#Rugby – Fed1 / P.Guicherd (Mazamet) : «On n’attaque pas le championnat en victime, on va se battre!»

Nous sommes allés à la rencontre de l’ancien gladiateur jaune et noir, Philippe Guicherd alias « la guiche ». L’ex seconde ligne de Bourgoin, Narbonne, Albi, Pau ou encore Carcassonne , arrive en pays Mazametain avec la ferme intention que ses gars « vendent chèrement leur peau ».Pour l’originaire de Décimes, le challenge du SC Mazamet, promu en fédérale 1, et reversé dans une poule dite de « la mort », est un combat que ce guerrier né, compte bien relever. Il n’en oublie pas au passage, comme sur un terrain, en bon distributeur de « bourres-pif » qu’il était , de dézinguer le « doping financier » et la course à l’armement de certaines écuries de Fed1 . Tour d’horizon de l’actualité du SCM, avec un coach Guicherd, qui à l’instar de ses hommes vit son amour du ballon ovale dans la pluri-activité.

Philippe Guicherd le nouvel entraîneur du SC Mazamet / Crédit Photo DDM Jean Luc Bibal

On est avec une tête bien connue au Stadium. Il a fait claquer les dents de quelques secondes lattes adverses. Philippe Guicherd, bonjour. 

 

Salut Loïc

 

Philippe, il y a un petit retour dans le Tarn avec une nouvelle mission, un nouvel objectif, une nouvelle aventure pour toi puisque tu reprends les rênes du Sporting Club Mazamétain ? 

 

Voilà, c’est ça, depuis début juillet maintenant avec Damien Pagès, un ancien joueur qui passe de l’autre côté. Il y a une nouvelle aventure. 

 

Alors, ce club de Mazamet, il monte en Fédérale 1. C’est sa première année en Fédérale 1 nouvelle version et de suite, on rentre dans le vif du sujet puisque vous avez hérité tout bonnement de la poule de la mort ? 

 

Je ne sais pas si c’est la poule de la mort mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est que c’est la poule des déplacements parce qu’on a beaucoup de déplacements. Après, je pense que, hormis le fait de faire des kilomètres, c’est quand même intéressant et gratifiant pour les joueurs de jouer contre Bourg-en-Bresse, contre Bourgoin, contre Narbonne, aller du côté de Nice

 

Aubenas

 

Aubenas et j’en passe. C’est un beau challenge à relever. C’est vrai que pour les spectateurs, pour les supporters, c’est un peu plus compliqué parce qu’ils auraient aimé plus de derbys et je pense que le trésorier aussi aurait aimé plus de derbys. Mais bon, c’est comme ça mais sportivement, pour les joueurs, avoir deux têtes de série et une troisième déguisée, Narbonne, c’est super pour eux. 

 

C’est vrai que, sur le coup, quand on a vu le tirage au sort, la frontière délimitée par la FFR est tombée sur Mazamet parce-que dans la poule du midi, où il y aurait eu ces fameux derbys contre Graulhet et Albi ou même contre Lavaur, ça aurait eu quand même une saveur particulière pour toi de revenir au Stadium sous d’autres couleurs, en tant que coach ? Franchir ce fameux tunnel !

 

J’étais déjà revenu à Albi avec Carcassonne. Moi, c’est une chose mais pour les joueurs, pour tout le monde, c’est vrai qu’une poule locale aurait été intéressante mais c’est comme ça. La Fédé a fait ce choix là sur la création de poules. Il faut qu’on passe au-dessus, on se met au travail et on va essayer de figurer le mieux possible. On ne va pas subir toute la saison en disant  » cette poule est compliquée « . Ca fait quelques années que les joueurs frôlaient la montée en Fédérale 1, cette année, ils sont allés se la chercher, c’est mérité. Une fois que cette déception de la poule locale a été un peu évacuée, on se met au boulot pour essayer de figurer le mieux possible. On rencontre dès le premier match une grosse écurie qui descend de la Pro D2 avec Bourg-en-Bresse. Et bien, tant mieux. 

 

De suite, on est dans le vif du sujet et vous allez pouvoir vous jauger face à ce qui se fait quasiment de mieux en Fédérale 1 ? 

 

Après, je ne sais pas si on est là pour se jauger face à Bourg-en-Bresse parce-que, forcément, ils sont habitués au haut niveau. Ils sont descendus avec le plus grand nombre de points de Pro D2 à Fédérale 1. 

 

Record que détenait Albi juste avant. C’était Albi qui était descendu avec le plus grand nombre de points, c’est Bourg-en-Bresse qui les a malheureusement battus cette saison. 

