#Rugby – Fed1 / S.Bouillon (Nantes) : «j’espère qu’on va jouer les deux premières places»

Sylvain Bouillon, ce souletin, actuel ouvreur du Stade Nantais et ancien joueur du SCAlbi est revenu avec nous sur le début de saison en fédérale 1 de son équipe. Pour celui qui a mal vécu, avec quelques meurtrissures persistantes, l’annonce à Noël, la saison passée, des soucis administrativo-financiers des nantais, espère rattraper le temps perdu cette année.

 

 

Sylvain, après avoir été formé au Pays Basque à Mauléon puis avoir été après à Bayonne, tu as passé quelques saisons au Sporting Club Albigeois pour finir maintenant en Bretagne. Enfin dans la grande Bretagne puisque c’est le grand débat historique dans la Loire de savoir si Nantes est, ou non, en Bretagne. On va donc dire que, maintenant, tu es au Stade Nantais chez les éléphants. Pour commencer, comment s’est fait ce choix d’aller au Stade Nantais ? 

 

Je sortais d’une aventure à Aix-en-Provence où ça s’était un peu mal passé, une aventure un peu mitigée sur la fin. Du coup, tout simplement, le Stade Nantais m’a contacté. Je suis allé les rencontrer, le courant est bien passé avec un bon feeling. Du coup, j’ai signé là-bas pour trois ans et je rentre dans ma dernière année de contrat. Et tout va bien pour moi maintenant, en Bretagne. 

 

L’année dernière avec le Stade Nantais, vous avez pendant longtemps joué le haut du tableau. Il y a eu une période hiver/Noël assez rude, avec des sanctions administratives puis, quelques semaines après, le coach qui a été démis de ses fonctions. Vous avez quasiment touché le Graal sans néanmoins pouvoir le toucher ? Vous n’étiez pas si loin que ça de vous qualifier pour le Jean-Prat mais, cette demi-saison loupée entre Janvier et Mai doit quand même laisser un sentiment d’amertume ? 

 

C’est vrai qu’on fait une très belle phase aller avec 8 victoires pour 3 défaites. Et puis après, à Noël, un petit article qui tombe dans le Midi Olympique qui fait un peu mal à tout le monde, quelques petits problèmes. Et puis voilà, on fait 3 victoires et 8 défaites lors de la phase retour et du coup, on s’est un peu mangé la feuille nous-mêmes. Cette année, j’espère qu’on va basculer positivement parce qu’il y a de la qualité dans cette équipe, et qu’il ne faut pas que cela se reproduise. Parce qu’on est quand même nous sur le terrain et que, même s’il y a eu des problèmes dans le club, tout est réglé maintenant. Donc, c’est à nous de faire le taf sur le terrain et de faire maintenant une belle année. 

 

Reparlons de cet article du Midi Olympique qui était sorti le 24 Décembre. Quand on est sportif de haut-niveau, on sait que ce genre de chose peut sortir mais on reste quand même des humains. Le jour de la veille de Noël, comment as-tu vécu ce genre d’article ? Ca a vraiment dû être très dur et rendre Noël un peu pesant ? 

 

Oui, surtout que tu es en famille pendant les fêtes, tu as 15 jours coupé du club où tu es un peu loin. Moi, j’étais rentré chez moi au Pays Basque. C’est sûr que tu n’accueilles jamais cela comme une bonne nouvelle surtout quand on sait tous les problèmes qu’il y a en Fédérale 1 économiquement parlant. Donc un peu compliqué mais les présidents nous ont quand même bien rassurés et ont été très clairs avec nous. On savait où on allait, où on en était et ça s’est quand même bien passé. Je pense que l’équipe administrative a fait un gros boulot et que maintenant, tout va bien. 

 

On va maintenant basculer sur cette saison 2019-2020. Quels sont les objectifs et les ambitions du Stade Nantais ? Essayer d’aller titiller Cognac, Niort, Dax et compagnie qui veulent se qualifier en Jean-Prat ou le Du Manoir suffira au Stade Nantais ? 

 

Je pense que moi, en tant que compétiteur, j’ai quand même envie de jouer les deux premières places. Après, on sait où aller, on va y aller petit à petit, match après match. Au moins se qualifier dans les six premiers, il faut quand même que ce soit positif par rapport à la saison dernière, obligatoirement ça. Ensuite oui, personnellement, j’espère qu’on va jouer les deux premières places même si, pour l’instant, Cognac est un peu intouchable et qu’il y a Saint-Jean-de-Luz qui est quand même une très belle équipe. Mais c’est à nous de suivre le gros rythme qu’ils impriment et en commençant par samedi en validant une 4e victoire d’affilée contre Niort. 

 

Vous avez fait un début de saison diesel à Anglet. Mais Anglet, il faut aller y jouer, c’est le contexte basque, c’est toujours assez épique et un brin chauvin sur les bords des Talenquères. Il y a aussi une défaite face à Cognac qui est un des favoris de la poule. Par contre, depuis quelques matches, contre Marmande et contre Bassin d’Arcachon, vous êtes les rois du suspens hitchcockien à Nantes ? Surtout au Bassin d’Arcachon où nous avions annoncé en direct à la radio que vous étiez quasiment pliés et d’un coup, on vous a vu remonter d’on ne sait où. 

