s’est promené toute l’année, Rouen a eu un parcours exemplaire et on voit où ils en sont. Ils sont dans le dur parce qu’entre la Fédérale 1 comme on joue aujourd’hui et la Pro D2, il y a un niveau d’écart et cette Fédérale 1 Elite faisait diminuer cette marche. Donc moi, je pense qu’il faut qu’on y repasse, il faut qu’on puisse jouer tous les week-ends des matchs qui sont, à peu de choses près, du bas de tableau de Pro D2. 

 

Et tu as donné des recommandations au président Roumégoux pour qu’il le fasse remonter à Paris ? 

 

AM : Non, il en est bien conscient comme moi. 

 

Vous êtes sur la même longueur d’ondes ? 

 

AM : Oui, bien sûr. Nous aussi au Stadium, on préfèrerait jouer un coup Cognac Saint Jean d’Angély, un coup Dijon, un coup Bourg-en-Bresse. Alors, bien sûr, cela fait des frais, bien sûr, cela fait des déplacements mais ça te met aussi dans des conditions de semaines d’entraînement comme en Pro D2 où tu dois faire de la route, préparer tes joueurs différemment, faire de la récup. Ça te conditionne et ça te prépare à jouer au niveau au-dessus donc le président est conscient de la problématique. 

 

Comme c’est un sujet transversal, on va aussi demander son avis à Matthieu André. Sportivement, tu t’y retrouves dans cette Fédérale 1 version 2018 à 2020 ? 

 

MA : Non, pour nous les joueurs, ce n’est clairement pas un championnat adapté parce-que tous les matchs ne sont pas, je ne dirais pas inintéressants, mais c’est vrai que c’est compliqué de jouer des matchs contre des équipes plus mal classées à la maison parce-que ce n’est intéressant pour personne. Et nous, on se retrouve plus sur ce championnat élite où tous les matchs étaient très serrés, avec des déplacements toujours très compliqués. Nous, on se retrouvait plus sur ce format. 

 

Jérémy, on dit souvent que ce championnat est bien pour la carte postale, pour faire écrire dans la presse. Par contre, sportivement et financièrement, c’est une plaie. Tu es d’accord avec ce que disent Arnaud et Matthieu ? 

 

JW : Oui, je cautionne les propos. C’est sûr que, quand on reçoit une équipe qui fait tourner à domicile, où on gagne de 70 points et que la semaine d’après, on va à l’extérieur face à une équipe qui joue le match de l’année et qui se transcende contre nous et qu’on doit alterner tous les week-end, c’est compliqué pour les joueurs de s’y trouver. Après, le constat est que le championnat et sa formule est comme ça, il faut qu’on s’adapte, on doit s’adapter si on veut atteindre nos objectifs. On doit s’adapter à ça et on doit rivaliser sur ces matchs à l’extérieur, être intraitables à la maison et être prêts pour la fin de saison. 

 

Le mot de la fin est à toi Jérémy. Dimanche, malgré la Fédérale 1 et son format, il y a match à Fleurance dans le Gers, un pays de rugby. Les mots d’ordre pour ce combat sont ? 

 

JW : Les mots d’ordre sont se retrouver collectivement pour décrocher une victoire référence à l’extérieur.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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