#Rugby – Fed1 / SCA – Blagnac : La conf de presse A.Mela et J.Wanin

Retrouvez la conférence de presse d’Arnaud Méla et Jeremy Wanin en amont du choc de la 8eme journée de fédérale 1, ce samedi, entre le Sporting Club Albigeois et le Blagnac Rugby.

Avez-vous digéré cette défaite et l’image dévastatrice qu’elle a laissée ? 

 

AM : Oui, bien sûr. Mardi matin, je leur ai demandé d’analyser ce match, mardi midi, il fallait que ce soit réglé. On a vu ce qui allait et ce qui n’allait pas. Dans ce qui allait, il n’y avait pas grand-chose donc, ça a été vite fait. Après, quand on reçoit un gros de la poule, on ne peut pas s’éterniser sur le week-end précédent. Bien sûr, il y a eu des choix de fait, des mots de dit, des choses de faites mais il fallait qu’on rebascule très vite sur Blagnac. 

 

Souvent, quand il y a des désillusions comme ça, il y a des prémices, des petits signes avant-coureurs la semaine précédente. On a eu Gaëtan Bertrand en interview qui nous disait que pourtant, vous aviez bien bossé la semaine d’avant, que vous étiez préparé à aller défier cette équipe de Saint-Sulpice. Quel déclic a t’il manqué pour que les joueurs en prennent vraiment conscience ? Parce qu’on peut quand même appeler ça une faillite collective ? 

 

AM : Bien sûr mais on avait déjà travaillé la semaine avant ce match là puisqu’on avait commencé à parler d’un plan de jeu un peu différent pour un match à l’extérieur sous la pluie. On avait anticipé la semaine d’avant puis la semaine dernière donc, on avait fait 5 entraînements sur le sujet et on a pas d’excuse, c’est tout. On n’a pas d’excuse, on a des joueurs qui sont passés un peu à côté sur des postes importants par rapport à ce plan de jeu. Après, ce constat, il est là. On aurait pu gagner à la fin mais ça aurait presque été immérité. Maintenant, c’est du passé et en tous cas, si on doit perdre à l’extérieur, c’est parce qu’on joue une équipe qui est bien meilleure que nous ou qui joue bien mieux que nous. Là, ça n’a pas été le cas, ils ont fait ce qu’ils ont pu, comme ils ont pu et nous, on n’a rien fait. 

 

Quelques jours avant le match, tu nous parlais des valeurs d’Oloron, de Mauléon, que  » si les gars de Top 14 s’aimaient comme Mauléon et Oloron, il ne pouvait rien leur arriver « . C’est une question que j’ai posé à Romain Lalliard, si les gars du Sporting Club Albigeois avaient le courage et la bravoure de Saint-Sulpice-sur-Lèze, il ne pourrait rien nous arriver à l’extérieur ? 

 

AM : Oui, il y a de ça mais, on a été généreux. On est monté fort en défense, on a eu des collisions. Bon, on a eu un trou noir, ça a été notre touche offensive. On a perdu beaucoup de ballons alors que c’est un point qui est plus ou moins acquis et où on doit être constant. Comme quoi, il n’y a rien qui est gagné d’avance, il faut continuer à bosser. Cette touche offensive nous a fait mal parce-que les deux premières touches qu’on a eu, on était dans la stratégie qu’on avait demandé, c’est à dire occuper le terrain. Derrière, on occupe, touche indirecte de leur part, touche pour nous, ballon perdu. Deux minutes après, même action, touche perdue à nouveau donc … Et touche perdue parce-que mauvais lancer ou mauvais lift ou mauvaise annonce donc, ce n’était pas l’adversaire qui nous a pris le ballon, c’étaient des lobs. On n’est pas rentré dans le match. Après, de l’envie, il y en avait. J’ai 5, 6 joueurs qui se sont viandés, bien sûr plutôt les gros parce-que c’était un jeu assez proche mais j’ai des joueurs qui ont mouillé le maillot. Bon, j’ai mes stratèges qui sont passé à côté, c’est comme ça, ça fait aussi partie du rugby. On a des joueurs jeunes à des postes clé et il faut qu’on continue à progresser. 

 

Ça se présente comment pour ce week-end au niveau de l’équipe ? Vous avez fait tourner ? 

