#Rugby – Fed1 / G.Gabet (ASVEL) : «L’objectif est de stabiliser le club à ce niveau-là »

A quelques heures du début de ce championnat de fédérale 1 face à un des favoris, le Stade dijonnais, Gérard Gabet, le président de l’ASVEL Rugby nous a donné la feuille de route pour cette saison 2019-2020. Le club rhodanien, fort d’une assise formatrice et d’un ancrage durable dans le 3eme échelon national, espère durant cet exercice accrocher un accessit en Du Manoir. Entretien avec le Président d’un club , qui dans l’humilité et la discrétion, à l’ombre d’un LOU force d’attraction, cultive son jardin avec patience pour faire fleurir les jeunes pousses de la banlieue lyonnaise.

 

Crédit photo / ASVEL Rugby

 

Gérard  Gabet, quand on parle de l’ASVEL, dans la culture populaire, on pense bien sûr basket. Mais l’ASVEL, ce n’est pas que du basket, c’est aussi du rugby avec un club qui est l’un des chantres de la formation en Rhône-Alpes ? 

 

Oui, on fête les 120 ans du rugby à Villeurbanne cette année donc ce n’est pas quelque chose qui est sorti de terre récemment. Ca a connu différents noms et ça s’appelle ASVEL depuis l’après-guerre. 

 

Pour l’ASVEL, le championnat de Fédérale 1 est un championnat où vous êtes régulièrement. Quelles vont être les ambitions pour cette saison 2019-2020 dans une poule qui est assez ouverte avec 4 promus mais aussi de belles têtes d’affiche comme Massy, Dijon ou Mâcon ? Comment l’ASVEL va réussir à nager dans ces eaux tumultueuses

 

Aux trois clubs que vous avez cités, je rajouterai Chambéry. Si la logique est respectée, et elle l’est quand même assez souvent, ce sont les 4 clubs qui devraient truster les 4 premières places de la poule. Après, on peut imaginer que le championnat soit relativement ouvert. Mais en fait, depuis la suppression de la poule élite, je pense qu’il y aura dans toutes les poules un championnat à deux vitesses. 

 

Voire à trois avec le maintien ?

 

Nous, on entame notre 4e saison. C’est vrai qu’on avait déjà été en Fédérale 1 en 2007-2009. Là, on entame notre 4e saison en Fédérale 1, l’objectif est de stabiliser le club à ce niveau-là et fait, cette année, de se situer le plus haut possible dans le classement. Je pense que le championnat sera relativement ouvert derrière ces 4 équipes donc positionnons-nous le mieux possible derrière eux. 

 

Beaucoup des suiveurs de cette désormais poule 1 parlent pour le dernier billet en Du Manoir d’un championnat un peu à 3 pour les dernières places avec Beaune et Vienne. Vous vous inscrivez totalement dans ce processus d’aller accrocher ce Du Manoir ? Ce serait quand même une belle récompense pour votre travail ? 

 

Oui, bien sûr, merci. Beaune, Vienne oui mais bon, vous savez, les promus, c’est toujours difficile de savoir. Je pense que Rumilly aura une équipe relativement compétitive, Suresnes peut être également peut se mêler à cette bagarre. Après, peut-être que oui, sur le papier, Villefranche ou Drancy sont derrière mais je sais que Villefranche a fait un gros recrutement. Réussiront-ils à positionner un bon collectif par rapport à ça, je ne sais pas. Il n’y a toujours que la vérité du terrain. 

 

Bien sûr. Pour nos auditeurs qui ne connaissent pas obligatoirement l’ASVEL, quel est le budget du club ? Et, est-ce un club avec des joueurs professionnels ou bien 100% pluriactifs ? 

 

Le budget est de 900 000€, on a deux joueurs qui sont professionnels. Notre objectif est d’être 100% dans la pluriactivité. Simplement, on a dû recruter deux étrangers pour se renforcer à certains postes, dans le 5 de devant comme beaucoup de clubs. Et, lorsque ces gens-là arrivent, il est assez difficile, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont pas toujours une maîtrise suffisante de notre langue, de les positionner en pluriactivité. Mais, si on pouvait, l’objectif serait d’être 100% pluriactif. Quand on a un ou deux contrats pros, ce n’est normalement que transitoire. 

 

Ce qui est un peu paradoxal, c’est que la Fédération incite vivement de plus en plus les clubs à devenir professionnels avec la réforme qu’il y a eu sur les indemnités kilométriques entre autres, la réforme des espoirs. Comment vous, un club qui fait de la pluriactivité son fer de lance, arrivez-vous à vous inscrire dans cette Fédérale 1 malgré, des directives contradictoires ?