 

C’est vrai que, contre le Bassin, c’était quand même une fin de match assez compliquée. Ils sont devant puis on reprend le score puis ils nous remettent un essai et on en remet encore un. Ca bascule positivement pour nous cette fois-ci mais ça aurait pu être le contraire aussi. Donc voilà, un peu de chance aussi, ça ne fait pas de mal. Après, c’est sûr qu’à ce niveau, dès qu’il manque un ou deux joueurs un peu cadre, c’est plus compliqué. C’est ce qui nous est arrivé à Cognac ou à Anglet par exemple même si on n’enlève bien sûr rien à leurs prestations car ce sont deux belles équipes. Mais oui, je pense qu’on a quand même les moyens de jouer les premiers rôles dans cette poule et il faut qu’on ait tous cet objectif-là pour valider la saison précédente qui était malgré tout positive même si là, on bascule sur une autre dynamique. 

 

Ce rugby nantais, en plein cœur d’une terre footballistique historique, quel est son ADN ? Comment le décrirais-tu ? 

 

C’est vrai que la Bretagne et les Pays de la Loire s’appuient quand même sur une grosse culture foot. Mais il y a quand même du monde au stade et je pense qu’il y a un petit engouement autour du Stade Nantais. On essaie de mettre un place un jeu de mouvements avec beaucoup de passes. On essaie de mettre de jolis essais donc, ça attire quand même un petit peu de monde. On a un joli petit public donc, je pense qu’il y a tout pour réussir et pour faire que ce club monte petit à petit. 

 

J’imagine que tu as aussi un œil sur les autres poules. Quelles sont les forces en présence pour le Jean-Prat ? Quelles sont les équipes des autres poules qui t’ont tapé dans l’œil ? 

 

Dans les autres poules, on sait très bien déjà qu’il y a des grands noms du rugby comme Bourgoin, Bourg-en-Bresse, Blagnac, Narbonne qui sont de belles équipes. Je pense que dans les autres poules, il y a quand même de belles équipes. Après, personnellement, je t’avoue que je me concentre vraiment sur la nôtre même si je suis un peu attentif à Mauléon qui est dans la poule d’Albi cette année. Je pense quand même qu’Albi est le grandissime favori pour cette Fédérale 1, au vu de leur saison précédente et du début de cette saison-là. Le niveau de la Fédérale 1 s’élève d’année en année. J’ai joué à 18 ans en Fédérale 1 à Mauléon et j’ai maintenant 30 ans. Je peux te dire que le niveau a sacrément évolué avec de bons et gros joueurs. Donc, c’est bien pour tout le monde que cette Fédérale 1 s’élève. 

 

Tu parlais d’Albi et de Mauléon. Mauléon, ton club formateur a rencontré Albi, un de tes anciens clubs. J’imagine que ce match a du attirer ton attention et susciter une petite fibre émotionnelle ? 

 

Oui, il est sûr que ça attiré mon attention surtout que j’ai deux de mes meilleurs amis qui jouent à Mauléon et quelques connaissances aussi qui jouent toujours à Albi. Notamment Lucas Guillaume qui vient d’arriver cette année et qui est un de mes très bons amis avec qui j’ai pu jouer à Aix-en-Provence. 

 

Un top joueur, très précieux en touche. 

 

Un super joueur et surtout, un très bon mec, c’est important. Après, c’est sûr que les deux équipes ont des objectifs totalement opposés. Albi, qui doit avoir un budget qui, je pense, tourne autour des 3M d’euros, et Mauléon, 300 000€. Ce n’est pas le même championnat mais Mauléon se bat avec ses valeurs et ils font un bon petit début de saison. J’espère qu’ils gagneront ce week-end contre Tarbes, ça fera du bien à la tête de tout le monde. Et Albi, je ne leur souhaite que de la réussite. De toute façon, je pense qu’Albi n’aura pas trop de souci dans cette poule et qu’ils joueront les premiers rôles dans les phases finales, ça c’est sûr. 

 

Pour conclure cette interview, on sait que tu es passé au Sporting Club Albigeois. A Albi, il y a des supporters et un comité d’animations qui est très, très présent. Tu as peut-être un petit message à passer aux anciens du Sporting Club Albigeois que tu connais ? 

 

Je leur fais un gros bisou, notamment à Francine. 

 

Je me doutais que tu allais parler de Francine. 

 

Elle était un peu du Kop des amis du SCA. Il est certain qu’Albi a toujours compté un gros public et c’est sûr que c’est un soutien énorme. Moi, j’ai fait des matches où on a reçu Lyon, La Rochelle, Agen où, parfois, il y avait  7 000 personnes au Stadium. Il est évident que ça compte pour les joueurs et Albi a de la chance d’avoir un si grand nombre de bénévoles et de supporters et de partenaires, ça, c’est sûr. 

 

On te souhaite maintenant le meilleur avec le Stade Nantais et peut-être qu’Albi et le Stade Nantais se retrouveront en play-off du Jean-Prat ? Ce serait une belle histoire ? 

 

C’est tout le mal que je nous souhaite (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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