 

AM : Oui, il va y avoir quelques changements. Après, il faut continuer à bosser comme on fait chez nous. Là, la stratégie est un peu différente, il faut qu’on continue à prendre du plaisir au Stadium. Pour prendre du plaisir au rugby, il faut commencer par la base et c’est mettre beaucoup d’engagement. Après, on règlera le problème ? (3.41)

 

Jérémy, depuis trois saisons, on a l’impression d’une constante. Souvent, quand le Sporting a un peu le couteau sous la gorge dans les 5 dernières minutes, il y a du mal à créer un déséquilibre, à créer et à trouver cette action qui permet de repasser le cap. Ça a été le cas en Fédérale 1 Elite, ça a été le cas l’année dernière dans certains matches très importants. C’est une problématique à laquelle tu réfléchis en tant qu’entraîneur des 3/4 ou vous avez peut-être trouvé des solutions ou des perspectives ? 

 

JW : Oui mais, c’est sur le global qu’on réfléchit à ça. Après, ce qui est certain, c’est qu’on ne doit pas en arriver sur des matches comme ça à tout jouer sur les cinq dernières minutes du match. C’est que les signaux qu’on a donné à l’arbitre et à l’équipe en face sont des signaux de confiance pour l’équipe adverse et qu’ils les ont remis en confiance. On n’a pas été surpris par l’engagement de Saint-Sulpice, on sait que quand on va à l’extérieur, c’est un peu le match de l’année pour les équipes qui nous reçoivent et ils ont une révolte collective. Si sur le début de match, sur la première mi-temps en l’occurrence, on les laisse espérer là-dedans, on ne va que faire amplifier cette révolte. Il faut qu’on soit capables par des cadres, en faisant des choses simples d’inverser la tendance par la conquête, par des choix stratèges et ce qu’on n’a pas été capables de faire. On a réellement manqué de maîtrise sur ce match à Saint-Sulpice. On pensait l’avoir travaillé convenablement sur les semaines précédant le match mais à priori pas assez. C’est un signal de plus fort sur des thèmes qu’on doit encore travailler, où on doit encore être plus performants pour ne pas laisser espérer l’adversaire. 

 

Là, pour se relancer, c’est un gros du championnat, c’est au Stadium. Vous avez aussi la pression ? 

 

JW : Oui, la pression du résultat peut-être. Après, ce sont des matches qu’on attend, qu’on est vraiment contents de jouer parce-que, que ce soit en termes de jeu ou en termes d’agressivité, de collision, de défis physiques, on va se frotter à ce qui se fait de mieux en Fédérale 1. C’est quand même l’équipe qui reste la seule équipe invaincue de toutes les poules de Fédérale 1 confondues. Donc, on a à cœur, un de faire un gros match parce-que ce sont les deux premiers qui s’affrontent dans ce match mais aussi pour se rattraper de ce qui s’est passé la semaine dernière à Saint-Sulpice. 

 

En parlant de signal, là, il y a eu un signal de faiblesse face à l’US Saint-Sulpicienne. Le but est d’envoyer un signal aux concurrents de Fédérale 1 en faisant une grosse prestation contre Blagnac ? Envoyer un signal positif en disant que le Sporting est toujours là et est toujours dans la course ? 

 

JW : Exactement. Les joueurs sont bien conscients de ce qui s’est passé, tout le monde en a conscience. Je suis convaincu que les joueurs préparent bien ce match parce-que je l’ai vu cette semaine. On va être au Stadium à domicile, on n’a pas le droit à l’erreur et on va mettre tous les ingrédients pour faire un bon match de rugby, au-delà d’aller chercher bien sûr le maximum de points. 

 

Selon les échos qu’on a de Blagnac, ils parlent beaucoup d’une infirmerie pleine, ils en parlent même énormément. Parfois, ça peut aussi ressembler à de l’intox. Tu t’attends à une équipe de Blagnac qui arrive diminuée ou bien, vont-ilsessayer d’aligner la meilleure équipe et venir défier et essayer de châtier le Sporting sur ses terres au Stadium ? 

 

AM : Non, je n’y crois bien sûr pas du tout. Ils reçoivent Graulhet le week-end d’après, qui est un match à leur portée avec, je pense, un peu moins de pression pour eux. Je les vois passer ce bloc de trois et on est en vacances après. Ils vont venir jouer le coup ici, c’est normal, ils n’auront pas de pression. Moi, je serai eux, et je suis sûre qu’ils vont faire ça, je viendrai prendre du plaisir, jouer, déplacer le ballon. Ils vont vouloir nous mettre à mal sur le jeu, c’est leur point fort, ils jouent bien. Donc, on va se préparer, on ne va pas trop lire ce qu’il se dit dans les journaux et on va se préparer pour un grand match. 

 

Quels sont les retours pour ce match ? Vous avez encore du monde à l’infirmerie ? 