 

Oui, voilà, donc ça montre la qualité. Pour avoir discuté avec le président aussi, au niveau de la formation, au niveau des joueurs, c’est un club vraiment dynamique, qui mise à fond sur la formation, qui a un visu local vachement intéressant. Nous, on est contents de les recevoir sur le premier match, on va essayer de faire le maximum et d’avoir surtout un bon état d’esprit pour les recevoir correctement et après, on verra. On sait très bien que, par rapport à ces grosses écuries, sur le long terme, ce sera beaucoup plus dur mais on n’est pas à l’abri de faire un exploit de temps en temps qui fera qu’on pourra se maintenir. 

 

Tu arrives dans un club qui monte de Fédérale 2. Tu t’es appuyé sur une grosse assise de l’ancien groupe ou alors tuas beaucoup recruté pour essayer d’amener une plus-value pour affronter ces joutes de Fédérale 1 ? 

 

Je suis arrivé un peu tard donc j’ai participé à la fin du recrutement mais pas au tout début. Vu la qualité des joueurs qui étaient en place et vu les joueurs qu’on a fait travailler qui nous ont rejoint, ça peut être intéressant. Mais, c’est vrai que le niveau de la Fédérale 1 évolue chaque année. Il y a vraiment plusieurs niveaux dans la Fédérale 1 aussi donc il faut voir aussi si les joueurs acceptent le rythme, s’ils encaissent les chocs au fil des semaines. A nous de gérer le contenu de l’entraînement au niveau de l’intensité, au niveau de tout ça pour les rendre les plus efficaces possibles. Parce-que nous, on a 95 ou 100% des joueurs qui sont pluriactifs, c’est à dire qu’ils travaillent le lundi, qu’ils travaillent le samedi. Ils ne sont pas pro, ils sont pluriactifs, plus actifs que pluri. C’est comme sait, on ne le subit pas, on sait que c’est comme ça. Ca fait du bien aussi des fois de travailler à côté du rugby parce qu’on met un peu plus d’enthousiasme, on est un peu moins privilégiés par rapport à d’autres équipes. Ca permet d’aller chercher d’autres valeurs, c’est pas mal. 

 

Ca permet d’aérer l’esprit aussi, de s’ouvrir à d’autres choses et de ne pas être avec des œillères ?

 

Oui, c’est ça et puis on a une relation par rapport aux entraîneurs un peu différente. Moi, je suis pas leur patron, je suis leur entraîneur, je suis leur coach et donc, quand on n’est pas d’accord, on peut plus facilement en parler qu’en parler à son patron. Au niveau de l’échange, ça c’est un peu plus frais et un peu plus vrai que ce qu’on peut connaître à d’autres niveaux. 

 

En termes de recrutement, tu peux nous donner quelques noms des joueurs qui sont arrivés ? On a vu qu’il y avait Nomani Tonga entre autres, un ancien jaune et noir qui est rompu à la Pro D2 qui vient d’arriver mais j’imagine qu’il y a d’autres noms aussi ?

 

Je ne vais pas tous les citer mais on a récupéré Thibaut Maffre, Pierre Labouchère, Judicael Soyé. On a récupéré pas mal de monde, on a récupéré des joueurs de Céret, une grosse quinzaine de joueurs, essentiellement de Fédérale 1, quelques joueurs comme Nomani qui étaient en Pro D2. Après, on a récupéré un géorgien qui arrive de Rodez. Voilà, par rapport à notre niveau, je pense qu’on n’a pas récupéré de stars.

 

Ca a failli quand même ! Avec David Smith, ça s’est joué à quelques encablures. Même avec Arnaud Méla avec qui tu formais un fameux tandem en 2e ligne, ça a un peu frotté sur ce dossier là puisque le Sporting aussi était sur le coup ? 

 

Moi, je ne me suis pas occupé de ça. Je pense que c’est ? quivoulait un peu le garder sous la main. Après, Narbonne a surenchéri donc nous, on n’était plus dans les papiers pour lutter. 

 

Comme on dit dans le jargon, vous n’étiez plus invités financièrement

 

Non, on n’était plus invités à la table. Et puis après, ça vous dépasse. Et mettre en danger la pérennité d’un club pour un joueur … Je pense que les présidents de Mazamet ont très bien compris le truc. Il faut être raisonnable, l’euro qu’on dépense, on le dépense parce qu’on l’a. On ne peut pas se permettre de dépenser quelque chose qu’on n’a pas. On ne vit pas à crédit comme peuvent le faire certains clubs de Fédérale 1, comme ils le font depuis des années et qu’on continue à laisser exister, tant mieux pour eux. Ils permettent d’engager des joueurs ce qu’à mon sens, ils ne devraient pas faire. Pour moi, c’est du dopage financier. 

 

Ca peut s’assimiler à ça, oui

 

 Pour moi, c’est du dopage financier parce qu’on propose certaines sommes à un joueur où, nous, on ne peut pas lutter. Et puis, au bout de 3,4,5,6 mois, on leur dit  » bah non, vous pouvez plus « . Moi, je pense qu’à un moment donné, c’est comme à la banque ; quand tu ne peux pas avoir de crédit, tu ne peux pas. Tu ne dis pas  » achète une voiture, roule avec et puis après tu vas la rendre « . 

