#Rugby – Fed1 / A.Roumegoux (SC Albi) : «On est un club apaisé.»

Alain Roumégoux, le président du Sporting Club Albigeois nous a accordé un entretien exclusif , quelques heures après un « club affaires » riche en annonces et à la veille d’un déplacement à Pamiers que tout le petit monde du SCA savait périlleux (Victoire 26-20). Pour celui qui a repris le club, au crépuscule de la dernière saison en ProD2 (2017) et qui a vécu des moments compliqués a l’issue de l’exercice précédent, (quand les devenir du club était entre parenthèses), la présidence du SCA fut loin d’être une sinécure. Mais actuellement en corrélation avec une situation sportive radieuse (4 matchs et autant de victoires) , le club de la cité épiscopale surfe sur l’adhésion populaire née sur les ferments d’un sentiment d’injustice la suite de l’élimination en demi-finale face à Rouen). Fort de ce levier émotionnel, et en capitalisant sur le « club affaires comme modèle économique  » le président albigeois a pu passer les écueils financiers et administratifs qui guettaient le club et redresser la trésorerie de la SASP . Alain Roumegoux, le sait bien , si d’aventure le Sporting venait re-tutoyer la ProD2, les défis seront grand pour lui et son conseil d’administration, et savoure donc, la parenthèse enchantée actuelle. Entretien avec l’homme qui mène les destinées des jaunes et noirs , en outre président heureux de voir un « SCA apaisé » et qui va connaître d’ici quelques semaines, une madeleine de Proust, en rencontrant le club de son enfance (dont son père fut président), le SC Graulhet, dans un derby à forte dose sentimentale.

 

Crédit Photo DDM

 

Alain, on imagine que vous êtes un président comblé et heureux en ce début de saison, trois matches, trois victoires avec le bonus (4 matchs / 4 victoires depuis). Les jaunes et noirs sont repartis d’attaque pour aller décrocher la timbale, c’est à dire la Pro D2. Et pour l’instant, les premières étapes sont bien passées ? 

 

Oui, mais on est qu’au niveau du début de championnat, on a fait que trois matches. 

 

On est qu’à l’apéritif, on va dire ? 

 

On n’en est qu’à l’apéritif, oui. L’objectif est atteint, c’est à dire qu’on a gagné des matches et qu’en plus, on a des bonus. Ce qui nous place premier de poule, ex-aequo je crois avec Massy qui a 15 points aussi. On regarde bien sûr le classement de la poule, ça va de soi, il faut être dans les deux premiers mais on regarde aussi le classement des autres poules au niveau national pour bien figurer dans les phases finales. 

 

Oui, parce qu’on l’a vu la saison passée, le match retour à domicile compte quasiment double ? 

 

Disons que l’objectif qu’on s’est fixé, c’est de faire mieux que l’année dernière. C’est à dire que, l’année dernière, on a fini 3e national donc, à ce jour, c’est d’essayer de finir 2e. Mais, c’est quand même difficile parce-que les clubs qui descendent, Bourg-en-Bresse et Massy, sont de très bonnes équipes. Après, il faut compter aussi sur les équipes de l’année dernière qui avaient fait les phases finales, qui seront toujours là plus quelques autres clubs peut-être comme Narbonne ou d’autres. On considère qu’il y a 10, 12 équipes qui peuvent jouer le haut du tableau. 

 

Maintenant s’annonce un nouveau bloc. Un bloc, on va dire un peu plus sentimental pour vous puisque, à la fin du bloc, il y aura ce fameux derby entre Albi et Graulhet. D’abord, il y a eu samedi le déplacement à Pamiers (victoire 26-20), la réception de Mauléon et le samedi d’après, la réception de Graulhet dans un derby qui va vous tenir à cœur en tant que fils de l’ancien président de Graulhet. 

 

Oui, tout à fait. Enfin d’abord, le premier match, le déplacement à Pamiers (NDLR: entretien réalisé la veille du match) . On sait qu’ils ont une équipe de bon niveau, qu’ils sont assez rugueux. On va d’abord faire étape par étape et Pamiers, le premier match. Mais, c’est vrai que pour moi, Graulhet, c’est mon club de cœur, de jeunesse. J’ai suivi la grande époque de Graulhet, aujourd’hui, on les rencontre à nouveau en Fédérale, ce sera un plaisir. Les présidents sont des amis, j’aurai un petit pincement au cœur mais bien sûr, il faudra qu’Albi gagne quand même. On ne va pas leur faire de cadeau pour autant. 

