#Rugby – Fed1 / JL.Lahargou (Anglet) : «Ça va être une saison compliquée pour tout le monde. »

Jean-Louis « Pit » Lahargou nous a accordé un entretien, la semaine dernière pour nous évoquer les ambitions du club basque pour cette nouvelle saison. Le Anglet Olympique RC , s’inscrit petit à petit comme une des valeurs sûres de cette fédérale, via des résultats sportifs croissants et un recrutement ambitieux. Pour le manager au pays de « l’oncle Sam », le AORC fort de son identité ancrée dans un territoire à l’indéniable ADN rugby, doit persévérer malgré l’obstacle d’une poule sans promu . Cette saison encore, les Angloys comptent bien faire de leur Stade Saint-Jean une citadelle imprenable et renverser l’ordre établi d’un championnat de plus en plus compétitif. Focus sur un club et un coach qui tel les récifs de la côte basque absorbent le tumulte des vagues sans se laisser submerger.

 

Crédit photo AORC

 

Vous êtes le manager général d’Anglet. Pouvez-vous nous dresser un petit bilan de la saison passée où vous êtes quand même arrivé en quart-de-finale du Du Manoir ? 

 

Le bilan de la saison dernière était très positif pour nous puisque c’était notre 4e année en Fédérale 1 et qu’on a réussi chaque année à suivre une progression. Chaque année, on est montés un petit peu d’un cran pour terminer cette année sur un quart de finale contre Cognac. Donc, une bonne saison à tous niveaux, sur l’esprit, sur le jeu pratiqué. On avait un groupe qui était limité quantitativement mais avec de grosses qualités et puis, quelques matches références pour nous, jeune club à ce niveau. Des victoires contre Albi, Tarbes, des matches télévisés contre Saint-Jean-de-Luz, des victoires dans des derbys, c’était vraiment une saison très sympa, oui. 

 

Les points d’orgue d’ailleurs, ça a dû être ces matches à Bayonne au stade bleu et blanc. 

 

Oui, c’était quelque chose d’assez original pour nous parce-que c’était la première fois qu’on faisait ça, donc le premier passage télévisée. Je crois que, malgré la défaite, cela a été une super propagande pour le rugby amateur. C’était vraiment sympa! On a été joué aussi à Aguilera contre Tyrosse. Et puis, je le répète, il y a eu des matches pour nous comme des détonateurs. Des victoires contre Tarbes, Albi, ce sont quand même des clubs … Tarbes, on le regardait quasiment à la télé. De pouvoir rivaliser et même les battre, chez nous, ça a quand même été un gros défi. 

 

On va évoquer un peu le changement de staff puisque Christophe Milhères avait décidé de prendre un an de repos. Vous avez donc fait avec Yannick Lamour et Daniel Larrechea et cette année, ça rechange à nouveau. 

 

Ce sont un peu les aléas du rugby amateur. Daniel Larrecheaétait engagé sur un autre projet donc nous a donné un coup de main l’année dernière avec Yannick. Le fait qu’ils ne puissent pas continuer ensemble nous a mis dans une réflexion où il fallait repartir sur quelque chose dans la longueur. Christophe était disponible avec Eric Balhadère qui avait aussi fini son séjour sur Saint-Jean-de-Luz. C’est un tandem qui avait déjà entraîné chez nous au club donc le feeling s’est fait et on est repartis sur une nouvelle paire  carrément. 

 

Et cette année, vous avez aussi beaucoup plus d’arrivées que de départs ? 

