#Rugby – Fed1 / R.Gourdon (Dijon) : «L’humain pour moi, c’est essentiel.»

Renaud Gourdon, manager du Stade Dijonnais, nous a accordé une interview grand format, à quelques jours d’aller défier le RC Suresnes en poule 1. L’ex coach d’Angoulême, Saint-Jean d’Angely et Rouen, nous a donné ses lumières, sur le début de saison du club de Côté d’Or et sur ses impressions concernant les autres écuries de fédérale 1. Focus sur un coach qui sans se dévoiler totalement, en bon roublard, nous éclaire quand même sur les ambitions dijonnaises, un club dont il veut tirer la quintessence de l’exigence exigée par le professionnalisme, tout en gardant une dimension humaine, essentielle dans un sport la solidarité et le dépassement de soi, en sont les ferments.

 

 

Pour le Stade Dijonnais a commencé une nouvelle saison avec de nouvelles ambitions encore plus hautes. On sait que le Stade Dijonnais est le petit club qui grandit de plus en plus en Fédérale 1 et qui essaie de tutoyer les sommets. On va commencer à faire un point sur ce premier bloc de matches avec un match inaugural qu’on qualifiera d’un peu compliqué ? 

 

Oui, on peut dire ça. Je ne sais pas s’il était compliqué mais, en tous cas, on n’a pas mis ce qu’il fallait lors de cette première rencontre. J’ai envie de dire qu’on n’a pas su aller se faire mal sur ce premier match à l’extérieur où on voulait aller faire un résultat. Je pense qu’on n’a pas mis les choses dans l’ordre tout simplement et qu’on a certainement manqué d’humilité. On s’est réveillé mais trop tard donc, on a pris le revers de bâton et le retour de flammes très rapidement. Ça nous a d’ailleurs repositionné où on devait être. 

 

C’est peut-être aussi d’avoir des ambitions déclarées, assumées alors que, l’année dernière, vous étiez un peu arrivés à visages masqués, Dijon avait un peu surpris tout le monde. Cette année, tout le monde vous attend au coin du bois. Le fait d’avoir des ambitions de Jean-Prat ou de même de Pro D2 a peut-être mis une pression supplémentaire aux joueurs qui n’étaient pas habitués à ça ? 

 

Je ne sais pas si on a surpris tout le monde l’année dernière, on avait déjà bien travaillé la saison précédente. Je pense que l’année dernière, on était dans la continuité, on a continué à travailler sérieusement et à avoir des résultats, dans la continuité je le rappelle. Il est sûr qu’on ne nous attendait pas à ce niveau-là, nous les premiers en avons été surpris car on était un peu en avance par rapport à notre plan de marche. Mais, ce n’était pas plus mal, on a grandi peut-être un petit peu précipitamment. On a réussi à se qualifier dans les deux, ça ne nous a pas amené à avoir des ambitions plus importantes cette année. L’objectif cette année, ce sera encore une fois, d’abord pour confirmer notre bonne saison de l’an passé, d’essayer de nous qualifier dans les deux. Ca, c’est notre seule ambition, c’est d’être dans les deux. Pour ça, cela voudrait dire qu’on arrive à être constant dans la performance et dans le travail, ce serait une très bonne chose. De là à nous prêter d’autres ambitions, je pense que c’est encore un peu prématuré. L’an dernier, on s’est invité aux quarts et on fait le premier tour. 

 

Après, on dit que l’appétit vient en mangeant. 

 

Oui, l’appétit vient en mangeant. Il est évident que, si on peut aller plus loin et faire mieux cette année, on le fera et on ne crachera bien sûr pas dessus, au contraire. On joue les matches pour les gagner, les compétitions pour les gagner, on s’est engagé dans celle-là pour faire partie encore une fois et batailler avec les meilleurs. Donc, on va continuer. Maintenant, on reste assez lucides par rapport à ce qui se fait. On a une poule qui est assez abordable cette saison, il y a un peu plus de promus que dans les autres poules, on va être 4, 5 équipes à postuler sur les deux places. Ce n’est pas la poule 2 avec cinq monstres. 