 

Ce sera le petit moment sentimental de la saison pour vous ? 

 

C’est ça oui, tout à fait. Je les félicite, parce qu’avec peu de moyens, ils ont pu rester avec peut-être un peu de chance en Fédérale. Je m’inquiétais pour eux pour ce début de saison et par contre, vu les scores qu’ils ont fait, ils ont failli accrocher Bagnères chez eux, ils ont gagné chez eux contre Oloron donc, ils sont bien partis. Il faudra faire attention parce-que c’est quand même un derby, ce ne sera pas une équipe facile à jouer.

 

On va maintenant basculer sur l’autre registre de notre interview puisqu’hier, il y avait le premier club affaires de la saison du Sporting Club Albigeois. Nous, à Radio Albigès, on sait ce qu’est un club affaires mais peut-être pas tous nos lecteurs . Un club affaires, kesako 

 

Kesako ? Un club affaires, c’est le terme affaires, c’est à dire que tous les partenaires du club vont rencontrer tous les partenaires du club. Parce-que, quand on fait les repas VIP, il y a les invités, on est un peu mélangé tandis que là, ce ne sont que les dirigeants qui viennent pour se faire connaître, pour les faire connaître. On aborde aussi des sujets, on explique comment fonctionne le club, on a des invités d’honneur. C’est donc un lieu de rencontre sportif et économique. Et la mayonnaise prend puisqu’hier, on a présenté 13 nouveaux partenaires. Ça veut dire que la confiance est revenue et ça nous fait plaisir. Le club affaires attire toujours. 

 

Le club affaires avait été initié à l’époque Pro D2, avec votre prédécesseur Jean-Jacques Castanet. Il y a eu un petit trou avec la descente en Fédérale 1, un trou un peu légitime puisque les gens étaient dans l’expectative mais là, ça repart. On entendait hier Jean-Jacques Veyrac nous dire que le club affaires faisait partie intégrante des outils qui permettent au Sporting de rester professionnel en Fédérale 1 ? 

 

Tout à fait, je dirai même que c’est notre modèle économique. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, comme je le disais hier, on est un club apaisé. On a presque tous les voyants au vert. On a retrouvé l’engouement des supporters, l’engouement donc des partenaires au travers du club affaires. Ensuite, les résultats sportifs sont pour le moment là. On a donc aussi développé le commercial puisqu’on a embauché un jeune, Maxime, qui est là pour aider Jean-Jacques Veyrac. Et puis, on a maintenant de bons rapports avec le nouveau bureau et le nouveau président de l’association. On apprend à se connaître, ça se passe bien. Et le comité d’animations nous a d’ailleurs remis hier un chèque, enfin a remis au club, suite à la cagnotte qui avait été faite à la fin de la saison passée. 

 

Un chèque qui est au-delà des 15 000€ ? 

 

C’est ça. Je n’ai pas le chiffre exact en tête, pas loin de 16 000€. Je tiens à remercier tous les donneurs, déclarés ou anonymes, parce qu’on peut faire cette cagnotte de façon anonyme. D’une façon ou d’une autre, qu’ils aient donné 10, 20, 50 ou 200€, c’est très bien. Ça veut dire qu’ils aiment le club et qu’ils veulent que le club continue pour continuer notre aventure et essayer de remonter au niveau supérieur. C’est quand même une fierté. C’est de l’engouement qu’on a retrouvé donc, on a ce plaisir aujourd’hui. 

 

Dans les grandes annonces que vous avez faîtes hier, il y a aussi l’équilibre financier qui est revenu au club. Comment êtes-vous arrivé à joindre les deux bouts ? Parce qu’on le sait, quand vous avez fini la saison l’année dernière, ça a été compliqué. Il a fallu aller un peu à la ferraille pour sauver le club ? 