 

Oui, on a des arrivées mais c’était quand même nécessaire parce-que l’année dernière, comme je le disais tout à l’heure, on avait un effectif qui, en quantité, n’était pas pléthorique. On a vraiment fini en difficulté donc il fallait recruter, il y avait des postes où il fallait recruter. En plus, on a quelques arrêts. On a le petit Dezes, un talonneur, qui a des problèmes aux cervicales qui est obligé d’arrêter, le petit Pérez, pilier/talonneur, qui est rentré chez lui sur Mauléon avec un projet professionnel. On a Anthony Biscay sur le dernier match, bon, on s’en doutait, qui s’est fait les croisés. Tout ça, ce sont des pertes, des joueurs aussi qui vont attaquer l’année suspendue. Tout ça fait qu’il fallait réétoffer un peu le groupe. 

 

Qualitativement et quantitativement, vous avez pas mal de recrues qui arrivent de Biarritz, notamment Johann Lourdelet et Thibault Dubarry 

 

Johann Lourdelet s’est fait opérer à l’intersaison et n’est pas encore dispo. Il devrait reprendre début octobre je pense, en tous cas, on l’espère. Il s’entraîne mais il n’est pas encore prêt pour jouer. Dubarry, Lourdelet, ce sont quand même des joueurs qui ont du vécu, qui ont joué au plus haut. Ce sont des gars qui sont un peu dans le même profil, des gars un peu désabusés du rugby professionnel sur leur fin de carrière, enfin malgré qu’ils soient jeunes. Donc, ils avaient envie de rebondir, de repartir sur un projet plus personnel dans la vie active et de reprendre le rugby amateur avec le but de reprendre du plaisir simple à jouer. 

 

Vous venez de faire deux matches amicaux. Vu de l’extérieur, c’est un peu mi-figue mi-raisin puisque vous avez une défaite à Mauléon et une victoire à Nafarroa qui est un peu plus reluisante puisque c’était là-bas. 

 

Il n’y a pas beaucoup d’enseignements à tirer de ces matches-là. Ce sont surtout des revues d’effectif puisque ça a joué quasiment à 38 joueurs le premier match. Mauléon aussi était nombreux. A Nafarroa aussi, ça s’est joué en 3 mi-temps. On était presque dans des entraînements dirigés plus que des vrais matches, des revues d’effectif. Les entraîneurs avaient plus envie de jauger un peu l’état d’esprit et puis travailler un petit peu le physique que de tirer des enseignements du résultat même. A Dax, ça risque d’être un peu plus sérieux dans l’approche du match. 

 

Vous les rencontrez également le 15 Septembre. Cela ne va pas être une partie de cache-cache ce match amical ? 

 

Je ne sais pas s’il y vraiment tant de choses à se cacher dans le rugby (rires). Non, je ne pense pas. Honnêtement, le match avait été bouclé entre les entraîneurs avant, ça ne leur pose pas de problème. Je pense qu’il ne faut pas non plus en rajouter, vous savez, jouer cachés au rugby …. Non, il ne faut pas en rajouter. 

 

Vous avez une poule bien fournie : Dax, Nantes

 

Elle est costaud, oui, très, très costaud cette poule. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment on a pu mettre aucun promu dans une poule, ce qui complique un petit peu la chose. Il ne reste quand même quasiment que des prétendants à la qualif, que des équipes qui sortent de belle saison ou qui ont essayé de s’outiller pour faire mieux. Donc, je pense franchement que ça va être une saison compliquée mais pour tout le monde. 

 

Vous allez retrouver Cognac, c’est le haut du panier avec Dax. 

 

Les Dacquois, je pense que ça va être un groupe signé pour viser la montée. Après Cognac, déjà l’année dernière c’était pas mal, c’était vraiment solide. Je pense qu’ils se sont donné les moyens de regarder plus haut. Il y a Niort aussi qui va être très solide. On a des déplacements sur Nantes, sur Rennes. Le derby ici, c’est Saint-Jean-de-Luz qui a fait une super saison l’année dernière puisqu’il s’est qualifié pour le Jean-Prat. Avec un effectif qui n’a quasiment pas bougé, ça va être du très solide. 

 

Ils vont être rodés, c’est certain. L’entame ne va pas être facile avec deux matches à domicile, Nantes et Dax. 