 

AM : L’infirmerie se vide petit à petit mais on a pas mal de joueurs en phase de reprise. Avec les nouvelles règles, on ne peut plus faire jouer ces joueurs-là en espoirs, ce qui était le cas l’an dernier. On a des joueurs qui auraient dû et qui devraient, pour le bien-être de tout le monde, jouer au moins un match ou deux en espoirs pour reprendre du rythme, des contacts, parce-que nous, on ne peut pas faire tout le temps du 100%. Donc, c’est vrai que l’infirmerie se vide mais ce sont des joueurs qui sont en attente. Ce n’est pas le moment de lancer des joueurs qui n’ont pas joué depuis 4 ou 5 mois contre Blagnac. On est un peu en attente.

 

Conservation pour commencer puis occupation et ensuite envoyer du jeu si on peut ? Parce qu’il va quand même pleuvoir. 

 

AM : On devra aussi s’adapter à la météo, il faudra voir comment c’est. C’était pluvieux mais correct sur la fin de semaine et ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est qu’il va finalement peut-être pleuvoir. On verra, on va s’adapter mais, ce qui est sûr, c’est que dans les zones, quand on va être chez l’adversaire, il faudra qu’on soit capable de tenir le ballon et de mettre des séquences dures, longues et qu’il y ait de l’intensité. Après, oui, on va s’exposer assez peu comme le font les équipes qui jouent sous la pluie. On ne va rien inventer, on va essayer de faire ce qu’on maîtrise au mieux. On a une poule qui n’est pas tout à fait homogène chez nous, là, on va taper sur ce qui se fait de mieux donc il va falloir y aller fort et qu’on montre que nous aussi on a du potentiel. On est chez nous, on va avoir du public et il faut faire un grand match. 

 

Il va y avoir aussi un match dans le match entre Christophe Deylaud, un joueur emblématique des années 90 et Arnaud Méla, joueur emblématique des années 2000-2010. Tu peux nous parler un peu de ton homologue blagnacais ? J’imagine que vous avez étudié la stratégie Deylaud, la Deylaud Touch en long, en large et en travers ? 

 

AM : Oui, on le voit bien. Après, cela fait longtemps aussi que Christophe a le même groupe donc, on voit bien qu’il a mis en place des choses et qui sont ? (9.40) club. On voit que c’est une équipe qui a une volonté de jouer, c’est que lui aussi parce-que c’était un mec qui aimait jouer au rugby. Il jouait avec les meilleurs autour de lui et lui aussi faisait partie des meilleurs, c’était quand même plus simple que quand tu étais en face. Mais oui, il y a cette volonté de jouer au rugby, un peu à la toulousaine. S’ils peuvent faire de la passe au contact, ils en font un maximum ce qui est aussi un peu un jeu à la toulousaine. Après, c’est une équipe comme lui, qui ne lâche rien en défense, qui monte fort donc on retrouve sa patte et sa façon de jouer au rugby.

 

Jérémy, ça doit quand même te mettre des étoiles dans les yeux de rencontrer un joueur qui est d’une autre génération, une génération des années 80 qui nous a fait rêver. C’est quand même un joueur emblématique du rugby français. Quand tu l’as en face, il n’y a pas d’appréhension mais, quelque chose d’un peu plus intimiste car c’est un joueur qui, quand nous étions gamins, nous a fait rêver ? 

 

AM : Plutôt génération 90, 95 quand même. Quand tu dis 80 … 

 

C’est nos années de naissance. Avec Jérémy, on est nés dans les années 80. On avait une dizaine d’années quand Christophe Deylaud jouait. 

 

JW : Ce sont les joies de ce métier c’est à dire que je le regardais jouer depuis mon canapé à la TV et je l’encourageais souvent. On s’est déjà retrouvé face à face sur le banc, c’était au challenge Vacquerin. C’est toujours un plaisir et un honneur de rencontrer des entraîneurs avec des carrières de joueurs et entraîneurs comme ça. C’est un plaisir et un honneur. 

 

Du coup, j’imagine aussi que tu vas te faire un plaisir de faire déjouer le jeu de 3/4 de Christophe Deylaud ? Ce serait une fierté pour toi si tu arrivais, avec une bonne tactique mise en place, à déjouer ses plans ? 

 

JW : Si on arrive à mettre en place les choses qu’on a fait cette semaine, surtout au Stadium, ça va être important de pouvoir mettre en place quelques lancements. Parce-que la pluie ne doit pas enlever toutes les passes sur un match de rugby, même quand il pleut, on doit être capables de pouvoir se faire des passes donc on va essayer de faire ça. Il y a une belle équipe de 3/4 en face, Blagnac a une belle équipe de 3/4 donc, ça sera un beau duel. Et ce sera aussi un beau challenge pour les joueurs personnellement de pouvoir se frotter à cette équipe de Blagnac dès samedi soir. 