 

P.Guicherd et l’ensemble du Staff Mazametain / Crédit Photo SCM – Christophe Plautin

Un club comme Mazamet, comment va-t-il faire pour essayer d’exister dans cette Fédérale 1 ? Déjà, j’imagine, des valeurs rugbystiques que tu vas essayer de leur transcender ? Tu étais un conquérant sur le terrain. Mais pas que, ça doit se structurer petit à petit pour essayer de perdurer dans cette Fédérale 1 qui se professionnalise. 

 

Oui, un gros boulot des dirigeants, des présidents par rapport à ça, au niveau structurel, au niveau administratif aussi pour mettre à jour tous les contrats, se mettre aux obligations de la ligue, de la DNACG donc un gros boulot d’intersaison. Après, s’appuyer sur ce qui se fait déjà dans le club. Ca fait deux, trois ans qu’ils atteignaient toujours les phases finales donc, il y a une ossature intéressante. Je n’arrive pas pour tout faire évoluer, je pense qu’il faut s’appuyer sur les bonnes bases. Après, le rugby, c’est à tous les niveaux pareil : il faut une bonne conquête, une défense intéressante puis, à partir de là, tu peux construire, c’est immuable à tous les clubs. Nous, on sait qu’on va peut-être être un peu déficient au niveau de la densité par rapport à certains matches, par rapport à l’enchaînement des matches donc à nous de s’appuyer sur de la vitesse et déjà sur la qualité de nos joueurs. On n’attaque pas le championnat en victime, on va se battre. 

 

Vous n’allez pas faire les caliméro à Mazamet ? 

 

Ah non, non ! Moi, ce n’est pas mon habitude de faire ça ! Les joueurs sont montés, ils le méritent, ils vont vendre chèrement leur peau quel que soit l’adversaire. 

 

On parle des adversaires du haut mais même en bas, Bédarrides ou Châteaurenard, il faut aller s’y déplacer. C’est bouillant, ce sont des déplacements aussi qui valent leur pesant de cacahuètes ? 

 

Moi, je ne vois pas trop d’adversaires du bas quand même (rires). Non, la poule est intéressante, elle est équilibrée. Je trouve que c’est intéressant, c’est un challenge à faire au quotidien. Nous, notre boulot avec Damien, ça va être de mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour bien figurer, alterner la récupération, le travail sur l’intensité qu’on peut mettre dans la semaine par rapport au fait qu’ils soient pluriactifs puis optimiser tout ça. Aller chercher des valeurs sur certains trucs où il ne faudra pas lâcher et où, avec Damien, on sera intransigeants. On peut se tromper au niveau du rugby mais après, sur l’engagement et sur l’envie, c’est là où on attendra les joueurs. Mais je pense que là-dessus, il n’y aura pas de souci. 

 

Puis, faire comme Lannemezan l’année dernière, monter puis, au bout du bout, sur une saison où ils se sont battus, où ils ont fait une belle aventure humaine, décrocher un accessit en Du Manoir ? Ca pourrait être envisageable à Mazamet ? 

 

Honnêtement, je n’en suis pas du tout là parce-que le niveau de la Fédérale 1, je ne le connais pas. Je sais les exigences qu’il y a à avoir mais après, ça va être à notre groupe, comme je le disais tout à l’heure, d’enchaîner les performances week-end après week-end. On sait très bien que, s’il y a des blessés, s’il y a des suspendus, des décisions un peu difficiles, des décisions arbitrales difficiles un peu comme certains clubs peuvent connaître parfois qui font que c’est un peu compliqué. On verra mais, ce qui est sûr, c’est que les joueurs et moi, on ne lâchera rien et nous ne sommes pas la victime en Fédérale 1.

 

Dernière question. La patte Guicherd en tant que coach ? On connaissait la patte Guicherd en tant que joueur mais la patte Guicherd en tant que coach, c’est quoi ? 

 

Je ne sais, j’essaie de vraiment mettre le joueur dans les meilleures dispositions et être acteur de son rugby. Nous, on met plein d’éléments en place pour eux mais après, c’est au joueur de choisir et de prendre ses responsabilités. C’est le joueur qui joue, nous on les entraîne, on les emmène jusqu’au dimanche à 15h et après, il prend ses responsabilités pendant 1h30. Nous, on est déjà sur le match d’après. La patte, moi, c’est de faire confiance aux joueurs et que les joueurs aillent se chercher leurs propres trucs. 

 

Merci Philippe. Tu es toujours le bienvenu à l’antenne de Radio Albigès le Mag Sport et on te souhaite une très bonne saison avec le Sporting Club Mazamétain. 

 

Ca marche et bonne saison à Albi aussi

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Un commentaire sur “#Rugby – Fed1 / P.Guicherd (Mazamet) : «On n’attaque pas le championnat en victime, on va se battre!»

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s