 

Moi, je ne pouvais redémarrer une saison que si on bouclait la saison passée et que si j’avais les garanties sur cette nouvelle saison. A ce jour, on y est arrivés mais j’attendais quand même d’avoir les résultats comptables parce qu’on a clôturé le budget fin juin pour la saison passée. Aujourd’hui, on a équilibré les comptes, aussi bien l’association que la SASP parce-que, vis à vis de la Fédération, on regroupait les deux. Equilibrer les comptes, ça veut dire en clair qu’on a les mêmes capitaux que l’année dernière ce qui nous permet de pouvoir postuler à la montée en Pro D2. 

 

Vous rentrez dans le cahier des charges de la FFR pour commencer ? 

 

Voilà. C’est la première étape parce qu’après, il faut qu’il y ait le contrôle. Il faut aussi que le sportif avance et gagne.  Après, il y a la période au mois de Mai où il faut voir comment s’est écoulée l’année. Mais pour le moment, ça se passe très bien. 

 

L’année dernière, en fin de saison, avec la Pro D2 qui pointait le bout de son nez, on avait entendu parler d’un mécène, d’un élargissement un peu de la sphère économique du Sporting. Ca peut de nouveau être envisageable si la Pro D2 repointe le bout de son nez ? 

 

Pas pour le moment, non. On a eu des contacts mais non, pas pour le moment. A ce jour, c’est terminé. Bon, on ne sait jamais, on verra peut-être à la fin de la saison mais c’est abandonné. 

 

Mais, la volonté des dirigeants d’aller prospecter de nouveaux horizons est quand même toujours là ? 

 

Dans la mesure du possible, oui. Mais après, on veut quand même garder notre identité, ce qu’on fait au travers de notre club affaires parce qu’on a quand même 300 entreprises qui nous suivent. On a quelques grands partenaires mais, c’est un ensemble de petits et moyens partenaires. Il n’y a pas de problème, ça permet au club de pouvoir continuer l’aventure. Donc, on garde ce qu’on sait faire et après, si on peut trouver quelqu’un qui puisse s’investir, pourquoi pas. Mais, on gardera quand même notre ADN, qui est ce qu’on fait actuellement. 

 

Et puis, quoiqu’il arrive, s’il y a une accession en Pro D2, comme on le voit avec les clubs qui sont montés, c’est quand même un gros défi la Pro D2 ? Il y a un cap sportif et financier à passer. Ça va être un beau challenge à relever si d’aventure la Pro D2 revient à Albi ? 

 

Oui, bien sûr. Disons que déjà, il faut pouvoir conserver l’essentiel de la structure qu’on a avec les joueurs qu’on a. Parce qu’il faut garder le groupe et après, si on monte, il faut l’étoffer avec des joueurs qui ont l’habitude de jouer à l’échelon supérieur. Mais ça, c’est comme tous les clubs qui montent, on sait que c’est très difficile. Quand on regarde la Pro D2, c’est très difficile pour les clubs qui montent mais même pour d’autres qui sont des anciens clubs, établis depuis toujours. Même eux ont des difficultés donc, ça se joue peut-être parfois à pas grand-chose mais c’est une bataille à tous les matches. Ca fait partie du rugby, c’est normal. 

 

Exactement. Dernière question : avant de penser à la Pro D2, il va falloir passer les phases régulières et les play-off. On voit qu’il y a pas mal d’équipes qui tambourinent à la porte des play-off. Vous nous avez parlé de Bourg et de Massy mais il y a aussi des Narbonne, des Dijon, des Niort, des Cognac. Dans ces équipes, il y a des outsiders que vous redoutez ? 

 

Disons qu’on ne les connaît pas trop à part les équipes de notre poule. Mais, je crois que les deux équipes qui sont descendues ont quand même gardé pas mal d’éléments et donc, seront les équipes à battre. Après, vous l’avez dit, Narbonne qui s’est étoffé, quand ils auront appris à jouer ensemble, ils risquent d’être dangereux. Après, il y a X équipes. L’année dernière, Blagnac, ça a été difficile, Cognac aussi. On verra au fur et à mesure de la saison l’évolution des clubs. 

 

On va dire que qui vivra verra et le Sporting essaie de faire doucement mais sûrement avec Arnaud Méla,, son petit chemin pour retrouver la Pro D2 et que vous, les dirigeants, vous poussez fort derrière pour qu’il y ait la structure et le cadre financier qui le permette. 

 

On va y travailler

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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