 

Voire six

 

Il peut y avoir six équipes pour jouer les deux premières places dans la poule 2 et deux équipes qui auront largement les moyens d’être à l’étage au-dessus. Quand je vois Bourg-en-Bresse, Narbonne, Bourgoin, quand je vois des équipes comme Hyères-Carqueiranne, Nice, Aubenas qui s’invite, ça, c’est très, très, très lourd. Dans les autres poules, il y a Albi qu’on retrouve encore, il y a Saint-Jean-de-Luz, il y a Blagnac, il y a Cognac qui l’an dernier est finaliste du Du Manoir et qui, sans un petit excès d’indiscipline, aurait pu se retrouver dans les deux premiers et qui je pense, cette année, va voyager en tête de poule, faire très mal et se retrouver avec les équipes du Jean-Prat. Il faudra y faire très, très attention parce-que c’est du très, très costaud. Nous, on n’en est pas encore là. On travaille pour rivaliser avec ce genre d’équipes. Parfois, on y arrive et j’ai même envie de dire que, sur un match, on peut embêter tout le monde. Mais, pour monter, il faut en gagner quatre. 

 

Tu nous parlais de la poule 2. En plus d’être très compacte, très épaisse pour reprendre du jargon rugbystique, elle risque aussi de s’inviter dans les débats pour le Jean-Prat puisqu’on sait qu’il y a un classement national. Avec une poule aussi épaisse, il y a de grands risques que le premier, voire le second, n’aient pas autant de points que dans les autres poules, qui ne sont pas aussi épaisse. La première place nationale cette année ne sera pas une ligne droite vers la Pro D2 comme ça a quasiment pu être la saison passée ? 

 

 Encore une fois, c’est une question de points. Des qualifiés, il y en aura huit. Dans les huit, si tu veux monter demain, il faut être capable de battre tout le monde. La seule équipe qui est pour moi est aujourd’hui, au moment où on parle, capable de battre tout le monde, c’est Bourg-en-Bresse. D’abord, parce-que je les ai joué et que je ne connais pas forcément toutes les autres. Aujourd’hui, j’ai envie de dire que Bourg-en-Bresse a un temps d’avance sur toutes les autres écuries par rapport au fait de son effectif qui est resté constant, stable, de son niveau de jeu, de son fond de jeu qui a gardé une vitesse d’exécution digne de la Pro D2. C’est pour moi aujourd’hui, l’écurie qui esvraiment en avance par rapport aux autres. Celui qui les prendre en quart de finale, oui, il peut se casser les dents. Pour le reste, tout va rester ouvert. Il y a de très, très bonnes équipes mais encore une fois … L’an dernier, il y a avait Valence et Rouen qui écrasaient tout mais, au final, Rouen a failli passer à la trappe contre Albi, Albi a failli passer à la trappe contre Dijon donc, attention. 

 

C’est aussi ça la beauté du sport ? 

 

Oui mais c’est pour ça que ce n’est pas une question de classement. 

 

Non, mais c’est la petite musique qui monte en Fédérale 1 donc je te posais la question pour savoir si tu te cachais derrière ces faux-fuyants. Parce-que, pour moi, ce sont peut-être des faux fuyants, mais c’est la petite musique qui monte en disant que cette poule 2 risque de s’inviter dans les débats en ne favorisant peut-être pas spécialement le mieux classé du classement national. 

 

Ce qui est sûr, c’est que celui qui finira 3e de poule 2, qui va batailler jusqu’au bout, il y a de grandes chances qu’il soit champion de France de Du Manoir si la hiérarchie est respectée. Maintenant, dans cette poule 2, il va y avoir des malheureux parce qu’il va y avoir des équipes qui, si elles avaient été dans une autre poule, auraient certainement pu se placer à la première ou à la deuxième place. C’est comme ça, le tirage a été fait comme ça, on n’y peut rien. Nous, on va se contenter de notre poule 1, on va essayer de sortir dans les deux. Le chemin est encore long, il reste 18 matches et personne n’est à l’abri d’un faux-pas. On a déjà commis le premier. 