 

Il y a des joueurs que vous avez isolés comme joueurs clé dans cette équipe de Blagnac ? 

 

JW : Je n’ai pas vraiment les noms mais ils ont un très bon demi-d’ouverture, un très bon N°15 et ils ont un centre costaud qui arrive souvent à casser la ligne. C’est surtout l’enthousiasme qu’ils ont derrière sur cette équipe à vouloir se faire des passes, à vouloir amener les ballons sur les extérieurs et aussi à être agressifs dans les zones de combat. Donc, ça promet un bon match de rugby samedi soir au Stadium. 

 

Arnaud, on va revenir 30 secondes sur le match de Saint-Sulpice-sur-Lèze, sur l’après-match. Gaëtan Bertrand nous disait que le président Roumégoux avait un peu secoué les joueurs en leur rappelant que les dirigeants avaient fait le taf en juin-juillet pour sauver le club. Tu as appuyé sur ce levier-là, en disant qu’il y avait un peuple jaune et noir, qu’il y avait des acteurs du club qui s’étaient arrachés pour sauver le club et qu’il fallait qu’eux s’en montrent dignes ? 

 

JW : Non, je n’ai pas trop relevé ce qu’a dit Alain, il avait raison. Après, ce que dit Alain après un match ou ce que moi je dis, en fait, on s’en fout un peu. Ce qui compte, c’est ce qu’a envie de faire le joueur. Pour moi, ce qui compte le plus, c’est ça, c’est ce qu’ils ont envie de faire eux. Je sais qu’ils ont envie de faire de grandes choses. Si j’avais dit sur ce match de Saint-Sulpice  » si on le gagne, on monte, si on ne le gagne pas, on ne monte pas » et bien, on l’aurait gagné. Quand Alain gueule, c’est normal, c’est son boulot, c’est le patron. Moi, quand je gueule, c’est bien, ce n’est pas bien mais ce qui compte, c’est ce que les joueurs ont envie de faire. Si ils ont envie de faire des choses ensemble, et de faire de bonnes choses ensemble, ils y arriveront. Je le sais, on ne craint rien avec eux. Maintenant, c’est à eux de décider le jour J, tous ensembles. Il ne peut pas y en avoir 7 qui veulent et 7 ou 8 qui ne veulent pas. Il faut que tout le monde travaille ensemble, c’est un sport où on ne peut pas travailler sans les autres et il faut avoir envie de se viander tous ensemble. S’ils mettent ça bout à bout ce week-end, ils vont faire un bon match. 

 

Pour finir, j’imagine que tu as fixé une fiche de route assez complète et exhaustive à tes joueurs. Quel est le cap, quels sont les mots d’ordre pour ce choc de la 8e journée de Fédérale 1 ? 

 

AM : Le mot d’ordre, c’est l’état d’esprit qu’ils vont mettre sur ce match. 

 

On a vu Jérémy Russel, mais ça n’a pas été le seul, un peu à la peine face à Saint-Sulpice-sur-Lèze. Il ne joue pas, il n’est pas titulaire. C’est pour le faire un peu souffler, qu’il reprenne le fil de la saison ou c’est une sanction sportive ? 

 

AM : Il y a un peu des deux. Malheureusement, quand tu portes le N°10, c’est un rôle qui est plus exposé que celui de seconde ligne, particulièrement sous la pluie. Oui, ça ne s’est pas bien passé pour lui, maintenant, il faut qu’il souffle, qu’il récupère puis qu’il se remette au boulot et qu’il revienne deux fois plus motivé. 

 

De toute façon, la porte est toujours ouverte. C’est la patte Arnaud Méla 

 

AM : Oui, bien sûr, ils le savent. Mais il faut faire le boulot. 

 

Composition : Maxime Escur, Arnaud Feltrin, Damien Nevers, Lucas Guillaume, William Whetton, Mohsen Essid, Simon Pardakhty, Vincent Calas, Martin Doan, Kevin Boulogne, Benoît Sicart, Gaëtan Bertrand, Alfi Mafi, AvenisiVasuinubu, Benjamin Caminati

 

Remplaçants : Bastien Dedieu, Romain Casals, Patrick Toetu, Sabri El Ghoul, Tunu Tavalea, Laurent Magnaval, Benjamin Pètre, Guillaume Cazes

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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