 

Tout à fait, Nantes et Dax. Donc, pas n’importe quoi comme matches puisque Nantes, on ne les a pas eu dans la poule cette année mais les deux années d’avant. C’est une équipe qui vient toujours prendre des points à la maison puisqu’à chaque fois qu’ils sont venus chez nous, ils nous ont battus. Et les Dacquois, on sait ce que c’est, les Dacquois, c’est costaud. Donc un début de saison un petit peu compliqué. 

 

On va maintenant parler un peu plus de votre personne. Au Pays Basque, tout le monde vous connaît, surtout sur Anglet mais pour nos auditeurs et ceux qui nous suivent sur internet, on va leur apprendre que votre surnom, c’est « Pit « . Vous avez la particularité d’avoir fait toutes vos gammes joueur à Anglet puis entraîneur et maintenant manager. Par contre, vous êtes né en Amérique ? 

 

Oui, c’est comme ça, je suis né aux Etats-Unis (rires). Mes parents étaient partis travailler aux Etats-Unis et je suis né là-bas. Je suis arrivé sur Anglet à l’âge de 6/7 ans et de suite, j’ai pris ma première licence à l’Anglet Rugby. Depuis, je suis à Anglet Olympique. J’ai fait une infidélité de 4 ans à l’Aviron Bayonnais parce-que j’avais été faire un peu les équipes de jeunes pendant 4 saisons. J’avais entraîné des cadets jusqu’aux Reichel, j’avais encore les Reichel il y a deux, trois ans. Autrement, j’ai gravi un petit peu tous les échelons de l’Anglet Olympique et maintenant, je m’occupe de la partie sportive. J’ai quitté le terrain pour entrer dans le giron des dirigeants et vivre un peu cette aventure de la Fédérale 1 qui est sympa. 

 

Après, il y a aussi un âge où on est obligé de raccrocher les crampons

 

Oui, il y a un âge où il faut bien raccrocher mais je ne me suis pas accroché tant que ça (rires). Il y a avait un peu l’âge mais il y avait aussi un peu de tout. Le club avait aussi besoin à un moment plus de dirigeants que d’entraîneurs donc, je me suis mis un petit peu à la disposition du club. 

 

Vous avez donc complètement vécu l’amateurisme, peut-être un peu différemment à Bayonne puisque c’étaient des équipes de jeunes. Que pensez-vous de cette Fédérale 1 aujourd’hui ? Ca va maintenant faire la deuxième année qu’on est sur ce format, il n’y a plus de Fédérale 1 élite. 

 

C’est difficile. Nous, premièrement, on est contents de le vivre parce-que c’est quand même un niveau de rugby qui est très, très intéressant, on voit des supers trucs. Mais c’est vrai que parfois, quand même, ça fait un petit peu peur. Quand vous voyez arriver des armadas de clubs qui visent la montée, qui sont outillés en première ligne. Nous, quand ils manquent un ou deux piliers, vous faîtes rentrer un jeune et vous n’êtes pas rassuré, il ne faut pas le cacher ça. Ça fait un petit peu peur quand vous voyez la différence de physiques, de gabarits, de préparations puisque nous, nous sommes dans une structure où on s’entraîne trois fois par semaine. La muscu, certains y ont goûté quand ils étaient chez les jeunes un peu ailleurs mais ils ont quasiment tous arrêté de la faire de façon sérieuse. Donc, ça fait un petit peu peur et on paye l’addition à un moment ou à un autre. On a un talonneur avec des problèmes aux cervicales, qui n’a pas pu reprendre cette année et on a eu un autre joueur, Argagnon , le jour de la visite médicale de début de saison a été passé son test et a été recalé à cause des cervicales. Donc, à un moment, on paye physiquement, la différence, on la paie, il ne faut pas se le cacher. 

 

 

 

 

 Propos recueillis par Didier Revellat

Article rédigé par Loïc Colombié

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