 

En parlant de ce faux-pas, pour y revenir, tu nous parlais de Bourg qui a réussi à conserver 85% de son effectif. A Dijon, on va dire que vous avez eu la problématique d’être grandement mis en lumière, il y a beaucoup de suiveurs qui se sont intéressés aux pépites dijonnaises et il y a eu beaucoup de turn-over au mercato. Est-ce que le fait qu’avec tous les nouveaux joueurs qui sont arrivés et le temps que la mayonnaise prenne,  ça peut aussi expliquer cette défaite ? 

 

Non, ça, ça n’explique pas la défaite, il ne faut pas se trouver d’excuse sur cette défaite-là. Cette défaite-là, elle est due au fait qu’on ne s’est pas respectés nous les premiers et qu’on s’est pris les pieds dans le tapis. Ce n’est pas une question de turn-over, de ci, de ça, de mecs qui sont partis. Alors, bien sûr, quand tu vas plus loin, ce n’est pas pour revenir à ce match mais on perd notre charnière, qui était importante l’année dernière, le petit Dufau qui est parti à Aix, le petit Soulan qui fait les beaux jours de Colomiers aujourd’hui. Perdre une charnière, il faut reconstruire, avec des garçons qui reviennent, qui arrivent, qui doivent apprendre des systèmes, qui doivent les digérer, qui doivent les mettre en application, qui doivent se les approprier. Ça prend du temps, on a recruté des garçons qui, on l’espère, vont vite prendre leurs marques et vont pouvoir une vraie valeur ajoutée le plus rapidement possible. Mais, il faut du temps, c’est comme tout, ça ne se fait pas comme ça surtout sur de tels postes clé. On a perdu nos deux meilleurs finisseurs, Guigon qui est aussi parti à Aix et Pilet qui fait aussi un très bon début de saison avec Vannes. 

 

Un petit jeune qu’en plus tu avais découvert à Angoulême ? Tu avais quasiment une certaine fibre paternelle pour lui ? 

 

On a une relation très particulière mais je suis content qu’il ait pu rebondir en Pro D2, c’est son niveau. Il est venu chez nous parce qu’il manquait de temps de jeu à Angoulême, il avait besoin de se reconstruire, de retrouver de la confiance. Il savait qu’il avait la mienne et qu’en venant à Dijon, il pourrait continuer à travailler pour pouvoir redevenir compétitif. Il l’est redevenu, il a été sollicité, il est parti. Je suis très content pour lui et je lui souhaite le meilleur, comme aux autres d’ailleurs. Maintenant, nous, il faut qu’on continue d’avancer. Comme tu le dis, l’intersaison a du coup été mouvementée, il a fallu aller chercher des garçons pour les remplacer et puis qui vont essayer d’amener un plus, qui vont amener leur personnalités et puis leurs qualités. Notre saison est lancée, ça prend forme. 

 

Le côté humain dans le management compte énormément pour toi ? 

 

Ce n’est pas que ça compté énormément, c’est que c’est essentiel. Le rugby, c’est facile, le plus compliqué, c’est de travailler, de gérer les hommes. Parce qu’ils ont tous une vision différente des choses, ils ont tous des personnalités différentes. Il faut apprendre à travailler ensemble, il faut apprendre à s’écouter, il faut apprendre à communiquer et à aller dans le même sens, dans la même direction, pour le même projet. Tout ça, ça ne se dit pas juste avec des mots sur un paperboard. Donc, oui, le côté humain, pour moi aujourd’hui, ce sont les hommes qui font les grandes saisons. Pour moi, c’est l’essentiel. Tu ne peux pas enlever ce côté humain. D’ailleurs, tu le vois aujourd’hui dans les difficultés que peuvent rencontrer les clubs ou un certain club de Top 14 quand on en oublie l’humain et qu’on pense à gérer ça comme une entreprise. 