 

En fait, qui dit pluriactif dit quand même un contrat rugby. Nous, nous sommes un club dans une ville de banlieue d’une grande agglomération. Le rugby pro est assuré par le LOU, c’est très bien ainsi. Je crois qu’il y a quand même aujourd’hui beaucoup de jeunes joueurs qui sont de bons joueurs de rugby mais qui, soit parce qu’ils n’en ont pas tout à fait le niveau soit parce qu’ils font un autre choix de vie, entendent avoir une belle activité professionnelle. Et on privilégie ce type de joueur. Vous savez, sur un effectif de 30, il y en a 26 ou 27 qui sont issus d’un rayon de 50 à 100 km autour de Lyon. Donc, il y a suffisamment de joueurs autour de la région Rhône-Alpes mais même déjà sur la métropole lyonnaise pour normalement s’auto-suffire. Ce qu’on va chercher en dehors et qui peut parfois se traduire par un contrat pro, c’est l’exception.

 

Vous nous parliez du LOU. Comment faîtes-vous pour vivre, non pas dans l’ombre, mais côté à côte ? Est-ce qu’il y a des passerelles, des liens forts avec ce club ? 

 

Il y a des liens parce-que c’est un petit peu obligatoire, notamment sur les équipes de jeunes. Après, il y a aussi des liens de personnes tout simplement parce-que les gens se connaissent. Cette année, on a récupéré 3 espoirs du LOU, ce qui est à peu près le cas chaque année. Ce sont des jeunes qui, justement, s’inscrivent dans cette logique, qui sont un petit peu justes, qui pourraient avoir des contrats temps pleins en Fédérale 1 mais peut-être pas des contrats temps pleins en Top 14 ou en Pro D2 et qui, à ce moment-là, préfèrent finir leurs études dans de bonnes conditions. Ensuite, par rapport au LOU, les jeunes qui sont dans les meilleurs espoirs de clubs comme le LOU, ils aspirent à des contrats pro temps pleins, en Pro D2 notamment ou Fédérale 1 et nous, on n’a pas les moyens de leur proposer. Les clubs sont un peu impuissants face à ça. C’est le joueur qui gère sa carrière, souvent avec un agent derrière, et ça … 

 

En clair, vous ne chassez pas dans la même forêt ? 

 

Oh non, sûrement pas. 

 

On a regardé un peu les joueurs qui sont issus de l’ASVEL. On a bien sûr vu Florian Fritz jusqu’en junior. Mais, on a aussi vu un certain Franck Maréchal qui nous dans le Tarn nous parle puisqu’il a fait le bonheur du CO et du Sporting Club Albigeois. Est-ce que Franck Maréchal revient parfois faire quelques petits tours à l’ASVEL pour voir comment évolue son club formateur ? 

 

Non, je ne l’ai pas vu. Mais de mémoire, Franck venait de l’Ain au départ. Il avait effectivement fait un passage chez les jeunes chez nous. C’est vrai qu’à la fin des années 90, début des années 2000, avant que les centres de formation soient tout-puissants, on présentait une alternative en termes de formation qui était intéressante. C’est un peu plus difficile aujourd’hui. Je pense que les choses se repositionneront à nouveau mais de façon différente. Parce-que là aussi, les centres de formations, c’est bien, mais je ne suis pas sûr que ce soit la panacée dans le sens où, bientôt, je pense que ce sera difficile d’être dans un centre de formation et de suivre des études de haut-niveau. On aura du mal à m’expliquer que, quand il faut s’entraîner en journée, on peut mener des études de haut-niveau. Et donc, je pense que là aussi, de la même façon qu’en Fédérale 1 il y a de la place pour ces joueurs qui ont besoin de pluriactivité ou qui la recherchent, peut-être que chez les jeunes aussi, on peut avoir des filières de formation, certainement un peu moins puissantes que celles des clubs pros mais néanmoins qui sont de qualité. 

 

Avant-dernière question pour décrire ce club de l’ASVEL. Quel est l’ADN de ce club ? Quelle est la fibre de ce club de l’ASVEL ? 

 

Historiquement, c’est un club universitaire. 

 

Un peu à l’image de Rennes ? 

 

Oui même si je ne connais pas très bien le club de Rennes. Le plus gros pôle universitaire de Lyon historiquement est situé sur la commune de Villeurbanne. Après, on a un peu cette image de club formateur qui  nous va bien et qu’on aimerait faire perdurer. Je crois que c’est un club dont les joueurs gardent plutôt un bon souvenir une fois qu’ils y sont passés. 

 

Un club convivial et familial comme on l’aime dans la Fédérale 1 ? 

 

Oui, je pense enfin, je l’espère en tous cas. 

 

Dernière question. En quelques mots, le mot d’ordre pour cette saison 2019-2020 en Fédérale 1 pour l’ASVEL ? 

 

C’est de faire les meilleurs résultats possibles et si possible, d’accrocher une place en Du Manoir. Bien évidemment qu’on va faire preuve d’humilité, d’autant qu’on a un début de championnat très difficile, puisque le premier objectif, c’est le maintien. Mais, soyons un peu ambitieux et visons une place en Du Manoir. Je pense qu’on a les moyens de rivaliser avec certains clubs qui vont jouer ce tableau-là. 

 

Et bien, c’est tout le mal qu’on vous souhaite. On suivra avec attention cette saison 2019-2020 de l’ASVEL. Merci président Gabet.

 

Merci à vous

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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