 

Je dirai que tu ne manages pas à l’anglaise, pour parler d’un ancien club de Fédérale 1 …

 

Moi, je ne veux donner de leçons à personne. J’ai une personnalité particulière, avec un fonctionnement particulier qui peut plaire ou déplaire. J’aime travailler avec des gens que j’apprécie et je souhaite que l’inverse soit aussi vrai. J’ai envie que les gens qui travaillent avec moi m’apprécient et comme ça, on a envie de se dépouiller les uns pour les autres. Je trouve que, pour moi, c’est important. 

 

Après cette première défaite face à Villeurbanne, il y a eu un rebond. Comme tu l’as dit, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis à Villeurbanne mais, tout de suite il y a eu un rebond face à Mâcon, une équipe qu’on attendait un peu à un niveau au-dessus et qui patine un petit peu. Ensuite, vous êtes allé à Issoire, dans le Massif Central, on sait que c’est toujours dur d’aller jouer dans ce terroir-là. Ça a quand même été quelque chose qui a permis de relancer la dynamique dijonnaise avec l’apothéose dimanche dernier et une victoire assez large 55 à 7 face à Drancy, un des promus qui fut un peu une victime expiatoire ? 

 

Autant je ne suis pas alarmiste quand on va perdre à l’ASVEL, même si j’ai été très déçu de cette contre-performance, autant aujourd’hui on ne va pas fanfaronner parce qu’on a vaincu trois équipes qui, malheureusement pour eux en ce moment, sont classées dans le bas de tableau. Aujourd’hui, j’ai envie de dire qu’on s’était pris les pieds dans le tapis, il fallait vite rebondir. Alors, parfois, c’est plus facile à dire qu’à faire parce qu’on dit toujours  » il faut, il faut  » mais voilà, les joueurs ont réagi intelligemment. On s’est rendu compte de l’erreur commise et on a retravaillé de façon à aborder les matches différemment, pour les aborder sérieusement et ne rien laisser au hasard. C’est une leçon qu’on a prise sur le premier match et cette leçon, il a fallu la retenir pour pouvoir réagir très rapidement mais je ne voulais pas que ce ne soit qu’une réaction. Donc, il faut travailler dans la continuité et les trois matches qui ont suivi ont démontré qu’on s’était repris un peu. Maintenant, je relativise par rapport au niveau des équipes qu’on a rencontrées qui, comme je te le disais, sont pour le moment sur le bas de tableau. Et, peut-être que si on avait enchaîné sur du lourd, on se serait fait mal à la tête mais ce n’est pas le cas. Maintenant, commence dès dimanche un déplacement chez une écurie du haut de tableau qui vient d’aller gagner à Vienne. 

 

Suresnes. 

 

Voilà, pour nous, ça va être un véritable test de caractère d’aller rencontre cette équipe qui, elle aussi, a beaucoup changé. Parce-que d’abord, elle a changé de fonctionnement, c’était une équipe plutôt basée sur la pluriactivité avec 3, 4 pros mais pas plus. Là, ils ont plus de 50% de l’effectif qui est professionnel, ils ont recruté des garçons avec de grosses qualités. J’en connais quelques-uns d’entre-eux qui ont failli changer de direction mais aujourd’hui, ils font les beaux jours de Suresnes. Et Suresnes possède toutes les lignes de grosse qualité, c’est un gros collectif qui est très dense et pour nous, les choses sérieuses commencent ce week-end, j’ai envie de dire. 

 

Pour faire le parallèle avec Suresnes, Suresnes ressemble un peu à Dijon il y a un an ou deux. C’est une équipe qui est en train de monter, de se structurer, de monter un projet financier et sportif ? Il y a quand même quelques ressemblances ? 

 

Ressemblances, je ne sais pas, ils ont leurs particularités, on a les nôtres. Suresnes a toujours été une très belle équipe avec d’abord une très bonne école de rugby. Ça a toujours un club où il était difficile d’aller faire un résultat et puis c’est une équipe qui est toujours pénible, qui a un jeu axé sur la circulation, le mouvement. Cette année particulièrement, ils ont énormément densifié leur paquet d’avants du coup, ils l’utilisent un peu plus. Du coup, ils matraquent leurs adversaires en mêlées fermées, ils ont un huit de devant monstrueux. Du coup, ils utilisent un peu moins les lignes arrières mais ça reste une équipe qui est très complète. C’est une équipe qui vient d’aller performer à Vienne alors qu’ils n’avaient pas souvent l’habitude d’aller gagner à l’extérieur comme ça, chez des gros concurrents du haut de tableau. On voit que le profil a changé, les ambitions aussi. Ça va être un très, très bon test pour nous, ça va nous permettre de nous étalonner contre une équipe de haut de tableau. Et si, justement, on veut faire partie de ce haut de tableau, il va falloir qu’on les bouscule un peu. De là à aller gagner là-bas, ce serait présomptueux mais on va essayer de ne pas revenir bredouille. 

 

Et après, s’annonce la réception de Chambéry. Une équipe de Chambéry qui avait de grosses ambitions en début de saison, qui là a un petit trou d’air. Ils sont venus le week-end dernier en Bourgogne et vos voisins beaunois leur ont un peu mis la tête dans le seau. C’est le pire des moments pour les rencontrer parce qu’ils vont être très revanchards, ils vont vouloir maintenant, comme vous après Villeurbanne, repasser dans une dynamique positive ? De plus, on sait que cette équipe de Chambéry, c’est souvent quand on ne l’attend pas qu’elle est la plus surprenante ? 

 

De toute façon, Chambéry fait encore une fois partie des grosses cylindrées de cette poule. Ils nous ont annoncé clairement qu’ils voulaient monter en Pro D2 et, dès cette année, être dans les deux. Ils viennent de se prendre les pieds dans le tapis contre deux écuries mais qui ne sont pas des nouveaux venus. Suresnes, je vous le dis, nous ce week-end, on est loin d’y avoir gagné, on ne va certainement pas dire que ça va être simple. Et puis, ils ont été ce week-end à Beaune où ils ont perdu sauf que Beaune, ce n’est pas le Beaune de l’année dernière. Beaune, c’est une équipe qui va très certainement se qualifier. Donc, contre-performance ou pas, il y en a d’autres qui iront perdre à Beaune et à Suresnes. Chambéry maintenant, en effet ils vont avoir besoin de points, ils vont essayer d’en prendre partout, ils vont venir chez nous pour en prendre. Notre objectif à nous, ce sera de les laisser derrière. 

 

Et puis, cette réception de Chambéry sera aussi une belle fête puisqu’il va y avoir les premiers prémices de la rénovation du stade avec l’écran géant et tout ce qui va avec qui vont être mis en place. Ce serait bien devant le public, devant tout le parterre des institutionnels et des notables locaux de faire une belle prestation ? 

 

Ça, ce n’est pas pour moi une priorité. 

 

Ce serait la cerise sur le gâteau ? 

 

Oui, ce serait la cerise sur le gâteau. Moi, battre Chambéry dans trois semaines, c’est encore très loin et on en n’est pas là, ce serait un 15e succès d’affilée à Bourillot et ça, pour moi, c’est important. Le reste, qu’on fasse plaisir à ceci, cela, c’est très bien, c’est du plus. Bien sûr qu’on veut faire plaisir à nos supporters et à nos partenaires mais on veut rester invaincus à Bourillot le plus longtemps possible. Et, de toute façon, si on reste invaincus, on fera plaisir à tout le monde. Mais, on ne va pas faire du spectacle et on n’est pas là pour faire … 

 

Ce n’est pas le All Star Game, on n’est pas en NBA ? 

 

Non, non, non. Ce n’est pas le All Star Game, on n’est pas là pour faire du spectacle et si on gagne d’un point, ça suffira. Il faudra gagner, point. Et, si on gagne et que tout le monde est content, tant mieux. 

 

Et, cette nouvelle infrastructure de Bourillot fait que le stade évolue et que, bientôt, vous aurez un écrin bien plus joli, ça fait partie des choses qui vous tiennent à cœur ? Parce-que, même du côté sportif, c’est agréable d’être dans un stade on va dire moderne, avec une capacité d’accueillir du monde et puis aussi la télé. Parce-que, la télé, ça a un prisme qui permet aussi aux clubs d’aller chercher d’autres partenaires et de se développer ? 

 

Tout à fait, bon, il y a deux choses. Tout d’abord, il est important d’avoir un outil qui permet de recevoir des partenaires dans de bonnes conditions, de recevoir les supporters dans de bonnes conditions et qui permet de travailler dans de bonnes conditions. Pour moi, c’est ce qu’il y a de plus important dans un club. Les joueurs y passent, les entraîneurs y passent, ce qui restent, c’est l’outil de travail. L’objectif, c’est que demain, l’outil de travail devienne performant. Les ambitions du club se développent, elles évoluent. On sait qu’on était dans un stade qui était vieillissant, il était important, et les pouvoirs publics en ont pris conscience, que ces conditions-là se développent et évoluent et c’est en train de se faire. Ça ne se fera pas demain, on n’aura pas un stade demain mais il y a des travaux qui sont programmés sur les trois prochaines années, c’est en cours. En attendant, on va continuer d’essayer de gagner des matches, continuer à séduire notre public qui est de plus en plus nombreux et nos partenaires. Et les conditions du stade vont évoluer, ce n’est pas ce qui va nous faire gagner ou perdre mais ça va nous faire peut-être travailler mieux, gagner un peu de temps. 

 

En plus, vous avez l’exemple pas loin avec Mâcon qui, comme vous l’année dernière, a fait une très belle fin de saison, une très belle saison tout court et qui, pour l’instant, pédale dans la semoule. Eux-aussi ont un projet de nouveau stade, de grandir, peut-être de grandir un peu trop vite. Ça n’a pas été une petite piqure de rappel en vous disant  » attention, il faut quand même y aller step by step  » ? Parce-que, quand o essaie de sauter les marches deux par deux, on peut parfois tomber ? 

 

Non, d’avoir le projet de développer son club, son stade, ses infrastructures, ce n’est pas vouloir aller trop vite, c’est aller dans le bon sens. Il y a beaucoup d’infrastructures dans des clubs ou des régions qui sont vieillissantes, qui ont 50 ans. Il n’y a jamais eu de travaux qui ont été faits depuis. Il est légitime qu’aujourd’hui, en plus, c’est une période électorale, de demander des évolutions. C’est d’ailleurs le moment de le faire. 

 

C’est le juste moment là

 

C’est le juste moment. Après, grandir trop vite, non. Ils sont dans le dur, c’est une période difficile, un début de saison qui est compliqué mais il faut voir que c’est quatre déplacements quand même, ils n’ont pas encore reçu à domicile. Mâcon avait commencé doucement l’année dernière et a fini champion Du Manoir. Donc, ils vont se reprendre, ce sera peut-être dès ce week-end d’ailleurs. Je ne me fais pas de souci pour ce club et cette équipe. 

 

Puis, ils ont pris du lourd d’entrée : Massy, vous. Ils avaient quand même un calendrier très compliqué. 

 

Oui, il faut raison garder dans ces moments-là. Moi, je sais que Mâcon va se reprendre. Après, pourvu  » qu’ils soient derrière nous  » et qu’ils se refassent la cerise, on sera très contents pour eux. 

 

Renaud, on te remercie de nous avoir donné le cap pour le Stade Dijonnais et d’avoir fait une analyse de ce premier bloc et du premier match du second bloc. On souhaite au Stade Dijonnais le meilleur pour la suite et on va finir cette interview avec une question bonus, un peu décalée à la Radio Albigès Le Mag Sport. Y a-t-il toujours une aussi bonne ambiance à la Grotte après les matches à Dijon ? 

 

La Grotte, c’est mythique. 

 

Je ne dirai pas le contraire

 

Tu connais. L’ambiance, elle est toujours pareille. Ce qui se passe à la Grotte reste à la Grotte. 

 

Ah, ça c’est sûr. Ça fait partie du folklore du rugby bourguignon. 

 

Je te remercie en tous cas de nous avoir mis un peu en lumière, c’est gentil. 

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